A L'ENSEIGNE DU « LONG-VESTD
à avancer pour approcher de la perfection, qu'on ne trouve jamais (1). » Ne croiraiton pas lire i Imitation !
Et pourtant l'Imitation ne fut point son livre de chevet. Elle préconise le détachement des biens de ce monde, qu'il rechercha au contraire avec passion pour sa famille et pour lui, en « homme qui ne perd point les occasions » et à qui la fortune ne cesse de sourire (2). « Je vous avoue, écrivait Colbert à un de ses frères (3), que je brûle d'envie de voir notre famille s'élever par les voies d'honneur et de vertu, et que tout le monde demeure d'accord que la fortune que nous avons, nous est due. Nous sommes quatre frères : les trois autres sont en assez bon
;i) Colbert à Arnoul. 18 août 1673 {Lettres de Colbert, t. III, p. 503).
(2) Journal d'Olivier Lefèvre d'Ormesson, t. II, p. 417, 452 : décembre 1665, mars 1666.
(3) A Charles Colbert de Croissy. 8 août 1659 (^Lettres de Colbeut, t. I, p. 106).
chemin de parvenir, et je fais encore plus de fondement sur vous. » Charles Colbert, marquis de Croissy, ne déçut point cette espérance, puisqu'il fut ambassadeur et ministre des Affaires étrangères. Edouard fut lieutenant général sous le nom de Colbert de Maulevrier; Nicolas occupa le siège épiscopal de Richelieu à Luçon. Mais aucun n'atteignit l'extraordinaire fortune de Jean-Baptiste, dont ses fils participèrent aussitôt : l'aîné, le marquis de Seignelay, qui s'appelait tout uniment Jean- Baptiste Colbert comme son père, eut dès sa majorité la signature des actes ministériels; les filles furent recherchées en mariage par les familles ducales : Beauvilliers, Chevreuse, Mortemart; les cadets devinrent colonel, inspecteur général de l'infanterie, grand-croix de Malte et général des galères de l'Ordre, en produisant « les plus belles preuves de noblesse de la France »... Dans le temps que