ASTRONOMIE
jjBouclier'\ ,jCarquois'\ „Epée'% „Couteau'\ ^^Bâton”j jjFusiV\ ,jLance'% Casse-tête"'. (Fig. n^. 3a, 18, 19, 20, 31, 35, 66).
Arrosage.
Les Warundi sont très habiles à arroser leurs champs, en utilisant les innombrables sources d’eau qui se trouvent dans leur riche pays. Ainsi, non seulement les vallées, mais encore les coteaux, le long des ruisseaux et des rivières, sont changés en jardins superbes, excessivement fertiles. Pour arroser ainsi, ils ont un procédé très ingénieux, quoique très simple. En amont le ruisseau, ou la rivière, est détourné en partie de son cours, à plusieurs endroits, à l’aide de rigoles, et l’eau longe ainsi les coteaux à une hauteur considérable, arrosant les champs d’en bas.
Elle circule également partout dans la vallée même (=: kuvômërâ imlrtma, kucy'imigazo ou:
imyâha, imivvu, kugàzürâ). C’est avec un vrai plaisir qu’on admire ces beaux jardins, fertilisés ainsi, et tenus très proprets. Dans rUzige surtout, les Warundi ne reculent pas devant des travaux énormes pour arroser ainsi des étendues considérables de terrain. Des rivières considérables sont détournées en partie de leur cours. Si l’on rencontre ainsi un ravin de 30 ou 40 M., ce n’est pas un obstacle. Avec une peine incroyable (vu l’absence de moyens de transport), on apporte sur place un arbre creusé de la longueur voulue (30 à 40 M.!) et on le jette sur le ravin, en guise d’aquaduc (~ kutâmbïka umutif ubwatOj umuzi w'amazi^ uwuzi, kücyâ imigende). L’eau passe par dessus et ira arroser plus bas un grand nombre de bananeries ou d’autres champs. Chaque propriétaire a sa prise d’eau. Le chef du village ou du district (= umutware) surveille que l’un ne prenne pas trop d’eau au détriment d’un autre. Evidemment ce système d’irrigation pourrait être perfectionné. Il est hors de doute, qu’un colon européen pourrait ainsi entreprendre des cultures très lucratives (café, etc.), surtout dans l’Urundi, qui est peut-être le pays le plus sain de la colonie.
'HVstronomie.
Les Warundi sont très peu versés en astronomie, en ont à peine une idée. Il n’est pas établi, qu’ils ont un culte proprement dit pour les astres. (Les Wirwana e. a. de l’Unyam’wezi, adorent le soleil levant sous le nom de Nyankassa). Chez les W arundi, comme chez tous les Nègres, la nouvelle lune est attendue avec impatience, et sa venue est l’occasion de réjouissances (danses nocturnes, partout ailleurs, mais peu chez les Warundi). Il est donc à croire, que la lune entre pour quelque chose dans leur culte. Le. soleil est la demeure d’imana, ou plutôt, tout ce qu’on voit au ciel comme sur la terre, est Imana (Panthéisihe), c.-a.-d. appartient à, est régi par les esprits pris collectivement et dont Imana parait être le premier. La lune est en même temps fille, femme, mère du soleil ; les étoiles sont ses „soldats” (concubines?). Les Warundi
d’Uzige, et même ceux de l’interieur, disent que le soleil est un feu, qui le soir s’en va chez les Wabembe au delà du lac Tanganika, ou dans VUwushi (= occident). Les Wabembe mangent le soleil, mais en laissent un petit morceau. Ce morceau s’accroit pendant la nuit, en cheminant le long de la voie lactée (= inzira y'izuba) et réapparaît le matin à l’orient. Les Wabembe (et tous les Nègres de Y ouest) passent, aux yeux des Warundi, pour des gens méprisables, damnés, anthropophages. Il est probable qu’il faut voir dans ce mythe (localisé ici), une réminiscence antique, c.-a.-d. l’idée du soleil, ou de l’esprit qui l’habite, mangé, dévoré, par un être ou une race d’hommes maudits (Tryphon persécutant Osiris et le tuant, etc.) La racine du mot izuwa = soleil, peut se rapporter à -zw, -za — idée de produire, de génération, ou de -wa = être. Malgré l’irréductibilité officielle des langues Bantu avec les langues Sémitiques et Indo-européennes, on ne peut pas n’être pas frappé des analogies suivantes. Le fameux Esus, Ezus, Oesus (Zeus) des Gaulois (Druides) était le dieu suprême, vivant. Le dieu-destin était nommé Mssa par les Grecs.
C’était le féminin de Aîssos, Aesos^ Aesar des anciens Grecs et Etrusques. Selon Pictet, Aesar, Easar signifie le feu intelligible, celui qui allume le feu, le générateur du feu, le fort par excellence (cabire). Aza en Chaldéen, Asam in Irlandais, veut dire: allumer. Aser, Azar en Arabe, Azur en Persan, Adur (d’où adurere, latin) en Zend, signifie: le feu; do là: Azi = véhément, Az = amour. Chez les Chaldéens, les anciens Persans et les Syriens, Aduar et Azuar sont le nom du mois de mars, mois où les Romains rallumaient le feu sacré de Vesta (Esthia), déesse du feu, etc., etc.
Dans tous ces noms, on retrouve la racine de -za. La lune passe aux yeux des Warundi pour un être capricieux, qui vieillit vite, sans devenir tout à fait vieux; car, étant sur le point de mourir, il redevient jeune. Le mot ukwezi (= lune) vient, selon toute probabilité, de kwera = être blanc, brillant, clair. Ce même mot se rencontre dans presque toutes les langues Bantu. La racine ezi contient aussi l’idee de -zaa = produire, générer, ou de puissance (-ezi, en Swah.). Le roi de l’Urundi s’appelle le Mwezi ou : Mwezi-Kisabo. Ce nom de Mwezi paraît être le nom commun de tous les rois de l’Urundi (comme Pharaon le fut des rois de l’Egypte.) Le nom d'Unyamwezi, Wanyamwezi a été, par erreur, appliqué par les Arabes, lorsque ceux-ci pénétrèrent dans l’interieur (vers 1840), au pays et aux habitants, qui se trouvent entre le sud du lac Nyanza et l’Igunda.
L’Urundi serait le vrai Unyamwezi, mais c’était un pays inabordable jusqu’en ces dernières années. Les fameuses „montagnes de la lune” où les Anciens (Hérodote, Aristoteles, Ptolemée, etc.) placèrent la source du Nil, et où les Dieux s’assirent, un jour de l’année tous à la fftahle du soleil” f se trouvent donc