‹ Un grand ministre de la marine, ColbertChapitre 2 sur 15 · A L'ENSEIGNE DU « LONG-VESTU · texte numérisé non relu

A L'ENSEIGNE DU « LONG-VESTU

rite : « La France n'est point capable d'un grand trafique, le génie de la nation n'y est pas propre pour être trop attaché aux plaisirs et à la vanité, n'y ayant point de marchand riche de cent mille écus et moins, qui n'emploie son hien à l'acquisition d'une terre ou d'une charge, et ne démeuhle par ce moyen le commerce de toute sa subsistance (1) . » Le petit-fils des drapiers rémois n'échappa point à la commune règle. 11 sortit du commerce, mais pour se donner tout entier à la France.

Car, à cette faiblesse de croire à la vertu souveraine d'un titre nobiliaire s'arrêta le travers d'un bourgeois qui n'eut rien par ailleurs du bourgeois gentilhomme. Le cinglant caricaturiste que je citais tout à l'heure, ce singuUer abbé de Choisy qui allait, costumé en femme et fardé de

(1) Lettres de Pierre de Groot, ambassadeur des Provinces-Unies, à Abraham de Wicquefort (1668-1674). La Haye, 1894, in.8% p. 94.

mouches, quêter dans les rangs des fidèles, rend pleine justice à sa valeur.

« Jean- Baptiste Golbert avait le visage naturellement renfrogné. Ses yeux creux, ses sourcils épais et noirs lui faisoient une mine austère et lui rendoient le premier abord sauvage et négatif. Mais dans la suite, en l'apprivoisant, on le trouvoit assez facile, expéditif et d'une sûreté inébranlable. Il étoit persuadé que la bonne foi dans les affaires en est le fondement solide. Une application infinie et un désir insatiable d'apprendre lui tenoient lieu de science. La nature ne lui a voit pas été libérale. Il n'y avoit chez lui rien de bien fait que ce qu'il faisoit lui-même, et il ne faisoit rien qu'à force de travail, » sans être jamais content de lui. Avec sa fausse gloriole nobiliaire, contrastait l'humilité de ses actions. Écoutez-le : « Il nefautjamais se mettre dans l'esprit que ce que l'on fait est parfait. Mais il faut toujours chercher

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