‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 31 sur 152 · ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE

manda'% dont l’écorce fournit les habits, et puis, dans l’Uzige et le long du Tanganika, le palmier ^^ikigazi'% qui fournit l’huile de palme. Si TUrundi est complètement déboisé^ c’est bien la faute des Warundi. Chaque année ils brûlent^ pendant la saison sèche (juin — octobre^ toute l’herbe sur toute l’étendue du pays, afin d’avoir de l’herbe fraîche pour le bétail. Les arbustes d’un an, qui poussent avec vigueur, sont évidemment grillés et périssent. Autrement en 20 ans rUrundi serait boisé. Il s’impose d’arrêter ces incendies, ce qui est très facile. Ailleurs où le pays est très peu peuplé, il est impossible de maîtriser le feu. Dans l’Urundi V expérience m’a appris que les herbes brûlantes, lorsqu’elles menacent tant soit peu les villages ou les champs, sont éteintes dans un clind’oeil, sur une grande étendue, par la population alarmeé par le chef adhoc. Il suffit de rendre le chef responsable. Les seuls bouquets d’arbres qu’on voit dans l’ürundi, ce sont les ou les ,jivigahiro’% ou:

^jintatemwa^% c.-a.~d. les sépulcres, anciens „kraals” des rois, des princes, ou des chefs de rUrundi. On y admire des arbres grandioses, énormes ; on les soigne, on n’y touche pas, on n’en coupe pas une branche, mais surtout on en tient le feu éloigné. La mesure sus-dite s’impose, car le bois de construction manque absolument, et l’Urundi est un pays d’avenir, même pour des colons Européens.

Quoique l’Urundi soit déboisé, il est étonnant et vraiment curieux que les Warundi (surtout les „Wafumu”) connaissent des centaines d’espèces forestières: arbres, arbustes, etc. A l’article ^Amulette'' il est dit que le mot bois est synonyme avec celui de remède naturel ou praeternaturel (superstitieux). La plupart des amulettes et des soidisant renièdes se présentent sous forme de petits morceaux de bois, à la configuration phallique, percés, garnis ou non de poudre magique, et portés, enfilés à une ficelle, sur les différentes parties du corps.

Architecture.

L’Architecture (— kuwakka, icyuwako, uiimwatsi), si l’on peut employer ce mot, est très rudimentaire chez les Warundi. Le type de leurs cases est partout le même. La case royale est simplement plus grande et mieux faite.

La hutte est ronde et présente la forme d’une boule coupée en deux. Le diamètre du plan est de 5 à 6 M.; la hauteur de à 3M.

Les cases royales ont jusqu’à 10 M. de diamètre. Les cases des Warundi sont généralement mal faites, avec insouciance, surtout pour le dehors, puisque à l’interieur on la rend encore assez prope. Les huttes des Watwa ont la même forme, mais sont encore plus négligemment faites. — Lorsque quelqu’un (un jeune marié p. e.) veut bâtir (= kuwakka) une hutte (= inzu, ingoro = grande case du chef), il appelle à son aide quelques amis et voisins et les rassemble (= kuwararika awaivatsi). La construction ter-

minée il leur paye (= kuhemba) le pombe.

D’abord on va chercher dans les bas-fonds des rivières, les matériaux nécessaires (= kuhümbirâ, kucy^ubwatsï). On prépare aussi d’avance et on tresse (= kuhôtôra) les cordes (= imisuri, ivikwaso). Puis on commence.

L’endroit est choisi au hasard, sans règle fixe, surtout sans symétrie, à proximité de la case paternelle. On nettoie cet endroit (= kutawa uruwanza, kuvvira ubwatsï), on y coupe les herbes, on le pioche, on l’égalise. Pour mesurer et faire le rond, on plante un piquet de bois en terre kushinga)’ on y attache une corde longue de la moitié du diamètre voulu; à l’autre bout de la corde on lie la pioche (— insukka)', ensuite, tout en tirant sur la corde, on fait le tour du piquet en imprimant {— kukeba) avec la pointe de la pioche un petit sillon dans le sol. On obtient ainsi un cercle parfait. (Fig. n". 4). On approfondit et on régularise ensuite un peu ce sillon. La plupart des constructeurs commencent ensuite à creuser des trous (— kwimburura ivinogo), avec l’extrémité inférieure en fer de leurs lances, dans ce sillon, à distance de 20 à 25 c.M. Ces truos étroits ont une profondeur de 50 à 60 c.M. Avec la main on enlève la terre (= kukur'ivvu). Dans ces trous on place (= kutera, kushînga) des pieux ou plutôt de longues verges vertes (“ umuganda, umuhsingwa). (Fig. n". 6). On tasse et on enfonce de la terre autour des pieux (= kucyindâgïrci). A l’endroit où sera la porte (= ikiwanza cy^umuryango) on laisse l’espace de 1 M. à l'".20 où l’on ne place pas d%,imiganda'\ Les verges verticales plantées, on les relie toutes dans le sens horizontal par un gros cerceau, espèce de ceinture, formé de plusieurs bois minces (— imbariro).

Ce premier cerceau {= inkoma), placé a 0'*’.80 du sol, doit donner de la consistance à toute la case. ïj„inkoma'' placé, on y ajoute plusieurs autres, plus minces, en haut et en bas, à distance de 0^.30 l’un de l’autre, toujours dans le sens horizontal. Les interstices entre les miganda sont garnis (= kuteragira hagatï) avec des roseaux verts ou secs (= amasanga, imiwinguwingu). Le travail de cette première partie de la case (d’en bas) terminé, on le laisse provisoirement, et on commence par le haut, c.-a.-d. à confectionner la coupole, le dôme (-— ikisenge ou: ikisanganizo (fig.

n^. 5); kudzjisha ou: kusowanya ikisenge i. e. le tresser). On cherche un gros tronçon de bananier de l'f'.20 de longeur et on le place debout au milieu de la case en construction.

En attendant, deux hommes ont tressé (= kufundika akasanganizo, akasongero) avec des roseaux ou des papyrus croisés, la cime ou le fond de la coupole (exactement de la façon dont on commence le fond d’un panier).

On la place sur le tronçon de bananier et maintenant on l’agrandit et on l’élargit progressivement en y poussant et en y serrant, dans le sens vertical, de minces verges, des roseaux, etc. et en les liant sur des cerceaux

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