‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 11 sur 152 · IV · texte numérisé non relu

IV

à la suite d’épouvantables tremblements de terre, accompagnés de tempêtes, d’inondations, etc., et cela prèsque instantanément en vingt-quatre heures. — Cela n’a absolument rien d’impossible, ni même d’improbable. Citons quelques faits de semblables catastrophes plus ou moins considérables. Le 1 Sept. 1730 on observa à Yania près de Lacretoru (Canaries) une fissure tellurique d’où s’élevait en 24 heures une colline. Quelques jours après on remarqua une deuxième crévasse. — En 1783 il y eut en Islande des tremblements de terre, précédés un mois d’avance par des éruptions volcaniques sous-marines à 30 miles de la côte. Sur une surface de 150 miles la mer était couverte de pierre-ponce. 9000 sur 25000 des habitants périrent et 20 villages furent anéantis. — Tout le monde connaît le désastre de Lisbonne du 1*">‘ Nov. 1775: 60000 habitants y trouvèrent la mort. Le mur des quais descendait 180 M. sous l’eau. Selon Al. von Humboldt ce tremblement de terre

fit sentir son action sur le quadruple de la surface de l’Europe. On le sentait dans la mer de l’Est, aux Indes-Occidentales, depuis le Canada jusqu’ Alger. A 27 ou 28 miles angl. de Maroc s’ouvrit une crévasse où fut englouti un village avec ses 10,000 habitants. Il paraît même que le centre ou le foyer de ce tremblement lisbonien était précisément 1 endroit où l’on soupçonne Atlantis (dos du Dauphin). — L’Irlande était jadis le foyer de grandes éruptions volcaniques. Après une de ces éruptions en mai 1488 le village Bablyowe fut détruit par un torrent de lave de 45 M. de largeur qui pendant 39 heures descendait de la colline Knochlade. En 1490 une semblable éruption tua 100 personnes et beaucoup de bétail. Remarquous, que le Portugal et l’Irlande se trouvent à Vest d’ Atlantis. A Vouest (aux Indes-Occidentales) il y eut de tout temps beaucoup d’accidents

volcaniques. En 1692 l’île Jamaïca fut visitée par un terrible tremblement de terre qui fit périr beaucoup de monde. La petite île Port-Royal fut engloutie en tme minute. En 1902 (8 Mai), on se le rappelle, par l’éruption du Mont Pelé, toute la ville S Pierre fut anéantie en (jnelques secondes! 30,000 victimes. Toujours à Vouest d’ Atlantis il y a au Mexique 12 grands et plusieurs petits volcans. Dans l’Amérique centrale il y a 50 grands volcans! Bref, c’est une ceinture volcanique des deux côtés de l’Océan-Atlantique. — Aux îles Azores, ce sommet d’ Atlantis, on constate toujours l’action volcanique. Ces îles soufrirent beaucoup en 1691 et en 1741. En 1808 surgit tout à coup à Jorgé un volcan de 1080 M., qui dévasta toute l’île en six jours. En 1811 surgit, près de St Miguel en mer, un volcan formant une île de 90 M. d’altitude, qui descendit bientôt sous l’eau. Dans le reste du monde il y a également des centres volcaniques. Les éruptions volcaniques ne se comptent plus. La catastrophe de Pompeji (79 a. C.) est assez connue. En 186 a. O. l’île Santorin, était selon Pline, le théâtre de grandes éruptions volcaniques. L’île Kaimini surgit alors de la mer. En 1831 l’île Graham surgit à côté de la Sicile (50 m. altit ), pour disparaître peu après. Enfin, qu’on songe aux éruptions de Krakatau, etc.

On peut réellement parler d’un enchaînement de volcans, soit actifs, soit éteints dans Vaxe de l’Océan-Atlantique. Enumérons: le Hékla d’Islande; le Pico des îles Azores; le Pick de Ténériffe; aux Canaries. On doit ajouter comme chaînons, les îles Fernando, Novenho, Ascension, S^e Hélène, Tristan-da-Cunha, comme étant toutes d’origine volcanique ( V. le croquis). Le Dr. F. Scharff, qui admet Atlantis (cfr. Proc, of the R. Irish Acad., vol. 24; et Globus, t. LXXKIU, )V\ 22, iOOS, j). 356), parle aussi du sol (pierres) volcanique des îles de l’Océan et l’apporte comme une preuve. — Selon Lyell on parlait beaucoup dans les cercles maritimes en 1835 et 1838 de certains phénomènes en pleine mer à un demi degré latitude-sud et à 20 — 20 ’ de longit. ouest. Enfin, les sondages des vaisseaux nommés ont établi, que l’élévation du fond de la mer commence quelques degrés au sud des îles britanniques. De ce point cette élévation court vers l’Amérique du Sud (Cap Orange au Brésil); d’ici elle va dans une direction sud-orientale vers la côte africaine en passant à côté de l’ile Sf Paul. Enfin, elle continue au sud à côté d’ Ascension jusqu’à Tristan-da-Cunha. La différence en hauteur avec la profondeur très grande environnante est + 2700 M., tandisque les Azores, les roches de St Paul, l’Ascension et Tristan-da-Cunha émergent au-dessus du miveau de la mer (V. le croquis donnant la coupe entre les îles Burmudas, les Azores et Madère). Les sondages du Challager ont prouvé, que le fond de

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rOcéan-Atlantique était couvert partout de dépôts volcaniques (la boue de Platon!) ~ M. Govringe de son côté admet une réunion sous-marine entre le Portugal (Cap. S‘ Vincent) et Madère. Selon lui ce pays était jadis relié à Atlantis.

L'île Atlantis, une fois admise, constitue un pont assez commode, pour relier l'ancien monde au nouveau. Il y en a toujours qui parlent, si non do l’impossibilité, du moins do la grande difflculté de la ili/ftotion de la race humaine sur toute la terre, difficulté qui est bien plus grande encore pour la ililjuHinn des animaux domestiques, de la fitiine et de la

//orc. Il est bien avéré de nos jours, que même cette difficulté n'existe pas et n'a pu exister. Certains faits observés, et qui ont trait à l'ile Atlantis fournissent une preuve assez curieuse de cette commodité de i/iffiiKio». Atlantis était un pont, disions-nous, entre l'ancien et le nouveau monde. Sir C. Wyville Tomson (du Cliollcin/cr) a besoin de ce pont, j)onr expliquer d'une manière plausible la reanoniblance entre le règne animal de l'Amérique et de l'ancien monde. Il trouve sur les côtes du Brésil les oic'/uc.s' animaux que sur les côtes occidentales de l'Europe méridionale. Presque tnnu les animaux appartiennent aux mêmes familles. De l'autre côté de l'Océan on trouve e. a. le mammouth. Sir C. W. T. conclut donc <à un centre de diffusion, qui serait Atlantis. Il serait plus exact de dire que cette pinnn est venue par ce pont de l'Asie! On a trouvé des fossiles du chameau dans l'Inde, en Afrique, dans l'Amérique du Sud, au K.ans.as. L'ours des cavernes ressemble à l'ours gris des Montagnes-Iîocheuses de l'Amérique. Le chien-loup dos Etats-Unis |)eut être mis à côté du polyphage de l’Eiirope du Nord.

Dr. P. Scharfî ^Clolnts, lor. oit.), qui admet „eine Landbrüoke" entre l'Africpie et l’Amérique du Sud, et qui ajoute que le Giettysburg-Bank atteint l'île Madère, et sous la mer le Portugal, enseigne que les mammifèies indigènes manquent dans les îles atlantiques, mais que cette faune est apparentée avec celle do l'Europe et de l’Amérique du Sud. Il y a néanmoins dos auteurs qui nient formellement, mais sans raisons sérieuses, cette ressemblance, et qui disent que la faune des Canaries est fort différente de celle de l'Afrique. Ce serait le cas aussi pour les Azoros et l'Améri<juo. Bref, la faune et la Hore

fossile ou actuelle de l’Afrique et de l’Amérique prouveraient^ selon ceux-ci^ la non-réunion des deux continents. (V. Guérin: Diciionn,^ art. Atlantide).

Le Prof. Otto Kuntze^ une autorité incontestable, enseigne que les plantes tropicales soni les memes en Asie et en Amérique. Il les croit transportées à travers l’Océan Pacifique par le „Golfstroom” qui part du Japon pour atteindre les côtes américaines. Un deuxième courant à côté aurait agi en sens contraire. Le même courant a pu facilement amener des pirogues montées par des hommes et les a amenées I Gomara trouvait sur la côte occidentale de l’Amérique une pirogue, à proue dorée, chargée d’articles de commerce asiatiques. Le Prof. Kuntze, comme M. de Quatrefages, relève en Californie le teint noirâtre de certains habitants (p. e. parmi les Yurokes, Karoks, Chillalas, Gallinomeros, Achomawin, etc.); d’autres ressemblent aux Chinois, sont jaunâtres et ont „roeil mongol!” L’abordage de Papua, de Japonais, Chinois, Mongols sur les côtes de l’Amérique (vers le 20’ latit.), est en ne peut plus facile. On connaît l’humeur voyageuse des Papua. „La tribu Onin arme „de véritables flottes, composées d’une centaine de praos, montés par des pirates noirs qui „portent la terreur jusqu’aux Molucques d’un côté et jusqu’au fond des îles désertes de „rOcéan Pacifique” (de Quatrefages: Introd., Cfiap. F/, p. 85e5, et la carte des migrations).

Selon le Prof. Kuntze, une foule de plantes (médicinales et autres) sont connues et employées par les indigènes des Indes Occidentales et Orientales, dont les Européens ne soupçonnent même pas l’existence. — La banane se trouve partout sous les tropes de l’Amérique, de l’Afrique et de l’Asie. On la mangait en Amérique avant 1492! Le bananier ne se propage que par ces racines (oignons, tronçons); donc il a dû être amené par les hommes. Il est vrai qu’une rivière peut charrier ces pieds, mais un océan? — Hérodote nomme le coton le produit d’un arbre indien. A l’arrivée de Chr. Colomb, les indigènes des Indes Occidentales, du Mexique et du Péru étaient habillés en coton. Il y pousse à l’état sauvage. — De longs siècles avant l’ère chrét. les Chinois préparèrent le coton. Ils faisaient usage déjà de plantes médicales connues très tard en Europe. On croit même que ces mêmes Chinois connurent les pommes de terre, le mais, et le tabac longtemps avant que Colomb les révéla à l’Europe! — On croit que le tabac est importé d’Atlantis en Irlande qui en était une colonie. On y a découvert des pipes pré-historiques (!) sous des collines et des butes. — Les Nègres connaissent le tabac de temps immémorial. On le croit même indigène en Afrique. Les pipes sont en usage parmi les Noirs des temps les plus reculés. Leur forme paraît même très archaïque à quelques-uns. Une autre preuve d’une réunion, ou plutôt d’une communication (par Atlantis), est fournie par les restes fossiles de plantes, trouvées dans nos dépôts de houille brune (lignite). On y trouve e. a. représentés, l’ambrier, le tulipier dont le centre de formation (!) se trouve dans les régions méridionales de l’Amérique du Nord. Platon prétend que les habitants d’Atlantis étaient très civilisés. Il n’y a donc rien d’étonnant qu’ils aient cultivé et même ennobli certaines plantes.

Néanmoins la thèse selon laquelle toutes ces plantes, animaux, etc., auraient eu la fameuse île pour point de départ (Ursitz) est intenable. La remarque a été faite, que les plantes à Vonest des Montagnes-Rocheuses ressemblent davantage à celles d'Asie, tandisque celles qui végètent à l’e.s^ de la même ligne de démarcation se rapprochent de celles de l’Europe et de l’Afrique. L’île Atlantis n’a été qu’un pont. Pour ce qui est de la diffusion et de l’importation du côté de Vouest (c.-à.-d. de Vest d’Asie), on peut ajouter, à ce qui vient d’être dit, des migrations japonaises et papua, encore d’autres preuves de cette facilité, vraiment banale, de diffusion. La Mongolie touche vraiment à l’Amérique. Le Détroit-du-Behring n’a que treize heures de largeur; puis il s’y trouvent encore trois îlots; enfin le détroit est ordinairement couvert de glace! Les Eskimos de l’extrême N. O. de l’Amérique forment une race avec les Mongols de l’extrême N. E. de l’Asie. Les * langues, les traditions, les coutumes sont tellement semblables, que Alex von Humboldt a pu dire que l’Asie a v^ersé une partie de sa population dans l’Amérique. — La Californie, on la déjà dit, conserve des réminiscences asiatiques incontestables. Le légendaire i¥wngo-Cap«c* (qu’on remarque le nom de ce personnage), le fondateur des dynasties et de la religion des Jnca, venait de la Tartarie ou du Thibet selon tous les chronologistes ! Du

reste, les caractères de leur religion et de leurs monuments le prouvent. La division du temps en grandes divisions annuelles est commune aux Chinois, Japonais, KalmuckSy Mongols, Manshus, Tolztèques, Aztèques et autres peuples américains. Les noms des jours et des mois sont les mêmes, ainsi que les signes du zodiaque. Les signes mexicains du zodiaque qui manquent dans celui de la Tartarie (p. e. un couteau, une maison, etc.) se trouvent, paraît-il, dans celui des Hindu. (Calendrier chamite? V. Viçwa-Mitra: Les Chamites, passim).

On s’est demandé, si les hommes à la peau claire et à forme crânienne noble, qui importèrent au Peru le culte du soleil, ne furent pas des Phéniciens ou des Carthaginois, on des colons Atlantes, etc. On a voulu le prouver, pour le Brésil au moins, en se basant sur la fameuse inscription de Parahyba, selon laquelle les Phénicéens seraient débarqués au Brésil en 581 a. C. Seulement, selon le Prof. Schlottmann de Halle, il s’agit d’une pièce fausse, fabriquée après coup! Une statue d’ Adonis en marbre trouvée dans l’Amérique du Nord, il y a quelque temps, ne paraît pas plus authentique.

Il y a sur la côte occidentale de l’Afrique des peuples qui ne paraissent pas là à leur place, qui ont l’air d’échappés de quelque lointain continent, ou même d’un continent disparu (Atlantis). Le fameux homo Cro-Magnon a son pendant dans le type Giianche des Canaries. — Les Boubis ou Adeghaz de l’île Fernando-Po sont jaunâtres ; leur cheveux frisés ne sont pas laineux. C’est en somme une race à teint clair qui est venu se superposer (?) ici (Quatrefages). — Selon Lopez les- Mosicongo étaient noirs, mais parmi eux il y en avait à teint olivâtre, qui ressemblèrent aux Portugais sans l’être. — On a mentionné déjà le teint jaunâtre des Sàn-Khoï-Khoh — Les superbes bronzes de la côte de Bénin, oeuvres d’art admirables, qui sont une des „ attractions” du riche musée ethnographique national de Leyde, (V. art. Dr. Schmeltz, Arch. Tntern. d’Ethnogr. XIV, XV, XVI) ne sont certainement pas l’ouvrage des Portugais du XVI^ siècle. De qui alors? Des Phéniciens peut-être qui, selon Pictet {Les Orig. Indo-europ..^ /, p. 369 — 375) et le Suédois Nilfssen, paraissent avoir eu de vraies fabriques de ces bronzes et notamment d’épees à petite poignée? E. Eeclus de son côté {t. XII, p. 718) dit, que certains peuples du Soudan ont encore des cuirasses en métal comme nos chevaliers du moyen-âge, et que même leurs chevaux sont bardés de fer. Toutes ces anomalies sont mises sur le compte des „Hamites'' venus de l’est. Certes, cette influence ne se nie pas, mais il se peut qu’il y ait eu d’autres peuples de Touest, ou du nord-ouest à faire sentir son influence dans l’Afrique occidentale. M. Frobenius ne signale-t-il pas des influences papua, etc., jusque chez les peuples du Congo. Il est vrai qu’il les fait venir du Delagoa-Bay, et que le chemin par l’ouest paraît vraiment trop long et trop compliqué.

Si les Nègres Papua ont été de tout temps très expansifs, on dirait que les Nègres de l’Afrique n’ont pas senti cette fièvre d’expansion, ni ce goût pour les migrations lointaines, hic à l’ouest. On ne parle pas des 30 à 50 millions que les hômmes blancs et soi-disant civilisés ont forcés d’émigrer en Amérique, En dehors de leur occupation (?) de Madagascar, et de leur exportement jusque dans l’Arabie où, selon Palgrave, la population nègre forme le et même le Vs population totale jusqu’au centre du pays, le

Golfe-Persique et l’Afghanistan (traite d’esclaves, surtout de femmes) on n’aperçoit pas d’expansion hors de l’Afriqne. Mais cela ne prouve pas, que les Nègres africains ne soient jamais allés en canots vers Voccident. Il existe deux courants de mer qui partent de la côte occidentale de l’Afrique, l’un vers la pointe de l’Amérique du Sud, l’autre du Nord, vers le golfe de Mexique. — Une migration nègre dans ce sens est très possible. Balboa trouva une tribu nègre isolée, vivant au milieu des indigènes de l’Isthme-de-Darien. L’île Vincent hébergeait des Caraïbes noirs avant l’importation des Nègres aux Antilles. Les Yamassis de Florida et les Charuas du Brésil présentent le même type (teint). Une tradition péruvienne porte, que des hommes noirs sont venus jadis de Vest jusqu’aux Andes. — Un passage du Fapul-Vuh porte, que noixs et blancs vivaient autrefois paisiblement ensemble, occupant le même sol. Vers le milieu du XVIIt^ siècle en plein Brésil (prov. Pernambuco) les Nègres essayèrent de fonder une république autonome.

Enfin^ on connaît les Nègres marrons de la Guyane hollandaise. D’où sont venues ces races^ de la partie orientale des Amériques sinon de l’Afrique (par Atlantis?).

Une foule de questions se posent autour du problème d’Atlantis, e. a. sur les migrations et la diffusion des peuples^ de la faune^ et de la flore. On est allé plus loin^ et on s’est demandé si la ,, fable'' de Platon ne serait pas un récit rajeuni du déluge biblique. Le fait de ce déluge formidable^ et général même géographiquement^ n’est nullement ébranlé par quelques théories modernes. Le temps n’est pas loin, où les géologues, au lieu (et bien d’autres confrères au nom d’autres sciences) de le repousser, le réclamerons à grands cris comme nécessaire. Ce n’est pas ici le lieu de prouver cet évenément mondial, mais quoique l’opinion assez commune admet qu’ Atlantis ait péri après le déluge, il est assez curieux que plusieurs traditions, rapportées vulgô à ce grand cataclysme, concordent étrangement avec ce qu’on raconte d’ Atlantis. Ainsi, d’après la tradition chaldéo-babylonienne (Bérose), confirmée par les fouilles de Niniveh, la mer était toute boueuse après le déluge. On l’affirme, comme on vient de le voir, après la destruction d’ Atlantis. La „loss”- formation ne serait qu’un dépôt de cette eau marine bourbeuse. — Dans la tradition arménienne, l’eau du déluge s’en va par une fissure fontes obyssi"). Le Coran même fait rentrer l’eau dans les entrailles de la terre. Une tradition américaine parle de mines souterraines et de fissures dans l’île Atlantis. — Les trois continents inondés des Hindu ont rapport à Atlantis selon Platon. La terre de l’ouest serait l’Amérique; celle de l’est, l’Europe réunie et l’Afrique, et la troisième ou le centre enfin Atlantis. Ces trois continents sont figurés par le trident de Poseidon-Neptune, assis sur un dauphin (dieu marin). — Les Grecs qui ont deux traditions diluviennes, offraient, à Athènes et à Hieropolis ou Bambyse, précisément dans les fissures souterraines au dieu-poisson-Poseidon. — Les Perses (comme le Coran) attribuent le déluge au débordement d’uno source {,jfontes abyssi") gardée par une vieille femme. — Le déluge cimbrique des traditions bardiques du pays de Galles est inscrit sur certains monuments de ce pays, inscriptions qui restent toujours énigmatiques, et qu’on n’a pas réussi à déchiffrer. — L’Edda Scandinave fait périr dans le sang de Ymir tous les géants, à l’exception de Bergelmir. Les prêtres de Saïs assurèrent à Solon, que eux, les Egyptiens, datèrent d’avant le déluge qui ne les atteignit pas. Fanfaronnade bien connue. Toutefois ils informèrent le sage grec d’un déluge qui fit périr Atlantis sise à côté de la mer. — Les Américains (Aztèques) ont des traditions diluviennes, où il est question e. a. d’un radeau, et qui sont conservées dans le codex vatlcanus et le codex chimalpopoca. — Selon le Papul-Vuh (le livre sacré de TAmérique-centrale) les eaux avant le déluge devenaient inquiètes par un terrible hurakau (d’où orcan^ etc.), La légende Toltecque est très intéressante D’après elle le monde était âgé de 1716 ans lorsqu’arriva le déluge. Les eaux couvrirent les plus hautes montagnes précisément 15 coudées (6 M. 75). Les 7 Toltecques (patriarches) voyagèrent 104 ans avant d’arriver à liue-Tlapalan ; 520 ans après le déluge ils bâtirent leur tour. Le récit est parfois attribué aux infiuences espagnoles, à cause de sa ressemblance frappante avec le récit biblique, mais à tort. L’écrivain était un indigène fils de la reine. Il l’a tiré des archives du pays. — Le récit des Chibchas de Bogota ressemble à celui de Platon. Les Indiens du Grand-Lac font venir leurs ancêtres de l’est, de l’Europe, ou d’Atlantis. —

Les Mandans prétendent descendre de la race allante. Ils s’attribuent une origine souterraine (communication sous-marine avec l’île engloutie). — Les Jova-Indiens habitèrent jadis une lie, à l’est de l’Amérique, où le soleil se lève. — Les ancêtres des Dakata seraient venus d’Asie (?) sur des vaisseaux colossals après avoir vogué plusieurs semaines. Selon une autre de leurs légendes, la terre était jadis une tortue couverte de sable. Des hommes blancs (mineurs chamites d’Atlantis î) y avaient des trous jusqu’à ce que l’inondation en fut la suite! — La légende des Okanagans porte, que leur héroïne Scomalt (Derketo!) dominait jadis sur une grande île perdue depuis. A cette époque le soleil n’était pas plus grand qu’une étoile. — Le dieu Siva des Hindu remplit un rôle dévastateur, non empêché par Vishnu qui commande néanmoins à Satiavrati de bâtir un vaisseau. — Selon Fqnje van Salverda certains Nègres de l’Afrique considèrent un grand lac comme

une création du déluge. Au sud-est du Tanganika on a trouvé une pareille tradition diluvienne. J’en ai cité une autre. On a longtemps affirmé que les Nègres ne conservent aucune trace de tradition ayant rapport à un déluge, et de là on conclut hâtivement qu’ils ne sont pas des Noachides! C’est absolument faux. Mais que sait-on encore des traditions nègres. On n’a pas fini encore de les découvrir! Qu’on attende donc qu’on ait posément interrogé et scruté ces peuples. On verra alors. — Les anciens Phrygiens avaient manifestement la même croyance. A Apamea, ville nommée autrefois kihotos — arche, on a découvert une monnaie en bronze où est représentée une scène du déluge, ainsi que sur un vase en terre trouvé à Rome. — Ajoutons encore à ce recueil succinct un détail qu’on trouve dans la Storia deJ Mexico de Clavigera. Lorsque les indigènes de Cuba virent arriver les premiers Espagnols, ils firent la réflexion que ces hommes blancs vêtus devraient descendre du bon fils du premier homme, tandis que eux, dans leur nudité, s’estimèrent les descendants du méchant fils (Cham). Presque toutes ces traditions mentionnées contiennent quelques détails, qui s’appliqueraient à la rigueur à Atlantis, mais non pas nécessairement. L’orbite de ces traditions est trop vaste pour les restreindre ainsi. Il est très bien possible que la tradition archaïque sur le grand déluge s’est spécialisée ou localisée, en se restreignant à un événement plus récent et à un cataclysme, colossal sans doute, mais qui n’était, après tout, qu’une minéature de ce qu’a dû être dans ses circonstances et ses suites, l’épouvantable déluge de Noël

On ne peut guère quitter le sujet d’ Atlantis sans dire un mot de quelques théories modernes qui ont aussi pour sujet des continents disparus. Disons tout de suite qu'il s’agit ici de pures hypothèses, tandisque pour Atlantis il y a des probabilités fort sérieuses tirées de l’histoire, de la tradition et d’autres sciences auxiliaires. Haeckel a proposé un continent qui aurait existé à l’est de Madagascar et dont les archipels ne seraient que les restes. — Gaspari (Urgeschichte der Menschheit, p. 6, 16, 17) propose un continent pareil. Il dit : „Au- „jourdhui nous rencontrons les restes de ces espèces merveilleuses de demi-singes (macrotarses, „trachy tarses) dissémimées dans les îles de VAsie et de V Afrique du Sud, en particulier à j^Madagascar, qu’on doit peut-être considérer comme la ruine survivante de ce grand

, ^continent, qui s’étendait autrefois d’ici à J.n^a.” Une carte ajoutée à l’ouvrage indique cette contrée. Ce serait là le point de départ de toutes les races humaines, qui s’étendent de là dans tout l’ancien monde. — Le système de Gaspari ressemble assez à celui de Schater, mentionné déjà. Celui-ci nomme ce continent hypothétique Lemuria : pays aux singes, les lémures étant, comme on sait, une sorte de demi-singes. Dans le dernier temps on parle beaucoup de la théorie sismique (ascafidç = secousse) qui attribue le déluge de Noé (restreint et réduit à une simple inondation babylonienne!) aux secousses de terribles tremblements de terre, accompagnés d’éruptions volcaniques qui auraient lancé les eaux de l’océan sur la contrée indiquée (V. l’exposé bref de cette théorie chez de Kirwan : Déluge, t. I). Cette nouvelle théorie a été proposée la première fois par le célèbre géologue autrichien Suess, et a été reprise par M. Raymond de Giraud dans son grand ouvrage sur le déluge, ouvrage colossal qui paraît avoir épuisé la matière. L’hypothèse sismique offre de telles difficultés qu’elle n’aura pas longue vie. On est déjà en train de la compléter notablement. Ainsi, M. de Kirwan présente une hypothèse sismique analogue, mais plus large, et où il intervient aussi un continent disparu. Il introduit cet amendement comme il suit: „Serait-il interdit de penser qu’un vaste continent, dont les îles Maldives, les „Laquedives, Ceylon, l’archipel asiatico-australien et l’Australasie nous représenteraient les „débris, aurait pu s’effondrer sous les eaux, d^ailleurs en plusieurs fois et à diverses époques, par „un ensemble de causes où les éruptions volcaniques, les séismes et les cyclones auraient eu „tous une part d’action ?” Ensuite, après avoir donné les opinions de Reclus, de Credner, de Blanchard et de Hedley, il décrit en le démarquant ce continent hypothétique (Y. Déluge t. IL p. 25 — 34). — Que dire de toutes ces théories? Elles ont certainement quelque chose de plausible, mais elles n^ infirment en rien la conception ordinaire et traditionnelle du déluge. C jlui-ci a profondément modifié la configuration des continents, de la sorte que toutes ces hypothèses qu’on crée avec la prétention de démolir notre déluge traditionnel, plaident pour lui.

Egypte.

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