‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 30 sur 152 · AME · texte numérisé non relu

AME

^primeurs” (= maïs, haricots). Pendant la saison sèche (= îcyi) c. a. d. pendant les mois de juin — ^juillet — août — septembre, on cultive dans les endroits bas, humides, dans les vallons, le long des ruisseaux et des rivières (=kugâzûrâ ku^ miyanga). On y cultive surtout du maïs, des patates et des haricots ; on y récolte (= kusorôma) toute Tannée, de la sorte que les Warundi ont toute Tannée des légumes fraîches. Ces derniers champs surtout sont très soigneusement entretenus.

Les Warundi tirent merveilleusement profit de ces innombrables ruisseaux, sillonnant leur pays, par un système d'irrigation très ingénieux et savamment conduit (= kuv ornera umugazOf umozi). En général les Warundi ne cultivent que ce dont ils ont strictement besoin pour vivre. Leur riche sol pourrait produire immensément! Ne pouvant pas vendre leurs produits d’agriculture, pourquoi le feraientt-ils? La récolte (= kwlmhürà, amlmbûrô) est conserveè en grande partie dans les cases -mêmes, mais toujours on a, hors de la hutte, un jjikikeka" {— grand panier couvert d’un petit toit) pour conserver surtout le maïs, le sorgho, et les haricots. Les épis secs de maïs sont suspendus en grappes aux arbres quelquefois {=kumanika inkânyà). Les patates, les„mateke”,les ignames, le manioc, ne se conservant pas, sont plantés, récoltés et mangés au fur et à mesure. Les arachides aussi sont mangés aussitôt comme friandise. L’agriculture étant l’occupation principale des Warundi, on comprend que leur religion y est étroitement liée. Un des noms de leur esprit supérieur et national (Imana) est précisément ^Nyamuhingwa" et y^Nyamurimi" (= Ceres), des mots := kuhinga, kurima = labourer. Dans chaque district le chef donne le signal pour commencer la culture et le chef ne donne la permission qu’après que le roi, le premier, ait donné le signal. Celui-ci, avec ses j^Awafumu" (= Wa/iima)^ fait à cet effet force cérémonies et sacrifices. Le simple particulier fait ses dévotions adhoc à part lui. Chez le j^mutware" au contraire cela se passe plus solennellement, attendu qu’il fait travailler ses champs — en corvée — par ses sujets. Le nommé aussi

Nyamuhingwa, doit bénir la semaille (= kuhezagira imbuto) en criant, en gesticulant et en dansant devant les laboureurs du chef pendant qu’ils piochent. Tous les Warundi croient que le fils du roi, devant un jour lui succéder (= prince du trône), naît en tenant dans ses petites mains crispées toutes les semences des produits agricoles de Türundi (= aravyaye n' imbuto zose). Lorsque la grêle, ou une forte pluie après un orage, a abattu et aplati contre terre le maïs ou le sorgho, le propriétaire du champ prend une clochette et se met à courir de toutes ses forces autour de son champ en agitant sa clochette. Cette cérémonie religieuse s’appelle — kukangûra imirima — désorceler les champs. Après cela le maïs ou le sorgho se

redresse aussitôt. C’est un hommage à l’esprit, qui préside aux cultures (Bacchus-Ceres), pour brider les génies malfaisants qui ont abîmé le champ. Pour les produits agricoles jjHaricots" J ,jManioé", ^^Sorgho'\ „Éleusine'% ,^Bananes'\ „Patates” etc. V. ces mots.

Aînesse.

Le fils aîné de la prémière femme du roi (= umugabekazij ninamwezi, ninamurimo) lui succède au trône „de jure” (V. „ Royauté”).

Dans la famille d’un simple Murundi le fils aîné a beaucoup de droits ou plutôt privilèges. Le kiranga (prêtre) passe à son fils aîné, (ou à sa fille aînée, si le kiranga est une femme) sa lance sacrée (= uruhuka ou: urugabogabo) et ses autres insignes (= intutu) comme signe de succession. Le „mufumu” (= médecinsorcier) fait de même (= kivâtïrà). Cela se fait aussi pour perpétuer certains métiers dans la famille (caste). Ainsi un forgeron lègue son métier avec tous les instruments, etc., en mourant, à son fils aîné. L’enfant aîné est toujours très affectionné par ses parents. Il est leur gloire. Si le père meurt, dans le partage des biens {=kugawura umwandu)le fils aîné prend la plus grande partie (= kutwara ïrâgï y ose), plus grande même que celle de la mère. Si les enfants sont orphelins, le fils aîné prend soin de ses petits frères et de ses petites soeurs.

Allaitement.

La femme Murundi allaite toujours ellemême son enfant. Si la mère meurt, une parente ou voisine se charge de Tallaiter.

Les mères Warundi ont grand soin de leurs bébés, sont pleines de dévouement pour eux, les tiennent très propres, les baignent chaque jour, les frottent avec du beurre, etc. Les enfants tètent jusqu’à l’âge de 8 à 4 ans et même au delà. Les petits enfants Warundi ont toujours (à part quelques enfants maladifs, rachitiques) une mine florissante, superbe, qui fait plaisir à voir. Aussitôt que le garçon se passe de la mère, pour suivre le père, on le voit à sa mine plus pauvre, émaciée. Les filles au contraire, qui restent près de la maman jusqu’à Tâge de se marier, ont constamment la mine plus fraîche, grâce aux soins d’une mère soigneuse.

Ame.

Les Nègres ont généralement le même mot pour désigner Tâme, l’esprit, l’intelligence, le coeur. L’âme jj forma corporis” est pour eux (les Warundi si bien que les autres Nègres) sa doublure spirituelle, son sosie, son nvevfÆa, son pénate (penes -nos-natus), en autres mots: un esprit habitant le corps par l’entremise d’une enveloppe fluidique, se manifestant après la mort sous forme de fantôme, de spectre. Ils admettent donc V immortalité de Vâme dans le sens donné. L’homme, l’individu ne péfit pas, mais survît; Tenveloppe matérielle de cet être survivant, c’est le ver cadavérique. C’est le cas pour un simple Murundi. Car Tâme d’un roi, passant d’abord également

AMULETTE

AMULETTE

dans un de ces vers, se transforme ensuite en isato {= serpent python). Le dit ver est au début soigneusement nourri avec du lait.

Elle (l’âme, pénate) se montre encore sous forme de lion; l’âme d’un prince, d’une princesse sous forme de léopard.

Amulette.

Les Warundi portent beaucoup plus d’amulettes que les autres Nègres. Elles sont innombrables, de toute forme et composées de toute matière, d’après la riche phantasie des „wafumu” ~ faiseurs d’amulettes. Quelques Warundi, surtout les chefs et les vieux, en sont littéralement bardés, ainsi que les tout petits enfants. On en porte de vrais chapelets (enfilées à une ûcelle = urukororo rwHviheko) en bandoulière. Elles sont appliquées un peu à chaque partie du corps, selon le besoin, mais principalement à la tête, au cou, sur la poitrine, aux „genitalia”, aux poings, aux chevilles des pieds. L’amulette sert, soit à préserver de- ou prémunir contre un malheur, des maladies, des maléfices, goétie, etc., soit à procurer du bonheur en voyage, à la guerre, au ménage, etc. La forme est très souvent phallique, surtout dans les amulettes proprement dites = ivihekoy composées presque toujours d’espèces de bois. Ces configurations obscènes s’observent, du reste, dans beaucoup d’autres objets inatériels. N’importe quelle matière peut servir d’amulette et il est vraiment inimaginable avec quoi on les compose souvent. On dirait qu’ils affectent les matières pourries, puantes, dégoûtantes = cendres de corne, d’os, de plumes, de bois, — poudres de toute sorte de bois, — mélange de haricots moulus, — ongles de chat, de léopard, d’hyène, etc.; — osselets d’oiseaux, de boeufs, etc.; — peaux de serpents, — noir des marmites, etc. etc. Toutefois les morceaux de bois, varié à l’infini, de 3 à 6 cM. de longeur, sont les amulettes préférées. C’est Vamulette proprement dite, les poudres, etc. étant plutôt des remèdes. Pourquoi le bois^ et pourquoi cette forme phallique f Tout indique que c’est là une affaire de tradition^ que, très anciennement, l’un et l’autre fût révélé aux ancêtres des „Wafumu” actuels, que le salut, la guérison, le bonheur leur viendrait du bois et d’un emblème horriblement profané dans la lignée maudite. L’objet matériel de Vikiheko reste indifferent, profane, tant que le „mufumu y'iviheko'' ne l’a pas imprégné d’une vertu praeternaturelle, selon leur croyance, par la récitation de certaines formules et diverses pratiques, p. e. l’insufflation, etc. Le Murundi n’a pas foi dans le bois même, mais dans la vertu, la force, l’esprit, qui y est soufflé, qui y réside plus ou moins. Tous les faiseurs d’amulettes n’ont pas un pouvoir égal. Aussi cherche-t-on de préférence les amulettes chez des Wafumu célèbres. Selon eux, ce sont les esprits mêmes qui ont enseigné et révélé primitivement l’usage des amulettes à quelques grands „ wafumu”. Il y a des amulettes de famille. Les pères, à

leui* mort, les passent à leurs fils, les mères à leurs filles, pendant de longues générations. Les Watwa surpassent encore les Warundi dans la manie des amulettes, quoiqu’ils en portent relativement peu sur leur personne.

Ce sont eux, qui fabriquent presque toutes les amulettes des Warundi. Du reste c’est dans leur race, très livrée à la magie, que se rencontrent le plus de „ wafumu”. — Dans l’amulette, il faut distinguer l’élément et l’enveloppe, le' récipient. Très souvent la poudre magique est enfermée dans une corne (— ihembOf inkoronko = corne effilée, couverte de cuir) ; d’autres fois dans l’ongle d’un grand animal (léopard), une petite calebasse, une fiole, des bois creux, même dans une cartouche vide. L’usage de cette corne est très curieuse. On sait que, depuis la plus haute antiquité, elle fut un emblème sacré, de force, de puissance dans les deux lignées. Les Warundi prétendent, que cet emblème leur fut révélé aussi dans la nuit des âges — Dans la poudre (= iffu) ou pâte, introduite dans la corne, on enfonce des petits bâtonnets en bois (— ingano, imambo, kukomera iviheko). On y enfonce encore des petits morceaux de fer, de cuivre {— utuma). C’est alors un amulette de guerre — impumvyo. Les petits fers représentent les flèches ennemies, dont on veut se garer (= kuhümvyâ ~ chasser, écarter, préserver). Les esprits mauvais craignent le fer pointu, disent les W af undi (croyance très ancienne, très répandue). Aussi les géants, redoutables magiciens, se servaient-t-ils d’armes en pierre, en silex et non en fer, quoique le fer leur fut très bien connu. Les fameuses haches, en silex taillé ou non, n’ont pas une raison d’être „ industrielle” mais religieuse, culturelle. — L’amulette, en forme de corne spécialement, est un gage de vie {= uwuzima), de santé (— amahoro), de force (= amagarra).

Elle rend victorieux dans le combat. Avant le combat, on se couche dessus, on la pose sur son coeur, etc. Les Warundi l’appellent leur amagarra — leur vie^ leur force^ leur salut. Chose curieuse, un des esprits supérieurs des Watwa s’appelle précisément Ndagarra = force, vie. — Les amulettes étant „legio”, comme leurs esprits, impossible de les décrire toutes. Choisissons en quelques unes ; la liste suivante en donnera un certain nombre. Pour écarter l’influence des goètes, les maléfices d’une case, on enfonce au milieu de la porte, sous le sueil, des piquets de bois. C’est un impUmvyo (kuhümvyâ) de la magie (== uwurozi). — Pour se préserver de la foudre, on porte au cou, ou en bandelière, un petit bois creux (= umwamira), ou un morceau de corne creuse (= isoro). On siffle (= kuhuka) sur cet instrument et la foudre épargne le dévot (= kuvutsHsoro). — Les aérolythes (= ikifanga, arnavi yHnkuba) portent bonheur» Ou s’en signe, on l’avale (mise en poudre). — Pour se préserver des crocodilles, on porte au cou un petit bois (= ikiheko cyHngona: umuhasha, umuhuna, umusivyd), ou bien une corne de

AMULETTE

KWIKABBA

mouton, dans laquelle sont enfermés des petits morceaux de dent de crocodille, de sa fiente, etc. — On porte encore à la nuque peux petites cornes de gazelle (= utuhembe twHmpongo). C’est un jjimpümvyd^^ encore qui préserve des maléfices, des maladies. — Pour se porter à merveille, on porte des bracelets de tout petits bois ronds et percés (= utuheko). — Pour se délivrer des vers, on porte au cou Vikiheko cyHnzoka c.-a.-d. des racines et des feuilles formant un bracelet et entouré

de ficelles. Les hommes ont souvent tout un chapelet de 30 à 40 amulettes en bois, courtaux, ronds, de forme phalhque, pour se préserver ou pour guérir de toute maladie.

Les mères, craignant beaucoup pour leurs petits enfants toute sorte de maladie et surtout les maléfices des goètes (Hexen), les couvrent littéralement d’amulettes (== iviheko vy'awana). Un collier (leur palladium), formé d’objets les plus disparates, cerne leur cou. On y voit des cornes de vie, des ongles (= inyashiro)^ des pattes de perdrix, des os de python (= igufa rHsato: ntimuhumirej des cheveux (== imisatsi)y un morceau de peau de sanglier (= urukanzuj contre Viniisozi), des fruits durs, des noyaux (— indibu), des écailles (= umuyuwu^e), etc. etc. Souvent la mère y ajoute encore tout un petit panier ou sachet contenant toute sorte de semences, les cheveux {— invanda) avec les quelles l’enfant est né, un morceau du cordon ombilical (= uruzoga), etc. Chacun de ces objets a un sens mystique. On le voit: les mères dévouent leurs petits à tous les esprits infernaux ensemble. Les pauvres sont bien liés, garottés! V. Fig. n<». 2, 3.

Amulettes et remèdes employés superstitieusement.

La lettre A. après le mot, indique que ce remède est le bois d’un arbre de ce nom.

Umwambingwe: A. remède contre les ivi~ nyoro (syphilis).

Umwamira: bois creux, préservatif de la foudre.

Umumbaraga: A. grand.

Imbàtürâi A. remède contre les ivinyoro (syphilis).

Imbonekerakure: A. blanc.

Indibu: fruits durs, noyaux, portés enfilés en chapelet par les petits enfants, comme préservatif contre la maladie, la magie, l’oeil mauvais, etc.

Umwegeranya: bois pour fermer le j,rugo'’ \ est mis à l’entrée.

Umweza: A, grand.

^ Ikifanga ou : amawuye w'ïnkübà = aérolithes, pierres de foudre: on se signe avec, on l’avale, pour avoir de la fortune, du bonheur.

Iffu: poudre magique de toute espèce renfermée dans des cornes, wiheko, etc.

, Ikifumbafumba : arbuste.

Infûmvyà: amulette de guerre; donne l’invulnérabilité.

Umugango.

Wugango (urukdgô): A.

Umugano ou: imàmbo = petits bâtonnets

dans la corne d’un amulette, figurant les »sagittae” ennemies.

Umugaragara ou: umugirigiri: ^^isunzu^^ — toupet de coq.

Umugarika: A. ; sa feuille sert pour charmer les poissons.

Urugema.

Umugeregere: A. sa feuille sert pour attirer la pluie.

Umugerekwa ou: umusomera,

Umugerere.

Umugimbu ou: umuviru: A.

Umugirigiri ou: umugaragara: umwirago.

Umugo.

Ikiheko cyHngona. V. umuhasha, umuhunay umusivya.

Ikigondo : piquets fichés dans une corne, etc.

IngufarHsato: petit os d’un serpent,, python” qui préserve l’enfant de maladie, de magie.

Umuguwe.

Umugwoha.

Ikihahe: A.

Umuhamuro ■= bande dont le mufumu s’orne la tête.

Umuhandagaza: A. épineux.

Ikihare: ornement en cuivre, en forme d’entonnoir, bourré souvent de poudre magique, comme préservatif.

Umuhasha: A. petit; remède contre la morsure de l’hippopotame.

Ikiheko i mot générique pour désigner un amulette.

Ikiheko cyHngona: amavvi yiwe: mis dans une corne de mouton = préservatif contre les hippopotames.

Utuheko tw'awana: préservant les petits enfants de maladie, de magie, etc.

Utuheko: mot générique: petits bois ronds et percés.

Ihembe : mot générique ; amulette sous forme de corne, remplie de poudre magique.

Ihembe nHvigondo: corne garnie de petites pointes en fer; garantit l’invulnérabilité.

Utuhembe twHmpongo (impûmvyÔ): deux

cornes de gazelle, portées à la nuque, contre les maladies, les maléfices, etc.

Kuhezagïrà iffi^ par: ikiwumbura: fait multiplier les poissons étendus par terre.

Umuhindamuyaga. A.; sa feuille sert pour charmer les poissons.

Umuhomora: A. \ sa feuille sert pour charmer et attirer les poissons.

Umuhora: A.; sa feuille sert pour charmer les poissons.

Umuhubo

Umuhubo.iA. „dawa”.

Umuhumu: A.

Kuhümvÿâ uwurozi : se prémunir contre l’atteinte des sorciers et des sorcières, en mettant des piquets au milieu de la porte de la case.

Umuhuna: A. petit; préserve de l’hippopotame.

Ikihungere: A.

Kwirabba: umwirabo: signe fait avec de la boue ou de la poudre sur le front, la tête, la poitrine, etc.

IKIYAGOMERE

UMUVUTU

Ikiyag orner ei A.

Umuyuwure: écailles de serpent: préservatif d’enfant.

Urukâgô ou: umurasago: signe sur le front, etc., ou : tatouage (point de feu) sur le corps.

Umukando ou: umuzenga: A.

Urukanzu,

Umukengamwera,

Amakenya.

Irikika ou: isenge: dent polie d’hippopotame; portée au cou, préservatif; s’il tombe par hasard, c’est mauvais signe.

Umukingo.

Kukomera iviheko = ficher des piquets au milieu du seuil de la porte, pour écarter les sorciers.

Akakoni: A. remède contre Vikituntu = maladie de poitrine.

Umukundambaza.

Inkoronko: longue corne, garnie de cuir.

Kukorora urusenga: frotter le filet. V. uru~ sango rw^iffi.

Umukororo : A. petits bois ; remède de poisson.

Urukororo rwHviheko = tout un chapelet d’amulettes enfilés à une ficelle.

Ikiheko cy'ïnkühd: oeuf d’autruche placé sur la case, contre la foudre; dito: pour obtenir la fécondité de la maîtresse de la maison.

Umukuha: A. sa feuille sert pour charmer les poissons et pour attirer la pluie.

Ikikuyu. A.

Umukundambaza: A. ou: umuvuba: A. remède employé dans les „ordalia.”

Umukuwagwa: A. grand.

Imambo ou: ingano: petits bâtonnets ou pointes, fourrés dans la corne, pour designer les traits ennemis dont on veut se préserver.

Umumuna: A.; poudre du bois de cet arbre.

Umunanira: poudre pour chasser la pluie:

kwicy^ïnvürà,

Umunaniranzovu: A. dur.

Umunazi: A.

Umunembe: poudre pour chasser la pluie:

kwicy’ invura.

Akanyanamafundo: A.

Umunyamavu.

Umunyamazi : poudre qu’on souffle dans l’air, en partant, pourque le voyage soit heureux.

Ikinyogomeye.

Umunyuwanyamanza.

Inyashiro: ikiheko cy^umwana: ongles de

différentes bêtes (léopard, etc.): préservatif d’enfant.

Akanyereze: A. ; sa feuille sort pour charmer les poissons.

Impumvyo de: kuhûmvyâ = chasser, écarter les effets de magie ou: urükàgô = signe préservatif; mot générique.

Irandi ou: iffu rHkirungo: poudre qu’on souffle dans le nez du chien de chasse pour qu’il chasse bien.

Umurangara: A. grand.

Umurangûra: corne, signe distinctif du jjmufumu'% portée au milieu de la tête.

Umurasago ou: urUkâgÔ,

Umurasano.

Umurawake,

Akareke.

Ikirezi: coquillage porté au cou; ornement pur et simple (?)

Urirangenda: A. ; sa feuille sert pour attirer la pluie.

Umurugoro ou: umuwarage: A.

Iffu yHkirungo ou: irandi V. irandi.

Umururasasse: plante amère contre la syphilis.

Umurasakwa,

Umusâbïkô: nom générique: remède plutôt naturel.

U musanganira .

Umusange.

Urusango: arbuste, remède pour avoir l’estime du chef, d’un grand.

Urusango rwHffu: poudre dont se frottent les pêcheurs, ainsi que leur filet, pour réussir dans leur pêche.

Umusanyi: A. ; l’écorce de cet arbre procure l’invulnérabilité.

Isato: écaille, etc.

Umusatsi: ikiheko a/umwana: cheveux de naissance; préserve l’enfant de maladie, des effets de magie, etc.

Ikiseka.

Isenge ou: irikika. V. irikika.

Umusenyekwa : A. ; sa feuille sert pour charmer les poissons.

UmushlngirÔ : philtre, aphrodisiaque (?);

empêche l’épouse soupçonnée d’infidélité de s’en aller.

Kushinga iviheko: ficher des bois = amulettes au milieu du chemin, du carrefour, etc.

Umusivya: A. petit; préserve de l’hippopotame.

Umusomera ou: umugerekwa.

Umusomora: A.; sa feuille sert pour charmer les poissons.

Isoro: kuhuha, kuvuts*isoro : corne creuse dans laquelle on souffle contre la foudre.

Umusukiranyi: remède à poisson.

Umusungo.

Ikisusa: racines d’arbre, portées en anneaux au cou contre les vers.

Ikitahotorwa: A.

Umutangarumba: remède contre Vikituntu ~ maladie de poitrine.

Umutangatanga: remède contre Vikituntu = maladie de poitrine.

Umutarirenza.

Umuti: nom générique: remède, amulette.

Amatimburo.

Akatore?

Utuma: kushinga utuma: petits morceaux de fer, fichés dans une corne, figurant les flèches ennemies.

Invanda: touffe de cheveux avec lesquelles l’enfant nait; préservatif contre les maladies.

Umuviru ou: umugimbu: A.

Umuvivi.

Umuvuba ou: umukundambazo: A.

Ikiheko cy' invura: oeuf d’autruche.

Umuvutu.

IKIVÜZA 9

ARBRE

Ikivuza: A.; sa feuille sert pour attirer la pluie.

Umuwarage.

Uruwashyo (impûmvÿôj: préservatif contre les armes ensorcelées; on frotte Tare avec (kusïga).

Urmiwazi: nom générique = umusabïkô:

remède.

Umweza,

Umwirawo.

Umwiziko.

Amawmje y^ïnkûhâ ou: ikifanga: aérolithes, „Donnersteine” : on se signe avec, on l’avale pour éprouver du bonheur, de la fortune.

Ikhvumbura ou : urusango — fait multiplier les poissons étendus par terre (kuhezàgirâ).

Umuzenga ou: umukando: A.

Akazina umuti = feuille de plante, sent bon.

Uruzino: poudre.

Uruzogi: cordon onbilical porté par l’enfant comme préservatif contre les maléfices, les maladies, etc.

Ikiheko cyHnzoka: ikisusa: racines portées au cou contre les vers.

Umuzuzo f

ÀiAiée.

I Les Warundi ont des années lunaires. La I durée d’un an toutefois est toujours un peu vague chez aux. Le mot umwaka sert même à designer une longue durée, pour dire qu’il y a longtemps. Ainsi un malade dira: ^^ndarwaye umwaka, ndarwaye umwaka urashikd^’ = je suis malade depuis longtemps. Mais ce longtemps peui n’être que de dix jours! La durée d’un an est ordinairement comptée d’une récolte à l’autre, ou de l’epoque des semailles d’une année à celle d’une autre ; elle coïncide donc avec notre an solaire. La chronologie n’existant pas chez les Warundi, on ne compte pas au delà de 5 à 10 ans.

Lorsqu’un Murundi parlera de 20, 50, 100 âns, c’est qu’il n’en sait rien, et qu’il veut dire simplement, qu’il y a longtemps de cela. Aucun Murundi sait son âge, combien d’ans il compte. Pour les petits enfants, tant que leur âge ne dépasse pas les 4 on 5 ans, on les dit âgés de ce nombre d’années. V. les mots: „Mois”, „Jour'\

Animal.

L’Ürundi étant très déboisé, il y a peu de gibier et peu de fauves. Les Warundi ne mangent la viande d’aucun animal, si ce n’est « celle du boeuf. Les W arundi sont Parwinistes ou plutôt évolutionistes à rebours. Selon eux les singes, surtout les cénocéphales, sont des hommes d’autrefois, transformés en bêtes pour leurs crimes; ou plutôt ce n’est pas une transformation physique, mais l’esprit, l’âme de ces hommes occupe ces bêtes. Sous la forme d’un lion ou d’un léopard on soupçonne un ancien roi, prince ou princesse.

Certains oiseaux (ibis) sont des humains transformés également. Chose très curieuse, les Warundi font descendre, par génération, de certains animaux d’autres, d’espèce toute différente. Ainsi p. e. le léopard a produit dix

autres bêtes, ou fauves. Cet évolutionisme se distingue de celui d’Europe, guHci les nouvelles formes animales diminuent en noblesse, descendent. Les faits lui répondent mieux en tout cas. Les Warundi, surtout les fiers Watutsi, se croyant bien supérieurs aux Blancs, appellent ceux-ci des bêtes: ivikoko, ivisukka, par mépris. A leurs y eux les Watwa ne sont pas des hommes non plus, mais des animaux poilus.

Génèse et transformation des bêtes selon les Warundi : Le lion sort d’un roi ; le léopard d’un „Muganwa’’ = prince. — Le léopard (ingwe) produisit originairement dix petits, d'espèce différente, e. a. umugomba, inkarra, inkima. Le inzobe sort du inzivye (= grande bête). Uinzobe produit à son tour le ishyâ.

L’inkende sort du inkima. Ije inguge ou.: inkobe sort du pori! (ümosso, Uhha), Jj'ikihimbi (espèce de chien) sort du ikihïnyàgï Ij'ingeyo sort du inkima ; V inkima lui-même du léopard (ingwe).

"Anthropophagie.

Les Warundi ne sont pas anthropophages; ils ont ce crime en horreur; le terme: „umuryawantu” est une insulte pour eux. Les Warundi appellent avec mépris les Wabembe, et les Wavira d’au delà du Tanganika des anthropophages. Ceux-ci le sont en effet. Quant aux Watwa, ceux de l’Urundi ne le sont pas, quoiqu’on l’ait affirmé des „Buschpygmeën” à l’ouest et au nord-ouest du lac Kivu. Toutefois il parait certain que les Warundi, comme tous les autres Nègres, font des sacrifices humains rituels, c.-a.-d. religieux, et qu’ils mangent à cette occasion de la chair humaine. Cela se pratique e. a.

dans les réunions secrètes (Sabbat) de leurs sociétés secrètes. C’est une réminiscence, horriblement difformée, d’une „ communion”, c.-a.-d. d’une appropriation ou assimilation d’une victime expiante et déifiante en même temps.

Arachide.

Les Warundi cultivent peu d’arachides.

Ils n’en font pas de l’huile. Ils les mangent comme friandise, ordinairement crues {= kuhekenya ivyoba viwishi)^ rarement grillées sous les cendres {= kukaranga), ou cuites dans l’eau (— kuteka). V, „ Agriculture') „Nourriture.'^

Arbre.

L’Urundi est presque complètement déboisé.

Le bois est très rare. Des forêts nulle part. Par-ci par-là. un peu de broussaille, quelques arbustes. Toutefois au nord-ouest, sur la crête des hautes montagnes on voit de magnifiques forêts de bambous et quelques beaux arbres A l’est et au sud-est également, on voit un peu de bois rabougri (Uyogoma, ümosso). L’Uhha et l’üshingo sont très boisés. Le long du Ruvuvu et de quelques autres rivières considérables on rencontre quelques beaux arbres isolés Le seul arbre, fréquent partout et planté à dessein, est une espèce de figuier „umu~

ARBRE

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