‹ Un grand d'EspagneChapitre 6 sur 11 · II · texte numérisé non relu

II

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— Ah! c'est trop foil, dit l^onipéioen éle vant ses deux mains vers le ciel, comme s'il implorait un vengeur; mes coquilles de la mer du Sud, mes conques de nacre, les comparer à des écailles d'huître ou de moule!

« Plus , huit grandes boîtes de papillons « et autres insectes en très-mauvais état.

— Assez , assez ! s'écrie Pompéio frappé au cœur ; luez-moi tout de suite, ne me torturez pas !

L'huissier avait presque terminé son inventaire, il ne restait plus dans le muséum qu'un fouillis inextricable de choses impossibles à décrire : c'était partout, sur les tablettes et les rayons, des graines de toutes coukurs^ des œufs de perdrix et de pintade, des plumes de paon , des écorces d'orange et de citron desséchées, des noix de coco, des calebasses, et puis une variété considérable

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de petites boîtes et de petites (ioles, (ie petits pots; les lins [>leins de vieilles allumettes et de cure-dents, l'S autres fourmillants de boulons d'habits, d'aiguilles rouillées, et d'épingles tordues-, et dans un coin 'du miîsénm, derrière un vieux rideau de serge, un tas de Nieux outils cassés, des vieilles pincettes, des fers de chevaux, et puis des morceaux de clefs et de serrures toutes dislocfuées, toutes mangées de rouille.

L'huissier, ne trouvant plus rien dans le muséum qui fût digne'd'être inséré dans son procès-verbal , quitta la chambre des animaux empaillés, pour faire l'inventaire de la ménagerie. Ce fut alors un nouveau coup bien rude pour l'infortuné Pompéio : il aimail tendrement son muséum , mais sa ménagerie lui était cent fois plus chère encore; il l'aimait avec rage, avec cette fréné-

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sie d'anioLir paternel qui nrrive par l'exalta lion jusqu'à la folie. L'huissiei continua.

* 2° Dans une aulre pièce oblongue , dite « la ménagerie.

« Seizecages, toutes grillées en fil de fer avec « serrure ou ca(!enas, contenant des ani- « maux vivants de plusieurs espèces, à sa- « voir :

« Un grand perroquet, couleur de suie, à « grosse huppe rouge, n'ayant qu'une seule « plume à la queue.

— Butor! vocifère Pompéio^ lu ne comprends donc pas qu'il mue?

« Item, un gros canard.

— Un canard ? interrompt Pompéio,

partagé entre la surprise et l'indignation. Quelle ignorance ciasse! prendre mon pingouin pour un canard.

* ïlem, une espèce d'émouclie.t.

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-Quoi, mon 'j^r.xmi \autour jaune! qui mange les catlnvies.

« 'tem, un gros animal qui a la foruic li'un * binge exlrêmemenl liiid.

— Moins laid que loi misérable ! dit Pompéio, qui déjà n'a plus la force de parler. Apprends pour (a gouverne que cet individu est mon cynocéphale papion.

* Item, un autre singe plus pelil, mais en- <( lierement pelé.

— Il mue uussi, drùjel

« Plus, deux renards, trois Iv^ups, un « ours; comme on en voit à la foire.

— Ahl ah î tu crois cela, dit Pompéio, qui protile d'un moment où ses (!eux bourreaux ne le tiennent plus. Je vais le monlrer que ce n'est pas un ouïs poui riie, el que c'est une bêle féroce.

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Eli môino It'iiips il s'élance vers la ea^^e de 1 ours, el bien avant qu'on ait pu l'arrêter, il ouvre la grille de fer.

— A nioiî à moi ! Vulcain! s'écrie Poinpéio, défends ton maître. Cxxxl Cxxx!

L'ours ne fait qu'un bond ; il s'élance en grognant hors de sa cage, et se jette sur l'huissier.

Alors c'est une terreur panique parmi la bande ministérielle 5 ils se sauvent dans toutes les directions, et Pompéio , enhardi par l'assistance inespérée de son ours, s écrie d'une voix triomphante :

— Fuyez i fuyez ! misérables! ou je lâche tout... mon ours, mes loups, mes lions! et je vous fais dévorer I

Puis joignant l'action à la menace, il lève comme par enchantement toutes les grilles île fer, et voilà qu'aussitôt loups, renards, chiens

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(le Terro-iNciive, sr riiont pùlc-iuèlc, <mi i»i(Mi- «lant, Cl) hiii'laiil, vu aboyant.

— Allons ! allons! mes amis! crie Pompéio presque en délire; combattez pour ce maître ! A sac! à sac!

Mais déjà la ménagerie était vide; riuiissier et ses recors fuyaient loin de la maison , à tontes jand)es.

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