‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 102 sur 152 · MARQUE 86 MENU · texte numérisé non relu

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façon. On emploie encore le urukago lorsqu’on se met en voyage (= ttnpww y r/o), surtout si l’on doit voyager la nuit, contre les spectres (= ivihuive.) V. ,jTatouage^\-

„Mateke”.

C’est une plante à oignon et à larges feuilles (= ivUïkà). L’oignon est mangé cuit dans l’eau. Cette plante à fécule vient très bien dans rUrundi. Les Warundi la cultivent beaucoup. Elle demande un teM*ain un peu humide et gras. Les feuilles servent de légumes (épinards).

Médecine.

La médecine est intimement liée à la religion ou au culte chez les Warundi, comme chez tous les Nègres et autres peuples. Le médecin et le guérisseur ne forment qu’une personne. Le „mganga”, umufumu (de: kufumürà = kutang^ imiti, iviheko)^ que certains explorateurs nomment „médecin”, est avant tout guérisseur^ devin, mage, prêtre du culte infidèle, ou tout ce que l’on veut. Les remèdes (= imitij akatij umuti, akasâhtcô^ umusaré), guérissent, selon la croyance des Warundi, non par leur vertu naturelle (dans la plupart des cas)^ mais praeternaturellement arts magica, ope spirituum. Aussi, les mots amulette (— iviheko) et remède (naturel selon nous) sont-ils synonymes chez eux.

Puisque, selon eux, à peu près toutes les maladies sont causées par des infiuences praeternaturelles, par des esprits mauvais (V. „ Goétie'% Maladie*') J ils considèrent l’art de guérir naturellement comme impossible, ou peu s’en faut! Même en demandant et en employant nos remèdes Européens, les Warundi sont à cent lieues de croire, qu’ils agissent naturellement, — La médecine purement naturelle, selon nos idées, existe toutefois chez eux. Ils se servent pour guérir de lavements ^ de saignées f de cautérisations (V. ces mots.) En plus, les Warundi, grands et petits, possèdent un certain nombre de remèdes naturels et une médication naturelle, transmise par une tradition qui se perd dans la nuit des temps, et qui est intéressante à connaître. Qui leur à appris tout cela, comme tant d’autres choses (métiers, etc.) ? Ils répondent invariablement: les hommes d’autrefois, de puissants magiciens, prêtres, etc. Impossible d’obtenir une date. On cite quelques noms humains, tout aussitôt accolés à des esprits (V. ^Esprit.”) Evidemment, toutes ces connaissances remontent bien haut, aux patriarches ante- et post-diluviens. — Un très grand nombre de bois et de plantes est employé comme amulettes II est possible, qu’une partie d’elles petit avoir des qualités pharmaceutiques. Les trois suivants, connus aussi des Watwa, paraissent naturels, a. Urukamo.

C’est une espèce de tissu trouvé autour des branches de certains arbres. On le fait bouillir et l’odeur aspirée guérit (?) la maladie nommée iklsigô. — b. Umuyongamanza, ou : umurongamhare. C’est une petite plante qu’on mange, et qui guérit toute maladie, assure-t-on ! — c.

Umukengamweru. L’épi de cette herbe est brûlé et on aspire la fumeé, qui guérit également toute maladie ! — Lorsqu’un enfant est pris de convulsions ou d’évanouissement, on lui donne une forte prise de tabac (— kusômér* itahï). Le malade éternue (== kwasamürà) et il est sauvé. — Si l’on se coupe gravement, on met des cendres de bois sur la blessure, a fin d’arrêter l’hémorrhagie. — Les Warundi en général prennent peu de remèdes à l’intérieur. Rarement encore on les applique en frictions. Presque toujours ils sont pendus superficiellement à l’endroit du corps où l’on souffre, en guise d’amulettes. Même nos remèdes Européens, qui doivent être pris à l’intérieur, risquent d’être portés entérieurement, enveloppés dans un sachet ou autrement, si l’on ne prend pas la précaution de les faire avaler ou boire en notre présence. — Pour avoir toute la confiance du patient, le médecin fera bien de prendre d’abord lui-même une gorgée de la potion, pour prouver que ce n’est pas un poison. — Quant aux remèdes plus ou moins magiques, V. l’article , ^Amulette". — Les Warundi font usage de Veau, pour traiter certaines maladies (fièvre), ou comme moyen hygiénique. (V. y^Eau"). — Leur art chirurgical est à peu près nul. Ils ont une horreur invincible à se laisser opérer, ou à laisser faire des incisions un peu profondes. Presque jamais ils n’amputent un membre. Une jambe, ou un bras cassé, est ajusté tant bien que mal, puis immobilisé entre deux ou plusieurs morceaux de bois fortement maintenus par des bandages (ficelles). Ils pratiquent la section césarienne, tant sur la mère vivante (— kusharra), que morte (= kuwâga) (V. „AccoMc/?.er”). — Traiter un malade se dit = kuvura, p. e. ikikomere, kumuh* umuti \ baigner un malade d’eau chaude = kukanda] appliquer de l’eau chaude à une plaie = kusêbürâ. — Quant aux maladies, leur fréquence et leurs noms, V. l’article ,^Maladie". — Les Watwa en général ont les mêmes procédés et les mêmes connaissances médicales. On les dit même plus forts en médecine, puisqu ils sont censés être très forts en magie î — (V. ^Guéinsseur").

Menu.

Le menu des repas est des plus simples.

Le fond du repas principal, et souvent unique, se compose de la polenta {j^ugali" = umüdzïmâ) et de bananes. Un certain nombre peut y ajouter des haricots, du poisson (au lac), de la viande (rare), etc. Voici la composition de quelques menus. — 1®. Polenta avec haricots et poisson = kukôz^ umudzima n* iviharage rV iffi. — 2®. ,jlkiswage" (manioc en pain), patates, bananes avec haricots et poisson, — - 3®. Viande de boeuf avec polenta et haricots. — 4®. Arachides seules ou avec de la polenta. — 5®. Ignames, j,amateke", bananes mûres seules, etc, — Dans tous les mets on met du sel ou de l’huile de palme (au lac), si l’on en a. Dans la pblenta on ii’en m©t pas,,

MENUISEEIE

MEUBLE

Menuiserie.

L’art de travailler le bois est bien peu développé chez les Warundi. Pour faire (= kuwaza) des pirogues, des piliers, des mortiers, des tambours, des manches, etc.

ils n’ont qu’une petite et primitive hachette {=ishenyo, de: kushënyà, ou: imaramitiy Fig, nQ. 11\ et une petite herminette (= imhazo, de: kuwaza, ou; inkasakuzo, Fig, n'\ 72). Le fer de cette hachette s’emboîte (= kukwîkiF ishënyô) dans un trou .(=: intoboro), percé au feu au bout d’un manche (= ikirindi) en bois. L’herminette, au contraire, est garnie elle-même d’un trou pour passer le manche.

Les Watwa se servent des mêmes instruments pour creuser des barques, ce qui est leur travail spécial. Warundi et Watwa se servent encore de leur couteau de poche (=r ingota), ou de leur épée (= imbugita\ pour de menus travaux de bois. Pour polir et arrondir le bois des lances (= kuwaz" uruti), on a un petit couteau à deux tranchants.

La pointe de ce couteau passe à travers un petit morceau de bois (= imhazlroj ou : akakare, Fig, WK 73). Pour arrondir le bois, on racle avec la partie du couteau formant angle avec ce bois a (V. Fig. wk 73), aussi longtemps que le bois de la lance est rond et poli. Les Watwa procèdent de la même façon. Eux et les W arundi ont encore, dans le même but, un petit couteau avec une pointe recourbée (= akawazïro, Fig. 74).

Pour faire des dessins sur bois (= kasiirurà), on prend le fer d’une vieille lance qu’on ébréche (= kuhongôka, ivihanga v" imbugita) par-ci et par-là, formant ainsi une scie primitive. On rougit ce fer au feu, et on trace en tirant les lignes ou le dessin qu’on veut. Les Watwa font de même.

Métier.

Les Warundi sont un peuple cultivateur.

L’agriculture est à tous le métier favori.

Quoiqu’ils ne cultivent que le strict nécessaire, ils y mettent une vraie passion. Aussitôt que les premières pluies tombent, toute la population est en branle, et grands et petits s’occupent aux champs. (V. „AgriculturF'). — Les Watutsi, eux, s’appliqueraient volontiers exclusivement au métier pastoral ; mais, dans la pénurie actuelle de boeufs, ils cultivent aussi la terre.(V.„ Méfier pastorar ). — Les Watwa enfin s’appliquent très peu aux deux métiers précédents. Leur vie c’est la chasse. (V. „ Chasse”.) — Les riverains du Tanganika vivent principalement de la pêche. — (V. „Pêché”.) — Parmi les métiers proprement dits, il faut ranger l’art de travailler le fer (V. ,, Forge”), et la Poterie (V. ce mot.) L’art de tresser des paniers, des corbeilles, des nattes, des sacs, des filets (V. „ Tressage”), de travailler le bois (barques, arcs, lances, etc. (Y. „ Menuiserie”), de préparer des peaux (V. yjPeau”), de couper les cheveux (V. „Cheve~ lure”, „ Frisure”), est propre à tous les W arundi plus ou moins. Tous savent encore, à l’occasion, bâtir une case (V. „ Architecture”), faire

de la bière, et de l’huile de palme. Ces derniers travaux, comme celui de tresser des corbeilles, sont propres aux femmes, (V.

„Bière”, „ Huile”). Il n’y a pas des gens qui se donnent exclusivement au commerce (V.

ce mot). Les médecins (V. Médecine”) se confondent avec les Guérisseurs (= awafumu, V.

ce mot). Ces derniers, comme les ^Pluvia^ tores”, les Charmeurs de poisson, les Devins, et même les „Kiranga” (= prêtres, V. ces mots), exercent un vrai métier spécial, à part, et presque toujours héréditaire dans la famille. Les Watwa sont tous à peu près potiers et forgerons. Chez les Warundi, ces deux métiers sont héréditaires dans la famille. Ils l’exercent de père en fils sans que pour cela ils forment une caste à part, comme les Watwa.

Meuble.

Les meubles sont bien primitifs chez les Warundi. Sous ce mot on peut toutefois classer un certain nombre d’objets, de vases et d’ustensiles. — 1®. D’abord la porte {—urugi, urukingisho, de kukinga). L’entrée (= umuryango) est formée par une claie. Celle-ci est faite (= kudzjisha urugi) de gros roseaux (=z: amarenga, umwironge, itungutungu), liés sur deux bois minces recourbés en arc et maintenus par une corde. Fig. n'\ 76. A la place de roseaux on emploie aussi (à l’intérieur) du papyrus sec (= amafunzo), ou de fortes lianes ou de minces verges tressées. Fermer la porte se dit: kugarra, Vou\rir = kug unira. La nuit cette claie est fixée à l’intérieur au moyen d’un gros bâton (= ikiwando, icyugazo, ikihïncHzô de : kukindera impene) placé horizontalement devant la claie et glissant dans les parois de la porte à travers deux anses appliquées à droite et à gauche. — 2®. Dans chaque case de famille ou trouve un ht (= uwuriri, uwutezi). Tandis que les enfants dorment roulés dans une natte (= kwiyorosa mu 'kirago), dans l’„ atrium”, les parents (et les grandes personnes) ne se couchent jamais par terre. Ce lit se compose de quatre piquets fourchus (= inkingi) fichés dans le sol. Sur ces fourches-pieds reposent deux bois, longs de l'*’.70 environ {== imitandikwa, umwaro).

Sur ces deux bois latéraux sont liés régulièrement en travers des bois plus minces ou des roseaux (— isaso). La partie supérieure, déjà un peu plus haute, est rehaussée encore par des roseaux, des bois tendres ou de l’herbe. Ce coussin se nomme: umusego, ou:

umutaramuro. Sur ces roseaux ou sur ces bois est étendue en guise de matelas, de l’herbe (= kusasa uwuküngâgà). Une natte, dans laquelle on se roule nu, sert de couverture. Fig. n'i. 68. — 3". Les Warundi n’ont pas des sièges ni même des tabourets si fréquents ailleurs. On s’assied sur de l’herbe fine et blanche (= ishinge), dont la case, ou plutôt r„ atrium”, est tapissée (= kusezera). Les nattes sont assez rares dans l’intérieur, mais fréquentes dans l’Uzige. Si l’on en a une disponible, et si l’on reçoit un person-

MEUBLE

MEUBLE

nage de marque, on la déroule à moitié, et le visiteur s’assied sur la partie déployée.

Ceux qui l’accompagnent s’asseyent par terre sur l’herbe, ou sur d’autres nattes déroulées complètement, — 4®. L’arc est suspendu (“ kumanika umuheto) à un crochet en bois fixé en haut au milieu de la case. Ce crochet se nomme: intagarra, ingnngo, Fig, n'\ 77.

Quelquefois l’arc est enfoncé simplement entre les bois latéraux de la case. Les fièches sont mises avec l’arc, et enfoncées entre les bois des parois (— kuwika ku 'miganda). Quelques riches ont un carquois (= umutana, itrmisukwa). Fig, n'K Î9, On conserve encore les fièches auprès du lit, serrées dans les urusika (cloison), — 5®. Dans chaque case on voit une ou plusieurs ivitei'eko, ou: urusanlirw' inzu. C’est un appareil eki ficelles bien tressées en guise de filet, fixé en haut de la case, ou accroché le long dés parois, et destiné à y suspendre des paniers ou d’autres vases (pots de miel). Car on ne met jamais ces paniers par terre, e. a. raisons, à cause des fourmis blanches. La vaisselle au contraire, c.-à.-d. les pots et les cruches, est placée simplement par terre à côté du foyer sur des coussinets = ingatta, indarazo Fig, n \ 54, ou dans de petits trous creusés dans le sol. — Au-dessus du foyer se trouve ordinairement une espèce de râtelier = urusenge^ pour y placer le bois de chauffage. Les Watwa ayant peu de paniers (remplacés par de la poterie) n’ont pas de ces ivitereko, — 6®. Dans chaque ménage on a, pour moudre les grains de sorgho, d’éleusine, une ou plusieurs pierres à moudre = plur:

inshyo ou : urutezi. C’est un morceau de granit, ou d’autre pierre dure, de 40 à 50 c.M. de diamètre, plate et un peu concave en haut.

A force de la frotter longtemps avec une petite pierre dure, on obtient une surface assez lisse. Une petite pierre de dix centimètres = inkaslre, imcmakaze, un peu plate et tenue à deux mains, sert à écraser les grains, étendus sur la grande, pierre, par un mouvement continuel en avant et en arrière.

Chaque ménagé a aussi un mortier en bois = isektiro, de : kusekura, ou : indudnzo, avec son pilou = umusekuzo , umuîdni, umusekuzwa, Fig. n'K 18. — 7®. Aux meubles appartiennent aussi les pierres du foyer —.amàshïgà, ite* kesho. (V. jjFoyeF'). — 8®. Pour cuire {= ku^ teka, kukinzjikà), on a des pots (= inkono) en terre cuite, faits par les Watwa (V. jjPoteciF'*). Placer un pot sur le feu se dit : kute^ rekako\ l’enlever du feu — kutërurâ. Ces pots inkono) de différente grandeur, à ouverture plus ou moins large, ont plusieurs noms, e. a. : impange, ou: intango (ni ninïya), ou: ikilereko, inagOj ou: inaga, urtveso (inzesoj, intawarirwa, intariko, ukwavia, urtuihebe, ou: inteha, ou: uruivehe (petit pot à cuire), inganzo, urwâvyà, ikisuko, ikigombo, ou: inkono (intango) y a

^vigombo (à deux ouvertures), etc. Fig. n'K il, '^4, iM, i28. Dans chaque case on a aussi plusieurs cruches (= b^uiaindt), plus hautes

en général, et à ouverture plus petite, en terre cuites, faites aussi par les Watwa.

Fig. n^. H9y iW. Avec ces eruches les femmes et les enfants vont puiser de l’eau à la source. Elles servent aussi pour conserver l’eau pendant le jour, la bière, l’huile à palme, le miel, etc. Elles portent aussi différents noms e. a. : ikarabo, ou : ihereswa (poi\to cr.), umuhange, intawarirwa^ inaga, intango, uwunoga, uniugumuriza, ikifihârïrô {cr. de miel), etc. On pose ces cruches par terre dans de petits trous (= ikinogo, akogo, intobôro), ou sur des coussinets (= ingatta^ indarazo). Ces coussinets sont ronds, tressés d’herbe ou de feuilles du bananier et souvent très jolis. On s’en sert aussi pour porter des charges sur la tête. Fig, n'K 54. » La poterie est assez souvent ornée de lignes symétriques, etc.

tmisengo kusanira: uwusarure. Fig. WK llû, ii9, iW. — 9?*. Pour boire on a des vases (en guise de tasses), faits de la coque dure d’une citrouille coupée en deux. Il y en a deux espèces; des grandes pour y verser la bière, faites d’une grande citrouille nommée : ikisabo, ou: ikitekwa. Ces grandes coupes ont* plusieurs noms: ubwato, uruho (plur: impuho\ urusozwa, nruwangara, inganzo. Fig, n'K i4.

Ensuite il y a les petites, qui servent pour puiser la bière dans les grandes coupes, ou bien pour boire de l’eau (tasses). Elles aussi ont plusieurs noms: akasozwa, akuho, aku^ dewuzo, inkongôrô y' ukwezi (tasse en forme de croissant), etc. Ces petites tasses, très gracieuses et légères, sont faites de la coque coupée en deux d’une petite courge,* nom* mée: nmunguj umuribwa. Les Watwa se servent rarement de ces vases en bois. Ils ont de petites tasses eti terre cuite: ututa* maga^'ca, fabriquées par eux, dans lesquelles ils boivent. On en trouve aussi chez les Warundi, qui les achètent chez les Watwa.

Fig, n'K i2ia, 122. — On peut encore ranger parmi les ustensiles de ce genre: une gar* goulette = umubipîkïrà, Fig, n^, iSl ; une écuelle pour puiser de l’eau = uruwaküzo (rw' ukunywesh’ amazi)^ urimaya’ un bassin = icyôtërô, iklwehe, ikivumvu (van) Fig, n<>. 51, 126 \ un vase pour traire les vaches — icyanzi, fait du bois de l’arbre = ihmuviruj Fig, nK 15, 16’, un pot à Iskit = iivango; un petit bassinet = urweso, akahereswa, etc. .

10®. Pour préparer l’„ugali” (polenta — umüd^ z%mà, ummiogerwa), le remuer (=: kucyumba) on se sert d’une spatule en bois == umukiza, umutaharo. On s’en sert aussi pour tourner la bouillie {== kusigissa umusîirürû)i Fig, n'K lOa, Pour enlever le beurre de dessus le lait {h a,ttu) kuv y ura, les Warundi, . et

principalement les Watutsi, ont une cuillère recourbée, en bois = indosho, ikiravyi, ingo^ cyorwa, Fig. n'K 80. Dans la fabrication de l’huile de palme (== amamêsa), on emploie un coquillage pour séparer l’huile de l’eau.

Les Watwa ont à cet effet un cuiller en bois, creusé, mal travaillé, non recourbé ±*£ indicyo ; ou bien ils -Se servent d’un ooquü*

MEUBLE

MOEALE

lage. Fi(j, no, 81, Du reste, tout ce qui est dit ici des meubles, s’applique également aux Watwa, à moins de mention spéciale.

V. en plus l’article yyPoteriF\ A l’article „ Tressage’^ il sera parlé des paniers, corbeilles, nattes, sacs, etc., afin de compléter la série assez Kmitée des meubles et ustensiles.

Mois.

La détermination du temps et la division de l’année sont assez vagues chez les Warundi, ainsi que chez les Watwa. Ils ne possèdent guère que les mots: unnvaka, umutazo (année) et ukwezi, inkivezi, icyezi (mois ou lune). Pour couper l’année ils n’ont pas non plus des fêtes publiques, ni même des fêtes de moisson. Le mot de unitvaka (année) signifie quelquefois une durée de temps indéterminé, même bref. Ainsi quelqu’un qui est malade depuis dix jours seulement, dira: ndarwaye umwaka urashira = je suis malade depuis un an! Toutefois, ils comptent par années lunaires, calculées sur les phases de la lune ; mais aucun Murundi saurait dire combien de mois il y a dans une année. Ce qui caractérise pour eux une année c’est la suite invariable des deux saisons principales: de la pluie et de la sécheresse. Pour désigner un petit nombre d’années (ils n’en comptent guère au delà de dix) ils diront : nous avons cultivé le sorgho (ou moissonné) tant de fois. Ils possèdent un grand nombre de mots pour désigner les différents mois, ou plutôt les différentes saisons ou époques de l’année. Tous ces noms sont basés sur V agriculture. Naturellement pendant la période sèche ces noms sont moins nombreux. Ces noms correspondent un peu à nos mois. Quelques uns sont courts, d’une ou deux semaines seulement. Ces noms de mois ou de saison ne correspondent pas toujours sur tous les points de l’Urundi. Ainsi, dans rUzige où la pluie commence plustôt, le mot indiquant octobre, sera reculé à nov.

ou déc. dans le centre de l’Urundi.

Morale.

On se figure quelquefois les soi-disant „Naturvôlker” dépourvus de toute morale, ou tout au moins vivant dans ce premier stade où la morale commence à éclore sous la loi d’une aveugle évolution. C’est une grave erreur. Les faits et l’observation non-prévenue enseignent le contraire. Aussi, les vrais anthropologues sont unanimes à ce sujet.

Les études de M. Man et de Quatrefages sur les Mincopies (Nigritos des îles Andaman) et de M. Hahn sur les San et Khoi-Khdi, peuvent servir de modèles dans cet ordre d’idées.

Il est vraiment honteux pour la science (la vraie), que des ouvrages, comme celui du Dr. Fritz Schultze („Psychologie der NaturvôlkeF'), enseignent systématiquement et à-priori le contraire de la vérité. De tels livres feraient reculer la science anthropologique et ethnologique, si c’était possible, de plusieurs siècles, au lieu de la faire progresser ! Lorsqu’on a été de longues années en contact avec Vclme

de ces peuples, réputés barbares et qui le sont si peu, lorsqu’on a vécu longtemps parmi eux et avec eux, de leur vie simple et patriarchale, on est vraiment choqué et scandalisé du partipris, de l’injustice très peu fraternelle, de la barbarie réelle avec laquelle ces millions d’humains sont jugés et condamnés, et cela au nom de la science! Non, ces peuples ^primitifs” (qui ne sont pas primitifs du tout, mais très décadents) n’ont besoin que de vérité et de lumière, que d’être mieux connus pour gagner dans notre estime. — Certes, leur religion a fait un triste naufrage à travers les âges; on doit l’appeler plutôt l’ anti-religion sous une de ses innombrables formes, ou mieux encore, l’infidélité tout court : mais tout n’a pas sombré dans ce naufrage. Il reste des épaves, des vestiges de la réligion primitive et révélée, quoique contrefaits et même souillés la plupart du temps. — C’est le cas aussi pour la morale chez ces mêmes peuples infidèles. Elle existe bel et bien, quoiqu’elle ait souffert par-ci et par-là de rudes entorses. Il est même frappant, qu’en général la morale ait moins souffert que le dogme chez ces peuples-là. On peut lui appliquer le célèbre effatum: „Anima (conscientia) naturatiter christiana”. Du reste, ces peuples auraient disparu depuis longtemps, si une morale et des principes moraux leur manquaient. Un peuple sans morale (et sans religion) ne se conçoit pas, et, en tout cas, ne durerait pas un quart de siècle. — Après ces préliminaires, qui ne sont pas superflus, parlons des Warundi. — Leur valeur morale est la même que celle des autres peuples Nègres; je crois même, qu’elle est plus grande à certains points de vue. Il n’est question ici, bien entendu, que de moralité naturelle, purement humaine, puisqu’il est bien évident qu’on chercherait en vain chez nos Warundi, les nuances délicates de la plupart de nos vertus et qualités chrétiennes. Ils ont distinctement l’idée du bien et du mal, du vrai et du faux, du juste et de l’injuste, de tous les grands principes moraux. Ils ont des termes pour exprimer ces idées (bien = -iza, mal = -bi, Yr3ii — -kuri, juste, honnête, équitable — randa, kwera, ingero, etc.). Il faut avouer néanmoins, que beaucoup de mots manquent dans leur langue pour désigner une foule de nos conceptions morales, de nos fines fleurs de vertus, et de nos vices aussi ! Il est vrai, que les langues bantu sont pauvres en adjectiva et en mots abstraits en général. Un mot désigne parfois tout un ordre d’idées pour lesquelles nous possédons, dans nos langues christanisées, toute une série de mots nuancés. Leur langue y pouvoira avec le temps. Bien des termes, encore matériels et terre-à-terre en ce moment, s’idéaliseront peu à peu. On chercherait en vain chez Cicéron les noms de bien des vertus chrétiennes. Plusieurs mots cicéroniens ont reçu depuis un sens plus idéal et éthéré

MOKALE

MOKALE

(p. e. ,jvlrtus”, j^humilis'' J „txislus^% etc.). — Si l’on demande aux Warundi^ 'pourquoi ils taxent ceci de bien, cela de mal, ceci de juste, cela d’injuste, etc.*, ils gardent le silence, ou s’ils répondent, ils diront que c’est, parceque „le coeur (conscience) leur dit cela’^, ou leur ubwe'nge (raison), ou enfin que cela doit être ainsi! Je n’ai jamais entendu qu’ils disent : „ Parceque Imana (ou un

autre esprit) le défend, le trouve bon”, etc. Il se peut néanmoins, que parfois on ait obtenu d’autres réponses. Est-ce à dire que leur morale est indépendante f Nullement.

Elle procède du substratum religieux qui est en eux à l’état latent, inconscient, mais qui existe néanmoins malgré leur infidélité et leur culte pour des êtres q}i\ sHnterposent entre eux et le vrai Dieu. Ils ont l’âme (la conscience) ^^naturaliter christiana^\ La voix du Législateur suprême qui parle dans leurs coeurs assez souvent, c’est celle du Bon, à moins que ce ne soit la voix de leurs bons anges. Leur morale est donc indépendante dans ce sens seulement, qu’elle est meilleure que leur pratique religieuse (quant aux dogmes). C’est une inconséquence qui leur fait honneur; car quelle moralité peut découler conséquemment d’une forme anti-religieuse! Ce qui vient d’être dit s’entend de V éthique naturelle; car pour les choses positives les Warundi diront parfaitement que ceci ou cela est bon, mauvais, licite, défendu, etc., parce que les esprits, le roi, les chefs, les parents, etc. le défendent, l’agréent, etc. La loi natureUe, dans ses grands traits, existe donc parfaitement en eux. Ils ont également l’idée de mérite et démérite, de récompense ou de rémunération et de punition. Leur manière de remercier, de dire merci pour un bienfait, est caractéristique à ce point de vue. Ils disent : urakodze neza, littér. : tu as bien agi; ou bien: uragidze neza. Les Wanyamwezi disent généralement: toarawedzja, wawedzjaga, etc, avec le même sens. Le nom d’une divinité des W abembe est Kawedzja = qui fait bien toujours („omnia bene fecif% erant valde bona'’). — Si maintenant nous parcourons l’éthique spéciale, nous verrons d’abord, que l’éthique individuelle^ malgré bien des lacunes et des désordres, se dessine parfaitement. Les Warundi sont profondément religieux. Leur vie est remplie d’actes religieux. Si leur culte est prostitué et s’il va presque toujours à une mauvaise adresse, ils n’en sont pas moins en relations avec l’outre-monde. Ils prient, ils observent des abstinences. Ils ont des sacrifices, des lieux sacrés, des prêtres. Ils portent des amulettes, etc. Bref, l’athéisme, même pratique, n’existe pas. S’ils jurent beaucoup, ils ne blasphèment presque jamais. — Envers eux-mêmes les Warundi observent les devoirs d’hommes autant qu’on peut attendre cela de payens.

Le suicide est rare. On le dit plus fréquent parmi les Watutsi. Les auto-mutilations sont plus rares encore. Quant aux défauts

et vices strictement privés et individuels, le Murundi en a. 11 est irascible et cède volontiers à la colère. La modération lui est difficile. Il est rusé, équivoque et ment beaucoup. Le Mututsi est très fier et tous sont vaniteux. L’avarice est bien moins souvent constatée chez eux. L’impudicité chez les Nègres, et chez les Warundi en particulier, est bien moins grande, qu’on le supposerait de prime abord. Beaucoup de choses qui choquent notre délicatesse, ne sont que des grossièretés de paysans et qui les rendent, certes, peu coupables. Les vices contre-nature sont très rares, si non complètement inconnus. On chercherait en vain chez eux les perversités raffinées de nos villes et de nos Hénochies d’Europe. Les jeunes gens se permettent mainte légèreté, et il paraîtrait que l’abus de la masturbation est assez fréquent parmi les enfants, surtout parmi les filles. Disons un mot de la pudeur, puisqu’il est de mode parmi les anthropologues d’une certaine tendance, de la refuser à certains „Naturvôlker”.

Eh bien ! ce serait une insigne calomnie de dénier le sentiment de la pudeur à nos Warundi, tant Watwa (Pygmées) que Wahutu et Watutsi. On conclut ordinairement du manque d'habits, ou de leur insuffisance, au manque de pudeur. C’est un raisonnement faux. L’habit est en grande partie affaire de climat, de mode, de convention, de pauvreté, de simplicité, jusqu’à un certain degré, tandis que la pudeur est une qualité naturelle, innée dans l’homme, et les Warundi la possèdent. Des actes vraiment honteux se voient très rarement au dehors. On se cache. Les femmes sont réservées. La nudité entre adultes, autant que le costume traditionnel la rend mal-séante, est mal vue et blâmée. Les assistants ne manquent pas de crier au scandale si quelqu’un s’oublie, même par mégarde. Enfin, les faits et les preuves pour corroborer cette vérité abondent. — On ne peut pas dire que les Warundi sont paresseux par nature. S’ils travaillent peu, c’est qu’ils n’ont pas de raison pour travailler plus qu’il n’en faut pour vivre. Ils sont sobres „de facto”, quoiqu’ils soient assez portés p. e. à l’ivresse et à la „gula” s’ils avaient de quoi satisfaire leurs appétits. L’envie n’est pas non plus leur vice capital. Bref, si les sept péchés capitaux ne sont pas à nier toujours dans leur vie privée et individuelle, on voit, au contraire, à chaque instant des qualités opposées et bonnes se faire jour. Toutefois, on ne constate pas de tendance consciente et réfiéchie de perfectionnement moral, ni surtout intellectuel. Augmenter le trésor de leurs connaissances (comme nous l’entendons), c’est bien le moindre de leurs soucis. Leur bonsens, très développé en vérité, suffit amplement à tout cela. — Les relations avec le prochain sont régies par des règles morales assez bien déterminées. Tuer quelqu’un, le

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