FUIT
^1) Du Plessis-Brossardière à Seignelay. Gênes, 27 juin 1678 (Archives Nat.,i»/arme B*8, fol. 220).
(2^ Du Plessis-Brossardière à Seignelay. Villefranche, 2 août; — Du Quesne à Seignelay. Par le travers d'Antibes, 2 août (Ibidem, fol. 226, 156).
(3; 1682 (Feuardent, Jetons et méreaux, t. I, p. 106, n» 1406).
« Il n*y avait en ce temps-là — avant Colbert — aucun arsenal, mais seulement quelques petis magasins dispersés d'un costé et d'un autre et mal fermés, avec des ateliers qui ne Festoient point du tout, en sorte que les particuliers y allaient prendre furtivement ce qui leur convenoit pour les armemens des vaisseaux corsaires. M. Colbert, pour remédier à cet inconvénient, fit rassembler dans un mesme lieu tous ces différents magasins par une enceinte de murailles, qui fut appelée parc. Il n'y avoit qu'une seule pfMfp. onrdée par des Suisses (J), et ces
(ïj • Juste corp» et liaut de chausses des Suisses
Suisses retenoient ceux qui emportoienl quelque chose. Ce premier ordre establi, il fit le projet de bastir des arsenaux plus grands et plus commodes, dignes de la magnificence du Roy (I) » et régis par une police rigoureuse (2) .
Ainsi parlait l'intendant d'Usson de Bonrepaus. Et l'ingénieur de Glerville ne le démentait pas. ^< Une petite fortification mal conçue et si mal conduicte que le peu qui en a esté esbauché est, pour la plus grande partie, déjà ruynée, » un vieux magasin aux armes de François P% une corderie, une maison à Recouvrance, une petite hue, trois hangars, « le tout caduc : »
gardes de l'arsenal » de Toulon. 1670 (Bibliothèque du Service hydrographique, ms. 3 (84), t. II).
(1) Archives Nat., K. 1350 : cf. D. Neuville, Etat sommaire des archives de la Marine^ p. xxiri.
(2) Mémoire sur le règlement à faire pour la police générale des arsenaux. Octobre 1670 {Lettres de Golbert, t. III, p. 285).
voilà, à la date du 14 janvier 16G7, tout l'arsenal de Brest (1), « une gueuserie (2) ! » dans une rade célébrée par un voyageur du temps comme « la plus grande et la plus belle qu'il ayt veiie après celle d'Ormous (3). »
Dix ans plus tard, quelle métamorphose! Et à voir la magnifique -perspective qui en fut alors dressée, quel éblouissemeiit! Des chantiers de construction pour six vaisseaux de ligne, trente magasins pour autant de vaisseaux, des quais longs de mille toises, des magasins
'^l) Mémoire du chevalier de Glerville, et » plan géométriquement dessiné de la ville et château de Brest, » par le chevalier de Glerville (B. N., Géo(;raphie D. 5227).
(2} Déclarait le duc de Beaufort, qui proposait de transférer le port de (juerre à Landévennec et u d'y faire de grands et beaux magasins et même une ville. " Beaufort à Golbert. 10 octobre 1666 (À. Jal, AbrcJiam Du Qucsne, t. I, p. 454).
(3) Les Voyages et observations du sieur de La BouLLAYE Le Gouz. Pari», 1653, in-4% p. 467.
à triple étage pour les vivres, les cordages, les ustensiles, les affûts et les munitions, des hangars pour les chaloupes, les futailles et les voiles, des boutiques pour tous les corps de métiers, des forges, des étuves, une prison, une chapelle, un aqueduc avec des réservoirs, un jardin pour les officiers, un hôtel pour leur chef, un pavillon pour l'école des canonniers, réalisent les derniers progrès de l'art naval (1). Conçu d'après les plans des
(1) u Mémoire sur le plan du port de Brest du 24 août 1676 envoyé par M. de Seuil, relatif au grand pian de 6 pieds et à celui réduit par le s. Clément » (Bibliothèque du port de Brest, ms. 163). Le « grand plan de 6 pieds, » ou «Plan du port et de l'arsenal de Brest » avec « papillons volants raportés sur la carte marquant ce qui est encore à bâtir pour parachever l'arsenal » en 1676, est aux Archives du Service hydrographique 47, 4. 4. — Bertignon, maître de dessin des gardes de la marine, « Veue de la ville et château de Brest avec une partie du port et de la rade. » 1692 (Bibl. Nat., Estampes, topographie de la France y Finistère).
arsenaux anglais et hollandais, que manque-t-il encore à celui de Brest pour être complet? Une poudrière, un mur d'enceinte et des batteries « à fleur d'eau et en façon d'amphithéâtre " pour interdire l'accès du Goulet, mise au point réservée au grand maître en l'art des fortifications.
Loin de se contenter des deux batteries établies par Du Quesne à l'entrée du port, Vaubàn pousse des ouvrages avancés jusque dans le Goulet et dans son « vestibtde, « à Camaret, de façon à rendre « la rade mieux assurée que le port mesme : » Tu te la Ciassium Oceani, lit- on au-dessous d'une vue de Brest gravée sur une médaille du temps.
Il ne manque à J'œuvre de Vauban qu' ' une pièce enchantée, très belle à voir, mais horrible à approcher, » un sombre donjon à deux étages, et quel donjon! « Pour porte cochère une embrasure, pour escalier une échelle de corde, pour
basse-cour la mer et les courants. »
N'ayant « pas un Miserere d'intervalle entre le flux et le jusant, » le grand ingénieur ne parvient pas, malgré ses efforts, à construire sur l'écueil de la Roche-Mengam le fort rêvé, dont les feux prendraient en écharpe tout navire ennemi qui se risquerait dans le Goulet (l).
Avec l'autorité suprême que lui donne depuis 1678 le titre de commissaire général des fortifications, Vauban ne cesse de parcourir notre front de terre et de mer pour en parfaire les défenses et doter la France d'une ceinture de forts. Il inspecte Antibes, Toulon, Marseille et Port-Vendres en 1679, Blaye, Bordeaux et Bayonne l'an d'après, puis Ré, la Rochelle, Brouage, Rochefort et Oléron, et enfin les ports de la Manche. Plus d'une fois, sa clairvoyance nous eût évité des mécomptes si
(1) P. Levot, Histoire de la ville et du port de Brest. Brest-Paris, 1865, in-8«, t. II, p. 17.
Ton avait suivi ses conseils, si « la jalousie ^'iin ministre » n'avait pas entravé les fortifications de Port-Vendres (l), si des ouvrages tracés par lui à Saint-Malo et Dieppe n'avaient pas été ensuite rasés à la veille des terribles bombardements des Anglais.
Et la France n'aurait pas eu^à déplorer les désastreux lendemains de la victoire de la Hougue, le Soleil-Royal n'eût pas sombré en flammes devant l'inhospitalière « Auberge de la Manche, » si on avait écouté Vauban. 11 proposait de transformer en port de guerre une ville ' ruinée de vieillesse, » — mais dont les murs d'enceinte « bretessés et machicoulissés étaient assez bien sur leurs pieds, » — en la couvrant de deux ouvrages avancés, l'un sur un rocher, l'autre à la tète
(1) Abréye fies services du maréchal de Vàuban /eût par lui en 1703^ publié par M. Augoyat. Paris, 1839, in-S».
d'une jetée. Vous avez reconnu Cherbourg. Un vaste bassin à flot eût contenu au besoin une quarantaine de frégates postées « là mieux qu'en aucun lieu du royaume » pour faire la course (l). La première idée de créer à Cherbourg « un i)assin ouvert, un moule et un havre tout ensemble pour mettre mille navires en repos » remontait à Tannée 16G5. Un sieur Baudouyn offrait de fermer le port par « une chausseye à pierre perdue de 250 toises de long, de 48 pieds de haut et de 64 de large (2) . » Mais l'intendant Colbert de Terron avait cru trouver mieux à
(1) Joachim Menant, Mémoire du maréchal de Val BAN sur les fortifications de Cherbourg (1686). Paris, 1851, in-8". — « Le g^rand dessein d'en faire un port pour les vaisseaux du Roy» émanait à la vérité de l'ingénieur de Sainte-Colombe et datait de 1678 (Archives du Service hydrographique, carton 16, pièce 4) .
(2) «Description d'un havre à Cherbourg au lieu dit le Galle » (Bibliothèque du Service hydrographique, ms. 271, fol. 107).
quatre lieues de là et proposait de créer dans la fosse d'Omonville « un port flottant, pour servir de retraite à vingt-cinq grandes frégates (1). " Le projet n'eut pas de suite.
Avec une commission d'ingénieurs et d'architectes, avec Renier Jansse, Blondel et Chastillon, l'intendant était en quête d'un emplacement pour un nouveau port de guerre (2), meilleur que la rade du Havre. Condamné comme inutile à l'Etat, le chef-lieu de notre marine militaire sur la Manche fut sauvé par Du Quesne. La cause première de son dépérissement était « un accident à la platte forme sur quoy roulaient les portes » du bassin
(1) Colbert de Terron à Colbert. !•' décembre 1664 (A. Jal, Abraham Du Quesne, t. I, p. 329).
(2) Un arrêt du Conseil d'Etat, en date du 24 janvier 1665, avait prescrit la visite, « par personnes intelligentes, des havres, rades, embouchures des ports et rivières » (Bibl. du Service hydrofjraphique, ms. 271, fol. 1).
construit en 1635. On y remédia (1) ; l'hôpital fut , transféré à Ingouville ; et son local, tout proche du bassin du roi, devint un magasin flanqué de corderies et de forges. Revivifié en 1666 par l'afflux des eaux du canal de Harfleur et couvert par les batteries installées sur le musoir de la jetée (2), Le Havre resta un port militaire de second ordre pour navires légers, de ces navires qui pouvaient « échouer sans risquer dans toutes les retraites disposées
(1) « Mémoire de ce qu'il conviendroit faire au Havre de grâce pour entrer dans le port de toutes marées : » « baisser la platteforme du pont à chaisne, construire les portes roullantes, faire un bassin au Hoc, à une lieue de Harfleur, » d'après la grande enquête de 1665 {Ibidem, fol. 63).
(2) Abraham Du Quesne, Mémoire du Havre de Grâce, de celuy de Fécamp et de Honfleur (1665), dans le Bulletin de la Société normande de Géoçjraphie (1890), p. 248. — Correspondance de Golberl et de Seignelay avec Brodart, commissaire de la marine au Havre, 1673-1674 (Bibliothèque du ministère de la marine, ms. 3i0 (G. 185).
dans la Manche (1). » Le Havre gardait ainsi son rôle stratégique au centre de notre front de mer.
Estimant " avantageux au service du Roy » d'avoir aussi une base navale sur la mer du Nord et, « par conséquent, d'augmenter considérablement sa puissance maritime, » Colbert en avait demandé les plans à Vauban. Dunkerque n'était alors en 1675 qu'un port de câpres, où ses corsaires, à l'abri des bancs, défiaient la poursuite des vaisseaux de ligne. Vauban parle d'ouvrir un chenal à travers les sables et de ^ bonifier le port » à l'aide de jetées; tout crédit lui est ouvert; le concours de « tous les peuples des chastel-
(1; Instructions de «Fulbert à Du Quesne, février I6<>8, etc. (Alphonse Martin, la Marine militaire au Havre (XVI* et XVlb siècles). Fécamp, 18î^, in-8% p. 90). — BoRÉLY, Histoire de la ville du Havre, t. I.II, p. 26. — A. Doneai'd, la Marine française et ses arsenaux. Paris, 1870, in-8', p. 37 : extrait rlo la Hrvnr maritime et cnfoninlr.
lenies voisines » lui est acquis. Et en quelques années, Dunkerque se transforme : à l'entrée du chenal, les feux croisés du Fort Vert et du Fort de Bonne- Espérance empêchent l'ennemi d'attenter à son « repos; » à un autre ennemi, à l'ensablement, fait face un jeu d'écluses répondant aux canaux de Bergues et de la Moère. Trente vaisseaux de ligne ont, pour se tenir à flot, un vaste bassin creusé entre la ville et la citadelle; pour s'équiper, tous les services normaux d'un arsenal; et pour soigner leurs éclopés.
l'hôpital maritime des Bons fieux de Saint- François (1). L'œuvre admirable de Vau-
(1) u Mémoire des préparatifs nécessaires pour le rétablissement du port de Dunkerque. »> 1677 (Archives Nat., Marine 6=^24, loi. 111). — Golbert à Vauban. 9 mars 1675, 10 mai 1678, etc. (Archives du Dépôt des fortifications : Emile Mancel, l'Arsenal de la marine et les chefs maritimes à Dunkerque 1662-1899. Dunkerque, 1901, in-8% p. 465). — Belidor, Architecture
ban réunira tous les suffrages , depuis ceux de Louis XIV et de Seignelay jusqu'aux éloges du Prussien Spanheim, qui la citera en 1690 comme le modèle des ports de guerre (l).
Et Barin de La Galissonnière propose de généraliser à tous nos ports une création qui fait merveille à Dieppe : le sémaphore. Un « balisier » désigné par les capitaines et pilotes les plus expérimentés bisse « au hault d'un mas un pavillon blanc quarré pour signal qu'il est flot, » ou par « temps brun » allume des feux (2).
hydraulique. Paris, 1739, in-4% Part. U, t. Il, p. 81. — Faulconnier, Description historique de Dunkerque. Bruges, 1730, 2 tomes en 1 vol. in-fol.
(1) E. Spanheim, Relation de la Cour de France en 1690, publiée pour la Société de THistoire de FVance par M. Gh. Schefer. Paris, 1882, in-8«, p. 301.
(2) « Ad vis de M. de La Galissonnière. Mai 1670 >» (Conférence des Ordonnances et loix de la marine »» : ms. de peu postérieur, chez M. Gougy, libraire à Paris).
Pour corriger un vice de la nature qui l'empêchait d'être » puissant sur la mer Océane (1), " le Roi cherchait où « establir un arsenal de marine digne de la majesté de son règne et de la grandeur de ses arniées navales. »^ Cité poitrinaire au milieu des marais, Brouage agonisait comme jadis FAigues-Mortes de Saint Louis. Et du grand port de guerre de Richelieu, il n'allait bientôt plus subsister qu'un simple village dont les rues presque désertes, dans une enceinte fortifiée et ombragée d'ormes séculaires, ont le channe mélancolique desvvilles mortes du golfe du Lion. Nos escadres le désertèrent pour la Seudre, puis, — la Seudre étant semée de sables mouvants, — pour la Charente, où se rendit la commission chargée de déterminer l'emplacement du nouveau port.
(1) Jourtial lV Olivier Lefèvre d'Ormesson, t. II, p^ 474.
Le clioix des commissaires s'arrêta sur un vieux château fort entouré de marais, à quinze kilomètres de l'embouchure du fleuve. Soubise et Tonnay-Charente, où nos vaisseaux de guerre avaient hiverné, eussent peut-être mieux convenu; mais l'une appartenait aux Rohan, l'autre aux Moitemart, de grands seigneurs qui refusaient de s'en dessaisir, au lieu que M. de Cheusses, petit-fils d'un valet de chambre de Henri IV (1), était trop petit personnage pour disputer Rochefort au roi. Il s'y essaya pourtant, de même que jadis le propriétaire de l'île d'Indret avait cru pouvoir résister à Richelieu : « Golbert du Terron ayant voulu acheter Rochefort, et le seigneur s'étant opiniâtre à ne le point vouloir vendre, de dépit y voulut être plus maître que lui. Il persuada à la Cour que c'étnit }f' lîcn'^ln monde le plus propre
(I; Leitrc de '..oil)crt de Terron. 6 mai 1666 ^A. Jai., Ahraluim Du Quesnc, t. I, p. 372, note).
pour en faire un excellent port et le plus propre aux constructions de navires. On le crut, on y dépensa des millions. Mais quand tout fut fait, il se trouva une telle distance de ce lieu à la mer, un coude entre autres si fâcheux et la Charente si basse que les fort gros vaisseaux ne pouvaient y aller, et les autres qu'avec deux vents différents. Il n'eût pas été difficile de voir ce défaut qui sautoit aux yeux, avant de s'engager en une telle dépense. Le sort des choses publiques est presque toujours d'être gouverné par des intérêts particuliers (1). »
Et cette mauvaise langue de Saint-Simon n'avait pas tout à fait tort. L'hommeprotée qui édifia l'arsenal de Rochefort, une des « personnes intelligentes » de la Dmmission, était capitaine de galère,
• (1) Mémoires de Saint-Simon, éd. de Boislisle, t. XIII, p. 28. — Le P. Théodore de Blois, Histoire de Rochefort. 1733, in-4% p. 38.
aide de camp dans les armées de terre, mathématicien, bombardier, ingénieur (1) . Un peu de circonspection eût mieux valu pour François Blondel que beaucoup de titres. Car, dans la prairie où il jeta les fondations du nouveau port, il ne rencontra que de la glaise et se vit contraint, pour les asseoir, de noyer dans l'argile des grilles en charpente (2). D'où une grande dépense, « une grande folie, »
(liront les ennemis de Golbert (3).
Colbert releva le défi en chargeant François Le Vau, frère du constructeur du magnifique château de Vaux -le- Vicomte et du futur palais de l'Institut, de parfaire l'œuvre de François Blondel :
u Travaillez, disait-il, à perfectionner le plan que vous avez fait, en sorte qu'il soit
(1) Archives de TAisne, B. 18.
(2) François Blondel, Cours et architecture. Paris, 1675-1683, p. 656.
(3) Olivier d'Or.messon, Journal, t. H, p. 612,
conforme à la grandeur, à la magnificence que je me suis proposé. Il pourra servir pour tous nos autres arsenaux (1). » Avec cette restriction que Rochefort ne fut point transformée en place forte, comme le voulait Glerville : on se contenta d'une modeste enceinte avec quelques flanquements suffisants pour déjouer un coup de main (2) .
Dans la Méditerranée comme dans l'Océan, une commission où figurait, avec Glerville et Régnier Jansse,« le sieur Cézar d'Arcous, personnage très entendu à la nature des mers (3) , » examinait soigneusement les points « où la nature pouvoit estre aydée par le secours de l'art. » « Elle
(1) Golbert à François Le Vau. 21 août I67I (B. N., Nouv. acq. franc. 4972, fol. 30).
(2) Golbert à Fintendant de Demuin. 28 décembre 1674 (Archives Nat., Mar/*/2eB^26, fol. 492).
(3) César d'Arcols, le Secret du flux et reflux de la mer et des longitudes. Rouen, 1655 et 1656; Paris, 1656 et 1667.
n'en trouva aucun où il y eust de plus heureuses dispositions qu'à Cette (1). » Et le cbevaliei* de Clerville d'établir des devis pour transformer en port de guerre la tête de ligne du canal des Deux-Mers (2) ; mais on se contenta de fermer le port de Cette par une double jetée (3) . Car Vauban opinait pour Port-Vendres et s'indignait de u la nonchalance que l'on avait eue pour ce poste. Si je vivois cent ans et qu'on me fit faire cent voyages en Roussillon, je me ferois toujours un point de conscience d'en proposer la fortification (4) . »
(1; Juillet 1665 Bibliothèque du Service hydrographique, ms. 27i, fol. 244).
(2) En 1676 (Archives du Service hydrographique, portefeuille 73, 10, I et 24). — Ouvrages propos<''s par le sieur de La Fueille. 1677 {Ibidem^ 73, 10, 25 et suiv.). — Lettres de Golbert, t. IV, p. 362, 364.
(3) PiGANiOL DE La Force, Nouvelle description de la France, t. IV, p. 3.
(4; Mémoire de Vauban. 1679 (Archives des Pyrénées-Orientales, G. 1155).
Ailleurs, il fulminait contre « l'indolence >' avec laquelle on laissait combler par « deux méchants ruisseaux la plus belle rade de la Méditerranée (1). » Déjà avant lui, la commission dont j'ai parlé avait signalé la situation lamentable du port de Toulon où « un grand navire ne pouvait point entrer qu'avec peine, » alors que jadis, « toutes sortes de bastimans de mer mouillaient par tous les endroitz de la rade, et les plus grans navires entraient et sortaient à la voille tous chargés avec grande facilité (1). »
A cette situation intolérable, Colbert allait mettre fin en rendant à Toulon la vie et en le dotant d'un arsenal suffisant pour recevoir toutes nos forces navales : « Nous ne sommes pas en un règne de petites choses, disait-il, il est impossible que vous puissiés imaginer rien de trop
(1) Bibliothèque du Service hydrographique, ms. 271, fol. 188.