BANANE
élevés de Mugamba (hauteur: 2400 M.), chez les Watutsi, le bananier a presque disparu. On y voit, par contre, davantage de petits pois et des haricots. Dans le sudest également, chez les Wamosso, on aperçoit peu de bananes. Les Watwa n’ont pas de bananeries, puisqu’ils sont passablement nomades. Ils achètent les bananes aux Warundi. L’existence dans TUrundi de ces bananeries familiales fait, que le peuple est plus sédentaire que les autres Nègres. Les variétés du bananier, dans l’Urundi, sont un peu abâtardies et moitié sauvages. Il est vrai, que les Warundi négligent leur bananeries, en y laissant pousser l’herbe, en ne coupant pas les feuilles, etc. Ils ne savent pas les soigner comme les Waganda les leurs.
Celles-ci sont tenues dans une propreté vraiment exquise, presque coquette. Les Warundi dédaignent ce soin, croyant sans doute, que leurs bananiers, végétant ainsi, donneront encore toujours assez. Les vieux troncs morts (après que le régime est coupé) sont à peine abattus. On laisse les rejetons pousser d’eux-mêmes. Earement on les transplante.
De temps en temps, on coupe un peu les herbes dans la bananerie, on la nettoie négligemment. Assez souvent on cultive, entre les bananiers, du maïs, des haricots, du sorgho, etc. Le terrain humide, dans les vallées, est le plus propice au bananier; mais il pousse partout, sur les coteaux, jusque sur les monts les plus élevés. Il est vrai, que là haut il y a toujours à proximité des sources.
On arrose quelquefois artificiellement les bananeries, surtout dans l’Uzige (V. „Arrosage'')^ en enterceptant une rivière et en conduisant l’eau par des rigoles. Les Warundi ne laissent jamais mûrir le régime sur la tige. Du reste, il n’y a que les enfants, les femmes, ou tout au plus les hommes malades, qui mangent des bananes mûres. Lorsque le régime a atteint sa grandeur naturelle, il est coupé, vert encore, au moyen d’un couperet (= jjurukero'') à longue manche. On écosse les pattes et on les cuit simplement dans l’eau. Beaucoup de bananes servent pour faire de la bière (V. ,,-Bière”). On laisse mûrir celles-ci artificiellement, dans un four souterrain (V. „FoMr”). Le régime coupé, le tronc doit mourir nécessairement. On le coupe en morceaux, on le laisse sur place ou on le range autour des pieds des autres bananiers; on le couvre de feuilles, de terre, et il forme du fumier. Les fibres de ces troncs servent pour faire des cordes. Autour du tronc mort sortent aussitôt de terre 4 à 6 rejetons. La plupart est coupéer On en laisse pousser un on deux. Quelquefois on les transplante. Les feuilles sèches servent à divers usages; pour couvrir les maisons, etc. Barque.
Dans l’intérieur de l’Urundi, les barques sont rares, petites, mal faites (4 à 5 M.); le long du Tanganika au contraire, elles sont nombreuses, bien faites, plus longues (8 à