SCÈNE v
CAMUZOT, BONNICHON. THÉODOR] .
CHfUSOT.
Elle est partie!.. Ah ça ! tu n'es donc pas mort? C'est singulier, tu eu as la figure.
THÉODORB.
C'est vrai, patron... vous êtes bien pâle... Ou'avez-vous?
BONNICHON
;i'ai la venette.
CAITUZOT.
f.a renette?
Avec tousses accompagnemens.
CAMVZOT.
Pauvre garçon !
BONNICHON
Ok! le» femmes! les femmes!
CAMUZOT.
Il tfagH de lemmes? Ah! grand libertin!
bohhichon.
rVUpekanwi polisson... tons ea arei le droit... Tous les jours elle passait devanl l'hôtel du Paon, unegargoue où je logeais à Bastia... I»' la suivais, je lui offrais mes hommages, je lui ofraisda tabac... Elle refusait tout... Ccdésintéreasi -ment me iiaitait... Du soir... [Voyez à quoi tient la destinée humaine!) un soii . c'était entre orne heures et minuit, j'étais tracassé par les cousortis de ma demeure avec laferme résolution d'aller me promener... Cettejeuue veuve se promenait de sou côté... Nous étions seuls avec la lune, qui neregardaîl pas... Jene sais si vous comme moi, mais cette planète me rend très folâtre... ïe lui prends la taille... il la \cuve; eue me laisse prendre, et nous nous mettons à parler politique, nous nous entendions parfaitement, il n'\ I que sur les finances que nous n'étions pas d'accord... La discussion s'échauffait, lorsqu'elle s'arrête en me disant : Bonsoir, je suis chef moi. Elle ouvre une porte, je me e un reptile, el me voila dans lamai- Rlleci ie, ell t.danssa fureur!.,
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«ô»il \ a encore du gigot. — Mais, vous ne le connaisse/pas, c'est un tigre, et voyant ni homme
chez moi, à celle heure, il vous tuerait!.. — Fichtre!., procurez-moi un cabinet — Point de
cabinet... dans un coin, une baignoire, je m'y plonge... Le frère entre... il trouve sur là table ma bourse et mon chapeau... il les met dans sa poche: il jure, il écume, il tire son poignard... Moi , je grelottais dans ma cuve... avec ça qu'on ne Pavait pas vidée... Enfin, ile frère s'éloigne. Je m'élance par la fenêtre. L'assassin me guetlait au passage... il me frappe par derrière , et je reçois une blessure mortelle... dans ma redingote: elle j est encore...
i i' retourne et on voit sa redingote fendue du haut en bas.)
rHÉODOUE.
C'est un accroc... Et l'on ne vous a pas raccommodé ?
BONNICHON
On ne se raccommode pas en Corse !
CAMUZOT.
laisse-le donc achever!
BONNICHON
Bref! je rentrai chez moi tout en eau... J'ai été quinze jours à me sécher... Au bout de ce laps, je m'aventure à sortir de ma tannière... j'ouvre... el qu'est-ce que je vois? Un papier ? liché dans ma porte avec un poignard!., un papier ainsi conçu : « Je te poursuivrai parfont comme ton ombre...» .le cours au rivage, je me jette dans une nacelle avec cent cinquante passagers, et je fais voile pour la France... *
CAMUZOT.
Enfin, te voilà, tu n'as pas de mal?..
BONNiCHONi
Je n'ai pas eu le temps de les faire.
Ait . Il m fallait ipiii i . I . nipirr.
\ er- mon pays . soudain . j'ai pris la fuite,
M;iis , suis je . lulas I à l'abri du danger/
.le crois toujours le \oir à ma poursuite,
Anne d'un 1er et prêt 5 m'£gorger.
.t'en ai perdu le boire et le manger.
Sur tous les murs, Je crois voirsa main blâme,
Avec du sa ri*.; écrire mon destin , Comme autrefois , dans un fameux festin, Plus malheureux que Ballha/ar lui-même, Car il mangeait, et, moi, je n'ai pas faim.
i. LUI BOT.
Comment! tu penses qu'il te poursuivrait jusqu'ici... \u fait, ça ne m'étonnerai! pas... I Corses '.. la Vendetta !
rnÉonoai .
\ la place de ". Bonnirhon, je ne serais pas
i nit zor.
•\ li vérité, on peut prendre ses précautions.
le ' mm lis, in as vu sa Dgure?
BONNICHON
U.iis. no», je n'ai rien \u au fond de m? bai« i puis . i.i nuit, la frayeur.,!