‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 29 sur 152 · AGRICULTURE · texte numérisé non relu

AGRICULTURE

consiste en bouse de vache (— amase), excréments de chèvre, de poule, etc. {—amahenehené)^ cendres du foyer {—iminyota), balayures (= umwavvu), cendres (— iminyota) des herbes mauvaises brûlées (— invumba)^ des racines (= imidzi), des tiges sèches de sorgho (= ivi~

L sakkasakka, ivisidzi y^amasakka), etc. Tout cela est prétieusement porté au champ. Les Warundi ne font pas (comme les Wanyamwezi) des sillons, mais piochent à plat („sesa-sesa”). Au lieu de fourrer les herbes vertes, etc. sous les sillons, ils les coupent d’abord, les laissent sécher et les brûlent. Ensuite ils piochent la terre et cela très proprement. Les champs placés le long des coteaux ont la forme de longues et étroites bandes de terre, entourées en haut et à côtés par des rigoles (= imirvu, imigazo)^ pour que les pluies, tombant torrenti ellement n’emportent pas la semaille et abîment les champs. Leur pioche, très primitive, ne leur permet pas de creuser profondément la terre; autrement le sol kirundi (très fertile déjà, = latérite rouge très gras, excellent „humus” noir dans les vallées) serait infiniment plus productif encore.

Malgré cela, les champs des Warundi, fumés ainsi, sont en très bon état et très proprement labourés. Les Warundi plantent ou sèment toujours apres avoir bien pioché la terre. Pour planter des haricots ou petits pois (= iviharage), on fait avec la pioche un petit trou (= kucy^amawango)^ on y dépose 2 ou 3 grains (= kuteragira imbutd) et on couvre aussitôt avec la main ou la pioche (= kuzimanganya). Le maïs (= ivigori) et les arachides (— ivyoba) sont plantés de la même façon. Le maïs est d’abord mis pendant une journée dans l’eau (= kuwombëkà ivigori). Les arachides sont plantés écossés. On sème à la volée le sorgho et l’éleusine (rm kuwiwa ou: kumidzja masakka, mvuro,

kutera imbutOy kumidzja interwa). Après on remue la terre avec la main et on recouvre la semaille de terre (= kuzimanganya imbutOj amawangOy kufürïrâj kukangassa). Les ignames (— amatuku) et j^amateke'^ {— amaganuzà) sont plantés (= kutëra) par oignons (~ imi~ yaho). On plante les patates (= ivizumbu) par plants ou boutures (= imizana^ imigozi yHvizumbUf imiwuto, ikihowago^ enfoncées un peu en terre sur des petites buttes (= amaburi). Le manioc (= umûmbâtï) est planté (~ kutëra) par boutures (= ivigeyene^ ivisingwa), c. a. d. par bouts de branche de manioe cassés en 5 ou 6 morceaux, fichés en terre.

On ramasse un peu de terre autour, de la sorte que le plant se trouve sur un petit monticule (= amaburi). (Pour la culture du „Bananier^% et du j,Palmier^^ V. ces mots). On cultive surtout pendant la saison pluvieuse (= urushana) c. a. d. de septembre ou octobre jusqu’à mars, avril. On commence par le maïs et les haricots; le sorgho et ,,1’uwuro”, viennent après. La grande récolte a lieu surtout en juin (sorgho, éleusine), mais en nov.‘ et même en oct. on mange déjà des

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