‹ Un grand Américain, Abraham LincolnChapitre 12 sur 21 · DEUX PIEUX · texte numérisé non relu

DEUX PIEUX

pris à une clôture faite par Abraham Lincoln et John Hanks au pays de la Saiigamon en l'année iSjo .

Le vieillard était John Hanks lui-même. Son apparition déchaîna un enthousiasme sans précédent. La foule réclama à grand cris un discours de Lincoln. Lui, amusé par l'idée drôle qu'avait eue son oncle, se leva et dit :

„ Messieurs, je suppose que vous désirez savoir quelque chose à propos de ces deux pieux. Bien. La vérité est que John Hanks et moi nous avons taillé des pieux sur les bords de la Sangamon. Mais je ne sais si nous avons fait ces deux-ci ou non; au fait, je ne pense pas qu'il y ait là quelque mérite pour leurs fabricants." — Il riait en disant cela. - „ Je sais une chose, j'ai fait des pieux à cette époque-là et je crois qu'aujourd'hui j'en ferais de meilleurs ! "

La Convention décida que Abraham Lincoln serait l'unique candidat présenté par le parti républicain de l'Illinois à la présidence de l'Union et chargea ses délégués de faire prévaloir son nom à la Convention nationale de Chicago.

Celle-ci allait se réunir le i6 mai. Quelques semaines auparavant, Lincoln était allé à Chicago et il y avait passé totalement inaperçu. C'est que personne ne se doutait de l'honneur qui lui serait fait à Decatur; personne dans l'Est ne pensait à la possibilité de sa candidature. Ses amis, longtemps avant le choix décisif des républicains de l'Illinois, firent une active propagande [en sa faveur dans tous les Etats de la vallée de l'Ohio.

Trois jours avant la Convention, Abraham et sa femme regardaient un journal illustré de New- York qui publiait le portrait de t)js les candidats. Seward y occupait la

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