‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 13 sur 152 · Population · texte numérisé non relu

Population

Grén. X : iS — i4, en énumérant les fils de Mizraïm fils de Cham, donne ainsi les noms historiques d’une partie au moins des premières tribus qui peuplèrent l’Egypte. On a réussi assez bien à localiser ces peuplades. Ce sont les Lndim, Anamim, Lehabim, Naphtuchim.^ Patrusim, Kasiuchim, Pelischtim, Kaphtorim (Y, ad V.). Ces étonnants Egyptiens, constructeurs des grandioses monuments qu’on sait, nous sont conservés momifiés ou leprésentrs dans leurs temples et sur leurs monuments funéraires, et d’une manière très reconnaissable. Nous avons devant nous une double population; l’une à peau plus claire tît à cheveux lisses, et l’autre à teint plus foncé et à cheveux crépus, ,,1’une active, dominatrice; l’autre passive, assujettie”, comme parlent certains historiens. Nous voyons cotte anomalie sous nos yeux dans l’Urundi, le Ruanda, et ailleurs, avec son „Hirtenadel” (Wahinda) à teint clair, et ses serfs noirs {Aivahutu et Awalwa). Lorsque Hérodote (//, 104) parle de cette race noire et crépue, il entend le bas peuple de la société égyptienne, p. e.

des esclaves, des gardiens des porcs^ etc. Ce qu’il raconte des derniers (II, 47) s’applique mot à mot à l’état social de l’ürundi. Pas plus qu’un Egyptien noble^ un Mututsi donnerait sa fille en mariage à un Mutwa, à peine à un Muhutu. Si les vachers appartenaient;, en Egypte encore, à la race passive, les nobles Watutsi de TUrundi ne dédaignent pas ce métier. Sur les monuments égyptiens on remarque chez les agriculteurs et les bateliers un teint plus noble déjà. Les industriels (le tiers-état) sont bruns-rouges. Les guerriers, les prêtres, et tous les individus appartenant à la classe dirigeante au contraire, ont le teint plus clair. Pruner-Bey décrit ainsi le type égyptien: „üne taille moyenne, à peau „rouge chez les hommes et plus jaune chez les femmes. Le corps est délicat, fin, svelte „dans ses contours; le front est peu large et médiocrement élevé. La tête et la face sont „ ovales; les cheveux crépus et ondulés; les sourcils fins, un peu courbés au-dessus des „yeux enfoncés. La couleur des yeux et des cheveux est foncée, allant du brun au noir. „Les paupières en amande sont légèrement inclinées du dehors au dedans. Le nez égal „est presque parallèle au front un peu fuyant. Parfois le nez s’incline un peu en bas, en ,, s’élargissant. Les lèvres sont très accentuées aux angles et un peu grosses. Le menton, „retiré et garni de peu de barbe, est arrondi. Aux joues on ne remarque pas de „pommettes saillantes. La distance de la bouche au nez paraît un peu grande. Le cou „est élancé, la main petite, les doigts élégants, le pied petit et mignon. Tout le squelette „des momies ne dépasse jamais la taille moyenne”.

Il est absolument sûr, qu’une race négroïde habitait l’Egypte, même avant l’arrivée des Mizraïmites. On a vu que le récit de Moïse ne s’y oppose nullement, mais le confirme plutôt. On peut même admettre, que parmi les descendants directs de Mizraïm énumérés, il y a eu des hommes à teint foncé, de vrais Nègres. Ce qui est sûr encore, c’est que cette race négroïde a toujours été la majorité. Souvent l’élément franchement nègre s’est assis sur le trône royal. fV. infra.) La science affirme, que la zoolâtrie abjecte de l’Egypte était empruntée à cette race „autochthone” (sic!) noire. D’autres vont plus loin, et veulent que les très policés Egyptiens ont pris toute leur religion aux Nègres! La vérité est, que le culte de l’Egypte a eu toujours un cachet parfaitement chamite, et c’est tout dire. S’il montre par-çi par-là des tendances plus idéales et un peu plus élevées, parions qu’elles sont dues à l’élément sémite, car Sémites et Chamites se sont compénétrés souvent, et notamment en Egypte. Les monuments d’Egypte nous montrent donc de vrais Nègres. Rien d’ étonnant, puisque ce sont eux qui les ont érigés en grande partie! M. Hamy est étonné de trouver „de vrais Nègres” établis pendant la dynastie (2499—2301, et non en 3700!) à la frontière de l’Egypte, d’où les Kushites les auraient plus tard expulsés, selon lui. Ils n’ont jamais été expulsés, pas plus que les Wahinda n’expulseront jamais les Wahutu. Le pays serait par trop vide. Il y a eu lutte intestine assez sérieuse, mais l’antique Egypte a été toujours un état chamite négroïde voire nègre, non obstant une aristocratie moins dégénérée, ou moins nègre si l’on veut.

On l’a vu, les Egyptiens distinguaient quatre races. Les Nègres c'etaient les Nahsi; eux se nommaient les Ruti ou Reta. Ce sont les Oritaej Auritae^ Kamrutij 'aÀÀosdveïç, les ünvdat de l’Inde selon Dion Périgétès, les „hommes d’une race étrange et barbare” de Bérose, enfin les Afridi ou Kafrati. Ces Noirs se considérèrent parfaitement, selon Diodore (l. IIL) les plus anciens habitants du pays, les fils de Kep-Khepsh, Kush-Habesh. Apulée était plus poète qu’ethnographe peut-être; il a pu se tromper, mais il mentionne (Metam., Kl) les Arii comme une race africaine, ensemble avec les Ethiopiens ou Kushites du Golfe Persique et les Egyptiens. Les auteurs modernes admettent l’origine asiatique de la population de l’Egypte. Ils font même venir les Retus, qu’ils identifient avec les Nègres, directement par l’isthme de Suez, ce qui n’est nullement établi. Ceux qui nient, contre toute évidence, cette origine asiatique, sont bien obligés d’admettre V influence asiatique, pour ce qui concerne les industries métallurgiques, les animaux domestiques, etc. Ces animaux voyagent avec l’homme; or si le zehu p. e. vient de l’Asie, il faut bien que son propriétaire en vienne aussi!

Quelques Egyptologues parlent de princes Ropâitoa du Sud (Assouan près de Memphis).

Il n est pas bien établi ce qu’il faut entendre par ces Ropnitou. mais ce qui paraît plus sérieux^ c est que 1 Egypte aurait eu des maîtres venus de V ouest et même du nord. Selon les uns c étaient des Berbères blancs^ selon d’autres des hommes du type Cro-Magnon. Rien n empêche qu’il y ait eu des infiltrations même japhétides en Egypte. Ce pays a été toujours le cai’refour du monde. Mais quant à C 3 tte influence occidentale il faudrait des preuves un peu plus sérieuses.

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