TESTAMENT
pénates. Si Vikitaho est le temple à^Tmana- Ryangombe, ou des mànes-divins pris collectivement est celui des menus esprits,
des mânes-humains, des esprits-gardiens des ancêtres. Selon leur croyance, ces esprits (revenants) y habitent, ou du moins y font des fréquentes visites. Comme il a été dit déjà, les Watwa ont peu de cea ivigabwo^ mais dans les cours (ingoj des Warundi ils manquent rarement. — Pourquoi ces deux portes à la hutte votive, pourquoi y placet-on un pot à deux ouvertures et une pipe à deux têtes? Les Wazige disent naïvement, que les mânes de leurs ancêtres (paternels et maternels) sont androgynes. L’hermaphrodisme des esprits du reste n’a jamais été exclusif aux Romains et Grecs décadents, qui avaient leurs Janus- Jana, ou : Djanus- Djana, Dianus- Diana ^ Lunus-Luna, Helenus-Helena, Axieros-Axiokersaj etc., brutalement symbolisés par leurs pères plus francs, et du reste par tous les infidèles du globe, dans l’emblêmo Yonl-Lingam (— Ryangombe !). Les Warundi ont donc les mêmes idées à ce sujet. Leurs kiranga sont tantôt des hommes, tantôt des femmes. Dans l’IIzige, le chef Kiyogoma du district Kanigi en avait un à son service, dont le peuple assurait, avec le plus naïf sérieux, qu’il était hermaphrodite. Au dire de tous il n’était pas marié, et il s’habillait en femme. Du reste, ce ne serait pas, au dire des gens, le seul exemple d’un hicrophante-Kiranga ou hiérophantide, qui garde le célibat. (Y. „Prêtré’\ yySuccession''). — L’érection d’un ikigabiro se fait de la même manière, que celle d’un ikitabo. On la bâtit; puis on fait la cérémonie de la lance. Pendant la cérémonie, les hommes mangent des mets rituels à côté de la case votive, en l’honneur des mânes, pour communier avec eux (= kuterekera mu "kigabiroj. Ayant fini de manger, ils mettent dans la hutte un peu de nourriture, et versent un peu de bière dans le pot rituel. C’est la part des esprits! (imizimu ize kunywa).
Chaque fois qu’on renouvelle plustard le rite de la lance, les participants (parents, voisins) viennent manger ainsi à côté de la hutte votive, et y déposer un peu de nourriture et de bière. On fait encore les mêmes offrandes aux mânes dans certaines circonstances particulières, p. e. une maladie, etc. — Les Warundi sont persuadés, que les mânes (revenants) viennent souvent visiter ces huttes, s’ils n’y résident pas habituellement ; ils assurent avoir vu souvent des spectres autour d’elles. Ce qui plus est, ils affirment imperturbablement, que les esprits-lares mangent ces mets et boivent très réellement cette bière I Ces offrandes disparaissent, et si les esprits n’y touchent pas, alors les Warundi sont affligés et se croyent ménacés du courroux de leurs dieux-mânes. Si on leur dit, que leurs awafumu ou leurs chiens, pourraient bien être les friands, ils ont l’air de douter de notre bon-sens, parce que, di-
sent-ils, cette croyance n’aurait pas résisté vingt-quatre heures à l’esprit observateur et très méfiant (critique) de leur race ! Cette décevante croyance est bien tenace. Toute l’antiquité y a cru. Les Romains n’en démordaient pas. (Cfr. J. Kirchmann : De Funeribus Romanorum\ et Struckius: De Jure Manium).
En Chine, où la Nécrolâtrie est le fond de la religion, la même croyance est générale.
Elle s’observe chez tous les peuples payens.
(Y. le marquis de Mirville, 2® Mémoire, tom. 4. Chap. XY, Nécrolatrie, p. 274 — 468). — En dehors de ces deux sortes de temples-autelslits (ikitabOj ikigabiroj^ qui. sont strictement privés et familiaux, il paraît exister dans î’Urundi un autre genre dHkigabiro plus officiel. En campant le 3 juin 1900 à Mhizi.^ sur la crête des „Randberge”, près du „kraal” de Ntahushura, fils du roi Kisabo, j’y ai vu, tout près d’un très ancien bois-sacré (iteka, intatemwa)^ un temple à j^mizimu'' plus grand que d’ordinaire. Il avait la forme d’une petite case kirundi ordinaire (2 à 3 M.), était sans porte, garni d’une enceinte, et il paraissait bien entretenu. Ce sanctuaire sémi-officiel était dédié aux mânes d’Ntare, ancien roi.
On assurait, qu’il hébergait un gros serpent python (isato)j fétiche-totem. Les mines des gardiens n’ayant rien de rassurant, je n’ai pas pu savoir si le python y était!!
Testament.
Il n’y a jamais évidemment de testament écrit à la mort des parents, ou des autres parents. Tout se règle d’après les usages (V. „8wccession”, Héritage''). Si quelqu’un meurt sans héritier aucun, le chef du district (— umutware) hérite (—kutwara umwandu).
Si celui-ci demeure au loin, et si les choses, laissées par le défunt, sont de peu de valeur, les voisins prennent (— kusahura!) chacun ce qui lui plaît. — Yoici, comme „curiosum”, le testament (— kuraga) moral, laissé oralement par une mère-veuve à ses enfants, réunis autour de son lit de mort.
Il prouve, que ces pauvres Noirs ne manquent pas de sentiments nobles et beaux.
Mugende\ ndafuye\ na 'mbwe muheze
Allez; je meurs; et vous ensuite mwitunge mti 'kihuko, Ikihuko ni soyez heureux dans le pays. Le pays est (riches) kinini.
grand.
Musabe Imana iwaragire
Demandez à Imana (Esprit) qu’il vous
guide
(iwakomeze). Na 'mbwe muvyare
(qu’il vous fortifie). Et vous procréez awana winshi' mutekanye ;
des enfants beaucoup; soyez en paix; mureke kuwa n' indwara. None laissez d’avoir des maladies. Maintenant ikihuko kirayoye; mwitunge
le pays est dur (troublé); soyez heureux mu 'kihuko^ mureke kwiba ivintus dans le pays; laissez de voler lesbien