RAR
L'Emir (c’est lui qui légifère désormais) fait entrer dans le Conseil des Mudirs un Directeur de la Guerre, un Directeur de la Sûreté générale, un adjoint au Président du Conseil des Mudirs, le Chef d’Etat-Major de l’Armée: il s’attribua à lui-même la présidence du Conseil, mais il délégua ses pouvoirs à son frère Zeid qui prendra le titre de « représentant du Président des Mudirs ». Zeid, nominalement, devient le chef du Gouvernement ; mais en fait, c’est Fayçal qui assume les responsabilités du pouvoir.
À un auditoire de jeunes gens, affiliés à ces partis extrémistes dont l'attitude devenait chaque jour plus intransigeante et qui se croyaient destinés à jouer le rôle qui aurait dû être celui du Congrès syrien, Fayçal pouvait affirmer superbement : «Pour des raisons diverses notre Gouvernement actuel est un Gouvernement provisoire et non régulier. Il a été formé par celui en quila Nation avait placé sa confiance; je veux dire : Moi. Donc le Gouvernement, c’est moi... Je suis l’âme du Gouvernement actuel.. Je suis seul responsable et le demeurerai jusqu’au jour où il sera possible de convoquer les Assemblées nationales. Je me dégagerai alors de cette responsabilité el la placerai sur les épaules de la Nation.»
Ces paroles orgueilleuses ne doivent pas faire illusion; et ceserait méconnaître le véritable caractère du Gouvernement chérifien,au début de l’année 1920, que de croire que l’autorité de l’Emir Fay al n’était
soumise à aucune restriction, à aucun contrôle,
Par ordre du Gouvernement, le Congrès syrien avait dû s’ajourner sine die et le Conseil d'Etat avait été licencié par raison d'économies au mois de décembre 1919.
Les actes du Gouvernement institué par Fayçal n’é-. taient plus soumis à aucun contrôle légal à l'heure où les Puissances Alliées allaient décider de l’avenir de la Syrie —- un avenir qui apparaissait plein de danger aux nationalistes syriens.
Des nouvelles alarmantes parvenaient de Paris; le bruit courait que Fayçal avait accepté le concours d’une puissance étrangère selon une formule qui compromettait l’indépendance de la Syrie.
À ses partisans qui lui avaient confié la mission d'obtenir de la Conférence de la Paix l'indépendance absolue de la Syrie, sans aucune aide étrangère, l’Emir Faycal, à son retour à Damas, avait dû cacher les résultats de ses conversations avec les représentants du Gouvernement rançais.
Il n’y fit qu’une brève allusion : « Je vous assure de nouveau que je lutte toujours pour l'indépendance complète que vous désirez. Aucune Puissance n'aura le droit de se conduire en maîtresse chez vous. Mais je vous dis en même temps qu'entre vous et les Puissances .des liens existent dont vous ne pouvez faire
abstraction. Les moyens de communication modernes
1. Discours prononcé le 23 janvier 1929 au «Club Arabe » de Damas,