L'ŒUVRE DE FERNEL
La Médecine au temps de Fernel
Que penserait-on aujourd’hui d’un homme qui aurait la prétention d'écrire sur toute la médecine ? Un tel programme qui, de nos jours, paraitrait immense, cadrait fort bien avec les idées du xvie siècle. On admettait alors que l’homme est un abrégé de l'univers et que la médecine est la science universelle.
«. Voir les choses d'ensemble, écrit Littré , est le propre de l’antique médecine; c’est ce qui en fait le caractère distinctif, et ce qui lui donne sa grandeur, quand lensemble qu'elle a saisi est véritable ; voir les choses en détail, et remonter par cette voie aux généralités, est le propre de la médecine moderne ».
Tout cet édifice de l’ancienne médecine, au sujet duquel quelques auteurs ont employé le mot de « fatras », n’en présente pas moins une grande cohésion,
Le jugement de Raynaud sur Riolan ® s’appliquerait aussi bien à Fernel.
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(1) LITTRE, Jntrod. à la trad. des œuvres d'Hippocrate.
(2) RAYNAUD, Les médecins au temps de Molière,
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« Jamais, dit-il, science ne fut mieux coordonnée ni en apparence plus complète. Tout s'y tient, depuis le commencement jusqu'à la fin : la doctrine des éléments mène sans effort à celle des tempéraments, aussi bien chez l'homme que dans le reste de la création vivante; les tempéraments particuliers expliquent ia nature et le rôle des parties et des humeurs ; des esprits et des facultés de divers ordres se subordonnent ou s'associent pour mouvoir toute la machine; là où les qualités manifestes font défaut, les qualités occultes arrivent à point pour parer à toutes les objections : chaque chose a sa place marquéc d'avance, tout s’harmonise avec une régularité, une symétrie parfaites. »
Pour Fernel les études philosophiques sont l'introduction indispensable aux études et aux connaissances pratiques. Il n’est pas polémiste, on ne trouve chez lui aucune violence de langage. Il n'accable pas d'injures, comme le font Riolan 1 ou Guy Patin ®. « ces embpirites, chimistes, chercheurs de remèdes nouveaux, adversaires de la bonne, sainte et divine seignée ».
Dans sa « Préface sur la Médecine » % il nous dit lui-même ce qu’il en pense.
« L’homine est le souverain seigneur de toutes les choses comprises sous la loi et l'empire de la nature,
ct encore bien qu'il soit participant des choses
(1) Commentaire des œuvres de Fernel.
(2) Guy PoriIN, Lettres(1658).
(3) Préface sur la Médecine en tête de la Physiologie.