ROYAUTÉ
a été faite déjà, que le cercle et la croix vont ensemble partout (e. a. m. le cercle croisé). Les Chinois avaient deux temples typiques ; un rond dédié au ciel, et un carré dédié à la terre. On connaît le Caer quadrangulaire des Druides. On sait aussi, que chez les Pythagoriciens le cercle était le symbole du ciel (de dieu). Le cercle parfait était un carré, ou une croix brisée. L’héraldique européenne repose sur cette donnée. La fameuse swastica n’est qu’un cercle ébréché. Dans les lettres phénicéennes et hébraïques le carré et le cercle servent incontestablement de motifs. Le cercle (le signe Kha égyptien e. a.) fut encore l’emblème de la vie, de la fécondité, de la génération, et fut comme tel souvent souillé dans le paganisme, comme du reste la croix (tau, etc.). U anneau nuptial mis au quatrième doigt, est du bon symbolisme, comme la „main divine” ou hiératique (spécialement dans la liturgie d’Orient) donnant la bénédiction en formant un cercle par l’union du pouce et de l’index. Il est »vrai que Budha est représenté aussi en esquissant un cercle; mais avec les mains et les pieds! On voit d’ici la profanation.
Le signe égyptien ankh (lacet) forme encore un cercle et une croix (par le croisement des deux bouts). De lui est né la croix ansée. Le chakra ou disque de Vishnu est un cercle ; de même le Fylfot de Thor. On voit le ankh-signe avec le tau en Egypte dans les mains des Pharaons, des dieux et des momies, comme signe de vie et d’immortalité. Enfin, on pourrait multiplier à l’infini les exemples dans lesquels les symboles du cercle, du carré, du tiûaiigle. de la croix (tout cela se réduit au même) sont employés dans les deux lignées'^ d’une façon orthodoxe et très sainte par la seule vraie religion, et d’une façon sacrilège par les nations infidèles. L’obélisque avec ses Tau, etc., de Sixte-Quint sur l’esplanade de St.
Pierre, obélisque surmontée d’une croix dans laquelle est incrustée une parcelle de la vraie croix, peut server de type pour le symbolisme vrai (ou repris et purifié quelquefois) de la lignée droite.
Royauté.
Il a été déjà question un peu de la royauté (roi) en Urundi aux mots ^^Administration'', jyDynastie", ^^Gouvernement" . — Le mot le plus commun pour désigner le roi est: lunîvamij du verbe: kwamya = kushirma ku
'ngoma = monter au trône. La royauté en conséquence, se dit: ubivami\ la résidence royale: ibwami\ la reine: umwamikazi. Cette racine am est bien singulière. Faut-il la mettre en connexion avec K-em, Kh-em, Ch-a)n, H-anij Ammion, etc.? Le roi de rUrundi passe pour un être divin, pour un demi-dieu au moins, qui devient mène divin après sa mort, et prend place dans le panthéon. On en est encore aux dynasties divines d’Egypte! Ces rois sont des dei" ou plutôt: „deorum". Leur naissance
est supposée influencée d’outre-monde par des esprits (sous l’emblème du isato = python, du lion, etc.). Affaire sempiternelle d’incube. Le soi-disant totémisme des deux hémisphères n’est qu’une paraphrase de cette croyance.
Du reste, partout dans l’antiquité le roi, comme législateur sacré, fut quasi investi de la divinité, non pas seulement comme personnifiant et comme reflétant la divinité sur la terre, mais comme son incarnation en quelque sorte. Nous dirions qu’on les supposait possédés. Combien de fois le furentils? ... . Le arck en Egypte et le inca au Pérou représente l’unique vivant, toujours vivant, l’immortel. Le roi ne meurt pas. Les Wanyaruanda l’affirment aussi de leurs rois.
Les Warundi disent, que leurs anciens rois étaient blancs, venus du nord, qu’ils étaient des demi-dieux, si non des dieux tout à fait! Le dernier de cette dynastie aurait disparu mystérieusement dans une sorte d’apothéose.
Ils attendent du nord son retour (Dr. O.
Baumann). Les Waganda ont une semblable croyance au sujet de leur Kmtu. Aux mots ,^Dieu" et Esprit" il est parlé du sens de la racine ng ou nk, qui apparaît dans un grand nombre de noms d’esprits (Ryangombe, Ryan-^ gassa, Rikiranga, Mtumngu, Rikobe, ou : Nko6c, etc.). Il est probable que dans les mots .4 nk, Jnka (inka ~ boeuf en kirundi), Ping, Aing, Koning, etc., se trouve la même racine ....
divine, resp. royale. — En Egypte -le roi était l’image vivante du dieu solaire. Il était l’enfant divin, le Repa, le dieu-né. Presque partout et toujours ces dii curvati se totémisaient en animaux-types de force, de puissance, qui, sous cette enveloppe zoologique, devenaient les sosies sinistres desmêmes rois. Cela se voit dans l’antiquité.
Ainsi le Pharaon d’Egypte avait le taureau (inka = boeuf des W atutsi- Wahinda, V.
Salut"). Chez les peuples modernes infidèles, c’est la même chose. Ainsi, à Madagascar le roi a aussi le taureau sacré commesosie divin. Le roi des Ashanti a le serpent et le lion; le roi des Zulus le léopard, le lion ou la montagne. Au Guatémala le roi avait comme totem le tigre, le jaguar, le boa ou l’aigle. Le roi Go^m (du Danemark) était le grand ver (dragon). Dans une tribu Cafre le chef est glorifié comme le serpent à cinq têtes. Le roi de l’Urundi, enfin, a aussi le lion (intare) pour patron, et se transforme en horrible dragon ou serpent (isato} après sa mort. Voilà pour les „ sauvages”.
Qui sait pourtant si les différentes bêtes^ dans les armoiries des maisons royales^ d’Europe (lions, léopards, aigles, ours, etc.)ne signifient pas la même chose à l'origine.
Toutefois, il ne faut pas y voir nécessairement de la zoolàtrie! Ce symbolisme encore est double. Qu’on songe seulement aux ani~ maux symboliques d’Ezéchiel et de l’Apocalypse. L’infidélité donc a encore obliqué en ceci, volé, faussé ou souillé en tout cas. — Le roi de l’ürundi est encore nommé syno-