SUPPLÉMENT
,,lmana”, ,,Ryangombe”, „Rikiranga'’.
Dans les articles jjDieu'’ et ,jEsprW il a été parlé déjà d'Imana^ de Ryangombe et de Bikiranga, esprits supérieurs des Warundi.
A la question, d’où viennent ces singuliers noms, il n’est pas facile de donner une réponse certaine et incontestable. Il est permis, néanmoins, de tenter des explications; surtout, de chercher des analogies ou des rapprochements, et de glaner ailleurs des mots ou des noms qui, avec quelque vraisemblance, peuvent se rapporter à Vidée suggérée par les noms en question. Aux endroits cités on a pu voir plusieurs de ces tentatives.
Dans ce qui va suivre, on présentera encore un certain nombre de ces analogies.
Il est bien entendu, qu’on les donne pour ce qu’elles v£^ent; car en fait d’étymologies il faut être circonspect; quoique, de l’autre côté, il serait puéril de les rejeter en bloc, et à priori,
I. — Dans le mot ou le nom Imana on peut laisser de côté le préfixe I (= li ou ri), qui est le préfixe de grandeur, et la voyelle finale a. C’est la racine man qui mérite l’attention, ainsi que celle de ng (nk) dans les noms Ryangombe et Rikiranga, etp. Cet élément (man), on l’a remarqué déjà, n’est peut-être pas étranger à celui de Kam (Kham, Cham, Ham)j troisième fils de Noé. Or, l’Egypte, et par extension l’Afrique toute entière, est bien la terre classique des Chamitesj et plus spécialement des Kushites (Ethiopéens). Toute l’antiquité l’a compris ainsi, puisque longtemps avant que les Grecs nommèrent cette terre A'iyvnxoç (Khept^ Khebty Coptos = KhepUher ; cfr. Caphtorim, fils de Miszraïm, Gen. X : 14), elle s’appelait Khemi i. e. terre noire. Les Egyptiens euxmêmes l’appelaient Qarnît ou Qaâmit mot qui signifie: terre noire, par opposition au désert: Dashirit = terre rouge. Quelques uns veulent que le mot grec Alyvjivoç soit une transscription de Haikouphtah = château des doubles de Phtah, nom qui était donné à la ville de Memphis. Eupolemüs (I siècle a. C.), cité par Eusèbe (Praep, Evang., l. IX), nomme Khum le père des Ethiopéens et le
frère de Mestraïm (mesi = mwezi) owyiizraim,
qui, selon lui, fut le père des Egyptiens proprement dits. Ce nom de Mizraim (assyr. :
Muzr, Muzur — source, ou Mouzri = la fortifiée, mur; arab.: Mizr ou Mazr — boue rouge; héb.: Mazor ou Mizraim) est aussi intéressant que celui de Khemi, puisque le synonyme égypt. mes, mesi rappelle involontairement le fameux Mwezi de l’Urundi, la terre du Mwezi (— Unyamwezi’, les Mono-Mugi des Portugais du XV« siècle), les monts de la lune (—mwezi, ukivezi). Les Warundi, spécialement les Watutsi, se disent venus du nord, et on trouve chez eux une foule de réminiscences égyptiennes (V, Stanley: Dans les ténèbres de VA fr., Paris, Hachette, 3 éd., t. II. p. 361). Il est donc très probable, que le dieu national Imana du pays du Mivezi n’est autre que Cham (Ammon, Hammon) divinisé.
Après les dynasties divines d’Egypte, e. a. des grands dieux : Râ, Shu, Sibu, Osiris, Situ, Horus, puis des moindres et enfin celles de génies, héros, mânes, dans les personnages desquelles il faut voir probablement les patriarches anté-diluviens, on admet généralement Mena (Mènes), comme le premier roi „purement humain”; il passe pour le fondateur de la I« dynastie (3215 a. C.) et est dit originaire de Thini (Thèbes) ou d’Abydos. Ce Mena ressemble passablement à Imana. Il passe pour le premier législateur. On lui attribue la construction de Memphis, nommé aussi Makha~ta, Ce nom est le même que celui du taureau Mnevis ou Men-Apis. Il est assez curieux, que le premier législateur des Indiens fut un Manu ; celui des Grecs un Minos (Minautaure!); celui des Kimriens un Menw, etc. Ensuite, il y a aussi un mont Manu où demeurent les esprits parfaits, une espèce de ciel ou de paradis! Le canal de Joseph (Bahr- Juzef). est attribué aussi à un Mena légendaire. On l’appelle menhi ou menhe. Hi vaudrait dire: canal d’eau, et mm = fondation, etc. Le premier roi qui succède à Mena sur les monuments est Teta éWatutsO, qui a pour mère Skheskh.
He, hîm (-hima wahima) ou it (f) Yeui dire:
noir créé, l’homme, le Nègre, Hu, ainsi que
„IMANA”
Khe est un dieu ou esprit (cfr. l’exclamation : hayi, héyé chez les Warundi).
Chez les Hébreux^ Kam est encore synonyme avec le Sud. Les Egyptiens faisaient venir les premiers sages du Sud, de Kedar — lieu d’origine. Les Warundi ont leur montagne sainte Igitara (Kitara), qu’ils placent au nord (nord-est)! Puisque les premiers habitants de l’Egypte (avant l’occupation par Mizraïm) sont venus du sud, ces deux affirmations nous ramènent vers l’Abyssinie Ethiopie) et vers la route de Bab-el-Mandeb.
(Le mot égypt. Khent, qui désigne le sud (V. infra), ressemble à Ruhinda (Hindu, mtu, mudu, Kintu, Uganda, etc.^ premier roi des Hamites équatoriaux, venant du nord ou du nord-est.
Parmi les quatre groupes d’hommes, représentés sur la tombe de Seti I (Nahsi, Hemu, TamahUj Ruti), le deuxième mérite l’attention. Il paraît, que la hiéroglyphe hem signifie frontière aqueuse, et que hem (hemi) évoque l’idée de rames, ramer, marin, etc.
Les hemu seraient des peuples navigateurs, des îles; et le terme diinsulae gentium (Gen. X) pourrait être rendu en égyptien par:
les îles d'Amu ou Hemu. Ceci nous conduit loin! Presque jusqu’à l’île de Man. Là le chien de l’abîme et de la mort se nommait mauthe (mut — mourir, mut — tombe, mtu).
Math ou Maut était la Hécate des Bretons.
Mut était la mère-nature (!) des Druides. Plus près que l’île de Man, les pygmées Toala du sud de l’île Célébès ont précisément une semblable petite île nommée Muna, selon les frères Sarasin.
Sur un stèle de la Xlle dynastie (2258 — 2098) est cité le nom de la mère de Mentu-Si (c’est presque le mot Umutu-tsi). Un de ses fils se nomme Amenemha. De tels noms, composés avec amen, sont fréquents avant la XIIB dynastie. Le dieu Amen-Râ de Thèbes était le même que le plus ancien Num et Khem. Selon Hécatée (:|i 550 a. C.) les Egyptiens emploient le mot amen (amenu) comme un appel à venir: viens! = veni!
Amen- Au était le titre de Sebek, dieu solaire typhonien. Ce Amenu-El était le Raal-Amen de la théogonie phénicéenne. En maori Meenameru signifie: la grande divinité nourrice, comme mena en égyptien. En Egypte Men et Mentu étaient deux divinités symbolisant l’âge adulte (kumo, kemhu = cheveu, khemti).
Hama en égyptien veut dire: invoquer avec une clameur religieuse (cfr. le cri :
Hômci! des femmes Warundi!), et ; prier.
Les écoliers de Grimm font dériver le sanscrit Himu de la racine z&c ; invoquer ! Pourquoi n’y pas voir l’ancêtre Ham, puisque l’Inde sud-occidentale fut le pays d’origine des Hamito-Kushites, avant que l’Egypte les vit arriver !
Le signe idéographique du crocodile (kirundi: invubu, d’où: Ruvuvu = iciYieve aux crocodiles) est Khebma, autre forme de Kam.
Le nom de la déesse aux crocodiles Taurt
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ou Khebi se réduit à la même racine : Khab — Kheb = Khef = Khe f ma = Kam (héb. : Kum) = Kamit = Neb : Nebrod = Num : Nimrod (fils de Kush), puisque le b et le m se permutent.
Huma (Wahuma = peuple blanc ou rouge, venu du nord) en égyptien signifie : chanvre, lin blanchi; dans l’Inde uma (um, huma) signifie également: blancheur, etc. (Esprit blanc, spectre?) — Il y en a, qui font dériver le mot latin anima (= âme, esprit, etc.) de l’égyptien ('an)l En effet, si le n et le m s’entre-changent, il est assez curieux, que l’idée de soi-même, de la propre ressemblance, du moi (anima = arab. : nefs*, par extension: màne = alter ego) soit exprimée par des mots si semblables dans des langues si dissemblables. En égyptien mum = momie) signifie: le moi-semblableconservé. Citons d’autres analogies: fr.: même*, zend: mam (moi); lap. : mon*, yakut: min*, mordvinien: mon*, akkad. : mu*, finn.: md*, esthon. : ma\ proto-méd.: mi*, iranien: me*, étr. : me*, ostiac: ma; irl. : mi*, angl.: me*, lat. : memet. En plus, le mot mum en angl, veut dire: silence; mem en quiché: muet, de même que mamu en tahitien, imamu en pongwe, mumu dans la langue vei. — En ég. mum signifie en plus: mort, silence (dont la momie était le signe idéographique); memu: mémorial, souvenir (mémoire)*, momene : une idole ; mammet : idole en forme de poupée (emmaillottée). Tout cela rappelle bien l’idée du moi-mort, de mâne (ancêtre) dont on se souvient et qu’on vénère. Qu’on se rappelle également le préfixe ban tu umu (umuzimu) des êtres rationnels.
Man paraît dérivé d’une racine qui signifie: penser. En ég. ce mot donne l’idée de : fixer, mémorer, se souvenir ; et il est propre exclusivement aux êtres rationnels. — Man ou men signifie: le mâle, le taureau, le fecundator*, c’était le titre de Amen-generator ou de Khem . — Men est la pierre (stabilité, force). Khem est le puissant; ma-nu le vraitype (de J’homme) ; khemu le maître. Menti (amenti) est dérivé de man (fondateur), et signifie: „la région de la mort” (sic!). Devenir Khemt en ég. veut dire: devenir homme parfait. Khem s’identifie donc avec le homo (le brave, le hardi, le puissant, le umugabo = vir par excellence). Sur les monuments égyptiens Khem, Men-Amen et Mentu (kirundi : umuntu) sont trois formes déifiées du man (de l’homme). On trouve des analogues au mot Khem dans plusieurs langues. Voici quelques spécimens pour celui de Men ou Mentu: angl. man* banga: manu*, kirata: mana*, cambodg. : manus* darahi:manas* bhatui: muns*, kasia: uman*, tharu:
manhai* mangarei: amunu; sanscr.: ma-
nusha; namsang: minyan*, pâli: manut*, kirundi: umuntu*, kiswahili: mtu*, shisumbwa:
muntu* kirwana: munhu, etc., etc. Toutefois, si man est l’être rationnel, il s’agit bien positivement d’un être mortel, puisque mena signifie encore : mort, fin. Hogmena
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était le nom écossais du dernier jour de Tannée.
Tout le monde connaît le Manitu des Indiens de l’Amérique du Nord. Manitu, leur grand esprit, était un immense serpent.
Les Indiens Lenni Lenape disent, qu’il flottait sur Teàu au début; qu’il créa un homme et une femme d’un arbre, etc. Le même nom (comme Kiranga) est donné par eux au magicien, au médecin, au charmeur de serpent. — En maori mana signifie: influence magique. Le Mana des Mélanésiens (Papua) est une force spirituelle ou une vertu vague selon Codrington, qui la compare à la gratia de St. Augustin!
Ils ont d’autres divinités, e. a.: Nugu, Usai, Ulbe, etc. — Les Lapons vénèrent un Jubmel ; les Samoyèdes un Nuni; les Votiaks un /wm- )^nan ; les Tcheremises un Yuma. — Manadh en irlandais est: magie, incantation; de même mantra en védique ; moniti en lithouanien; manthra en pahlavi. C’est la forme primaire de mind (inda, -hinda). Le serpent myndie des Noirs australiens est identique au serpent niehnti du rituel égyptien. Mawndi signifie: la noirceur en gindo; c’est niuindo en diwala; moindo en isuwu. signifie :
mort en ég. Mindi, ou plutôt m hindi (hindu, -hinda), désigne le midi (blanc?) et le soir (noir) en kirwana.
L’égyptien hem (hemu, ems, am, amu) donne l’idée de : demeure, siège, habitation, origine, lieu de naissance, de génération (angl. home). Le signe hem dénote encore le siège de Teau, d’où hemu = navigateurs, etc. Le m et le n s’ entre-changeant, on obtient: hannu, ou: hanti (Hanno). Hem ou Ham devient Khen, Khem ou Skhem, Le skh&m (ég.) est l’endroit fermé de Horus. Saguma en gura et skemma en islandais signifie : corps, maison. En bambara ziakuma désigne un chat-tigre „qui était le type de la genitrix (Khem, Skhema) — Pasht, en arabe: shukm. Un des noms de Hathor est : Khem. Kima en arabe signifie : rdaison, * foyer ; kam ou kim en dumi : foyer ; chem en thibet : maison ; hema en kiswah. : tente ; koma en persiq. : hutte de paille; kam (kaya, muhira) en nupe, susu, basa, doai, ngodsin, etc. : une ferme ou une propriété; gama, en singhal.: un village; chumahen. hébreu: une enceinte; yxmx en magyar: une maison ; umah en javan. : maison; xiami en uhobo (Afr.) : maison ; c/iim en zincôli: royaume (ubwami). Tout cela gravite autour de l’idée du lieu d’origine de l’homme, et de l’enfant de Thomme, vivant (Horus-Khem) et mort (Khema).
Men est signalé déjà comme signifiant aussi (en ég.): pierre, spécialement comme pierre commémorative d’un moxd (Mena, mtu). Les men-an-tols du Cornwallis sont des pierres creuses. Les menhirs bien connus de l’Europe occidentale sont des pierres élevées (her), et érigées au-dessus d’un mort. On les appelle aussi men^am-bers, men-kam-bers, d’où: men~ camber ou mincamber. Certains tumuli, camerae mortuariae ou sarcophages des Egyptiens s’appelèrent précisément: kamu. On doit y
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attacher les dolmen. Ces pierres placées en cercle se nommèrent dawns-men (en angl.).
La légende en faisait des pierres dansantes (ballet des géants). — Les Japonais vénèrent les Kami comme leurs ancêtres divins, et conservent d’eux, dans leurs temples, des pierres sacrées. — Le pin noir d’Eridu des Phrygéens {Arnob. V, iO) était le siège et le lit de la genitrix accadéenne zikum (sycomore), comme Hathor en Egypte était le sekhem.
Dans le coran al-zakkum est l’arbre de la science (V. „ Sycomore'^). Le suc du soma (hom, homa) était encore le fruit de Tarbre sacré. Selon la tradition Mosoch, frère de Thubal avait un fils bâtard nommé Hom qui, sauvé dans l’arche, aurait survécu au déluge. Il devint un des principaux organisateurs de l’hétérodoxie, et le père de nombreux faux-cultes. Le nom de Tarbre hom vient probablement de ce personnage.
L’arbre ou Tarbuste (plante) hom est le kamiarbre (gomme-acacia) de l’Egypte.
Selon certains auteurs il faut voir dans le nom des Kymri la racine de Kàm ou de Khebma. Ces peuples auraient été proches parents avec les cave-men ou troglodytes éthiopiens {Kafruti — Kushites) de Hérodote.
Il en serait de même des Celtes (Keltae).
L’égypt Karti {Kalü) signifie, paraît-il, grotte souterraine circulaire {car, caer.). Ptolémée mentionne un peuple de l’Irlande, nommé Menapü, et Pline désigne Tîle de Mona, ou Man, par le nom de Menapia. Sur le continent (Pays-Bas) il y avait également une tribu de Menapii. Dans la baronie de Breda il y a un lieu (village) nommé Chaam. Selon le Dr. A. Smoor cet endroit (avec son nom) est archi-ancien, et certainement le plus ancien de tout le pays. Au temps de St Willibrord (658 — 738) Chaam était une localité très florissante, et très ancienne déjà. Aux Kymri {Kip^lA^éQioi) on associe les Givim des Hébreux, les Kabiri (Khef) et les Abaroi (Kabrui) ou Hyperboréens de Hérodote {l. IV, 36). Quant au mot Kar, il paraît que c’était l’ancien nom de Babylone. Ces Karti seraient donc bien de vrais Kushites. En ég. Kar est également le nom pour Babylone, et en hébr. : Kir (selon quelques uns. Cfr. Amos 1:5; IX : 1). En plus, les Egyptiens supposèrent les Karti habiter le Sud et le fond de l’Afrique équatoriale. Il est probable qu’il faut encore ranger parmi eux les Kimarim (hébr. : kimrir = être noir = kam en ég.), ou les Chimririm, i. e. les prêtres de l’ancienne religion chamite de la terre de Chanaan (Cfr. e. a. Soph. 1:4). Le prophète Jérémie {XXIII : 33 — 40) défend sévèrement aux Juifs d’appliquer le mot mesa {i<\i/n) = 'onus {Mwezi) à la divinité, au vrai Dieu {„et omis Domini ultra non memorabitur). Il y avait sans doute de quoi. C’était un alliage idolâtrique chamite, peut-être une réminiscence égyptienne. Ce mot signifiait en égyptien (et même en hébreu): por tare, g es tare, engendrer, concevoir. Meska (mes-ka) et mes-khen éi2c\t le
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lieu d’origine^ de naissance, personnifiée dans la déesse Isis {Hesj Hathor — Ahti). C’était le nom du veau d’or! L’Isis égyptienne (Astarte, Venus, Oybèle), on le sait, est la même que Istar, l’aryenne U ma (Lalita) et la bien plus ancienne Ula on Ulul polynéséenne. C^était la femme de Khem- Siva — Kefa, Seb, Siu = Hem. Selon l’Adi-Kanda (c, XXXZZ) la soeur aînée de Uma est la déesse (>anga. Leur père était Hima-vat et leur mère Mena, fille du mont Merou! Un autre surnom de Uma est Durgâ. .Comme Imana et Hikiranga, toute cette famille-là se ressemble! — Le hahu (ibis, lotus) ég,, est le kamala ou kuvara (kam — kuv ou kuf, le m et le 6 ou t» s’entrechangeant) de l’Inde. En Egypte hem ou kam était indistinctement l’ibis sacré.
Smen (le Smun = Esculape des Phénicéens) était en ég. la région de la mort, des ténèbres, le Hades {Kham = noir, ténébreux) des damnés. Le même mot smen (ashmunein, om:
sesennu = sheshenim) revient sous la plume des prophètes (e. a. d’Isaïe) et du psalmiste pour désigner l’enfer, la demeure des damnés, des ténèbres, la demeure du dieu Shu (ishol ). — Selon Plutarche Smi est Typhon. Sami en ég. sont les ténèbres complètes. — En sanscr. samani-shada est le démon des ténèbres.
SummanuH en lat. était le surnom de Pluton.
Saman en fanti (Afr.) signifie : esprit, démon. Les sami conspirateurs sont les cemis des Caraïbes. Le serpent zmei des Russes est le smi (sami) de l’Egypte. Une variante de sami est kami (Kam) le noir. Le Kamm~appa des Basuto est le monstre dévorateur à large bouche.
L’Egypte étant le carrefour du monde, et les races chamites et sémites s’y trouvant enchevêtrées, il n’est pas étonnant, que les tioms des deux patriarches Sem (Shem, Shu, etc.) et Cham (Kâm, Kum, etc.) le soient aussi dans la mythologie de l’Egypte et de toute l’Afrique. Shem en hébr. signifie: le soleil, et en égyptien : flamme. Or, cette racine se trouve dans une foule de mots désignant le soleil (de bonne heure adoré et déifié par les peuples, comme on le sait), dans bea icoup de langues, notamment africaines. Ainsi le soleil se nomme: kam en ghagar; ghama en pakhya ; gama en darahi et denwar ; caame en saraveca; kamoi en atoria; kamu en mawakwa; kamuhu en guinau; kamu en woyawai; kamo en wapisiana; mwwi en wacwambeu; camu en barree; camui en baniwa; kiumuk en chemmesyan; kamiss en nouv.irlandais; hikhem en pumpokolsk; nkombe en pongwe; de-kombi en kisama; skeemai en apatsh; kamoi en tarakai; komaru en maori.
Ch. Lenormant (Mag. chald) a lu sur une inscription assyrienne le mot: bit-Mummutu.
Il le met en connexion avec le mot mummu = chaos, confusion, région infernale. Comme le Hadès accadéen (Gi-umuna) et l’ég. Ki-amen (mamit), bit-mummutu (mtu, muntu) désigne la région de la mort, des morts, de l’enfer. — La curieuse figure assinnu mentionnée sur
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les tablettes assyriennes mérite aussi l’attention. Assinnu est: noir (statue noire = sennu), et se disait également: namir, kha~ mir. Na en ég. signifie : coloré, noir ; le mot Kham de même. Les Nahsi, comme on sait, ce sont les Nègres. — Ensuite la déesse assyrienne (déesse de la mort, du fatum, qui amène la mort) se nomme encore Mamitu.
En ég. ma est lar essemb lance; mat le mort; mamat l’image d’un mort (momie, mum, „vermommen”!); enfin mum-it ou mum-ta le type de la mort (comme kama).
Mais, par contre, l’emblème de Khem ou Khem-IIorus (Mentu, Khepr = dieux solaires) était en même temps celui de la résurrection, de la ré-vivance.
Geiger a remarqué, que le mot est
employé par Homère seulement comme corps mort. Ce soma c’est l’ég. sama (sa = personne, ma — comme), qui signifie: une image (siôâÀov). Les anciens Caraïbes adoraient une divinité inférieure Zemï, appelée chez les Indiens de l’ouest : Cemi. Les Swahili ont un esprit des morts nommé aussi Zemi. Les Nègres de l’Afr. occidentale nomment la demeure de l’esprit: seembi. A Igu Ozohim est un démon, et à Egbirahima on le nomme: Usoahim. On peut y comparer le fanti: Saman (esprit), le holl.: schim] l’allem: schemer\ l’angl. : sham\ l’ég.: sem (amulette, emblème, figure); le cafre: Soman (esprit), etc. Chez beaucoup de Nègres les esprits-i^ânes sont nommés: mzimu (kir.
umudzimu). Dans beaucoup de langues bantu •zima signifie : vivant, survivant, sauf. Selon Petrus Martyr les idoles du peuple maya (Amérique) se nommaient: Zemes = esprits domestiques, lares, mânes, (ég. : Shemau).
Selon eux le dieu Zamma était l’inventeur des noms et des lettres, et il venait de l’ouest! Les Quichés aussi avaient des emblèmes mumah, identifiés avec les esprits des morts. C’est ainsi que s’appelèrent encore les sanctuaires du dieu des routes. — Le dieu des mouches d’Accaron Zebub (Baal-Zebub), ou Zimb comme traduisent les Arabes, est le type d’un dieu tortureur. Selon Bruce (Voyages^ I, 5; V, i9i), les Abyssins ont une peur formidable d’une certaine mouche zimb (imbu). Le mot assyrien zwmbi paraît synonyme de l’hébr. zebub. Dans la tablette du déluge les dieux sont comparés aux zumbi (Cfr. Isaïe, VII : 18; Eccl. X : 1). — Comme il a été dit déjà plusieurs fois, la racine -zim, zimb signifie les démons ^ et l’enfer dans beaucoup de langues bantu (kir. : umudzimu, kuzimu = le Hadès). Nsumbi est le démon en kasands, ndsumbi en undaza; ndsombau est l’enfer en bumbete; zume en dahoméen; ozohim en igu; simo (shimo, imanga) en nalu. Les sami sont des tortureurs en ég. Les Hébreux ont leurs tsamim :
tortureur s ; et leurs zamzummim sont des géants. Zimwi en kiswahili veut dire: ogre, et zimu est un cannibale chez les Zulu. Les ruines Zimbabye des Matebélés étaient l’oeuvre de géants.
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Chez les Yorubas ife est la région de la terre^ de la mort {ku-fa = mourir). Afa (ou Hea) c’est le dieu de la sagesse chez les Dahoméens. Il s’appelle aussi Yem comme en Assyrie. En ég. iuma signifie la mer. Les Samoyèdes adorent un dieu supérieur Num ou Juma, connu chez les Finnois comme Jumala — dieu de Juma = de l’eau, de l’abîme. Jwma-la c’est Jïima~Ra en Egypte, le soleil des eaux, et Num-RUf celui des profondeurs.
Le titre assyrien Num~kan apparaît dans le magyar: Nam • Khan = soleil. En limbu nam signifie; le soleil; en Australie: Namhajandl est le seigneur d’en haut, et nabageena: le soleil. Dans^ plusieurs langues de l’Afrique occidentale les mots: nom, nyama, num, ng~ ambe, etc., désignent un esprit (dieu). En gaélique neamh est le ciel ; nami est un titre de Vishnu; en lat., portug., ital. numen, nume est la divinité, comme nuhm en arabe, neoma en chinois, nemon en irlandais, nab en accadéen, nuebe en mbofia (Afr.), nobu en erromango, nep en scandin., naf (seigneur) en Wall. Dans la plupart des dialectes bantu nyama, inyamma, etc. veut dire : chair, bête (zoolâtrie). En bidsogo nome est un serpent et en ég. num est le serpent à couronne.
En kiamba nam signifie : chèvre ; en Egypte la chèvre était le type du dieu; Num. En vei numu est une espèce d’énorme crapaud; iVwm en Eg. était nommé: le roi des grenouilles, tandisque Hek (ku-heka!), à tête de grenouille aussi, était son digne consort. Elle s’appelle à volonté Nem — délicieuse, tendre, douce, comme Naamah. C’est la Revit égyptienne, la Lilit assyrienne, la Halalath des Arabes, enfin la Lilith des Hébreux, ou la vulgaire succube des théologiens. — On connaît les tribus anthropophages des Nyam-nyam (yem~ yem, jum-jum au NigerJ. Les dm-dm en Egypte ce sont les démons dévorateurs de l’Hadès. Un nom commun pour désigner un esprit (dieu) chez les Mangaiens (Maori) c’est Tatua-Manava (Manawa)\ Mano-mano est le monde des esprits, le monde souterrain (ég. menti) où règne la déesse Uti. — Manuka est le lieu d’origine (manu). A Tahiti une classe d’hommes méprisés (parias) sont nommées, par dérision, les menahune (minna, mena, ég. — arriver). Ils sont censés être les premiers arrivés en pirogues de l’ouest.
Am-Smen était le firmament et la demeure (ég. am = paradis) des huit cabires, dieux planétaires (Ogdoade).
Les Nègres, en général, s’appelèrent dans rinde les a-mânusha (dasyus) ou bun-manus = sauvages, poilus, etc. (RakshasasJ.
Sema (tsema, tema) signifie: vérifier le temps. Le mot temps (tempus) serait le chamite tem — total, variante de Sem. Dans le „Rituel des morts'" égyptien, la déesse du temps est nommée: Atem, Asmu. Mu (ma) est: mère; at:
cercle ou cycle. Les trois rois: Atum le rouge, Kâ le noir, et Hu le blanc accompagnèrent le dieu Har-Khuti dans les scènes de l’Hadès dans la mythologie égyptienne. Atum
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était encore le soleil rouge. Selon les rabbins le premier homme (Adam) était de couleur rouge, étant formé de terre rouge (damu = sang). Il est frappant, que des variantes du nom Adam se rencontrent fréquemment en Afrique, surtout parmi les Nègres soudanais.
Ainsi le père se nomme : adam en yala, opanda, igu, egbirahima; adama ou adamu en yasgua; odam en koro; dame ou dami en esitako; atame en dsuku; itame en bini et oloma; etame en ihewe; atami en igala; etemi en anan; tomo en bute. — En plus, l’ancêtre, l’ancien se dit: odam en akurakura; kodama en dsalunka, et kankanka ; kotama en okam; gadim en soa. — Le grand-père se dit : atem ou atemu en pepul ; atemu en bola ; atiam en kaniop ; atiamu en sarar ; etamudide en egbele; itame en bini; itamadodede en ihewe; itamanagbas en oloma; itemise en eafen ; otem en landoma; tampa en n’goten, et melon. — A Sierra-Leone il y a des tribus qui s’appellent les Atams, Udom en est une variante. C’est Vudumu assyrien et le tum égyptien pour désigner V homme créé. Il y a une contrée afric. nommée Adamawa et une autre Kotama! Si Adam (selon Fl. Josephus) est formé de terre rouge, si les rabbins identifient Adam au „sang du monde”, et si les Hottentots se nomment réellement des hommes rouges: Ava-Khoin, c’est qu’en réalité, Adam ou dam signifie : sang en hébreu, comme adamatu ou damu en assyrien. Il y a bien d’autres langues dans lesquelles le même élément exprime la notion de sang, p. e. :
damu en kiswahili (de dam arabe); damu en adirar; dam en beran; domi en pika; didem en n’godsin ; dedam en doai ; azema en kiamba ; zeam en dselana; isim en guresa; soyna en gurma; zem en mose; zomos en grec. Enfin, en kirundi une terre rouge (ocre) s’appelle précisément akahama!
Khem ou Ptah est le même que Pan ou l’esprit phallique, le dieu des chèvres de Hérodote (Priape), le Sïva de l’Inde.
Le légendaire Yima (Noé?) paraît proche parent de ma-shu (kir. : isho-amasho) dans le mythe chamite. Shu était un dieu-lion (kir. : intare), et fils(?) de Kùsh (Khepsh). Kafi-Shu ou Ma-shu était le singe en Egypte.
Selon les Vedas, Indra {indu, Ra, Wahinda) soumet les peaux-noirs, Rakshi (Nègres, Kushites) à Manu (les Aryens?). Selon quelques-uns ce Manu est le Noé indien „qui après le déluge descendit de la montagne du Nord”. Toutefois, il y avait un plus ancien Manu ou Adim (Adam?), dont la femme précisément se nommait: Iva (Eva, Kefa). Le Noé-Manu sauve toutes les graines des choses existantes dans l’arche. Le Mwezi de l’Ürundi les apporte toutes en naissant, et revient après sa fuite de la montagne du Nord (Igitara). Ces Manus sont sept, symbolisés dans sept arbres chez les Syriens. Ces „sept recteurs du monde" des Assyriens, selon Jamblicus, sont les sept Rishis des Hindus (kir.: indwi, les sept
Manus ou Manvantaras (litt. : un autre manu).
JMANA’^ 146 „IMANA”
Ce sont les sept patriarches anté-diluviens.Les Piromises (ég. : peru-mes = homme noble^ bon) d’Hérodote et d’Hécatée, ne sont probablement qu’une forme des mêmes Manus. Parmi les sept rois frères des inscriptions cunéiformes de Babylone^ le plus ancien se nomme Memamgab i. e. le tonnerre {imana umwami wo hedzjuru. V. ,, Foudre'*). Aux îles Marquises l’esprit qui amène le déluge se nomme Fatu- Moana. Dans un hymne s’y rapportant^ les indigènes parlent d’un Mannu le méchant!
Les Indiens rouges désignent le déluge par celui de Manabozho. L’hébreu Noah ressemble davantage à l’ég. Nef, Num, Nuh, représentant le déluge. Nuh, nnu (n = m = mu), nu marque une inondation. Nnu~akh est le seigneur, l’esprit d’inondation. Les Hottentots ont un Noh (dont la femme est: Hing- No h), qui chez les Nama s’appelle Khunib ou Khnub (Nom = Ham).
La racine men (hébr. : mn) en ég. a bien des sens. Men désigne un mémorial {al-ynanac), une période de maladie, une mesure (menât, ment), le nombre dix {menât ; copte : mêt = dix), le cercle et tout ce qui est rond (menuti — pigeon, menât — bracelet), la périodicité en général. Si menât, ou menti veut dire : aller en rond, perambulare, il désigne aussi le bétail (menj. Men-ment ce sont des troupeaux (isho, amasho). Les Menât étaient, en plus, les méprisés Aat, et ce mot est synonyme de: peste, lèpre, abomination. Enfin Menât ■* (Menuthis), selon Jablonski, était la grande mère-nourrice. — Le manna du désert est nommé (Ps. LXXVII : 25) le pain des Anges {Aberim, Kabiri = forts), qui tombait périodiquement. Mené personnifiait la céleste nourrice, la déesse des sept étoiles {Menât), Les Arawaks de la Guyane ont une déesse aquatique nommée Manati qui ressemble passablement à sa soeur égyptienne Menati = l’ancienne mère ou la nourrice {Menuthis, Typhon). Le vase de Mena ( mena, menka = déesse nourrice, sucer) était mammiforme, et même à forme utérine. C’était la cruche à eau mystique nu. Le vase que porte dans ses mains la déesse de l’eau mexicaine Chalchinitlicue, avait le même sens, et était, en plus, façonné en forme de croix. La mâle divinité Kheni de Denderah était en réalité androgyne, et comme type secondaire de production, il était mannin, comme la Zikar ou Zikarat assyrienne. Manati étant une déesse aquatique, il faut rappeler ici les sculptures des barques dans l’Urundi (V. ,, Bargue^'), et les vases ou cruches {inkono) à deux ouvertures.
L’ég. mammesi (kir.: umwezi) désigne le lieu d’enterrement, la régénération de la momie {mam), et le même élément se retrouve peut-être dans le gaélique : mamsie — tumulus. Meni était la déesse syrienne de la lune (— moon, month, maan, maand, mond, monat, mensis).
Les armes de l’île de Man {Ynys Mon ou Mono) contiennent trois pieds qui entourent un disque lunaire placé au centre. Le Mer-
cure britanique Manannan (Mana wyddan, ou Mana gwydion), cfr. J. Caesar : Comment.
1. VI, 17) aurait été un ancien commerçant (sic!) de la même île de Man. La même racine mn, man, men se trouve en bien des mots désignant la lune p. e. : men en Asie mineure; mena dans l’Amérique australe; menu en gothique (monoth) ; mane en suédois ; mano en lappois; menyil à Cahuillo; menyan à W'itouro (Austr.) ; meni à Port-Philip.
(Austr.); moena à Enganho; mangong à Timbora ; minofe et minotsu à Param. Chez les Ashanti soman signifie une figure fétiche, comme semu {sanam-u, ar.) en égyptien.
Rum {annu), ou rema {ro^na), signifie : poisson en ég. Rama est la déesse aux poissons et à queue de poisson, comme Semi-ramis et Derketo {semu, semi = image, ramat, rami — poisson). Rumo est l’ancien nom du Tibre, d’où Romulus et Remus. Un des jumeaux indiens se nomme Balarama ; c’était une espèce de précurseur. Il était le fils du vieillard Nanda (kir. : inda, -hinda). — Il paraît, que l’ég. s'men signifie: établir le fils à la place du père. Le même mot veut dire encore : ce qui est durable (pierre), et ce qui fonde (hébr. : shmen\ cham.: hesmen). — Lama ou Rama signifie : pleurer (ég.) ; remi le plepreur (Caïn). La source de la Mecque, dont les fanatiques Muselmans se servent avidement, se nomme :
Zem-zem. Le sem-sem {chem-chem) en ég., c’est l’eau de la purification, de la régénération. Dans le „Kituel des morts” le pôle est nommé la source du sem-sem. Les rois de rUrundi {Mwezi) sont dits sortir d’une source d’une montagne du Nord {Meru — Igitara, Kedara). — ■ Tem {atum, adam) est le mot typique pour désigner l’homme créé. Le mot éthiopéen rutem est la forme primitive des Rema (copte : romi) = aborigènes, hommes en général.
L’homme préservé de la corruption et momifié, se nommait manerùs {Men-Horus = l’homme oint par excellence).
Khem en ég. est une forme du néant, de la négation, de la non- existence, et signifie : mort. — Le mot qui exprime: noir (Nègre) et cheveu est le même {Kam). — L’idéographe chinois et accad. mi, comme l’ég. am ou mmi, désigne l’ouest, le soleil couchant, les ténèbres noires (kir. : mwiza). Il est vrai que Kham, ou plutôt Kûsh, signifie aussi le Sud et même le Nord. Ainsi, en kinyamwezi takama {Kahama) est le Sud, et sukuma le Nord. Am, ou kam, signifie encore : trouver, découvrir, interpréter, faire connaître ; il désigne donc celui qui initie les peuples, un fondateur de faux culte, etc. — En plus, kam est le corps humain la personnification de V homme, dans plusieurs langues africaines; p. e. : kam en yula; kamu en kasm, kanuri, n’guri, munio, kanem ; gama en bode ; ama en n’godsin ; uma en doai; koomara en dor. Par extension, c’est la maison, comme lieu d’origine ; p. e.: nyumba en kiswahili; kumba (cave) en gindo;^ kompe en gadsaga; gumu (village) en dewoi; gomi
„IMANA”
en kupa; n^gim en munio et n’guru. L’ég.
hemen (angl. home) est le siège, le lieu de provenance. En accadien dammal est la maîtresse de maison. Le monogramme uniumma était celui de la mère par excellence.
En adampe le village se nomme: edume] en kisama: diambo; en goburu: demgal’ en kikimbu: itembe. L’ég. tem^ comme l’écoss.
tonij est une forteresse. Du sanscr. dama (maison) est venu le demun (pahlavi); Ao^aog (gr.), doinus (lat.), domu (slavon.), dum (bohém), dym (polon.), dôme (angl.), domhnach (irland). Les domhnann et les damnonii de Cornwallis sont des troglodytes habitant dans des dum (caves). De domus vient ensuite: domicilium, dominas, dame, etc. — Khetem (ég.) est un lieu fermé; kutam en dravidien: un enclos; khitmah en arab. : une salle. Ketam en sanscr. est le corps. Khetam (Eden) se retrouve dans le kutom du Dahomé; ce mot indique le paradis des morts. Am en ég. veut dire:
parc, lieu de délices (origine). Kademo est une ferme en ankaras et wun; ainsi que gatama, udumo, itema, otoma resp. en fulup, kambali, basa et kamuku.
Comme on Ta vu, beaucoup de tribus bantu désignent leur esprit supérieur par le mot umukuru = le grand (du verbe : kukura = être grand). Parfois il est redoublé, p. e. Ukurunkuru chez les Zulu. Cet esprit se nomme Omakuru ou Omakuri chez les Damara; Oma/ewri à Fui up; Oma-kurei à Ondo; Omo-fewH à Egba; 0>?ia/cwH à Dsuma; Oma-kure à Yoruba, etc. (V. infra).
C’est Khem-Horus, ou Khem-Har, i. e. l’adulte, l’homme parfait. Khem marque la puissance mâle; c’est aussi le nom pour désigner le nombre trois (parfait). Le dieu égyptien Khem est le type primordial de l’engendreur, Camo en Zulu dénote les genitalia. Chem en chinois signifie le fulcrum. Il était imaginé comme le créateur, ou plutôt comme le plasmator. Khem était le maître, le vainqueur (irlandais: Coimhdhe). Kum-kani (umwami) en xosa-cafre veut dire: royauté, autorité, pouvoir. Kumara en sanscr. est le prince, comme Khem-ar (ou har) en ég. ; d’où(?) émir, amir. Kaumatua en maori est un adulte ; kiamat en bolang est le titre du père. En hébr chamor est l’âne; dans plusieurs langues africaines kama signifie l’éléphant mâle, Gamru en assyr. veut dire: être complet, achevé (adulte); camani en guichua veut dire: créer, procréer ; d’où camac = le créateur. Kama en ég. veut dire encore : tormer, créer, produire. — Khem, dans le sens de désirer, répond à plusieurs mots semblables, qui veulent dire : aimer. Ainsi : kama en sanscr. ; kim en comanche ; kamakh en shoshone ; cdm en angl. — La racine man paraît être la même que kame et hame en soso; gme en b oko; /c/ioim en hottentot; gemsenen en bode; qemseg en n’godsin; koomhai en nyamnyam; kamere en darunga; heme en kisekise; omoi en egbele; nsami en esitako ; kami en kami ; kumi en kumi ; chamai en koreng; hemi en maring; kamolan en andaman; kuayuma en tawgi; kum ou kuim
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en ostiakj kame en punpokolsk; kum en obi; kom en vogul; kymshan en koriak; kamzhan en kamkatkan; kaimeer en erroob; n'gome en mare; chamhani en ihér. cornai en oreg.; couimahe en apiaca; comoley en peba; kmari en géorgien; urno en itonama; kami en birmois; guma en goth.; gom en angl. ; arnha en irland. ; amme en sibsagar ; homo en lat. ; homme en franç. — En sanscrit man veut dire: penser, de la sorte que serait synonyme de: penseur. Le même élément dans l’idéographie de différents peuples désigne le mâle, la virilité, et, comme type, le taureau (men, mentu, ou Khem).
Puisque les cheveux (et la barbe) sont parmi les signes de la nubilité, il est assez curieux, que le même élément se trouve de fait dans les mots désignant les cheveux chez différents peuples; p. e. cham en changlo ; c/i/îam en thaksya et magyar; sham en kami; sam en songpu, kapwi, khamti; tchame en tigré; hamoi en bishari; sameyga en nubien; ^rcoï^m/' en mobba; kommo en woratta; gamboei en biafada; syatn en bramhu; achom enlepcha; kumi en sak; kumi-kumi en marquiséen et maori; umi-umi en kanak; en rotuma;
umde en obi; gumi en tagala; tshim entobi; kambissek en nouv. -irlandais; koom en nouv.guin; gémi en haussa; hamher à Tumbuktu; kampu à Songo; kaman en garo; amu en zapara. (V. Viçwa-Mitra: Les Chamites, p.
10 — 75, i83). — Il y a d’autres signes de ■ virilité dont les noms, dans certaines langues, recèlent encore la même racine. Ainsi, le mot „dent” est: gume en kayunah; kambe en serawuli; camablee en maya (Amér.). En Australie, Afrique et Mexique kame signifie souvent:
voix, langage, élocution, bouche. A la Terrevan-Diemen kamy signifie: langue, bouche, dent. Gémi est bouche en wolof; kambi en agau; agema en motorien; kamatl en hausteca.
Le nombre dix, comme nombre parfait et accompli qu’on esquisse avec les deux mains, cache dans son nom toujours le même éni^ov.
En effet, kum est dix en mutsaya et babuma ; kumi en kubenda, mimboma, musentandu, mbamba, ntere, bumbete, nyombe, basunde, muntu, kiriman, marawi, kiswahili, kirwana, kisukuma, kitakama, ungu, kondoa,shambola, boondei, zeguha, ganda, pokomo, nika, senna, karanga, guha, komoro ; — komi en nyamban ; goma en hausa, kadzina, doai ; guma en bode ; gum (kum) en bayon, kum, bagba, bamom, momenya; vum en nywema; igomi en pongwe; d-am en dualla; ikumi en tonga, bisa, gogo, kaguru, kami, taita, nyambu, kamba; icyumi en kirundi; chumi en hehe; ishumi en xosa-cafre et en zulu-cafre; en kwengo, yao; nikumi en mozambique; likume en rotse; nikume en nyengo; ekumi au Bas-Congo; leshume en chwana; dikumi en lunda ; cumnie en vod ; kamen .en mordvin ; kuemme en estonien; kymmemen en finnois; kymmen en karelien; kummene en olonet; amar en basque; hamish en palaïque ; sam /’or en papuen et mefur; sampulu en bima.
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On connaît les hideuses divinités égyptiennes à tete de chien (cynocéphales) ou de singe. Dans les mots, désignant le chien dans les différents dialectes africains, on rencontre presque toujours la racine mf ou mh qui dénote: la mort, le mal {ku-fa = mourir, unuifuj mbi, habi, mubi = mauvais). Ces chiens étaient les figures des démons tortureurs du royaume de la mort, de Typhon. Chien est:
imbiva en kirundi, en kisvç^ahili, en kirwana, etc.; mfu en pati; 7nfue en kum; mfo en balu, dsarawa; mvuo en bamon; mvo en param; mfa en babuma, murundo; mpfa en ntere; mvi en tumu; mpua en melon; mboa en bumbete; mbo en isuwu.
Uamn mystique des Hindu était la formule de la trinité dans Punité. ^1 est le pronom personnel moi, et désigne Tancien (le père); u la force créatrice; et m le fils (le mâle), tous unis en Khem-Horus, La même triade est figurée dans le m des hiéroglyphes, et désigne foncièrement la génération. Le préfixé m ou 7 iiu (umu) désigne, comme on sait, un être animé, principalement pensant (sanscr. manu).
Les Mayas de l’Amérique avaient un temple célèbre, nommé Yahankuna^ où leur plus ancien dieu Priape était adoré sous le nom de Baklum Chaam. C’est l’ég. Khem associé à la déesse Kim (kir.: A;M/cwna). L’ emblème mâle de Kham et de Mentu était le type du soleil de la résurrection. Am (Ham) ou Emsuh est le roi et le démon dévorateur de l’Hadès, symbolisé dans le crocodile. C’est Am-Moloch. Les Moabites {Deut. 7/ .* if ) appellent les géants (enacim, anakim) des amims, ou emin. Ce sont les am-am dévorateurs des Egyptiens. De leur côté, les Jains de l’Inde adorent Budha ou Menu. Selon Hérodote (7 II, 46), le mot mendès est employé alternativement pour chèvre et pour le dieu Pan, qui est Khem-Siva.
II. — L’élément ma du nom Jmana mérite des recherches ultérieures.
Ma en sanscr. veut dire : façonner, former. — Md, maka ou mena était (en ég.) la grande nourrice, la mère {mai, mei, may, maya, meh, mehi). A^^a-Macha (maka) était, selon Joyce, l’ancien nom sacré de la ville d’Armagh (Irl.). Il y a sur les monuments d’Egypte le nom d’une déesse, lu différemment Makha ou Makht par Wilkinson, et Menka par le Dr. Birch. Elle paraît la même que la Mena (Menka, Maka) à deux vases, type de la nourrice céleste. La Macha irlandaise est donc bien proche parente de la Menka ou Meh des monuments égyptiens. Son collier s’appelait: maank. Ce mot se décompose comme 7na-ank = reine, moi le roi. Menka (Monk) était aussi la déesse favorite de l’île de Man (Mono) où il y avait un temple célèbre.
L’hébreu menchah signifie : oblation, sacrifice. Menkat ou Mena (Menât) est représentée dans l’attitude d’offrir. Elle est la même que la déesse babylonienne Meni. Le grec f^ayoç peut être une forme de men/ra; comme
le mot may, le hindou maya et le grec {.làia. Le mois de mai était dédié à Magos à Ephèse (Artémis). Qu’on remarque, une fois pour toutes, le rapport de l’élément ma avec celui de k (ng, nk). V. ad III infra.
A propos des „maiden-stones’^ mythologiques de l’Europe occidentale, il y a dès savants qui cherchent l’origine (!) du mot ■maid, ail. magd, màdchen, gaél. maighdean, holl. meid, maagd, etc. dans la même mâ, meh, makht (makha). L’élément gd (nk) est, en tout cas, bien curieux.
Ma, combiné ou non avec nk, ng, exprime partout l’idée de maternité, d’origine, de l’eau d’origine. La Makha ég. est la déesse à deux vases. Mai ou ma/fi signifie: entrailles en cafre, comme le mot maga en tasmanien et en fidji désigne le mons Yen. ; makau en maori la femelle; machha en khaling une vieille femme. Mke ou muke en kiswahili, mukima en kinyamwezi, umukazi etumugore (umukore) en kirundi signifie : femme, épouse. Macha en hindustani est la demeure maternelle; mogha en sanscrit la maison idéale; mitk en accadéen une construction (fort); mogha en sanscr. un enclos : makhdaa en arabe un magasin; maha ou makha en ég.
un sépulcre ou un enclos ; mok à Penin (Afr.) une ville, comme moki en murundo (Afr.).
Ma était la déesse de la vérité en Egypte et ailleurs. Sa couleur, comme celle de Atum^ Khem, était le rouge (sang = damu). La. couleur de l’âme, ou de l’esprit, était le bleu.
Un des noms donnés par les rabbins au Créateur était Ha-Makom = plsiae. Ma signifie place en ég., et était le corps de Kivan ou Kum, l’ancien Khebm de l’Ethiopie.
Ma-Kâm, Ma-Kivan ou Ma~Kim était ainsi la place, le siège de Kham,
Le dieu Shu (isho, Amhar) était constamment affilié à la déesse Ma (Ma-shu, am.asho). — Ce Shu est Valter ego du Maui des légendes maori, polynésiennes et de celles des Indiens de l’Amérique du Nord. — Ma et Shu (mâti) sont les deux principes, les deux vérités, la lumière et l’ombre, rei>résentés dans le Bundahish par les deux esprits antagonistes Ahura-Mazda (Ormuzd, lumière), et Aharman (Ahriman, le Angro-Manyus ou homme noir de TAvesta). Ils correspondent aux Yang et Yin chinois, le mâle et la femelle, le ciel et la terre. — Shu-ma ou mu^shu, c’est le nom du pôle égyptien (culte de l’eau). Le singulier rite chinois, nommé Mae-shuwy, s’y rapporte peut-être (V. Kidd.: China, p. i75, i76). Les Maori aussi ont les deux principes (mati). Matua signifie: le premier, l’ancêtre ; matowai ; la source-mère; matatu: commencer à couler; matahae: le fleuve; enfin mata^mata (amata = lait, amazi = eau, amate — salive) est la source universelle.
La pierre précieuse maga-tama des Japonais (pi èrre -miroir) est l’emblème de „ l’esprit de la femme”, le symbole de l’âme de la déesse solaire. Ma veut dire aussi : voir („speculum in aenigmate'*).
„IMANA’’ 149
L’égyptien mâ est le nom typique pour désigner la bête (myama, inyaïüdiswa). Le a accentué ayant la valeur de fa (ku-fa — mort), mâ devient mfa ou mba. Or, ce sont là les éléments qui se rencontrent dans les mots désignant plusieurs animaux en Afrique. Ainsi, la chèvre (bouc de Mendès) se nomme : mfi en nalu ; mvi en param et bamom; mbi en isoama; rhpi en pati; mpie en abadsa; nibom en orungu; impene en kirundi; imbuzi en kinyamwezi etkiswahili. La vache se dit: mfau en papiah; mfon en udomi; mfou en eafen, pati, kum, bagba, bamom, param, bayon, mbofon et en ekamtulufu; mpon en nki, mfut et konguam. Un porc se dit: mbame en wolof; un bélier: mupun en tumu. Le mot chien a des dénominations semblables (mumvOj mvo, mpfa, imbwa mfo, etc.). On pense ici naturellement à la terrible Zoolâtrie des Ghamites de l’Egypte et de tout le reste de l’Afrique.
Manka signifie: femme en udom, mbofon, et ekamtulufu; en kamba c’est muka, en swah., sagara, taïta, pokomo: mke ou muke\ en kirundi: umukazL umugore (umukoré)’ en kinyamwezi: mukimaj en bobuma et en ntere:
mokas J en gonga : mâcha', en woratta: machoa\ en kasange: muketu*, en makua: manyi] en nda: meya. Femme (épouse) se dit encore: mwanakazi en tonga, bisa; mkaza en shambala, boondei; muche en nika; (u)nkazi en senna; mkazi en ganda, guha; nokaji en karanga; umufazi ou umfazi en zulu et xosa; omukazendu en herero; monokazi en mbunda; moka ti en rotse ; mukazi en rua ; mukaji en angola; nkaza au Bas-Congo. C’est l’équivalent de l’ég. menkat, mâka, menka, menâ et md; de l’irl. macha; de l’accad. nin-muk; du sanscr. et du grec maya. Cette Mena- Maya est donnée parfois comme la mère de certains personnages. Ainsi Horace (1. I, od.
2, lin. 43) nomme Auguste fils de Maia.
Budha aussi était le fils de Maya comme Hermès d’une autre Maia. On entendait une mère-vierge.
' Dans les langues africaines le mot marna (et ses variantes, comme nya-nga, nananina, kaka) exprime, en même temps, l’idée de mère et du nombre „un” (le commencement. Ainsi „un” est: î?iom et momit en tiwi; momo en bumbete; mumo en mutsaya ;mryio et mo en bayon; momos en babuma; mbo en ndob, tumu et aro; mfu en isiele; umot en penin; émot en konguan; imo et mo en param; moi en bute; mô en mbe, pati, papiah, momenya, kum, n’goala, bamom, balu, bagba; mu, ômu ou momu en tungu; moe en ka et khong ; mmodya en swahili ; mo en nyamwezi, sukuma, ganda, bisa, guha, rua, nywema, yao; mui en tonga, moina en subia; umwe en kirundi, ungu; shambala, nyambu; monga en hehe, etgogo; mue en mon, kaguru, herero, rotse, lunda; mosi en kondoa, kami, bihe; mwe-nga en boondei, zeguha; mojoeri (imweri) en taïta; mondi en kamba; manda en pokomo ; motei en nika;
JMANA”
mue-mpera en karanga; mosi en bihe,w?io;d/ia en kwengo; moya en nyengo; moxi au Bas- Congo; nionsi en komoro- moka au Mozambique; ngive en chwana; mori en pongwe. — La forme pleine momo, momu ou sa réduction mâ se complète d’une t dans plusieurs autres langues, p. e. mot (un) en cochin, tonquin, etc. Le nombre un est pris ainsi pour V origine, le commencement. — Mmu, mu ou m dénote la mère en ég. Mam, umam, umma et yna est mère dans les dialectes kiranti. Mère se dit: mam en wallon; mma en akaonga; momo, moo ou mu en chinois; mu en amoy; mamma, en murrumbidgee ; ama en erroob (Austr.); memi en barre (Amér); moe, moeder en holl. (cfr. mutter, mother, mater). — Le même mot est quasi général en Afrique, p. e.: marna en makua, songo, mose, kanyika, ntere, mutsaya, babuma, basunde, kasands, nyombe, landoma, undaza, herero, angola, mozambique; ma en tongo, bisa, karanga; mma, mema ou mua en gureza, n’goala, kiriman, bénin; mmo ou mmae en momenya; mmae en papiah; marna ou mamame en mimboma; mametu en kisama; amama en meto; maman en nyaihbau ; en koro, cafre; omma en wadai; mam en dsarawa; momare en baseke; en sagara; mawe en kirundi, taïta; mayo en sukuma, kirwana, takama, nïkdi', mama(ngu) hili; umame en zulu; uma en xosa; mai en hihe; ’me en rotse, suto; maju en guha; amawo en yao; nmâ à Kilimane; mme en chwana. — Le nom de la grand’mère est encore le même dans la plupart des langues bantu et nigritiennes ; p. e. mam en wolof; marne en n’kele; mma en bambara; marna en hwida, anfwe, adampe, mende, gbandi, tene, kisekise, solima, vei, kono, dsalunka, toronka, kabunga, mandenga, kisi, baga, padsade, biafada, param, godsaga, bulanda, landoma, kano. — La notion de la mère comme principe, origine humaine, comme prima est encore exprimée par le même mot qui marque la première personne, et qui, chose curieuse, contient toujours les mêmes éléments. Ainsi, moi (je) se dit: mimi en swahili; mom en yagba; mam en legba et dans la langue des San; memi en mbamba; mampe enpadsade; mem en nki et mutsaya; momï en idsesa; mumi en dsebu; memfo en param. Mo, mâ, mi est donc un terme universel pour exprimer la première personne. Signalons: mij holL, mich allem. ; me angl.; me, moi fr. ; mam dans l’Avesta; memet, mihi, me lat. ; mu accad.; mû proto-méd.; mâ finnois; ma ostiac ; me étrusq. ; me zizaréen ; mi wallon et irlandais, etc. — Momi en maori signifie: sucer mamme en ail. (memmé) nourrice; marna id.:
donner à téter ; mamma en finnois et lat. :
mamelle, etc. — La raison pourquoi le mot „eait” est rendu par une semblable racine, est probablement parce qu’elle donne aussi l’idée d’origine primordiale, de nourriture, etc. En effet l’eau se dit: mema en lubalo; mmi en isiele; mmeli en aro, isoama; momel
„IMANA”
en fulup^ ûlliMn; rnambia en biafada; mamhea en padsade; mem en sacram., mag. ; mehm en copeh; momi en pujnni^ tsamak; mumdi en sekumme; mmal en koriak; mimai en kolynia; mimil en tshukshi; mimlipil en karaga; mampuka en willamet; om ampo
en lutuami. — Le sang, un autre liquidesource^ est mme en abadsa; mmei en aro.
Mum en japonais signifie: ce qui est primordial. Munm ou mami ce sont les eaux de la création en accadéen. Mamari en polynésien signifie: l’écume des eaux.
Mau est la suprême divinité des Dahoméens.
C’est la Ma-sIm de l’Egypte, la Md (Makha) de la balance (vérité).
Md (mai) signifie: venir, viens! (affirmation), la vérité, étendre le doigt comme pour affirmer {protendere)^ maat — mesure.
Mais, par contre, il y a dans l’Inde, et dans l’Egypte aussi, la doctrine de Maya ou celle d’illusion et d’annihilation dans le trou (abîme) de Pant (Punt)l
Il est curieux que beaucoup de Nègres expriment la surprise, l’étonnement, la peur par le cri: mayo, mawe, litt. ma mère. En ég. mam, mum ou mu signifie : mère, et mahui : miracle.
Les sept architectes ég. (Cabires, Cosmocratorcs) Khnemmti travaillent sous la direction de Ptah et de Md. Un maçon en ég. se nomme: makh (makht), forme ultérieure de yid (Makha, Menka) la déesse de la loi, de la mesure.
III. — Plusieurs fois on a signalé le curieux élément nk, ng, kh, etc. dans les noms des divinités africaines. Souvent il se trouve combiné avec- ou remplacé par ma, et surtout par man (Imanà). Il est donc intéressant de chercher encore quelques analogies, surtout en vue de l’identification d’ avec cjombe, Rikiranga et les autres.
Ankh est en égyptien un esprit, représenté sous l’emblème d’un noeud, signe de vie, d’union, d’accouplement. Ce hiéroglyphe se rencontre même en Angleterre. Il se compose d’un cercle et d’une croix. Weng est le centre d’un carrefour. Ukh est le nom d’un esprit, comme Akh (Akhet) signifie également: esprit, mdnes. Les mages qui les invoquaient, se nomment aussi akh (umug«nga/), et d’abord hek (ku-heka, kirundi).
Sur les monuments égyptiens on a trouvé un Ur-heka comme grand charmeur du roi (son ■umufumu, ou kiranga .'), le maître en magie. En effet, hek ou /iwfea signifie: magie, charme, évocation des esprits des morts. Les rekhi sont les purs esprits.
Akhatj l’équivalent des Quïiites, serviteurs de Yule, signifie: blanc et esprit. C’est le blanc dieu solaire, Horus, IIu ou Khu, mot qui signifie également esprit, comme khen veut dire : révéler (hugan). — L’ég. hut est encore : blanc. Khu\ lumière et khu: blanc, sont des mots qui, avec la finale t, deviennent:
khut et akhut. — Le dieu Ka (nka, inka) est le plus ancien khak, transformé en Kah ou
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Hak (heka). — Akh est un esprit vif, gai, créateur, viril, en ég., en assyr., et enhébr. C’est l’esprit franchement mauvais en japonais. -- Ankh (Tarn) paraît bien le même que le Jingo, m.odiü.ca,tion de Kingo (Ment ula), dieu du peuple basque. On jurait „par Jingo'\ comme on jurait en Egypte par le mot: ^Ank/i'" i. e. par la vie (ankh) de Pharaon. — Unki était encore un dieu. Selon Brugsch-Bey Vankh spécial, Unki ou Jingo de la Basse-Egypte était Atum, le seul qui fut expressément nommé le dieu vivant. — L’oignon de Hu, autre forme de Ankh, raillé par Juvenal (Sat. XV : i), était un emblème sacré, celui de la vie (tngan, ankh~an). — Akha (ég.) signifie: feu akhti: la fournaise (le dieu du feu central). — Le fameux monument ^iouehenge voudrait dire : pierres de aukh, de vie. Elles esquissent en effet le ankhsigne (croix et cercle), la forme de ing = enclos (kir. : ingo). Ang en wallon signifie une place spacieuse. Le noeud en pierre a son analogue dans le kank (temple) perse, yanick — tombeau, yinge (cercle) zulu, ying (sépulcre, bracelet, collier) chinois, conca (tombe) italien; ingu (chapel. de perles) ako (Afr.); kunk (bracelet) dselana (Afr.); kheung (bracel. en pierres) chinois; cingo (ceindre) latin ; ceinture, français, etc. Le nom Angleterre vient des Angles, des Angli, dit-on. D’autres assurent, quoique cela paraisse assez paradoxal, qu’il faut lire: Ankh-land (ing-, eng-, ankh-land) \ Le mot ég. ankhiu est employé souvent pour trépassés. C’est donc le pays des âmes, ou plutôt des esprits des morts, qui y débarquent la nuit sur le chariot ancou. Homère (Odys.
J. X et XI) envoyé Ulysse pour consulter les morts vers le nord, dans la contrée des Kimmeroi. Dans la mythologie et la folklore germaniques, l’Angleterre est la terre classique des esprits!
Anhu en zend signifie: vie, comme ankh (khu). Akha (gaél. ogha) veut dire: grand, illustre, honorable, et Khu ou Akh est le titre d’un prince en Egypte.
Ankh (ég.) avec le sens d’eau de vie, d’origine se retrouve e. a. dans le mot aningo en pongwe; nke en bamon et balu, nki en kanuri et ngola; ngaokko en aiawong; nc/i en kanem, munio et mumo; ngongi en maori; inko en tocantin; tanak en unalashka et kadiak; aing en madura et sumenap; ninhanga en jupuroco; tang en kusunda; nlangu en nyombe ; pankhu en sunwar ; nak en tonkinois; ying en ostÏ2iG', ongoueufeviii] azanak en eslen; niogodi en mbaya; amango en nubien; oîig en lepcha ; mingi en okuloma ; riang en tablung; uhung à Nizhni Uda; kiang en chinois, etc. Ango (ngo) en kirwana est le cteis comme kha et mest (mes-ka) d’où mesa (onus), mot défendu par le prophète Jérémie. — Selon Legge, les Chinois regardent l’arc-en-ciel comme le résultat d’une union entre le yang et le yin la lumière et les
ténèbres, le feu et l’eau.
En égyptien ank, anuk ou nak veut dire:
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le moi, le roi, le seul vivant („ l’état c’est moi!”). Ank est peut-être un abrégé àekanh ou ka~nak, comme en chinois: wang, en sanscrit: ganaka] de même que les mots /cin^ (angl.), koning (holl.)y kônig (alL), anax (grec) sont peut-être un composé de ka et de ank (ankh)! Ank, variante de nakh, signifie : puissant. Ankh c’est la vie en ég., comme nga en maori veut dire: souffle.
Il est curieux que l’élément ég. ank (— moi) se trouve réellement dans les langues les plus disparates. Citons: anoch, copte; anokhi, hébr. ; anaku, assyr. ; anak, kizh et phén. ; ngs, éthiop. ; nga, kassia, bhramu, birmois; ngi, tumali; i/ê, holl. ; ich, ail.; nga dans beaucoup de dialectes africains; n, ni, nzjewe, rundi; nga-nga, ouest-austr. ; ngai, Port-Lincoln; nga~toa N. S. Wales; ngaityo, Adélaïde; ngaloa, Kiv. Hunter, et Wiradurei; nga-po, Murray; nga-pe Baie de l’Encontre, et Bas-Murray; ngai, Parnkalla, Tonganaga, Singpho, Tarawan; naika, Watlala; ngwang, kawi; ngo, miri, chinois; ink, Palouse; inga, limbu; ang, Rung-chenbung, bodo, garo; an/ca, kiranti, waling; ung-gu, chourasya; ung, khaling, dumi; angka, dungmali ; thara ; hanga et inkosi, zulu ; ong, Laos; aing, kol; ing, ho-kol, bhumy, kuri, santali, mundala; ining, Cayus; ngappo, Aiawong; ayung, cherokee; ahan, pima; nyah, Dieguno ; noA, teruque ; inau, Guadalcanar, Mallicollo ; unno, Choctaw; unneh, creek; ne, chepewyan; ni, shoshone; no, netela; en, tamul, tulu, rajmahli ; inca, Peru ; heinga (ancêtre), maori ; uinga (mari), eskimo; aonach, irland. ; aunk, ar. ; inchi (maître), malais; inich (puissant), gaél. ; hunkey (brave), améric ; onnuku (vivant, actif), ako. — On voit dans tous ces exemples indubitablement la racine nk, ng. Certains veulent la voir aussi dans le mot jong,jung, y oung — ^eune, vigoureux; dans le basque:
jaung dieu juvénil (Jingo!); le lithuan.
Jaunas et le wallon Jeuancg, etc., comme renfermant le même élément ég. ank (vie).
En ég, neka est le serpent du mal, en sanscr. (ou chamite!) naga, en héhr. nachas h, Naas, (cfr. S. Jér. Qu, Heh7\ in II Reg. XVII : 25). C’est le Nekiru — démon de Yula (Afr.).
Neka signifie, paraît-il, provoquer, illuder.
Un des noms du dieu Shu en Eg. c’est Anhar (sammanus). Un autre nom était Aapi.
S/m ou K/m signifie encore : régner, gouverner, puis: législateur. — Puisque bak/i en ég.
signifie: générer, le nom de Bacchus (né à Nyssa dfco^îJo'io^I) pourrait se lire: Bak/ife/m = l’esprit de la génération (sic!) — Ank/i était, paraît-il, le surnom de Tum (Atum) = le dieu vivant, dans la ville de Tum, Pa- Tum, le Phithom de l’Exode (c. I : H •, V.
Pelt: Hist. d. l. Bible, p. 220). Sutem (s/iutuni) et Pa-Ankh étaient les deux titres du dieu Atum de Héliopolis. Ankh en ég. signifie aussi: accoupler; anga (en xosa) baiser Shu est le dieu-lmn {intare)] il est encore le singe cynocéphale en Egypte, comme Yima du reste. — An/iar donc était le dieu du
souffle (de vie). Ses,ssu {Isis, Fcs) signifie: respirer, souffler. Ma-shu est une divinité dualiste, androgyne si l’on veut (les deux-un). Sharpe a lu sur les monuments le mot s/iu écrit comme mau {ma) La première forme de s/iu était khu: ma-k/iu. Un groupe de signes lus mau pour désigner le chat {inyabu, nyawu dans les langues bantu!) était rendu d’abord par s/iau = chat, tandisque mau devait d’abord signifier le lion. Il faut donc lire en tout cas(!) lion-chat comme la résultante de ^riawshau. Le même mot (ou racine) se rencontre dans d’autres langues pour désigner le chat ou le léopard. Ainsi, chat se dit : ynacheu en manyak (Thibet); mage en bagrmi; mec/iou en caraïbe; mig/toi en mongol; mucia en ital. ; moc/ia en bodo; moc/ii en khari. Meko est un léopard en penin (Afr.).
En Num. XIII : 38, 34 sont mentionnés des fils d'Enac {Anak) comme des géants. Og {Dent. II : ii) était de cette race [„de genere gigantuni’^). Goliath {I Beg. XVII : 4) était peut-être un survivant de la même race.
Tous les anciens peuples placent de ces géants au début de leur histoire. Ils en font des esprits {ank), ou plutôt des hommes procréés sous l’infiuence d’esprits (cfr. Gen., VI :i, 2, 4: . gigantes autem erant super
ter ram in diebus illis . . . .”). Il est, certes, assez remarquable que cet élément ank (ng, nk) = esprit, se trouve dans les noms des dieux e. a. de l’Urundi, comme dans ceux des humains (médiums): anak {enac) et Og {okh, ukh).
En Polynésie (Mangaian) Buta-ranga est la déesse de l'abîme (Hécate, /lek, ku-he/ia, ur~/ieka), et mère de Maui, le Ma-S/m {Imana) de ces insulaires. Si la moitié du nom:
-ranga ressemble à du bantu, l’autre moitié:
buta se rapproche passablement de la hideuse Buto ou Peht. Elle a du reste ses analogues.
Ba/iu est un nom assyr. pour Gula déesse de l’abîme. Beuth à Bibles était l’épouse d’Adonis. Buta, dont la pierre est l’emblème, est une divinité bakadara. Buto à Fidji signifie: ténèbres, endroit de la nuit; jmta en sanscr. : place vide, cavité, etc.
Hu est nommé un esprit de lumière, un bon démon (sic!). Mais ka {kha) permute avec hek {hak), comme en maori i/io est corrélatif avec ake. C’est donc la même chose! Les esprits Hu et Hak {heka) sont blancs et noirs, de la sorte que Imana et Byangombe se valent, comme Jupiter en haut et Pluton en bas. L’équivalent de Hak {hu-kh, ak/i) se trouve partout. Akh est le dieu lunaire assyr. En angl. on a Jack] en kodiak: Ijah] en saraveca: Kache] en laos:
Xaca] en sân (Bushmen) : Cagu] en loanga:
Chikokke (idole noire); enge: C/mg/i-tri {soleil noir); en erroob: Gegyr] en singhalais: Jaga (démon); en seneka: Kac/ujua] à Port-Philippe: Ka/ier] en susu: Kige] en angam:
Achuche] en finnois: Ukko] en galla: Waka; en gonga: Yeko] en sereres : Aogne ; en cubain : Joka/mna] en otomi: Ok/ia] en sioux: Og/ia] en arabe: Jauk] en japonais: Jacusi (dieu de
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la guérison); en koniaga: Eyak (le mauvais esprit), etc.
Le vautour {naru ou narau) était en Egypte r emblème de la maternité, et dénotait la famille. En maori ngare signifie famille et relation consanguine. Il paraît, que le même mot se trouve en hébreu avec le sens de procréer, enfanter, jeune. En albanais nieri signifie: femme, comme nàiri en zend. Nare en sanscr. désigne la famille humaine en générai. Or, en kirundi unmgore signifie:
femme; ingona: vautour ; wwwr^ango : famille, tribu! La ressemblance est frappante.
Munka (ou menka, menkha) en ég. est le nom pour poterie (mAowo), ustensiles (inkono), choses fabriquées. Ce mot, ou ce signe, a le sens de faire, de former et de façonner (plasmare= ,jkuumba% kuwumba), de travailler, de bâtir. En accadéen le mois sivan est le mois de faire des briques, et se nomme munga aussi! — On a fait la remarque, que Imana n’est pas à envisager comme réel Créateur, mais plutôt comme organisateur, plasmator. La déesse Menâ était le vase sacré. Comme Menkat (Menât) elle tient deux vases entre ses mains, et représente ainsi la potière mystique, créatrice. Menka est une forme de Mensa. Ses autres formes sont :
Menât, Maât, Makat, Maka, Mâya, Mâ, Mac ha (irland.). Maya (hindu, grec). Mât (phénic.), Nin-Muk (assyr.). Ma Ai en sanscr., ce sont les créateurs jumeaux ; meng en chinois, c’est le commencement; en maori les jumeaux s’appellent: mahanga, en rundi: amahassa (manfies — Isis)j en nyamwezi: mabasa. — Nwm et Ptah sont également figurés comme des divins potiers. Une des plus anciennes traditions chinoises représente Yu et Shin comme des potiers = plasmatores = démiurges.
Dans une inscription de Khorsobad il est question de Nirgalli (Nirgallu) et de Kubur (Cabires). Selon M. Oppert le sens de ce mot Nirgallu est assez obscure. Gallu en assyr.
dénote une classe de mauvais esprits. Nir en ég. signifie: victoire. Le mois kuzallu (assyr.) était dédié à Nergal le roi géant de la guerre, comme le mois tybi (ég.) = kisleu (aram.), était consacré à Shu. Les démons dévorent les hommes commes des kimi (accad. K a), qui sont des Khemi. Le AAw-hiéroglyphe est le symbole d’un esprit. C’était un oiseau qui retournait périodiquement (iyange = ibis en kirundi). Les Accadéens avaient son équivalent na»7i-A7m — oiseau-prophète (hirondelle?). — La chèvre était l’animal-type de Pan-/mana (impene, imbuzi). En angl. buncus est un âne; bingo un chien; baingu (wall.) est un taureau. C’est toujours la même racine kh — ng. N, g, ng, nk, kf, gb, mb, km, tous ces sons s’entre-changeant, le mot chèvre se trouve identique un peu sous toutes les latitudes! N’oublions pas qu’elle fut un animal fétiche très antique! Donc nous trouvons: kapros (grec), caper (lat.), cabhar (irl.), gafr (wall.) gavar (corn.), gabhar (écoss.), khapu (péguan), tkhavi (géorg.), abr
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ou kabr (ég.) ; puis en Afrique : gbarie (pika), eburi (matatan), biri (sân), birii (hottent.), epuri (meto), rnbuli ou mhuli (sukuma, nywema), obori (okuloma), oboli (udso), bora (mose), mbuzi (bisa, sagara, shambala, boondei, taita, nika, fipa, ganda, rua), mbui (kamba), mpeni (gogo), impongo (tonga), ongombo (herero), ohombo (bihe, angola), mpembe (mbunda), mpongo (rotse), mbusi (guha, yao), nkombo (Bas-Congo, basunde, kabenda), ipuri (Mozambique), pwdi (chwana), puli (suto), mboni (pongwe), mbodi (dualla), mpori (fernandien), kombo (mutsaya, musentandu, kasands, nyombe). — - La vache, autre animal fétiche (Isis-Hathor, bos apis), se présente aussi avec une étrange analogie dans les éléments qui composent son nom, et où le nk (ng) domine. Voyons: Ngombe (cfr. Rgangombe!) en n’gala, basunde, nyombe, kasands, musentandu, mimboma, bisa, gogo, sagara, shambala, boondei, taïta, sukuma, kirwana, takama, shumbwa, kamba, swahili, pokomo, nika, senna, mbunda, rotse, guha, rua, angola, Bas-Congo, yao), nte (ganda, kimweri), ingambe (tonga, karanga), inka (rundi), nyaka (murundo, ham, isuwu, melon), nage (pulo), nako (nupe), naguo (goali), nikai (gbandi), nika (mende), inkomo (zulu, xosa), kgomo (chwana, suto), ngopo ou kopo (fernandien), ongombe (herero, bihe, pangela), gombe (Kilimane), ingrope (Mozambique), w?/a A Aa (dualla), ngompe (songo), nkombe (kisama,' kabenda), nombe (kanyika, lubalo, muntu, marawi, nyamban), enobe (matatan), enope (meto), nompe (kiriroan), nompa (runda), kom (karekare), ngom (mutsaya), gbami (pika), nan (koama), naba — taureau (id.), nâko (nupe), nako-ba — taureau (id.), anoko (basa), anoko~ba — taur. (id.), kebma (ég.), gawa, gaus, gam (sanscr.), gavi (goth.), khaboi-kumi (Indo-Chine), chuo (ht allem. : cfr. koe, kühe, cow), govyado (slavon.), kaùi ou khepsh (ég.), geûsh (pahlavi), gows ou govjado (lettois), ngabbu = hippopotame (fulah).
Le ilu des inscriptions cunéiformes (dieu ou déesse) comme monogramme, a la valeur de n. En accad. an est le ciel, et prononcé Dinqir = dieu, ce mot est employé comrpLe invocation ou incantation. — Le nom du dieu Vin-gar des textes magiques accadéens (simplement du vieux chamite?) est traduit par M. Lenormant: „Maître du gouvernail” (?). On l’invoque: „ Viens Nin-si-gar, grand pilote du ciel, poussant en avant ton sublime bois, ta lancé** ! Voilà la lance sacrée de Kû^anga, un autre Jupiter-Lancius. Har (Khar, Gar ou. Horus) était aussi nommé le pilote des dieux. — Aa-Dingira (Tintir) était l’ancien nom accadéen (i. e. chamite) de Babylone. L’inscription éthiop. de Nastosenen mentionne un Teflkw (Dongo/a). Tingal signifie: lune en tamul. Tingalu en tulu et en canarois est l’équivalent peut-être de Tenkûr (éth.) et de Dingira (accad.). — Aka était le nom accadéen de la lune (à = lune, khu — lumière en ég.) Akhu et Aahu étaient deux formes pour désigner le dieu lunaire. Selon
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Lenormant, Aku était le type de la royauté^ le premier monarche divin qui aurait régné (Mwezij Cyezi, ukwezi — lune^ de: kwera = être blanc = khu).
Un des titres des rois de Fancien empire de Chaldée était: Un%aUkiew^i-ki-Akkad. Ce Kiengi ou Kingi a intrigué bien d’ Assyriologues. M. Lenormant pense que le sens de ce mot peut être rendu par celui de plaine par opposition à akkad = montagne. En assyr.
kiengi signifie contrée en général. Inchi en swah. est un pays, ou une contrée, comme nsi, ou ’si en nyamwezi et insi (ubwa^si) en rundi. Iniku en opanda (Afr.) et eniku en igu est une forêt. Manika en tihha (kirundi) est une plaine marécageuse; ahantu en kirundi est un endroit, une place; en
murundo signifie: ferme; heang (chin.): un village ; yung (d ) : une enceinte fortifiée ; nagü (assyr.): un district; onco (portug.): une colline; yang (chin.): une enchancrure dans les collines ; cnoc (irland.) : une colline ; chung^ king, chang (chin.): une colline ; /twan/cM (Mandingo): une montagne; kongku (Loharong):
une montagne ; chanokh (hébr.) signifie démarquer une ville (fonder); yinge (chin.): un cercle; cingo (lat.): entourer, comme anhu ég. (fr. enceintej ceinture). En effet, fonder ou construire une ville se réduisait en somme à tracer l’emplacement (uruwanz2i, kuwanz2i)f à démarquer ses limites (kuzitira imbibe^ urugo). C’est ainsi que, selon la tradition orientale. Nom, et après lui Djemschid faisait, en établissant partout des essaims humains après le déluge.
Il y a en Afrique un son particulier rendu par ng, comme dans le mot ngombe — boeuf, qui ailleurs a la valeur de k (surtout en maori) et de h (ég.). C’est au fond la même chose, de la sorte que dans les noms de Ryan^ombe, Rikwan^a, etc., le ng peut être remplacé par le h ou le k (kh) de Eam^ Kam {Kharrif Chani, Khem, Chenij Chamos ,jdeum Moab’% III Reg. XI : SS, etc.).
Tandisque Iho ou lo en Polynésie, selon M. Gill, est le nom commun .pour l’esprit supérieur (cfr. kirundi: hayi^ héyé, éyé, hé — où, doute, fatum), les esprits des morts, ainsi que les images des ancêtres (mânes) se nomment Tiki-Tiki. En Egypte les mêmes mânes et esprits sont des Akhu, Khu ou Khi.
Dans File de Mokoia, au milieu du lac Roturwa, il y avait, selon M. G. Grey, un très ancien temple avec des images sculptées. On y montre le géant Twa-rangi enterré dans un immense coffre en pierre. Ce nom paraît signifier: le faîte du ciel. C’est une espèce d’Atlas, le Nimrod des Maori.
Tefnut (ou Peht, Buto) est la soeur de Shu, et se nomme aussi Buata-Ranga (Puta en maori est: le vide, l’abîme de la mort). Ranga signifie: élever, d’où rangi: le firmament, le ciel (umwami wo hedzjuru = Pi/ciranga = roi du ciel = le princeps aëris des Warundi).
Nga en maori signifie: respirer, souffler; c’est un mot qui est appliqué communément au corps — manawa.
Ngaru est le nom d’un esprit polynésien qui a les caractères d’un dieu-poisson (Derketo), de monstre marin (Behemoth), de tueur de géants (Hercule, Izdubar).
L’élément ng (zi) se voit dans beaucoup de mots désignant Veau dans différents dialectes africains. Eau se dit: ngi en nguru, kanuri, kanem ; engi en munio, mumo ; aningo en pongwe; ongou en fertit ; iîiji enbangbay; nki en ngoala ; nke en balu, bamon. — Le nom du lac Tanganyika, qui a déjà tenté tant d’étymologistes, se rapporte peut-être au même élément. Il est curieux, en tout cas, que les mêmes racines (ng, zi, amazi, minzi = eau) se trouvent dans les noms de beaucoup de rivières et de lacs africains. Je ne cite que Nyaviron^o, AkanyB.ru, Raiera, Nyanza, NyaSSa, May'a^arBZl, Kin^ani, MuyowoZX, Lumpun%u, ZamheZX, RuvironZB, Pwsisi, Zongo, LukuQa, etc., etc. — Eau se dit: /c/îonfeAa en pâli; khungu en tonquinois; ngongi et ngawha en maori, comme khen-khu en ég. Le grand esprit qui domine le lac Nyanza, se nomme auprès des riverains ( W asukuma, W aganda, etc.) Mgassa (fAkassa). Ryangassa est également le nom d’un esprit en Urundi. En Egypte la première cause était F eau, et la première création dans FInde (déesse Gangès ; bain de Cybèle). Eau (ganga) se dit: khenka en chinois ; ngongi en maori ; ngi en munio ; nki en kanuri, n’goala ; ngi en n’guru, kanem ; nke en balu, bamom; aningo en orungu. Ankh en ég. est le liquide de vie. La déesse Ank avec sa couronne de chanvre, représente l’eau. La confusion de vapeur (qui s’élève de Feau) avec esprit est commun. En vei Dsina est un spectre ou un esprit; dsi est Feau. — Au Dahomey Farc-en-ciel (eau), ou le serpent céleste, se dit danh. La source du Ganga est dans l’abîme des sept Rishi. — En Egypte le roi était le ankh = le vivant. L’hommage royal (par serment, redevance) se nomme en Afrique hongo (ku-honga), hongi en maori.
L’usage du hongi (malais: chium) est, de ce saluer en touchant et en frottant les nez!
Le même usage existe parmi les Fidjiens, les Eskimos, les Lappons, les Africains, les Chinois, etc. Ku-nukB signifie en bantu: sentir, renifier, le nez étant un organe du souffle, de la vie (ankh = ku^ira ou kukira = guérir, être sain, vivant). — Aussi le guérisseur se nomme: mganga ou nganga en nyamwezi, kum, kabenda, mimboma, musentanda, kanyika, mutsaya, bumbete, nyombe, basunde, kisama, sagara, shambala, senna, ganda (oiseau sacré), mbunda, rotse, rua, angola, Bas-Congo, Kilimane ; ngange en isuwu ; ngan en konguan, eafen, fan; nanga en kiriman; ngana en n’kele ; mganga en tonga ; iganga en karanga; inyanga en zulu; onganga en herero, bihe; ngaka en chwana, suto. — Une médecine se dit en conséquence uwuganga en bantu (hunga chez les Indiens Omaha).
Santé (salus) est nga en kanuri, munio, n’guru, bagrimi; inga en ngodsin; nyo-dodo en tiwi; nkindei, en nalu; aingete en n’kele.
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Ankh signifie: oreille et nez en ég., et se dit anko en faslaha, ngou en landoro; nogu en kra, etc. — Au mot ,,Eternuer'% il a été dit^ qu’on saluait celui qui éternue en lui souhaitant la santé {kira ou gira guéris, en kirundi). Selon les Zulu, le fait d’éternuer indique qu’un bon esprit (Uongo-wong-ankh) est avec l’éternueur. Ankh-utasnah était le salut adressé à Ka („ santé et longue vie à toi”). Nge signifie: souffle et vie en maori; pungapimga (narines) est un mot chez les Zulu pour exprimer un désir; anga en xosa signifie: baiser, aimer; nuki et nkowu en barba et pati (Afr.) signifie également : aimer.
Comme les rois de l’Egypte, les rois Noirs ont des prêtres (médecins) attitrés, nommés dans beaucoup d’endroits: m%an^a,umuganga (A’iranga). Le Père Merolla au XVI« siècle mentionne déjà sous ce nom (ganga) le pontife suprême du roi du Congo. — Nu {Noh des Khoi-Khoi), Nuhu {Hu — zl/c/i = esprit).
Nam ou Nef signifie: eau {Nuach, hébr.).
Les Egyptiens le disaient le père des dieux (le père ou ancêtre des patriarches subséquents: Noé et ses fils). Son épouse était Ankh, la Onga des Phénicéens, la Onka des Gephyréens de Pausanias, la Ulul (Uma) des Chamites polynésiens et de l’Inde.
Le signe ankh (noeud, lacet), comme il a été dit, est l’emblème d’union, de mariage (xosa: anga), de vie. Le pronom personnel:
moi (le roi), est ank en ég., n (ni), mj, nge, etc., dans toutes les langues bantu à peu près. En eskimo inniik désigne: un homme; innuwok vie. En maya (Amér.) on a les formes: inic, irinic, winak', en javanais wong. Le terme onnhe = vivre des Iroquois est apparenté peut-être à Wong = esprit dans l’Afr, Centr., et à l’ég. unku — esprit (nkiiru = grand). Le son nasal nug en cherokee (Amér.), comme nge en Afr., désigne aussi la première personne. L’australien kobang (javan. koh-ong) dénote la famille {ank), ou un noeud mystérieux entre deux personnes. L’égypt. ankh et le chin.
ITeang s’applique à un peuple en général comme nom typique. Les Bretons, selon Tacite, se nommèrent les hommes de ing (ing-gau). Ing signifie: clôture, clan ; est le corps d’un peuple confédéré. Enec en irl.
signifie : la protection du clan ou d' ing. Aonac en gaél. signifie: assemblée (kirundi: umurongo, umurifan^o). Ank en sanscr. signifie:
marquer; ang dans l’ouest de l’Austral. :
appartenir à. Les clans {imiryango) avaient leurs signes totémiques de ralliement, principalement des animaux. Les Chinois totémisaient les signes du zodiaque. Ainsi, le lion était totémisé par le dragon = ?ang ; le scorpion par le mouton — gang.
On sait le culte que les Egyptiens avaient ponr l’ibis (Taht), nommé inyan^e par les Warundi, pour lesquels aussi il est un oiseau sacré. Les cafres ont leur oiseau-àmiel sacré = n^ende\ les Thessaliens la cigogne {Cfr, Diod. I, 8S; Plin. X : ^3). Le même oiseau (messager de Eolda) est censé
dans la Germanie, le Danemark et la Hollande, d’apporter les petits enfants. Cette Holda a sa demeure souterraine au près des eaux (A:wzaa, amai\), d’où la relation populaire établie entre les Kinderhrunnen et les fontaines. Les Maori vénèrent l’araignée nommée pun^awereivere, L’ég. rukh est une espèce de phénix. Les rukh (roch des Arabes ; le sim~urg ou kam-rosh des écritures perses) représentent les purs esprits.
Isis (As, Hes) était la génitrix à tête de vache. Inka signifie vache en kirundi précisément, et l’élément nk ou ng se voit dans les mots désignant la femme generice dans la plupart des langues bantu. Ex. : manka en ekamtulufu, udom, mbofon; menge en bayon; mengue en pati, kum, bayon, param ; mangbe ou mengbe en momenya, bagba; mengu en param; amanka en mbofon; uniu^ore, umakaz\ en kirundi, nyam^vezi; mke, muke en swahili, etc. C’est la menka, manka, mena = nourrice égyptienne Hes (Isis) se trouve dans les mots: azi et esu qui signifient:
vache en cafre et en isiele.
Selon Vigouroux {Livres Saints, IV, p.
i64 — i65) on a trouvé sur une monnaie en cuivre, découverte à Tell-Lol, le nom d’un certain roi-mâne Dungi. 11 serait antérieur à Abraham. — Chez les Nigritos des îles Adaman l’esprit supérieur se nomme Puhiga, autre nom bien chamite. — Les Binouas(?), autre tribu pygmée, de Malacca ont un dieu Pirman qui a créé le monde d’en haut.
Chez les Orang Ténia sur la même presqu’île de Malacca on chante à l’occasion d’un mariage un hymne fort ancien, et qu’on n’a pas pu encore déchifPrer. Voici le refrain: Hay chœr-ro~chay -sar. C’est probablement du très vieux chamite, ce qui n’étonne pas chez ces Nigritos „ur”-Chamites. Le début {Uayi) ressemble beaucoup au début {Hayi) d’un pareil hymne chanté dans l’IIrundi (V. „ Hymne'', et Globus, t. 82, 1902, n<\ 16, p. 252 — 257). — Les Yakoutes, selon M. de Quatrefages, vénèrent un esprit Tan^ara. — La déesse Durya femme de 8it;a-Cham a été nommée déjà. — Mana, selon Deniker, est le nom des caractères chinois employés par les Japonais. Les Egyptiens, comme on sait, attribuent les lettres à Toth-Seth. — Uhngenmana en Mélanésie est la force suprême (= Lifu Haze). — Attila et ses Huns étaient des Pygmées, dit-on. Or, le père d’Attila se nommait Mitnûzuk. — Au Nagpur ou signale un peuple Munda {Hor, Horo — homme). — Le peuple anu de l’Inde pré-aryenne est certainement proche parent des annu {andhis) ég., qui vénéraient le dieu Kandu. — Enfin, cette racine ng se trouve dans le nom de ce peuple nomade et énigmatique Zingari {Zigeuner, Tchinghiana, Tsiganes, Gypsies, etc.) Cfr. A. Coloce : Gli Zingari, Turino 1889, av. carte.
En maori anga est une écaille, angarite un coquillage bivalve, anga-anga un ornement.
Ank en ég. aussi signifie: serrer, se fermer.
„IMANA” 155 „IMANA”
Utnurin^a en kirundi est un bracelet^ qu’on met comme signe d’initiation (puberté). Renka (ég.) est la période de puberté, et se rapporte à ring (chin. ling). L’anneau ou le bracelet se dit: lunga en kabenda; nlunga ou nlungo en mimboma, basunde, nyombe; belingu en kasands; lingben en nso: alongo en orungu; Jonga en baseke, orungu; lenke en lubalo; wanka (— ankh) en n’goala ; wuanka en kisama; wuanga en lubalo; owanga en pangela ; nganga en songo. Le hindu langi est une espèce de corset (ceinture), et langiam veut dire : être joint, uni (par le mariage). L’hiéroglyphe khekh est un collier à neuf perles (d’Isis) — signe de gestation. C’est le collier composé de plusiers lumpiw^o des femmes Wanyamwezi et Warundi (ivù'ezl), Khekhru est le nom générique pour désigner les ornements. Le collier nommé menâ ou menka était un anneau à 9 ou 10 perles (9 mois), et était celui de la nourrice céleste (Isis). Menu en n’goala est un anneau nasal, nommé emenga en bola et kamenga en sarar. Un bracelet se dit : menkua en afudu ; uroka en mpo ; arukà en ebe. Les incisions tatouées depuis l’épaule jusqu’aux hanches des Australiens, se nomment: manka. Le sens en était si secret, qu’il ne devait être jamais exprimé en présence de femmes ou d’enfants. Menkha (ég.) signifie: vêture (manka), Manaeka en maori est un vêtement. — Le toupet (cheveux) des Maori se nomme : ngou~ngou. (Y. quelques pages très intéressantes sur le culte de la chevelure chez les Chamites dans le bel ouvrage de Viçwa-Mitra: Les Chamites^ p.
10 — 75, i8S), Le ngoi des mêmes Maori, et le noeud ankh (isunzu) de l’Egypte dénote la période de puberté, ou plutôt d’initiation. La danse rituelle d’initiation chez les Cafres se nomme: ngqongo-^ celle des Maori:
ngangahu (ingoma) (V. ^Tatouage^^).
Il est curieux, que le mot qui veut dire:
danser et jouer (danse rituelle) est le même chez presque tous les Bantu. Ex.: (kujkina en mbamba, kirwana, takama, sukuma, sumb^va, rundi, songo, lubalo, nyamban ; (ku)kini en ntere, mutsaya; (kujkine en babuma; (ku)kena en bumbete, kisama gina en kasands; n’kan en limba; gani à Tumbuktu, Kanem; kan en padsade; yani en salum, krebo. Les Fidjiens ont une danse religieuse, nommée gini-gini, dont les évolutions ressemblent à celles des Wavira(Y.
j^Danse'^). Les Indiens de l’Amér. du Nord ont également une danse can-can (danse lascive fr.). Leur kantiko est une ronde accompagnée de gestes antiques (sic !), selon Penn. Gentikehn en algonkin veut dire : danser une danse sacrée. Kani-kan en maori signifie : danser. Kanu-kana en cafre signifie: désir érotique. Les hindu appellent la hoche-queue : matta-khanjana. Khan-khana en sanscr. signifie: tintement d’une clochette. Kan- karma en ég.
est une danse sautante et sexuelle. Il est frappant ensuite, que cet élément (kina, kena^ etc.) se trouve dans les mots qui désignent, dans
les mêmes langues (africaines surtout) : corps, ventre, entrailles. Ex. : youno (krepee), w’ yoni (hwida), n'nyonu (Dahomey), rtkona (saldana), gine (tene), ginel (kisekise), kan (bu’om, mampa), kono (mandenga, kabunga, dsalunka, dankanka, bambara), /con^o (toronka), kena (kasm), kuna (bode), kunu (n’godsin, doai), gungu (Tumbuktu), unna (yasgua), eni (ebe), ine (igu, egbira) ; inda ou nda (rundi, nyamwezi, swahili, etc.). Ingo (nko) en kirwana est le cteis. Kukuna (kirwana: kudôba ou kutoba, d’où Ntobo, Ntobora, et non pas Tabora) en kirundi désigne la masturb. — Dans quelques langues le mot femme est rendu par des dénominations à la racine n ou nt (nd). Ex: hona (agaumidr), kento (mimboma, musentandu, basunde), onda (mbarike).
L’hiéroglyphe khun (ken) désigne: l’origine, l’intérieur (khen, khennu). Khentu (kentUj arab., A/îcndu, hindu, sindhu, Wahinda) signifie encore: la femme comme emblème d’origine.
Dans la traduction de la Bible d’Ulphilas (311 — 380) le mot femme est rendu par : gr ms, et celui d’épouse par: ginio. Yoni est le mot sanscr. Le lieu d’origine et de naissance est rendu par des mots semblables par-ci par-là.
Ex: kono (maori), quani (tasman.), koona (austral.), cKhen (chin.), kuns (mandan), ken ou cons (corn.), con (fr.), gean (irl.), qen (hébr.), quan (femme: norweg.). Ken en vei et kêne en kono est un village. La racine nda se voit dans Kunda (gebia), nom de la déesse Darga.
Kiinda en sancr. marque le nombre neuf (9 mois!) Neuf est icyenda en rundi, et kenda dans beaucoup d’autres dialectes. Le kovôv des Septante (scyphus de Joseph) est la coupe knau ég. Kona en maori est ! emblème maternel (khent ou hunt, ég.). Cunda en zulu est le mot rituel désignant la femme. Khan (pers.) est le corps; quah (hébr.) un jardin; gona une clôture en kandin, kadzina (Afr.).
Il est probable que les emim (hema) de Jérém. (L : 38) étaient des emblèmes semblables.
Les Australiens ont une ceinture enferme de lacet ankh, nommée yinka qui est tressée avec des cheveux humains. Ce yinka correspond au yinga (= collier de perles colorées) des Cafres. Le ingu (en aka) est fait aussi de perles; le hanga (basunde) est une chaîne.
Lorsque les filles des Fidjiens ont atteint un certain âge, elles reçoivent de leur mère un Hpu (leek-leek à Victoria.) C’est le igupi (ingupi), nguo des Wanyamwezi, Vurayoïl^SL des Warundi. La même racine (liku) se voit dans d’autres langues africaines. Ainsi, un pagne ou petite jupe se dit: lok en wolof; liga en kano, kadzina; loga en kore; lugod en dsarawa; ariga en mbarike; dolokie en timbo; halac en soa, wadai; melagiye en beran, etc — Puisque ce pagne est fixé au moyen d’une corde ou d’une ficelle, et que cette ceinture (V. ce mot) paraît même plus essentielle que le petit vêtement lui-même, il est intéressant de constater, que l’élément nk, ng (ankh — lacet, noeud) se trouve dans les mots
JMANA”
désignant une corde. Ex.: ngozi, umugozi, swahili, rundi; lugoye, sukuma, kirwana; ingozij tonga; gole^ shambala; ngoe, nika; lugoi, ganda; lugoii, yao; ogoli, pongwe; lozi, mbunda ; losi^ rotse ; luzi, sagara ; lusisi, bisa ; luzigij boondei; luga, ou ukonge, tsilisi; ilenge, fipa ; ngeha, landoro ; ngeya, monde ; nke {ngé), bayon, pati, kum, bagba, momenya, papiah; nkety balu; n/ket, bamom; nkuiy param; nkoi, matatan; ongoi, pangela; ungos, runda; nek, konguan; orugha, igu, opanda; egbira ;
onika, ou aruka (anneau), ife, ebe ; uroka (bracelet), nupe. Un bracelet (rond, qui entoure) comme on l’a vu, se dit: nganga en songo; wuankŒj kisama; wuanga, lubalo; moanga, pangelo ; wanka^ n’gola.
Les divinités ég. tenaient entre leurs mains, comme symboles, le hek (kuheka) ou aut (bâton pastoral, crosse) et le khi. Ce khi était un drapeau (ttrwhunge) signe d’esprit, de souffle. Le casse-tête (bâton) est porté par les rois nègres comme signe de royauté, de pouvoir, de commandement. Il se dit:
rungu (zungu) en swahili; ingundu, uwuhiri en rundi; mbugiri en nyamwezi, etc.
En australien ngangan signifie: mère. En Afrique le n et le ng se confondent. Mère se dit: nga en soso, kisekise, tene, monde, dsarawa ; ngo en tiwi; noki en hwida; noko en rundi, nyamwezi; engo en kiama; nguSj ngie en orungu; ngua en musentandu ; wgroro en mbamba ; ngoh en mbe. Nana, ou nina et ses variantes signifie: sa mère; nofeo, etc.: ta mère ; marna, mawe, mayo, etc. : ma mère.
Cette règle est générale en bantu. Toutefois, la racine n (ng) dénote aussi la première personne. Ainsi moi est: nge en monde, gbandi, songo ; ngo en landoro, kasands ; nga en n’gola, kisekise, gbese ; ngi en bola, mimboma, musentandu; ng en mahi, dahoméen; ngini en fulup; nko en marawi. On peut y ajouter:
ngs (éthiop.) ; ank (ég.); ana /cw (assyr.); anofe/d (hébr.) ; nga~nga (O. Austr.); ngai (Port-Lincoln, Tarawan) ; ngatoa (wiradurei) ; naika (kamilaroi, chinook); ngo (chin.); ink (Palouse); inga (limbu) ; ung (khaling) ; hang (thara) ; nga (birmois) ; ayung (cherokee) ; nak (gundi). Les équivalents de nina (nana) pour mère et première personne, se voient en : nein (shan); nung (siam., khamti) ; onnon ennene (tshuktshi); unieen (appa); unnane (manx); onan (corn.); unan (bret.); onna (malayalim); nengui (fonofono); n?/oon6i (Austr.) ; yiin-gotchau (ottawa); nancas (adaihe); uninitegni (mbaya). Mère se dit encore: nna, ina ou na en kabunga, dsalunka, dankanka, mandenga;, nina en bola, balu; nna en padsade, gurma, koama, mbofia, mbofon ; nne en basa, isoama, abadsa; ninu en kra ; nande en krebo; none en anfwe; nau en bagbalan; nnu en yula ; nene en isiele, pulo ; ninge en landoro ; nen en bamon ; inna en goburu ; enna en okam ; anen en kaniop. — Nun {nnu, nu) en ég. est l’eau comme principe de tout. Nana en véd. signifie: mère; nana est la genitrix babylonienne; nïn la maîtresse assyrienne;
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nini la mère en malgache (?). Cette racine, exprimant l’idée du un, qui est le premier (le moi), est manifeste dans l’ég. ank = roi; le grec anax\ le maori heinga ; l’irland. aonach = prince; l’ar. aunk'^ le malais mcAti = maître ; le péruvien inca ; le basque jainco {Jingo) ~ divinité. Ank redoublé donne simplement plus d’accent et de force au terme. Ainsi, ngangan (O. -Austr.), ngoingoi (maori), neingmenna (tasman.) signifie : la mère ou la femme par excellence; nga~ango (yarra): l’haleine; ngango (austr.): le vrai commencement. L’élément, ou la racine, désignant la femme par excellence, est presque toujours le même en Afrique {nk, ng). Citons encore; -gore~ gore (rundi), nike (eafen) ; nkas (marawi) ; negne (bute) ; onogua (akurakura) ; ungwe (n’goala) ; nkelo (nyombe) ; ankona (sân) ; nyoka = serpent! (cafre); nga (ho); unnaach {Ghem.mesyan) ; ehnek (à Barbara) ; naijah (uta) ; nogahah (winebago) ; yeheng (seneka) ; nickih (attakapa); neyau (baniwa).
La branche de l’arbre est le type dé l’en, fant (Horus, Bacehus, Rikiranga). Rem {renrenn) ou remen (lemen) est l’enfant-branche en ég. Or le bras se (lit: renga en kupuas; lango en thibetain, serpa ; lang en Cochin ; rongo en murung; lengye en biajuk; lengan en menadu ; ranka en lithuan. ; rank (branche) en holl., germ. ; aranine en mare; ukuwoko en rundi.
Les noms désignant la nuit, les ténèbres, l’ombre, les esprits et les monstres, ainsi que le coq (qui surveille la nuit: coq d'Imanal) se ressemblent étrangement. C’est toujours la racine nk, k, ng qui domine! Ikikoko en kirundi est un monstre, comme akhakh (nakak) en ég. Gig (gigim, gigas) en accad. signifie: ombre, nuit, le Noir. Le monstre des ténèbres (ou démon) est gigilen (dsarawa), kogiwu (gurma), kekuru (guresa), kokia (kasm), igue (isoama), gwigwiou (doai). La nuit se dit : usiku en nyamwezi, etc. Le désert sablonneux, demeure des esprits, se dit: nyika en nyamwezi; nyeke en dahoméen, hwida, etc. Le , serpent est nommé: nyoka, inzoka dans la plupart des langues bantu. C’est aussi le cas pour le mot nkoko, nkuku et ses variantes, pour désigner de coq de nuit. Voici pour le serpent: nyoka (kabenda, mimbona, musentàndu, nyombe, n’gola, lubalo, songo, kisama, nyamban, swahili, shambala, boondei, taïta, nika, senna, rotse, rua), inzoka (rundi, tonga), njoka (sagara, ganda), nzoka (nyamwezi), nsoka (kamba), inyoka (karanga), onyoka (herero, bihe) nioka (angola, basunde, Bas-Congo), noga (chwana, suto), mpene (pongwe), mbamba (du alla), nyoga (kasands), nyok (kanyika), nâga (sanscr.), neke ou nakahi (maori), nachash (hébr.), naya (arab.), snake (angl, naka (ég.). Il y avait en Eg. le vieux serpent anguleux akhekh. Le vampire assyr. se nomme: akhkharu. Yaksha en sanscr. est le dévorateur mythique {gege en zulu). On peut y ajouter le ogre des légendes médiévales; le fidjien Kagka (hadès); le Kikymora (dieu slavon. de
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la nuit); Eyak (le diable de Koniaga); Aka (démon japonnais); le laga des Russes; Ndengei (divinité-serpent de Fidji); le DanA-serpent (divinité) du Dahomey. Une des formes du A/cAe/cA-Typhon-dragon égyptien est celle où celui-ci est représenté comme gryphon^ avec le corps ailé d’une bête (Okapi!) et la queue d’un serpent. Le serpent nâga jouait un triste rôle dans les mystères à Eleusis, à Carthage, chez les Hindu, comme maintenant encore au Dahomey, et un peu partout en Afrique (isato).
En ég. aak est un homme âgé; le mot est identique à aak = mage, magicien. Akh est la mort (mânes). Hag est un serpent; yeya est une sorcière en polonais et hekau (ég.) signifie: charme, magie (ku-heka^ ur~heka).
Le monstre Akhekh était noir. Le démon Hikuleo de Tonga lui ressemble. Comme lui il était à queue de reptile (hiku). Le seshanaga de l’Inde était noir encore, et à sept têtes, comme celui de l’Apocalypse.
Le titre d’un chef de Samoa est Maunya = montagne. C’était la montagne de Man. Reste l’élément nga. Or, Igitara est le mont ou le pays sacré d’où viennent les Wahinda. Ce Kitara (Igitara) ne serait-il pas synonyme avec le Kedar d’Is. XXI : 13— 16, XLIIrll; Ez. XXVII : 21 ? Ce nom de Kedar, qui signifie, paraît-il = brun ou brun-rougeâtre (qui est précisément la couleur des Wahinda), est appliqué à une tribu particulière descendue d’Ismael, et à tous les Arabes (?) Ce sont les Cedraei de Pline (Hist. nat. F, il). Les Nâgâs de la Capisène et de la contrée de Taxila étaient appelés: Kodaras^^ Kodraveyas. Or, ces anciens peuples du sud de l’Arabie (Hadramat: Himyarites, Sabéens, etc.) composaient une colonie chamite. Les Képhènes des .Grecs (Kefa. Keft, (poLVL%eç)j et les Kefas, Kapilas sont tous de la même souche.
Tanga en Afrique signifie: montagne dans certains dialectes. — Nga en cafre est le nom d’un mimosa-arbuste ; nga signifie : désirer dans la même langue. C’est l’arbre du serpent, de la tentation.
Les Singhalais vénèrent deux esprits jumeaux Gopolu et Menkara. — Les insulaires de la Mer du Sud, selon Cook, vénèrent une kolla-fou-tanga, espèce d’Eve créatrice et maîtresse du ciel. — Les Chinois assurent, que leur Yu a érigé une colonne sur un des 72 sommets du mont Hang, en mémoire de sa vietoire sur le déluge. — Dans la chronologie fabuleuse des Hindu il est question des sept Rishis (Ma>ius-patriarches, rek/n = mages (ég.), occupant l’ère magha(?). — Dans beaucoup de langues bantu le verbe: kuroga ou kuloga (umurozi) veut dire: maléficier (goétie). Le mot lechash (hébr.) dénote une formule magique. Lugud (accad.) est un bon présage.
Lachos (grec), likha (hindu), lukke (luck = dan.) veut dire : sort, fatum, fortune, chance. Richa (Wgr-Veda) en hind. est une invocation magique ; rakhi un charme ; raki (rikshi sanscr.,
et rekhi ég.) est un charmeur, mage, goète (umurozi). Le mot araméen raca (Math. V : 22) doit probablement se rapporter à raki, ou à l’ég. raka — profane, infâme.
La combinaison de l’élément ri (li), le préfixe de grandeur, avec k, kh, g, ng (ktm = esprit), est remarquable dans les mots qui désignent V homme (le mâle), le roi, la loi, la puissance. — Rekh signifie: race, lignée en ég. (kir.: umurongo).Lesi en nki et lezu en mbarike, signifie: tête. L’ornement iAirezi dans l’Urundi est le symbole de la virilité (puberté), et de la royauté dans l’Unyamwezi. Un homme (vir) se dit: ras (arab.), rosh (hébr.), lugsho (gonga), msha, umugaho (rundi), mgoshya (sukuma), lukku (arawak), lagui (umray), lacay (St Miguel, St Matheo), tlacatl (huasteca), lokka (yerakali), lokro (taremuki), lake-laki (malais, sumbawa), laki (Madura), arka (sanscr.), rïch (devenir dur: sanscr.), lech (hébr.), arachdach (gaél.), arke (étrusq.), arrach (irland.), ariki (chef: maori), origu (chef: dsekiri), erhek
(turq.), orak (ulu), ereck (dur: Californie), mr/ (arniya), recke (héros: germ.), reckr (norvreg.), rekh (ég.), rik (danois), rye (angl.), iùgh (roi: irland.), rag (roi: véd.), ra (roi: ég.). — Les mots suivants qui ont rapport à la réproduction, à la puissance virile, confirment ce qui précède. Citons: rak (accad.), rac, rue., râkci (sanscr.), erezi (ikirezi en kir., zendj, roke (angl.), reku (fidjien), roki et lecka (Gippsland), rekh (ég.), rak, lak, lag (sanscr.), likh (sanscr.), laka (cafre), Àeyiéo), Àe^éog, Xe')[o), Xri^àv (grec), alaich (gaél.), lig (écoss.), lakeo (éthiop.), luch, luched (irl.), laki (malais). — Les mgts: loi, règle ont encore parfois la même forme. Ex. : règle est rek (ég.), régula (lat.), régla (island.), rigle, règle (fr.), riaghal (irl.) heki (galla); — loi est: leg (chin.), lex (lat.), laga corn.), log (norv^eg.), ligh (irl.), lagh (gaél.), laqcha (maltais). — Enfin et surtout, le mot esprit (riich, ruach) contient les mêmes éléments dans des langues apparemment bien éloignées. Ainsi : rukh est un esprit en ég. ; ruch est l’esprit générateur en hébr.; ruh signifie: esprit, essence en hindustani, turque, arabe ; leik en chin. et xvraeh en écoss. est encore un esprit, de même que log h est un esprit éthéréen en irlandais (lec).
Le mot u7'-heka a été déjà signalé. Dans le kirundi archaïque il signifie: regner (et peut-être autre chose), et il est employé dans les hymnes sacrées. (Y. ,jHymne’\) Hek ou huka (ég.) signifie : magie, charme, évocation des esprits des morts. Un ur-heka est trouvé sur les monuments ég., comme grand charmeur du roi, maître en magie ( uynufumu, ikiranga). Ukh est un esprit et akh signifie les mânes. Les anciens wikka et scin-laega étaient des évocateurs des ombres (morts).
Ce sont les rekhi des Egyptiens. En breton helech est un prêtre, et selon Strabo les druidesses de la Bretagne se nommèrent hrig (brigk, rekh). — La déesse à tête de chat (Pasht Menhi) est nommée : ur-heku = la grande souveraine, le grand pouvoir ma-
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gique, la cuisse khepsh (kotu, ko tua, maori = respect; „gladius columbae” de Jér. XLVI: 16; L : 16). C’était Sekket adorée encore, comme autrefois à Eleusis^, par les Sakteyas actuels de l’Inde (cfr. Baronius: Ann, EccL t. XXI, p. 89). — Hek (ég.) signifie: roi, souverain. On connait les fameux Hekshus ( Hyksos) de l’Egypte. C’était une race pastorale. Les rois Walutsi (Wahinda) sont bien des rois pasteurs. Le mot ku-heka qui leur est appliqué par les M^atwa, est donc bien remarquable (cfr. isho = Shu). A Msalala un puissant chef-pasteur se nommait Shashu. Les Japonais ont une divinité Oshu, Oshira, nom qui signifie: blanc (le blanc Mwezi), Les Dasyous = hommes à peau noire, Rakshasas étaient les autochtones de l’Asie. Leur nom, toutefois, ne paraît pas devoir tirer à conséquence. Shosh (hébr.) est un personnage noble, libre; sish (sanscr.) = distingué; sos (copte) = troupeau (isho!); umufansoni (kirundi) = un noble personnage. — Une pierre secrète employée dans un but divinatoire par les Tasmaniens, se nomme heka.
Hika en maori veut dire: faire une cérémonie avec des incantations. — En sanscrit la grenouille se nomme bheka. C’est heka avec l’article. Un des titres du roi en Eg. était celui de „roi des grenouilles!” Son épouse était Heka = P-heka. C’est la hheki des légendes sanscrites.
On a pu remarquer que l’élément zi (si, tsi, tzi, kuZ2i2i, amazi) est intimement lié à celui de ng, nk (kh), et même à celui de n^an et ses variantes. Ainsi, les noms des esprits supérieurs de la, moitié occidentale (sud-) africaine sont, en grande partie au moins, à la base de nz (Uzambi, Hzambye, Leza ou LeSa, Tixo (Tikzo), RedZdi, Kixi, etc.). Le Dr. Keane (Man past a. présent, p. il A) base tout un système sur cette particularité, curieuse en effet, que cette racine (z) prédomine à l’ouest, tandisque ng (nk) dans les mêmes noms de divinités est quasi générale à l’Est, et que vers l’intérieur les noms avec les deux formes se mêlent. Il cite aloi'S à l’Ouest Nzambi chez les Eshicongo, et les Bihe ; Nzambi-Pongo (kabinda), Zambi (lunda, Loango), Nzàm (Bateke), iViyawpc (Barotse), Nyambi (Loango, D^valla, Yanzi), Anyambi (rungu, bonga), Anyambié (ashira), Njambi (mpongwe), Ndyambi (Herero), Onzambi (bunda), Nsambi (Bangala), Anshambi (Bakele, etc. A l’Est et dans certaines parties de l’intérieur il signale: Mulung u (Moero, Tanganika, giryama, nyika, kamba), Murungu (Sofala, Nyassaland), Molongo (yanzi), Moloko (makua), Mluga (Kilimane), Miingu (Banguelo), Muungu (Tete, Zambezi, swahili), Mungo (pokomo), Mukuru (Herero), Mulungtdu (chwana, mhambane(?)), Unkalunkulu (zulu), Ukulukulu (mpondo). Ces derniers seraient des nécrolâtres et les premiers des naturistes! Il n’en est rien. Les racines z (za, -zaa) et ng, nk, man reviennent à la même chose, ou aux mêmes personnages. Tout au plus pour-
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rait-on soupçonner dans les deux racines les deux noms de deux ancêtres très anciens, p. e. des fils ou petits-fils de Cham. — Il est donc intéressant de glaner encore quelques analogies à ce sujet. Tzi (zi, ziz) en assyr. est V esprit inhérent de vie. Tes ou Tsui-ta (ég.) est l’abîme (Watu-tsi!). Azi (zuza) en cafre signifie: vache, comme esu en isiele. Isis, déesse à tête de vache, se nomme: As ou Hes. Seses est une forme gnostique de Tesas (Neith ou Isis), et signifie : mère du souffle de vie. Ziz (hébr.) signifie: tremblement, et l’oiseau rabbinique de l’âme porte le même nom (zizit). Sisa en ashanti veut dire: âme, et sus (arabe) : origine. Dans le très ancien culte des Accadéens (Chamites!) les Zi sont des esprits. Dans beaucoup de langues bantu kuzaa (kuzala, umukazi) signifie : mettre au monde des enfants. Il est assez curieux, que les mots qui désignent l’habit (puberté) sont également à la base de z. Ex.: impuzu (rxindi), zuzo (papiah), synas (ham), geze (toma, kra), gese (gbe), ses, shes (ég.), sas (hébr. : lin), susei (n’goala), etc. — L’eau, qui partout est mise en relation avec les divinités („spiritus aquis incumbens”), est: dsi en vei (rfsina = spectre), manzi (tonga, kamba), amanzi (kingoni, zulu, xosa), amazi (rundi), maz\ (shambala, boondei), mensi (bisa), 9??arenga (gogo), meji (sagara, taïta), madji ou maji (swahili), macïzi (pokomo, nika, senna, ganda), minzi (kirwana, sukuma, sumbwa, takama), maza (Bas-Congo), mesi (yao), maxi (Mozambique), metse (chwana, suto), machi (fan); — La qualité de bonté et de beauté est rendue par des mots qui recèlent le même élément (z). Bon (beau) se dit: -iza (rundi, sukuma, kirwana), -soga ou zoga (kirwana), dzudzu (opanda) ; zuzu (igu). susa (egbira), ezoz (adirar), suasi (yala), uzi (yasgua). Seis en gaél. et en irland signifie: plaisir ; sasa en zulu et en hébr. : délecter; sos, sis, zoz en hébr. : exulter ; sas en sanscr. : danser de joie! Toutefois, la bonté de ces Ev~ôaip,oveg est fort relative!
La lune (et les périodes lunaires, mois) est, un peu partout en Afrique, désigneé par le mot : mwezi ou ses variantes. Ex. : ukwezi (rundi), mwezi (tonga, bisa, shambala, boondei, taïta, kirwana, sukuma, sumbwa, takama, swahili, pokomo, ganda, guha), mwesi (yao), omueze (herero), môezi (marawi, muntu), mbesi (kasands, lubalo); mhese (n’gola).. La rivière Zamèezi est la Cuama-iU6esi. Unyamwezi est le nom donné par les Arabes à la contrée où ils supposaient qu’étaient sises les montagnes de la lune („montes lunae” Ptolemaei). En swahili -ezi signifie : puissant. Mwezi est ordinairement dérivé de kwera = être blanc, brillant. On peut en douter. En tout cas, il est curieux, que la forme du mot (avec le préfixe uku) est tout à fait anormale en kirundi, tandis que le nom de Mwezi (ou Cyezi) sans préfixe, est employé pour désigner les rois du pays. Puisque les sources du Nil (ubi ,, montes lunae^^ secund. Ptolem.) se trouvent réellement sur les confins de l’Urundi et
„IMANA”
du Kuanda, ce nom est^ certes, très remarquable.
Quelle conclusion tirer de ces recherches sur les noms de ces „dü gentium^'f En disséquant ces noms, et en remontant à leur origine, on arrive toujours à Vhofmne apothéosié, divinisé, canonisé à rebours, qui est adoré avec son patron spirituel et mauvais, son pénate (penus-nos-natus), ou un autre. C’est la réflexion qui s’impose impérieusement, lorsqu’on envisage ces gibborim. Oui, l'humanité, oublieuse de son Créateur, s’est cherchée soi-même dans son orgueil et sa perversité, et elle a flni (elle a commence de bonne heure!) à adorer un Siva et une Ulul{Uma)\
Plusieurs fois j’ai averti, que les étymologies si spécieuses qu’elles paraissent, sont sujettes à caution. Le lecteur l’aura pensé peut-être souvent en parcourant cette notice. Ce sera bien encore le cas de le faire pour la notice sur les 4 races de l’Urundi. Néanmoins elles ont parfaitement de la valeur, et je puis citer ici un mot du célèbre Dr. Weiss, un homme éminemment compétent qui, dans l’Introduction de sa: Weltgeschichte, vol. I (Orient), p. XXVIII, écrit : „ Wo aile Urkunden
jjiïber die àltesten Gedanken (Religion)
^^und die Urgeschichte eines Volkes fehlen, ist ,jdie Sprache die wichtigste und sicherste Ur- ,jkunde; sie lôstam einfachsten die Fragen ”
Dans la notice qui précède j’ai e. a. utilisé les deux ouvrages de M. G. Massey {A Book of Beginnings’\ et Natural Genesis’*).
Certes, Vesprit de l’auteur est détestable, mais les quatre énormes volumes n’en contiennent pas moins d’appréciables données, éparpillées, il est vrai, dans un amas confus de matières les plus disparates.
Arbres, Pierres, Hauteurs.
Le culte de certains arbres et du bois est tellement réel chez les Warundi, que le nom générique, pour désigner une amulette (remède), est synonyme avec celui de bois ou d’arbre. Quoiqu’il ait été question déjà de ce sujet aux mots: „Ar6re”, „ Rois”,,, Sycomore”, ,^Templé’\ il convient de chercher encore quelques rapprochements et analogies à ce culte chez d’autres peuples, et cela en connexion avec le culte de la pierre et des hauteurs (excelsa).
Uarbre avec ses branches était en Egypte le type et l’emblème de la mère primordiale (Bennu). Il signifle le pôle, et s’unit à l’unicorne comme emblème. — Le tripode de Delphi avait la forme d’un arôrc. — L’arbre de science à sept branches des cylindres assyr. est accompagné par le soleil, la lune et par sept étoiles. JJasherah-arhre assyr. à sept branches (serpent nâga) est basé sur une colonne centrale. L’arbre dénote l’ascension : mont, hauteur {itaba^ ^excelsa'^'). V. sur le „Hohencultus” quelque chose de M. van Gennep dans: Bqdragen t. d. T.-L.- en V. v.
Nederl. Indie, VI*^ Sérié, t. II, 1896, p. 89 seq. ; Wilken (Animisme, p. 139), et l’ouvrage A^Andrian : Hôhencultus, Wien, 1891. — A
159 ARBRES
Java(?) un „berggeest” porte le nom Aq Apé (nene) mantoe Hari (cfr, Arch. intern. d'Ethnogr., t. IX, p. 69). — Les indigènes de Célébès ont également l’arbre-type du pôle. — A Ephèse VsLrhre-Leto présentait le caractère d’un arbre de vie.
Le serpent et l’arbre sont inséparables dans les faux cultes. L’idée d’un serpent sur un arbre fruitier est commune chez les auteurs grecs. — On trouve les traces de cette idée dans les grottes indiennes, aussi bien que dans les temples abyssins.
Sur les sarcophages égyptiens on voit le serpent roulé autour d’un arbre fruitier, ainsi que sur les monnaies de Tyr. Les Caraïbes de l’Amérique centrale adorent un arbre fruitier avec le serpent qui se trouve sur ses branches. Selon Bruce ( Voyages, t. IV, p. 344), les Gallas adorent le serpent, l’arbre, la lune, les planètes, et les étoiles.
Le colonel Drax découvrit à Silbury-Hill du très vieux bois de chêne, restes d’un arbre druidique. On avait à Babylone le temple „du grand arbre” de temps immémorial. L’arbre et (sur) la montagne était le symbole du pôle. Silbury était également le mont de l’arbre sacré (ou du pôle). L’arbre ou le mont des dieux s’entre-changent. Les Mexicains érigèrent des collines artificielles en honneur du serpent divin. Sur un vase grec, on voit le serpent gardant les pommes d’or des Hespérides. Ce serpent est un dragon de feu {Ü7'aei) dans plusieurs légendes.
Donc, l’arbre et la montagne sont bien les deux symboles ou types qui ont davantage préoccupé les races humaines. Un poète hindu s’écrie: „De quel bois, de quel arbre (les dieux) ont-ils fait ciel et terre ?” Hésiode dit, que l’arbre et la pierre contiennent de grands mystères (Cfr. Hom.: Odyss. 19, 163.) Après le déluge de Deucalion les hommes renaissent des pierres {awana uê iwubuye, c’est le nom que se donnent les Watwa.) — Les Zulus ont un arbre magique, et un rocher avec deux grottes qui se ferment et s’ouvrent à la voix de celui qui est initié, et qui connaît le mot d’ordre. Les Hovas érigent des monuments mégalithiques {menhirs, dolmens), qui, selon M. Ch. Letourneau, font penser à leurs lointains encêtres libyens(?), mais qu’ils vénèrent en tout cas.
Partout, en Afrique (Eg.), dans l’Inde, dans la Grèce, le mont et l’arbre furent les symboles ou les types de Knepsh, de Bi (Ishtar), de Hathor, de Ked, de Parvati et d’autres, c.-à-d. de la cause primordiale, de la génitrix (mont Maunga à Samoa). La terre ellemême (Gaya, yTj) la personnifiait. En effet, en kirundi le même mot (umusozi) veut dire:
montagne et terre {ubwaisî, insi) en général. — Les Indiens de Guinée vénèrent l’arbre et le mont sous la figure d’un grand rocher, ayant l’aspect d’un gigantesque tronc d’arbre, et qui se nomme pure-piapa — l’arbre sans tête. — Dans le Timaeus de Platon les prototypes de notre race sont enfermés
ARBRES
dans- et développés par le grand arbre. — • Les Indiens Lenni Lenape affirment^ que Manitu (Imana) à l’origine planait sur l’eau^ qu’il formait la terre d’un grain (imbuto du Mwezi); enfin qu’il fit d'un arbre un homme et une femme. — Selon le Popul- Vuh^ l’homme serait créé d’un arbre nommé:
tzité (umuti). — Les Malgaches, selon le Lt.
Col. Lentonnet, ont une idole, qui n’est qu’un simple morceau de bois d’arbre sacré, couvert de soie rouge. — A Bornéo, selon M.-W. H. Furness (V. Anthrop., 1899, t. IX, p. 727 — 729), les indigènes ont une légende pareille sur la création. Les feuilles d’un certain arbre se transformaient en tombant en divers animaux. L’homme et la femme naissent en définitive également de cet arbre. — Les Hindus et les Sioux ont de semblables légendes. — Les insulaires des Philippines font naître l’homme d’un arbre, ou d’un canot fendu en deux par Tiri^ et formant ainsi les deux sexes {amaive^^e y' ubwato). — Selon l’Edda, de deux troncs d’arbre, qui flottent sur les eaux, sont formés l’homme {ask ou ash) et la femme {embla), — L’arbre (bifurqué) était un objet de vénération chez les Ostiaks de la Sibérie. — Pour les Damara (Afr.) le pieu, ou le bâton (forme réduite de l’arbre), est un objet d’adoration. On le plante en terre, et on lui offre des sacrifices. — Les Wedda habitent des cases faites d’écorce d’arbre, sorte d’arbre-arche. Leur mot rukula (inzu, kuzaa) pour maison, signifie: arbre creux en singhalais. — Les Tasmaniens enterrent leurs morts dans des troncs d’arbre, persuadés qu’ils doivent retourner là d’où il ont été créés! — Les habitants de Thèbes eij Eg.
(parmi lesquels il y avait beaucoup de Nègres) pendant la 11« dynastie, étaient enterrés, selon Mariette, pareillement dans des coffres faits des troncs creux d’un arbre particulier et inconnu, mais qu’on a découvert dans le Soudan {umuvugangoma, arbre creux = cos, angl.). — En Germanie l’arbre du lieu de naissance est connu sous le nom d’arbre de Dame Holda. Le sureau est l’arbre spécialement dédié à Holda (dan. Uüdmoer, ég, urta-, irl. arth). Là encore un arbre creux flottant sur un marais, est la demeure des enfants non-nés. Une légende hesse décrit Holda comme moitié femme et moitié arbre rugeux. — L’arbre de Maturea à été mentionné déjà (V. comore"). — La mère de Confusius songait qu’elle enfanterait son fils dans le creux d’un tronc de mûrier. — L’arbre était partout un emblème de salut, de santé, de guérison (kir: umuti), et de renaissance.
Les Khonds vainqueurs suspendent les mains coupées de leurs ennemis à un tronc d’arbre.
Cet arbre-type de salut était notamment le sycomore dans l’Egypte comme dans l’Urundi. Dans une peinture ég. un décédé, qui y est représenté, s’écrie: „Oh, sycomore de N ut (Neith), donne moi l’eau et le souffle de vie qui procède de toi, afin que je puisse
avoir la vigueur de la déesse de vigueur!” L’aserî^-tamarin, autre espèce d’arbre de vie, était adoré dans le temple d’Isis (Plut.). — Krishna se transforme en tronc d’arbresandal {Cfr. Creiizer-Guigniaut, t. T, p. 208, 209). Budha aussi est dit incarné sous forme d’arbre. — C’étaient surtout les Druides, peut-on dire, qui vénérèrent l’arbre comme emblème de leur divinité. Ils y incisèrent le Tau et le mot taramis au milieu du tronc, celui de hesus sur la branche droite, et de belinus sur la branche gauche (Maurice : Antiq. Ind., vol. VI, p. 49). Cet arbre les avait sauvé du déluge. — La mère d’Adonis se métamorphose en arbre (Ovid.: Méfam. ?.. X, 500 — 5i3). — Sur les monnaies de l’ancienne Crète, la genitrix est portraiturée dans un arbre, comme Hathor ou Nupe (Calmet, pl. 51, fig. 1, 2, 3). — Dans les mystères phrygéens en honneur de la mère des dieux (Cybèle), un pin est abattu, et l’image d’un jeune homme y est attaché (Cfr. de Sacy, Arnob.
V, 16). — Le sombre pin d’Eridu était l’emblème de la déesse accadéenne zikum. — L’arbre Yggdrasill (Norw.) signifie: le producteur de la pluie (= umuti y' ïnvûrâ). — Un sycomore à deux bras en Eg. figure Hathor. Un arbre semblable, à bras humains, illustre le 19« chapitre du Rituel des morts.
L’arbre parait un des idéographes de temps. Le mot teru ou tre = branche d’arbre en ég., serait l’angl. treel En effet, de semblables racines se trouvent dans les mots désignant un arbre dans différents dialectes africains. Ex.: taro (legba), tero (kaure), fera (mose), tir (papiah, momenya, balu, kum, bayon), a tir (papiah, n’goala, bagba, pati), turi (Tumbuktu), daru (barba), ntera (muntu), mtera (yao)> mtari (Mozambique). En grec il y a Aoqv (drus, d’où le nom des Druides?), et en wall. deru.
L’arbre (sacré) est couramment nommé:
l’arbre de science, d’intelligence, qui donne des oracles, etc. Ainsi, on a le palmier sacré (?wiwgazi) de Negra dans l’Yemen; le chêne de Dodona; l’ai^a-arbre des Polynésiens; le mirrone-arbre des Congolais, etc. — Les insulaires des Antilles disent, que certains arbres instruisent les sorciers dans le choix du bois qui servira à faire des idoles qui plus tard donneront des oracles. awafumu Warundi vont chercher dans les lieux déserts les bois de leurs remèdes (!), et se servent d’autres 6ois-amulettes pour réussir dans leur choix, et dans leur recherche. — Le Siamois poursuit encore avec ses offrandes et ses hommages l’„esprit du bois”, dans la barque qui est construite avec le bois sacré.
Comme il y a un arbre de vie, il y a aussi des arbres de malheur, hantés par des démons. Les Nègres de la Sénégambie, les Australiens, les Karens de l’Inde et les Indiens de l’Amérique du Nord, sacrifient à certains arbres pour apaiser les esprits qui y habitent. — Les aborigènes de Victoria ont une légende où figure un arbre dans