‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 108 sur 152 · PIOCHE · texte numérisé non relu

PIOCHE

dans chaque. Les faces a. b. c. d. ont deux ouvertures; les faees e. f. n’en ont qu*une. Au centre de l’ouverture a. b., on fixe en guise d’appât un ver ou une sauterelle (= ikikori). L’appareil est lié à une corde au bout de laquelle se trouve un bois flotteur (= imisabiro) qui surnage. Trente à quarante de ces appareils sont lancés à l’eau autour de la pirogue. Le poisson, voulant happer Tinsecte (— ikihorï), reste engagé dans un trou; le bois flotteur l’indique aussitôt, et on le retire. Avec ce procédé on prend beaucoup de poissons imanzi. Pour y réussir, on doit tambouriner sur le rebord de la barque (= kukongôta ku ^bwato, kusasira) pendant la pêche. Sêns cela on ne prendrait rien! Fig.

Les Wamndi font d’excellents filets (— kutâga urusenga). On les fait librement, sans usage de bâtonnets donnant Tuniformité des mailles = imigenzo. Le fond d’un filet se nomme — inzanyi. Les filets sont faits d’un© très belle et fine ficelle, tressée avec les fibrœ du „ raphia” (= inondo). Même les petits garçons maillent ainsi à leur usage de petits akasassa (= trubles, schepnetjes), qui glissent kuhurura) sur un petit cerceau. — Les forgerons Wamndi, Watwa, et Wavira surtout, fabriquent de bons hameçons. Fig.

La religion n’est pas, bien entendu, étrangère à la pêche chez les Wamndi. Ils ont un umufumu (prêtre) spécial pour charmer les poissons. (V. „CharmeuF"). ~ Mentionnons encore une pratique et une croyance assez curieuse. Les Wazige capturent les akahuzo et surtout les imishicya en énorme quantité.

Pour les conserver, on les sèche en les étendant (= kwanïkïrà) au milieu de la cour, ou sur l’espace libre entre les cases d’un village, et on les remue de temps en temps (= kugarâgura). On voit quelquefois une surface de 150 couverte ainsi d’une couche de poissons. Au milieu de ce tapis poissonnier on place çà et là une cruche avec de Teau lustrale, bénite, sacrée à Imana (=utuzi tw" Imana). Les Warundi assurent, qu’après un tel acte de dévotion, on ramasse beaucoup plus de poissons, qu’on en a étendus, parceque Tesprit les bénit ainsi (= kuhezâgïrà, urusango, ikiwumbura).

Pioche.

L’instrument de labour quasi unique des Wamndi, c’est un© simple pioche en fer, en forme de coeur, de 25 à 30 c.M. de long.

Fig. fv>. 111. — 8a forme est la même par tout l’ürundi. Elle diffère un peu de celle des Wanyamwezi. EU© est plus gracieuse, — Le travail principal des forgerons, tant Warundi que Watwa, consiste à faire des pioches. Toutefois, le minéral d© fer est très rare dans TUmndi. On importe des pioches de TUhha, ou plutôt de TUsambiro, d© TUvinza et de Tüvira. Celles du dernier pays, quoique plus jolies, sont moins bonnes; leur fer est de moindre qualité. (V. „ Forge**).

^FLÜVIATOR” iOl „PLÜVIAT0R”

„W»vîHbir”.

Chez tous los Nèffres, ot en particulier chez les Warundi, esdste la ferme persuasion, que certaine cat^orie de leurs „awafumu*’ ou prêtres possède le pouvoir de „fairé” de la pluie, ou plus exactement de \\ixttirer'' {= kuvuta)j de la ^pécher^’ {= ku^uba), comme aussi celui de r„ecar<er” (tuer). Chez les Warundi ce pouvoir se transmet de père en fils. Avant de mourir, le père confie à son fils, ou à un membre de la famille, ce secret avec tout l’essentiel à savoir: formules, prières, etc. C’est une espèce d'o/’dre. — Pour faire l’opération il faut être à trois.

D’abord on va cueillir les feuilles fraîches de certains arbres, nommés: ururirci,n-genda, umukuha (urukozi?), ikivuza (ikovof). Ces feuilles sont mêlées avec celles de l’arbre:

umugeregere (uruvubo rw* invura). Avant que les incantations commencent, on se frotte (= kwisïga) la tête et la poitrine avec ses feuilles. Puis, on met trois piquets en terre (en triangle) = kushinga umuhezagiro ; sur ces piquets en bois on place un pot rempli d’eau et on allume du feu au-dessous. Lorsque l’eau est un peu chaude, on y jette les feuilles rituelles (— uruvubo rw^ Invürà). On serre un bout de bois entre les deux mains, on plonge le bout de ce bois dans l’eau du vase, et on la remue (= kuvuzuga) très vite ainsi pour qu’elle donne de r écume. Ce pot avec son contenu se dit = ikivuwagiriro. Après cette manipulation on va mettre le pot derrière la maison (= kuzika invura kikuzura ’rnazi). On jette de cette eau de tout côté (— kutota imitoto :

asperger) en regardant le ciel (— kuvuba) et en disant les noms des vents, en les appelant par leurs nomsj e. a. m. en invoquant et en conjurant les esprits de Vair (= kuhamagarr^ invura^ amazina invura). Voici ces noms et en même temps la formule conjuratoire:

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