‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 26 sur 152 · ACCOUCHER · texte numérisé non relu

ACCOUCHER

est demandé aussi. Celui-ci fait boire à la patiente une tisane du bois d’un arbre nommé :

yjumuwanguru” et lui met des j,iviheko** = amulettes sur le ventre et la poitrine. Il reçoit comme salaire une chèvre). Pour que la femme accouche vite^ on descend les ustensiles de cuisine etc. {— inkono), suspendues le long des parois de la hutte, et on les met par terre. On laisse le feu au foyer, La femme reste au lit (rarement) — ari mu 'kiriri, ou s’assied par terre, le dos appuyé contre le pilier du milieu de la case (= kufu~ kama ku'nkingi. L’enfant, aussitôt né, est lavé à l’eau froide (= kumuhagïzâ n’amazi), puis oint avec du beurre (— kuslg^ amafuta. Après l’enfant est rendu à sa mère, qui lui masse la tête (= kuwumJÿ umutwe ou : kukanda ou :

kwegeranya). On dit que c’est, pour que la tête ne devienne pas trop grande (sic) ukuwe mutoijij mais il y a évidemment un motif mystérieux au fond de cette singulière pratique. jjkuwumba” veut dire: „former”,

„plasmare”, „ créer” par extension. Ne serait ce pas une sorte d'initiation, de baptême payen, administré par la mère, fonctionnant comme prêtresse, pour faire de son enfant un vrai fils d’Imana (Cham divinisé), disciple des Esprits-mânes nationaux et familiaux? La mère module, masse avec les deux mains (= iminwi) la tête, aplatit le nez (= kuwadW izuru), ferme les lèvres (= kuwumbatany^ iminwa), allonge les oreilles contre le crâne, passe les mains sur les yeux, comme pour les fermer (= kuhumura), et allonge, en tirant, les mains et les pieds (= kugorora ou : kumanûra). Les femmes Watwa ont la même pratique.

L’accouchée est lavée à l’eau chaude par les commères; on lui presse le ventre avec une espèce d’herbe pharmaceutique. Elle reste enfermée à la maison (= kuwa n’urwahi^ urwahi ou: urwari) 4 jours (fille) ou 5 (garçon). La ^placenta” {— kuragarr Hngovi) est enterrée sous le lit dans la case. Le cordon ombélical (— uruzogi), qu’on coupe avec un morceau de bois effilé, est conservé comme amulette. Lorsque la femme sort, elle se coiffe d’une couronne d’épis de maïs (= kutek^ urugori ou: urutanyï). On lui rase la tête. La femme Mutwa ne porte pas cette couronne et n’est pas rasée (= kumwa). La touffe de cheveux (= invanda), qu’a l’enfant sur le devant de la tête, est rasée et conservée. On verse, avec une calebasse, du lait surl’ombélic (= warawik^ ikikunga mu^nkondo). On sait pratiquer avec succès la section césarienne (= kusharra). Si une femme enceinte meurt, on extrait le foetus (= kuwâga). S’il y a des embarras (= kugora nina), le „fundi” (= umu^ kecyuru ou : umuvyazï), aide (= ashir^ukuwoko mu^nda ku^ kugarura). Beaucoup de femmes, parait -t-il, étranglent leurs enfants (= kumu~ nïga: amwicye). Un enfant, qui se présente à l’envers, (= akagûru, uwuguruj kashindyé), n’est pas tué. Un enfant né avec des dents (=: isema, wa ^sema, ou : ikimuga, ou : ikihume : aravyay* umwana wHsema) est tué, étranglé,

Page 1