SOCIETE
pas le salut par: isho-sho. Jamais un Mu- I Succession.
tutsi ou un Muhutu n’entre dans la maison d’un Pygmée (= n* timftzirdj inzu ^mhi), et vice versa. Jamais ils ne mangent^ ni ne boivent ensemble la bière. Si un Mutwa a touché à une cruche de bière^ Watutsi ou Wahutu n’en boiront plus. V. sur les trois races d’hommes^ habitant l’Urundi, la notice Aborigène'',
Sorgho.
On cultive généralement peu de sorgho^, soit blanc soit rouge. Dans l’üzige surtout^, on n’en cultive que très peu (du rouge)^ pour ajouter à la bière de bananes. Dans l’intérieur du pays^ la culture du sorgho est tout à fait secondaire. — Par contre^, dans rUhha (Uyungu) les Wahha en cultivent beaucoup. Le beau sorgho blanc de ce pays est célèbre. Lorsque les Warundi en cultivent, ils ne font pas des sillons, comme les Wanyamwezi, mais le sèment „scsa” c.-à.-d. à plat sol. Le sorgho réussit surtout dans les vallées humides et abritées.
Spécialiste.
Sous le nom de spécialistes on peut classer une certaine catégorie de gens, qui tiennent le milieu entres les médecins et les guérisseurs {= awafumu. V. j^Guérissew'" ^ „Méde~ cine"). Dans l’Uzige on en trouvait deux types. ■ — 1®. Une certaine guérisseuse avait la réputation de guérir radicalement la maladie nommée ikituntn. C’est une maladie du ventre (et de la poitrine), attribuée communément à un sort. La médication consistait en lavements à l’eau tiède à laquelle on mêlait le suc d’une plante sauvage, qui ressemble à une courge, et qui s’appelle umutangarumba {umutangatanga, ou: akakoni — arbre). — 2®. Un autre guérisseur guérissait infailliblement, selon les Warundi, (= kuvüra), les ivinyoro, maladie ressemblant à la syphilis, et qui résiste souvent à notre médication européenne. Ce spécialiste a deux „dawa” = imit% dont chacun, à lui seul, guérit cette maladie. — a. Umuwamba'ngwe.
C’est l’écorce pulvérisée des racines d’un arbre de ce nom. On l’absorbe dans de l’eau ou dans de la bière. Le practicien et le malade doivent s’abstenir, tous les deux, de manger des arachides, de la viande crue, des haricots et du miel! — b. Un lur arasasse. C’est une petite plante amère dont les racines sont bouillies dans de l’eau. Le malade doit boire cette tisane. Les racines elles-mêmes sont, en plus, réduites en farine ; cette farine est mise (= kwlrikà : ariritse) sur les plaies mêmes. — Un autre „daw^a”, nommé imbaturâ, se met aussi sur les plaies mêmes de la syphilis. — Il reste à savoir, si ces remèdes (1", 2'^, a., b.) ont quelque valeur naturelle. J’en doute. Le fait, que le patient et le médecin doivent s’abstenir de certaine nourriture pendant la „cure”, me paraît louche ; quoique cette superstition surajoutée n’exclue pas, à la rigueur, l’efficacité naturelle et réellement curative.
Le fils aîné (= infura^ kuhabwa ^vugawo, V. jjAinesse") succède au père comme chef de famille. Avant d’expirer, le père donne à ce fils sa lance, qui symbolise l’autorité familiale, avec tous ses droits et pouvoirs.
La lance n’est même pas un pur symbole.
Elle passe pour sacrée, et une vertu lui est attachée, — Si le père (ou la mère) est guérisseur, charmeur, devin, faiseur de pluie, ikiranga = prêtre, spécialiste (V. ces mots), alors surtout il lègue de cette façon solennelle ses pouvoirs à son successeur. Les métiers ordinaires (de forgeron, de faiseur de tambour et de pirogue, etc.) sont passés aux enfants avec un cérémonial plus ou moins religieux (V. j^Hérilage"). — Les simples awatware désignent pendant leur vie un successeur parmi leurs fils (ou filles) à ses awagabo (conseillers). C’est ordinairement l’aîné. Toutefois, le roi (ou un umuganwa — prince) peut casser une telle nomination.
Après la mort du chef, ce nouveau umutware est solennellement proclamé et intronisé (=:: kwcUtrà uwutware) par les awagabo.
On l’installe dans son uriigo („kraal”), et il est mis en possession de tous les insignes de sa dignité, ainsi que de tous les biens familiaux profanes et religieux. Les derniers se composent du bétail (boeufs et vaches), surtout des vaches-m^atc; des concubines du chef défunt; des ivigabiro et ïkitabo, enfin de tout le „kra al”. Le principal insigne du chef est la lance == icyiimu (Jupiter Lancius), symbole de sa dignité. On peut ranger encore parmi ces insignes, certains ornements portés par le chef défunt, p. e. ses imiringaj ivirezi, ivitembe ; enfin le tambour = ingoma (dans l’Uzige). — Quant à la succession du roi, il en a été déjà question au mot „ Royauté". Le prince prédestiné est dit venir au monde, tenant en ses mains tous les produits agricoles du sol (= kuvûkàna imbutd). La mère se sauve avec lui, et le met en sûreté, pour qu’il ne soit pas égorgé par le père, ou par desparents jaloux (— kumuhungisha se yomwicyicya). Le roi étant mort, le prince retourne, tue sa mère et ses frères,, et se met à regner (— kwamiha). En principe, le roi désigne son successeur, qui de droit est l’aîné, et le conseil du trône ratifie ce choix {kutora ~ élire). Il est rare, paraît-il, qu’une succession se passe sans meurtres- (n= kugarariza). Les membres de la famille, dont le roi et son entourage se méfient, sont tués, ou au moins exilés (= kumukura mu 'kihuko) dans des provinces lointaines. — Quant à la fable de l’enfant royal, qui doit se sauver devant la colère du père, qui disparait avec sa mère dans un pays lointain, et quant à la disparition légendaire d’un ancien roi, qui doit revenir, et qu’on attend (V. ^Royauté"), tout cela ressemble étrangement à la fable d’Osiris et de Bacchus (K Dr. Sepp: Das Heidenthum). Selon Macrobe, le jeune Osiris disparut aussi, et selon les-