‹ Un gentilhomme de grand chemin (volume 4)Chapitre 6 sur 11 · L7S GENTILHOMME · texte numérisé non relu

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chèrent à la hâte autour de leur taille.

Ensuite, Réginald se mit eu selle avec toute la légèreté d'un jeune homme, et, suivi de Denis et de quelques valets, il lança son cheval au grand galop dans la direction de cet incendie dont les rouges lueurs embrasaient à l'horizon le ciel noir.

La vélocité de cette course était si grande qu'aucune parole ne fut échangée chemin faisant.

Denis se sentait en proie à une vague inquiétude.

Instinctivement, il lui semblait deviner que les gentilshommes de grand chemin ne devaient point être étrangers à ce qui se passait!

Or, leur présence en cette contrée aurait été pour lui du plus fâcheux augure.

DE GRAND CHEMIN. j 09

La maison de Franck Ritter, le père de Roschen, était située à un peu plus d'un quart de lieue du château de Kergen, dont elle se trouvait séparée par une colline boisée.

Aussitôt que cette colline fut franchie, la maisonnette en feu apparut comme une fournaise ardente.

Déjà le toit s'était effondré.

Les quatre murailles encore debout servaient de foyer à l'incendie, et des gerbes de flammes montaient vers le ciel avec des myriades d'étincelles.

Rien, du reste, ne semblaii déceler la présence de ceux qui avaient commis le crime.

Aucun être humain ne se montrait autour delà maison.

Quelques élans du galop fougueux de

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sa monture suffirent pour amener le baron aussi près que possible de la ruine incandescente.

La solitude était en effet complète.

Seulement, sur la terre fraîcheiïient remuée qui entourait le petit enclos, on distinguait les traces des pas de plusieurs hommes.

Ces traces conduisaient jusqu'à un bouquet de grands arbres, entourés d'un taillis assez épais.

11 était évident que huit ou dix chevaux avaient été«attachés pendant un espace de temps assez long derrière ce taillis.

11 eut été facile, en plein jour, de suivre sur le gazon les pas de ces chevaux.

Mais, hors du cercle lumineux formé

par l'incendie, la nuit était profonde et ii était impossible de rien distinguer.

Toutes les recherches, en supposant qu'elles pussent amener un résultat quelconque, devaient donc être remises au lendemain.

— Allons... — murmura le baron de Kergen — nous sommes arrivés trop tard ! Ce pauvre diable de Franck est en cendres depuis longtemps... que Dieu ait son àme.. C'est un grand malheur pour Roschen, qui n'avait au monde que son père...

Et Réginald, tout en parlant ainsi, fit reprendre à sa monture la direction du château de Kergen, mais lentement et en laissant flotter la bride sur le cou du noble animal.

Denis en lit autant.

Il y eut un instant de silence entre le vieillard et son hôte. — Denis fut le premier à rompre ce silence.

— Baron... — dit-il.

Le vieillard tressaillit, en se voyant ainsi brusquement arraché à sa rêverie profonde.

— Eh bien , chevalier — demanda-t-il — que voulez-vous ?

— Je voudrais savoir ce que vous pensez.

— Â quel propos ?

— A propos de ce qui vient de se passer.

I — Je pense que c'est un crime odieux, abominable !

— Sans doute, mais-..

— Mais, quoi?

— Devinez-vous par quel mobile les assassins ont été poussés à commettre ce crime?

— Oui, certes, je le devine...

— Pensez-vous qu'il s'agisse d'une vengeance ?

— Non pas !.. qui donc aurait pu chercher à se venger de l'inoffensif Franck Hitler?

— Est-ce donc la cupidité qui a causé la mort de ce malheureux?

— Oui... j'en ai la conviction la plus absolue.

— Etait-il riche?

— Oui, et non.

"— Gomment cela ?

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