CHAPITRE V Les élections au Congrès syrien
L’'Emir Fayçal se comportait en souverain.
De plus en plus il assumait les pouvoirs que le chef de l’administration des territoires ennemis occupés avait conférés à l’Administrateur en chef; mais en se substituant à Riza Pacha Rikabi, l’Emir affranchissait l’administration chérifienne de la tutelle britannique.
D'ailleurs les autorités britanniques de Palestine ne décourageaient pas les efforts qu’il faisait pour affirmer son autorité dans une région que les traités réservaient à l'influence française; leur protégé, roi à Damas, c'était la France éloignée de la voie ferrée qui unit Alep à Damas, le « Badgad bahn » à la Mecque ; c'était surtout un obstacle jeté en travers de la route qui conduit des ports de Syrie aux champs pétrolifères de Mosssoul.
Aussi lorsque Fayçal eut dit son intention de réunir à Damas les représentants élus de toutes les régions syriennes, lui fut-il simplement signifié de limiter
l’action de ce Congrès à la zone Est.
ÉD
En zone Sud, où la propagande chérifienne pouvait, en combattant le mouvement sioniste, aller à l’encontre des intérêts britanniques, les autorités anglaises interdirent les réunions d’électeurs.
Le sous-intendant militaire Copin, administrateur en chef de la zone Ouest, prit ies mêmes précautions; il recommanda instamment à ses subordonnés de s’opposer dans leurs circonscriptions à toute convocation d’électeurs :
« Il est signalé que dans diverses localités les électeurs dusecond degré se réunissaient pour nommer des délégués au Congrès syrien de Damas. L’Emir Fayçal ayant été invité par le général commandant en chef à limiter l’action de ce Congrès à la zone Est, à l’exclusion des zones Ouest et Sud il en résulte qu'aucune convocation d’électeurs ne peut être faite par l’administrateur militaire dans ces zones où, conformément au principe adopté, toutes élections sont différées jusqu’à nouvel ordre.
Toute tentative de réunion d’un collège électoral quelconque en dehors de l’intervention de l’administration militaire constituerait donc un acte illégal auquel vous devriez vous opposer. Je vous prie donc de bien vouloir donner d’urgence des instructions dans ce sens aux gouverneurs, sous-gouverneurs, ou délégués administratifs qui auraient, le cas échéant, à avertir tous les intéressés et à rendre compte
immédiatement, par télégramme chiffré, de tous les