AGE
font bâtir, par quelque voisin charitable, une case, et végètent là jusqu’à leur mort. Leur sort est bien triste. Les vieilles veuves W atwa sont nourries par leur famille, auprès de laquelle elles restent. — Si une veuve Murundi a des enfants, ceux-ci la nourrissent, et ont soin d’elle. Si elle n’en a pas, elle vit au jour le jour. Elle tâche d’obtenir un peu de nourriture (qui est rarement réfusée) chez les voisins; ou bien elle la gagne, en faisant de petits travaux pour ses voisins, p. e. en ramassant du bois de chauffage. (V.
Viande.
La viande de boeuf inka, amaka, ingora) est à peu près la seule qui est mangée par les Warundi (Watutsi et Wahutu), Plusieurs animaux passent pour impurs, ou mieux pour sacrés, et pour cette raison il est prohibé par l’usage immémorial de manger leurs chairs. (V. Abstinence^'' ^ j,Nourriture'\ ^Superstition''). — Les Watwa mangent toute sorte de viande. — Le sang de hoeuî (— ikiremve, ikiraswa) est un grand régal pour les Warundi, surtout pour les Watutsi.
Village.
Dans rUrundi il n’y a pas des villages (=ikisagara) proprement dits, ou de grandes agglomérations de huttes. Toutefois, dans l’Uzige et le long du lac Tanganika on remarque d’assez grands complexes de cases, qu’on pourrait nommer des villages. En général, les habitations (—umuhira, ,^makaya'') sont éparpillées dans les bananeries plus ou moins étendues (= umuhana : kwigerera = bâtir au loin, séparément). Là où il n’y a pas de bananes, p. e. sur les hauts plateaux du Mugamba chez les Watutsi, les huttes sont également éparpillées. De tels hameaux sans bananéries se nomment = umuhana ivo mu 'kahinga. — Les Watwa habitent en petits groupements de cinq à six hüttes, entourés d’une enceinte (= urugo), l’un à côté de l’autre, généralement à l’écart des Warundi.
On en trouve sur toute la surface de l’Urundi. Si un tel village devient trop étendu, on se sépare, et un essaim de Watwa forme ailleurs une nouvelle colonie. Ils sont assez nomades. Aussitôt qu’ils ne se trouvent
plus à l’aise dans un lieu ils quittent tout, et choisissent un nouvel endroit. Etant très timides et méfiants, il suffit qu’on s’occupe d’eux, pour les voir émigrer et disparaître. — Dans un village (= ikisagara), comme dans TUzige et dans chaque grande bananerie ailleurs, chaque chef de famille a un enclos {= urugo — „kraal”) à part, qui sépare son domaine de ceux des autres propriétaires ( = kugerêrü: aragereye urug o — bâtir ensemble, mais séparément une case avec enceinte). Ces enclos (= ingo) sont séparés les uns des autres par d’étroites ruelles (—umünyôrô, titunyuro, imiromhero: kurombera), bordées de haies d’euphorbes (=■ kuzUïrâj kurombera, kucy' inzira), et formant un vrai labyrinthe, si le village est considérable. Souvent des arbres séculaires, ou tout au moins des imimanda (arbres „ ficus”), ombragent ce complexe de cases, et y entretiennent une agréable fraîcheur. Les immondices de toute sorte n’étant jamais portées hors les villages, ce sol devient d’une fertilité très grande.
Une végétation luxuriante s’y dévéloppe, mais la salubrité y perd naturellement. — • Rarement les cases sont sans enclos (= inzu y O ku *kahinga). Dans l’Uzige les différents enclos (,,kraals”) sont assez rapprochés, mais dans le reste de l’Urundi ils sont éloignés de 100, 200, 500, 1000 M. et même d’un quart- ou d’une demie-heure. Une seule bananerie contient de 5 ou 10 à 15 et 20 enceintes (=ingo). Dans un seul enclos se trouvent, assez souvent, plusieurs cases d’une seule et même famille (V. „ Maison”).
Âge.
Les Warundi ne savent pas, et ne comptent pas les années de la vie. Pendant les premières années de leurs enfants, ils diront : „Un tel est né, et nous avons cultivé deux, trois, quatre fois depuis, c.-à.-d. 2, 3, 4 ans. Pour estimer l’âge ils indiquent avec la main la stature (= kugera: arageze aha, arageze kutyoj litt. il mesure comme ceci); seulement, on ne tient pas la main horizontalement, mais verticalement, en indiquant la statue de V homme. Pour donner l’idée de la stature d’une bête, ils tiennent la main horizontalement.