POINTU (BOIS
parle des guerriers de la fameuse Atlantis, invulnérables au fer^ mais vulnérables par le bois et la pierre. A rappeler aussi la préscription de Pythagore: ^Ne scindas ignem cum gladi6*^(fer), .
Poisson.
Les Warundi de Tintérieur ne mangent pas du poisson. Ceux de rUzige^, et de tout le littoral du Tanganika, en raffolent au contraire. Les Watwa en mangent partout. Les Watutsi^ de leur côté, n’en mangent nulle part, pas même dans FUzige. — (V. ^Pêche'% jjNourriture^').
Politesse.
Les Warundi, et principalement les Watutsi, ont certaines bonnes manières, et sont polis à leur façon. Certains chefs sont vraiment imposants par leurs nobles allures, un peu hautaines et fières, mais correctes. Ils se considèrent les égaux, si non supérieurs aux Blancs. Les dames Watutsi montrent une gravité et une politesse vraiment étonnante. Les Watwa, au contraire, sont moins séduisants et moins polis, quoique timides. ~ Les Warundi s’entendent à la flatterie (=A:wisengereza)j à la cajolerie même. Déjà les petits enfants, garçons et filles, y excellent. On emploie les termes les plus flatteurs, surtout pour extorquer des cadeaux, car c’est du bon ton de mendier. Même les plus grands chefs mendient, tout en se croyant très polis! La première place {=^kurora imbere, kwishira imberé), celle d’honneur, est cédée toujours au personnage le plus honorable, au chef, ou tout au moins au plus âgé. On doit s’intéresser, par politesse, à tout ce qui le regarde. S’il mange ou s’il se mouche (= kwimira), tous les assistants doivent regarder par terre (= kutinya, kugiP isonï), aussi longtemps qu’il ait fini, sans le regarder une seule fois. Personne ne mangera en présence d’un Mutwa, et les Watwa ne se permettraient pas de manger en présence d’un Murundi (== kunenana, ntiwarya hamwé). — Quoique peu vêtus, on sait garder un certain „ décorum”. Même entre eux, la nudité complète, est taxée d’inconvenante. En présence d’un Blanc on se tient encore mieux, pour ce qui regarde la modestie. Les femmes surtout sont d’une très grande convenance dans ce cas. Ce qu’on se permettrait — même sans malice — chez soi ou en présence de Noirs, est évité avec soin devant un Blanc ( JJ anima natur aliter cas ta T). (V. jjSaluV\ jjCadeau^% jjMorale^*).
Polygamie.
La polygamie est en usage et considérée comme licite. Toutefois la plupart des Warundi n’ont qu’une femme. En général, les Watutsi sont plus polygames que les Wahutu. Assez souvent les Watutsi, principalement les chefs, ont deux femmes, et pas plus. Les grands chefs en ont trois ou davantage. Le roi, évidemment, en a beaucoup; personne ne sait combien. Les Watwa, qui peuvent en avoir plusieurs, mais qui sont
trop pauvres pour s’en payer, en ont très rarement plus d’une. — La plupart des Warundi, qui à cause de leur pauvreté, doivent se contenter d’une femme, s’en consolent, en disant qu’il est bien mieux, et bien plus commode, de n’en avoir qu’une, puisque tous les troubles dans les ménages (jalousies) sont en grande partie causés par la polygamie. Ils savent aussi, que le nombre des enfants ne répond pas au nombre des épouses. Nul Murundi (Nègre) paraît avoir l’idée que la polygamie est foncièrement blâmable. On n’y tient pas outre mesure. C’est avant tout une question de prestige, d’honorabilité sociale et d’utilité pratique. A la question: „pourquoi plusieurs femmes”, on répond invariablement: „il me faut des mains pour labourer, pour moudre la farine, pour faire de la bière, etc.”. — Enfin, une cause importante de la polygamie, ce sont leurs idées particulières d’hygiène et d’abstinence.
Pont.
Les grandes rivières (Ruvuvu, Akanyaru, Nyavirongo, Ruvironza, Maragarazi, etc.) sont passées à gué, en barques, ou sur des ponts primitifs. Les barques sont assez rares. On les remplace par des radeaux, faits avec des tiges de papyrus. Après deux ou trois traversées, ils sont hors d’usage, étant trop imbibés d’eau. Au Maragarazi on se sert de baquets, en guise de barque, fabriqués avec des écorces d’arbre. Deux ou trois hommes les maintiennent à la nage. On ne s’en sert que le moins possible. Les Warundi se déplacent si p^u! Au sud, près du Maragarazi, certains habitants près de la rivière ne sont pas allé, toute leur vie, au delà du fleuve. — ■ Si la rivière est trop profonde pour la passer à gué, on fait un pont, consistant en un tronc d’arbre, si par hasard il en pousse un sur le bord. On le coupe sur place, on le fait tomber juste sur la rivière, on y ajuste des lianes et des branches servant de parapet et de garde-fou et le pont est prêt. Dans le nord de l’Urundi, et dans le Ruanda, on fait des amateme ou ivitarurwa, Fig n<>. H3. Deux ou trois arbres sont placés sur la rivière. On fait le plancher avec des cordes de papyrus, serrées et enlacées très près autour de ces arbres dans le sens du courant de l’eau. — Pour traverser les marais de papyrus, très étendus parfois, on fait des ponts flottants. Une grande masse de papyrus, de roseaux, de paille, de bois est abattue. Avec tout cela on fait un plancher mouvant, mais permettant de passer le marais à sec à peu près. — Quelquefois on bâtit de vrais ponts, mais excessivement primitifs. Un certain nombre de piliers fourchés sont dressés dans l’eau. Ces piliers sont réunis par deux poutrelles dans le sens de la largeur. Sur ces poutrelles sont liés, près l’un de l’autre, des morceaux de bois de 2 M. de longueur, et sur ce tablier on lie des roseaux ou simplement de la paille. Le tout est ficelé avec des lianes ou des cordes
POl^T
POTBRÏB
de> papyrus. — Les Waruïidi p;iréfère*nt tou* jeurs passer uue rivière en passant dans l’eau, à meiias que la rivière soit trop profonde.
Il se pourvoit d’amulettes contre les eroco»
dilles. Les habits sont roulés en un petit paquet qu’on place sur la tête, on s’appuye sur un bâton et on passe ainsi. — Dans rUzige on jette parfois^ de hardis pontsaqueducs sur les ravins^ pour l'irrigation des champs. — En somme, les Warundi ne possèdent guère de véhicules. Pour transporter des malades, des blessés^ des morts, ils ont pourtant une espèce de brancard (= ieyugi) à deux porteurs. Il se compose de deux bâtons sur lesquels sont liés en travers des bois courts couverts de paille.
Pater ie.
Les Wahutu fabriquent pou de poterie, les Watutsi encore moins. Ils achètent leur vaisselle chez les* Watwu. Cette industrie est donc, à peu près exclusivement, réservée aux derniers (— kuwumba, kuyungusha). Ils en font pour leur propre usage-, et en fournissent à toute la population du pays. Ce sont principalement les femmes et les filles Watwa qui font les pots. Les hommes apportent la terre à pots (= kuzm kukura uwumba^oih l’argile, et la paille nécessaire pour les cuire. On fait la poterie à la main (ohne Drehseheibe, sans tour), à l’aide de quelques petits instruments. La matière première consiste en une terre glaise ou Sirgile (— iwumba^ ou: ikatwa, insibô cy' amabuyë)y que les W atwa savent trouver.
On la travaille, et on la rend malléable en y ajoutant un peu d’eau {— kukâtâ iwumbUf kukamyaya). L’ârgile ainsi préparée est placée sur un tesson (= urudzj^o, urukeke}’, puis avec les doigts on commence à mouler {= kuwumba}.
en tournant lentement (~ /eit/îmdwm). Lorsque le pot est moulé ainsi j^yrosso modo"% on prend le umukamba, ikiwaviuoavu^ ou: umukoranya.
C’est une spatule en bois (Fig. n'>, H4) pour polir le dehors du pot en y frappant doucement (= kusezera). Le rebord, ou la lèvre (= uruwiga), est moulé avec la feuille d’un arbre nommé = ikirama, ikitutu. On la tient entre les doigts, et on y fait passer le rebord (— kuwumbisF inloke rC ikiivabi, ikitutu),.
Le vase ainsi moulé est exposé un peu au soleil (— kwanïkïrâ} pour sécher. Lorsqu’il n’est plus trop humide, on se met àle p<fiir et â Fégaliiser (= kuwata) avec le imiuhazi, ikiharuzoj umukokota. C’est un morceau d’écorce d’arbre,* avec lequel ou gratte le pot partout.. Après cette opération, on le frotte encore avec une petite pierre ronde (= mkunmgMOy. ikvtundara)y poui* le polir davantage et le rendre tout luisant. On tâche d’éviter, ou de faire disparaître, toutes les invîrb (taches), les ivisate (fentes),, ou les ivinogoy îitunogo (petits treus). Avant de cuire les pots, on y met aussi les ornements: lignes> figures = itusarwm uwusarure^ imisengo (Fig,. n’>. ii6y Ü9, iW). Ces dessins sont tracés avec une espèce 4© stilet (,=î: inkebo, inyawazoy Fig. WK Ïi5). C’est un simple petit bâtonnet
creux à l’estréipaité, Ea plafant une des peintes du stilet toujours dans la précé-
demment tracée, on obtient des ]%ne» analogues et symétriques. Entre ces ligne» en fait d’autres figures avec, le uwugenyo, ou:
imurara. C’est un petit outil tressé ave© de la paille (Fig. no. iiô}. Quoique les Warundi et les Walwa disent que ces signes»’ ont aucun sens, qu’ils sont tracés machinalement (mcl), il est permis d’en penser autrement. Dans rUnyamwezi ce sont invariablement des triangles (Y. ce mot)t Dans TUrundi on préfère les serpentines, les zigzags, les foudres d’Imana! Il est à remarquer, que ces signes,
: ou ces emblèmes, sont traditionnels,, traditiôn- 1 nellement transmis,, qu’ils les tracent dévote- ! ment depuis des siècles et des sièclea. Bref,
I c’est une façon dJ écrire en hiéroglyphes, qui I mériterait à être approfondie. — Pour orner I spécialement les pipes, on se sert d’^un petit i bâtonnet ou stilet, fait du boisd’une branche de palmier (=^ikiwotO‘, ishangau'ura^ Fig-.WKiil^), au moyen duquel on trace des lignes sur la tête de la pipe. — Après que la poterie ! est ainsi moulée, polie, ornée, on l’expose ! de nouveau au seleil (= kwanï^kïrâ). avant de la cuire (— kwots^ inkono mw^ iegokez&, ku-^ turira mw* icyokezo). Pour cette cuisson, on a une sorte de four (= ieyehezo, ikiturir&y ài • ciel ouvert. Sur le sol on place un certaim ; nombre de pots (cuits déjà) renversés, l’oui verture en bas (= kuhmdukiza}, qui doivent , supporter les nouvaux pots à cuire. Sur ces pots on place dés bâtons, s’entre^oisaflat^ formant un entablement dont les pots ren-^ ■ versés sont les soutiens (Fig. no^ M8}. Làdessus on met la poterie à cuire, un pot à coté de l’autre. Au-dessous de cette table, ou four (— uratanda, icyokezo}, on met de l«a paille en masse, qu’on allume. Le bode faisant, presque partout défaut, on est obligé de se servir de paille. La paille ayant pris feu, on couvre tout (table et pots) avec d’autre pailW. De cette façon les pots sont environnés de feu de tous côtés. Lorsque les bois sont brûlés tout-à-fait, les pots qui reposaient dessus*, descendent tout doucement (= kukovoka) sur les cendres brûlantes. On les recouvre' une deuxième fois de paillle> qu’on ajllume. Le feu éteint et les cendres refroidies complètement, on retire les pots, qui sont prêts* à être vendus> et à s’en servir. Léa cendre»
qui adhèrent encore aux pots, ne sont pas essuyées. Il faut qu’on puisse mjontrer aux acheteurs les marques du feu {==:invirb umûriro)’, sans cela les Warundi ne les* achèteraient pas. Par mépris pour @es„pariâ”- Watwa, personne n© se sert d’un vase si l’on suppose tant soit peu qu’ils- s’en sont servi. — L’acheteur met la poterie à L’épreuve en y faisant bouillir d-e l’eau kwraF inkono kircmiye .* kuramwia devenir dur, ou<: kurkomeza)*, sans* cette* précautions^ ils se cassent trop facilemeiïi Aaï moi , ^Meuble'* il a été question dîéità des pvodmUsi de l’industrie des Watwar-potiers. Ils eon^