‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 32 sur 152 · ARME · texte numérisé non relu

ARME

(“ imbariro) horizontaux placés au dessous, concentriques et devenant de plus en plus larges à mesure qu’on descend et que la coupole devient plus grande. Tandis qu’on fait ce travail-ci dans la case, plusieurs hommes sont occupés en dehors à tresser de ces cerceaux concentriques. On les confectionne avec du bois mince et on les entoure avec des cordes en papyrus. On en fait de très longues (= kudzjisha, kwüngürd imitente, zizingurizo). On les place concentriquement autour du poteau-tronçon dans la case et on les lie en bas contre le plafond au fur et à mesure qu’on avance, à distance de O'J^.BO Le poteau devenant trop court, on soulève la coupole on y plaçant des fourches, d’abord courtes mais de plus en plus longues (— kumanika ikisenge, kuter^ inkingi). Pour consolider la coupole, on y lie, en les croisant, des verges solides (— kutatg ikisengé). La coupole terminée c.-a.-d. ayant à peu près le diamètre de la case, on la dresse définitivement à la hauteur voulue, à l’aide de piliers kumanika)] puis on plie les (== kuhetera)

et on leslie sur V „ikisenge^\ = wahamhirako); op y ajoute encore quelques ,jimitente'% „imbariro'' et la case est terminée. (Fig. n<^. 7). On la couvre aussitôt avec de la paille (= kusâkara ubwatsi, ou: uwukerwa). On couvre assez négligemment, on lie à peine la paille, si ce n’est qu’on fait en bas deux tours. On la place simplement (et abondamment) contre la case en bas, et on y passe une liane fortepour la retenir. En haut on jette plutôt la paille sans l’attacher. Toute cette masse de paille étant placée, on la lie superficiellement au dehors (— kusaglra). Pendant qu’on couvre, un homme tresse le toupet (= kudzjisha isunzu ou: ihugand). Ce toupet (à forme phallique) coueronne touts les cases des Warundi. Autour d’un bois pointu (qui sert à le fixer = kugemako), on lie de la paille, avec des cordes, serrées les unes contre les autres. On obtient ainsi un cylindre de 40 c.M. de hauteur et de 10 c.M. de grosseur, garni d’un rebord en haut. — Il n’y a pas de fenêtre. La fumée doit s’en aller par la porte. — La porte (=urugi)j assez: basse (1 >t^. 20), est soigneusement faite. Les montants (= iviwero vyHnzu) sont garnis de cordes en papyrus (= kudzjisha urugi^ kushira imitent^. Ordinairement elle sort un peu, forme un péristyle et est voûtée (— uruwasero ry umuryango)^ le tout arrangé avec élégance.

Les Watwa ont les mêmes cases et construisent de la même façon. Ce sont eüx, qui (formant un collège de constructeurs) bâtissent les cases royales. Ils y sont très habiles et font des vraies oeuvres d’art, ce qui est rémarquable, puisque leurs propres huttes sont très délabrées, plus mal faites encore que celles des Warundi. — En fait d’architecture les Warundi ne construisent que la case mentionnée et V enceinte ou cour {=urugo: ingo ~ hof.). La grandeur d’une telle cour, dépend, comme celle de la case, de l’impor-

tance et de la position sociale du propriétaire. Tandis qu’un jjurugo” du roi peut avoir 200 M. de diamètre (séparé en plusieurs sections), celui d’un simple Murundi est de 15 à 25 M, de diamètre. Pour la construire (— kuwakka urugOf kugerera, kuzitira), on procède de la manière suivante. On trace un rond ou un oval (jamais carré) de la dimension indiquée, un peu au hasard, sans corde. Avec le bout en fer de la lance on creuse des trous étroits et profonds, assez rapprochés et 'on y place les„immm?>i” c.-a.-d. des branches d’arbres ou des arbustes secs ou verts de 2 >".50 à 3 "*.00 de hauteur. Ces bois placés et bien fixés, on passe en travers, horizontalement (= kusowanya urugo) entre ces poteaux, une quantité de minces branches garnies de leurs feuilles. Une telle enceinte bien faite forme une haie épaisse, impénétrable. Souvent on la garnit encore d’épines. Ces branches (surtout les branches de ficus’') prennent racine quelquefois (— imirimbi y'imivyaro). A côté de l’entrée sont placés quelques bois plus gros et plus solides. Chez le roi ils forment un portail assez élégant. Pour fermer l’entrée la nuit on y tasse simplement un monceau de branches. — A part la case et le j^urugo" on construit encore des ,juruteka" — réservoir de vivres (Getreidespeicher). Ce sont des cylindres, tressés avec des roseaux ou des bambous, placés sur un entablement garni de 4 pieds et couverts d’un toit ou d’une coupole mobile, semblable à un „ ikisengé" de maison. — On le voit, rien de plus rudimentaire que l’architecture des Warundi. V. les mots:

j^Maison"j ^^Meubles" , j^Village". « m *

Arme. \

La vraie arme offensive, de guerre, des Warundi est l’arc avec la flèche. La lance est plutôt une arme de parade ou, tout au plus, défensive. Les flèches ne sont pas empoisonnées. Les Warundi tirent très bien de l’arc et ne manquent par leur homme à 40 — 50 mètres. Avec leur lance, servant de javelot, ils perceront un homme à 15 ou 20 mètres. Le fusil est inconnu (excepté dans rUzige et le long du Tanganika). Les boucliers sont rares. Les carquois également. Le casse-tête, lui aussi, est plutôt une arme de parade (ou de duel!). Leur long couteau ou épée est principalement un instrument de travail. Comme arme défensive ils se servent de bois pointus, vraies torpilles, placés dans les sentiers, aux abords d’un „urugo", dans une bananerie (contre les voleurs). Le Murundi est inséparable d’avec sa lance. S’il n’a pas sa lance, il n’est pas „vêtu”, dit-il. On peut presque dire qu’il nait avec sa lance.

Les petits garçons en ont déjà une, ou un bâton au moins. De très bonne heure ils s’exercent à la jeter, ainsi qu’au tir de l’arc. Les Warundi se promènent toujours avec leur lance. S’ils voyagent un peu loin, ils prennent aussi leur arc avec 5 ou ô flèches.

Les femmes se promènent avec de longs , bâtons, V. les mots: „Rois pointu" j

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