‹ Un Gouvernement Arabe à Damas Le Congrès SyrienChapitre 18 sur 41 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Le Gouvernement Chérifien

Aux Lermes d’un accord conclu le i5 septembre 1919 par MM. Clemenceau et Lloyd George, les troupes britanniques occupant la zone Ouest furent relevées par des unités françaises et le soin d'assurer la sécurité de la zone Est fut confié aux seules forces chérifiennes.

Dans le domaine politique et administratif, cet accord réalisait ce que l’on pourrait appeler la nationalisation des occupations militaires.

Le Field Marshal Allenby cesse d’être le chef de l'administration de l’ensemble des territoires ennemis occupés; aucun lien, riême théorique, n’unit plus les zones entre elles: elles sont déjà, bien avant que la Conférence de la Paix ait consacré le morcellement de la Syrie, des régions économiquement et politiquement indépendantes.

En zone Ouest, l’Administrateur en Chef prend directement les ordres du Haut-Commissaire de la République Française; l’autorité de ce Haut Commissaire s'étend également à la zone Nord, administrée

par la France.

1. La Zone Nord comprend la Cilicie, où les troupes françaises ont commencé dès le premier semestre de l’année 1919 la relève des troupes britanniques d'occupation.

En zone Est, l’Administrateur en chef qui jusqu'alors n'avait été que le délégué, « l'agent direct » du Haut Commandement britannique relève maintenant du Prince hedjazien Fayçal qui exerce sur la zone arabe une autorité qui ne lui est pas contestée par les Puissances alliées !,

Les autorités chérifiennes de la zone Est, placées sous les ordres immédiats de l’Emir Fayçal, ont donc désormais une liberté d'action qui n’est limitée que par le respect des droits que la France et la Grande- Bretagne ont sur les régions voisines et la nécessité où elles se trouvent d’avoir recours à l’aide financière. des Alliés.

Privé du concours des forces britanniques, c’est au Gouvernement de Damas à assumer, par ses propres moyens, l’autorité dans le pays, à montrer cette force vitale sans laquelle une société politique ne saurait prétendre être un véritable Etat.

Les « Instructions » du 24 octobre ne sont plus pour entraver son action: aucun lien hiérarchique ne l’unit plus au pouvoir étranger qui le dominait.

Si un tempérament doit être apporté à l’indépendance de la Syrie intérieure, sous la forme d’un « man-

dat» confié à une puissance étrangère,ce sera l’œu-

1. Le Ministre français des Affaires étrangères, M. Stephen Pichon écrivait le 8 décembre 1919, à propos de la démission de Riza Pacha en Rikabi : « Riza Pacha ne peut s’en aller ainsi sous prétexte de maladie, sans l'autorisalion de L Emir Faygçal qui a seul qualité pour régler la siluation à Damas »,

vre de la Conférence de la Paix. En attendant que son sort soit réglé, et cette situation a été voulue par la Grande Bretagne, la zone Est n’est plus soumise à aucun contrôle étranger; elle peut en toute liberté organiser son indépendance et mettre les Puissances alliées devant le fait accompli.

Dès décembre 1919, apparaissent les premières manifestations de l'indépendance; l’Administrateur en chef Riza Pacha,ayant perdu la confiance des groupements extrémistes, démissionne; ce n’est pas à l’autorité l’ayant nommé, le maréchal Allenby, qu'il remet sa démission, mais au représentant de l’Emir Fayçal, l’Emir Zeid; c’est l’Emir Zeid qui désigne l’Administrateur en chef intérimaire. Le 21 décembre lPadministration de la zone Es£ (on dit maintenant le Gouvernement chérifien), instibue la conscription; toutes manifestations qui montrent la complète indépendance des autorités de Damas. Mais, pour mieux affirmer l’existence du régime nouveau, il fallait modifier le caractère, élargir les attributions du Gouvernement central, désormais affranchi de toute tutelle étrangère, mebtre à sa tête non pas un Administrateur en chef (ce titre rappelait trop la contrainte britannique), mais l’Emir Fayçal lui-même.

C’est par un décret paru au journal officiel du 26 janvier 1920 que l’Emir Fayçal réalisa la réforme que le maréchal Allenby avait fait échouer six mois au-.

paravant.

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