LE OS
résultant tant du changement de latitude que de déclinaison du soleil. Il fallait pour la même raison que l'élévation du soleil au même endroit et à la même heure fut de 47° 26° le 27; de 47° 5° le 28; de 46° 21° le 29. Je continuai les calculs préparatoires pour plusieurs jours encore afin de prévenir tous les embarras qui pourraient entraver l’expérience.
Alors je partis en me portant le plus droit que je pus dans le sens du nord, et après avoir marché un jour et demi, je pris, par le moyen ci-dessus indiqué, la hauteur du soleil à midi. Je la trouvai supérieure à celle que j'avais calculée pour le 27 car elle était de 48° 6’. Je jugeai par conséquent qu'il fallait pousser plus loin; ce qu'ayant fait sans me rencontrer encore le lendemain avec l’élévation que j'avais fixée pour le 28, je pus néanmoins reconnaître approximativement de combien je devais m’avancer encore. Je me rendis à ce point, et le 29, à midi, je rencontrai ce que je cherchais, à savoir l'élévation de 46° 41’ que j'avais fixée pour le 29.
Dans ces opérations, je me servis constamment de mon horaire, si commode pour trouver les heures et le midi vrai. È
M'étant informé de la distance de Paris à l’endroit où j'étais, il me fut répondu par les habitants : 25 lieues. Je ne me contentai pas de cette évaluation. Je montaï sur une voiture qui allait directement à Paris, je m'y tins tout ie temps du trajet de manière à compter les révolutions d’une des roues, lesquelles je fixai à 17.024. déduction faite de ce qu’il fallait pour les montées et pour les descentes. Le diamètre de la roue était de 6 pieds et un peu plus de 6 pouces géométriques: par conséquent sa circonférence de 20 pieds ou 4 pas. En multipliant par 4 le nombre de révolutions, je trouvai 68.096 pas, qui font 68 milles italiens plus 96 pas. J'ai cru devoir convertir ces 96 pas en 95 {4 pour n’avoir pas
de fraction à introduire dans le diamètre de la terre. Finalement, comme l’opération ne serait pas différente en quelque lieu qu’on la répétât, soit sur terre, soit sur mer, j'ai conclu que la même mesure appartenait à tous les degrés d’un grand cercie. » ().
En résumé, par une méthode aussi grossière, Fernel trouva pour la longueur du degré 57.070 toises. Cent cinquante ans après, Picart opérait en établissant entre Paris et Amiens, un réseau géodésique, et il trouvait que la mesure trouvée par le médecin de Henri II devait être réduite à 56.746 toises. Erreur nulle lorsqu'on compare ie quadrant en bois de sapin, la pauvre charrette du médecin de la Faculté de Paris, avec les instruments perfectionnés de l’astronome français.
Fernel menait toujours de front les mathématiques et les études médicales, et il ne se décidait encore pas à exercer la médecine. Il était déjà connu et apprécié pour ses travauX* dans le monde scientifique, mais il ne se croyait pas encore assez instruit en médecine. « I] était, dit Plautius, convaincu de cette vérité, qu'on ne retire des disputes scolastiques qu'une bien faible connaissance de médecine ou, pour mieux dire, un commencement de connaissance, laquelle devient inutile et s'évanouit entièrement si on ne travaille point à l’étendre par une application continuelle, »
(1) Fernel ne tient pas compte de l'aplatissement des pôles,