LA PLUS GRANDE FRANCE
Les Compagnies disparues, les colonies restaient. Colbert avait parachevé l'œuvre de Richelieu. Madagascar s*était donné comme salelhte l'île Bourbon. Pondichéry, et un moment Trinquemalé et San- Thomé, marquaient notre emprise sur l'Inde. Le Sénégal, la Côte de l'Or et le Dahomey, « le royaume d'Ardres, » alimentaient de main-d'œuvre nos étabhssements des Antilles, dont l'essaim allait de la Guyane à Saint-Domingue (J). Terre- Neuve devenait la sentinelle française d'un
(1) Cf., dans le tome V de mon Histoire de la Marine française, les chapitres Compaxpiies des Indes.
immense territoire qui s'étendait delà baie d'Hudson et du Saint-Laurent au delta du Mississipi.
Dans ces solitudes où il n'a pas trouvé plus de deux mille cinq cents colons, Colbert dépose un germe de vie. Croissez et multipliez, telle est la parole de l'Évangile dont le ministre du roi se fit le missionnaire, admettant même les mariages mixtes entre Français et Indiens (l). « Sa Majesté comptera vos services par le nombre des colons que vous attirerez, > écrit-il aux gouverneurs (2), — et à un évêque (3) : « Par les mariages et les bap-
(1) Sur les difficultés qu'il rencontra de l'autorité ecclésiastique, cf. Lavisse, t. VII', p. 257. — Th. Chapais, Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France. Québec, 1904, in-8».
(2) A Glodoré, gouverneur de la Martinique. 7 mai 1665, et à Frontenac, gouverneur du Canada. 7 avril 1672 (Lettres de Colbert, t. III, 2- p., p. 397 et 537).
(3) L'évêque de Pétrée au Canada. 15 mai 1669 (Ibidem, p. 451).