ET PROPERE
chements qui surviennent autour de l’artère, L’obser vation du pouls permet ainsi de reconnaître les intempéries et la plupart des maladies qui sont chacune caractérisées par une catégorie de pouls. L'intermittence est très périlleuse et le pouls arythmique
est pire que le pouls désordonné.
Les URINES
L'urine est le propre excrément du foie et est attiré dans les reins par les veines émulgentes; une certaine partie reste dans le sang et s’évapore par les sueurs.
Pour bien juger des urines, dit-il, il faut prendre celles que le malade a rendues après le sommeil et les conserver toutes parce qu'une partie pourrait ne pas exprimer toutes les marques.
Les mettre dans un vase transparent et examiner la consistance, la limpidité, la quantité, la couleur, l'odeur, les choses qu'elles contiennent.
La boisson influe sur l'abondance ; beaucoup de matières, le safran, la rhubarbe, le séné sur la coloration.
S'il y a quelque ulcère ou abcès du rein ou de la vessie, l'urine sera mêlée de sang ou troublée. Il faut donc distinguer les causes qui viennent des conduits cu du corps tout entier,
Fernel insiste encore ici sur l’interrogatoire et sur la façon (dont s’observe le malade.
« Gelui-là, dit-il, ne remportera qu’un profit incer-
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tain, et le plus souvent fort douteux, qui essayera de faire deviner les médecins, comme s'ils étaient des Prophètes; mais celui qui consulte prudemment et fidèlement remportera le fruit d’un bon conseil. »
DES FiÈèvrEs
La fièvre est une chaleur contre nature qui part au cœur et se répand dans tout le corps.
Cette chaleur est simple ou causée par une matière putride ou maligne ou pernicieuse.
Les signes sont le pouls fréquent, quelquefois inégal, la langueur et la débilité des forces avec pesanteur du corps, lassitude des membres, la chaleur âcre et poignante au dehors.
La fièvre simple est de trois sortes : l'éphémere, qui survient brusquement ; le pouls est rapide et la peau chaude.
La synoche, qui provient du vice de l'humeur.
La putride, qui provient de la pourritude du sang. Le pouls est grand, inégal, désordonné. Elle est continue ou intermittente.
La fièvre peut également être symptomatique, s'il y a quelque abcès ou suppuration ou de l’érysipèle, lé sang ou la bile venant à se corrompre et passant par le cœur engendrent une fièvre putride. « C’est une vieille opinion, dit-il, que l'humeur qui sert de matière contenante à la fièvre intermittente se putréfie hors des veines, qu'au commencement de l'accès, l'humeur passe des grandes veines dans les
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petites, de là dans les tissus, provoquant du frisson et du tremblement , et qu'elle se dissipe en sueur à la fin de l'accès. »
Or, Fernel combat cette opinion, et c'est pour lui une occasion de dire combien il a à cœur de se libérer des vieilles doctrines. « Certes, dit-il, il me fàche, et j'ai même quelque honte à me départir d’une opinion confirmée par tant d'anciens auteurs et depuis un si grand nombre d'années. Mais que peuvent nous faire leur autorité et leur multitude, puisque, sans s’appliquer à la recherche de la vérité, ils se sont arrêtés ‘aux dires des uns et des autres, et à l’imitation d’un seul ont suivi la même route et sont tombés en la même faute, En choses de peu d'importance, il ny & pas grand mal à souscrire à quelques erreurs; mais c'est une très grande faute de n’y pas contredire quand la chose le mérite, et qu'elle importe tant au bien des hommes, et pour cela on doit hardiment en découvrir tout à fait la vérité. » (1).
La périodicité des fièvres est due à une propriété des humeurs qui fait que la pituite se putréfie en un jour, la bile en trois jours, la mélancholie en quatre jours, Telle est l'explication de la fièvre quotidienne ou éphémère, qui survient à ceux qui abondent en - pituite par les temps froids et humides; de la fièvre iterce due à une inflammation de la bile jaune, elle traduit par des accès avec frissons et vomissements ;
(1) J. FERNEL, Traité des fièvres.
de la fièvre quarte due à la mélancholie corrompue. Elle se manifeste par des accès violents avec frissons, claquements des dents, vomissements, pouls languide, qui durent quatre à six heures et peuvent se reproduire pendant plusieurs mois.
Quand plusieurs types de fièvre sont simultanés, elle prend le nom du rythme le plus fort.
Les fièvres pestilentielles sont quelquefois accompagnées d’une certaine marque de leur venin, par exemple le charbon ou le bubon.
La rougeole et la variole s’en rapprochent fort. La propre cause de ces maux est dans l'air.
Le diagnostic des fièvres est quelquefois difficile. S'il ne paraît aucune sueur, la fièvre est simple ou continue,
Si c'est une fièvre continue tierce, le troisième jour la fera certainement apparaître.
La fièvre symptômatique accompagne toujours quelque autre maladie, comme la pleurésie, la péripieumonie, le flux hépatique. 7
Comme traitement il recommande la diète, régime léger, tisanes, bains, clystères émoliants, frictions et onctions d'huile douce, l'application d’une éponge trempée dans de l’eau de rose et du vinaigre contre la défaillance du cœur.
L'ictère est un épanchement d'humeur biliaire en la surface du corps ; quand il s’engendre beaucoup plus de bile qu'il ne s’en peut évacuer par la veine du fiel, le reste se répand de côté et d'autre. Les
urines deviennent rouges et les déjections blanches
est une effusion de l'humeur mélancholique à la sur
face du corps, il n'y a pas de chan-
L’ictère notïr
gement dans les déjections, la rate est pesante et enflée.