BARQUE
10 M. de longeur sur 1^.00 à 1^.20 de largeur). La barque des Warundi est creusée dans un seul arbre („Einbaum”) V. Fig. n^. 9. Le seul instrument, pour faire une telle barque, est une hachette très primitive (= ishënyb) avec une petite herminette (= akawazo). Les Watwa ne possèdent pas de barques, mais ce sont eux surtout qui les fabriquent. Au Tanganika, un certain nombre de pirogues sont faites dans les montagnes de Mugamba où il y a pas mal de beaux arbres, puis train ées au lac. Les plus belles pirogues viennent de l’Ubembe, de l’autre côté du lac. Ces Wabembe viennent les vendre aux Warundi. Pour 200 chapelets de perles Samsam (5 à 6 francs) on achète une très belle pirogue neuve. Au lac la pirogue sert surtout pour la pêche. Si la barque est grande, on fixe quelquefois deux bois de travers, pour servir de sièges. A la proue, au dedans dans chaque barque, sont sculptées en relief deux exubérances en forme de mamelles de femme. La barque étant un objet presque religieux (V. infra), cela parait rappeler les esprits, les déesses de l’eau des anciens (Nymphes). La barque n’a pas de gouvernail. Si l’on veut immobiliser une pirogue en plein lac, on jette une pierre fixée à une corde, en guise d’ancre. Pour faire avancer la piroque, on se sert, lelong de la côte où l’eau n’est pas profonde, de bambous avec lesquels on pousse. En plein lac on a une petite rame (ingaffi). Le rameur se tient toujours debout dans la barque, soit en ramant, soit en poussant. S’il est seul, il se tient en arrière. S’ils sont deux, et si la barque est assez longue, tous les deux se placent en arrière. S’ils sont trois, l’un se place en avant, deux en arrière; s’ils sont quatre, deux en avant et deux en arrière. Dans chaque barque se trouve une écuelle en bois pour enlever l’eau qui s’infiltre. Si une barque est fendillée, les Warundi savent fort bien la calfater. Si la fente est grande, on y met d’abord, pour que la fente ne s’élargisse pas et pour réunir les bords, plusieurs crochets en fer (de 8 à 10 c.M.
récourbés aux extrémités) forgés par les Watwa. Puis, avec un poinçon rougi au feu, on fait les trous de deux côtés de la fente.
Un gros morceau de roseau ou de bambous est fendu en deux. Ces morceaux sont placés, avec la partie creuse à l’intérieur, sur la fente et cousus fortement avec de la ficelle passée dans les trous. Le roseau bien fixé on passe dans le creux du coton ou bien des fibres d’un certain arbre (^wussa) bien frappées et formant une espèce de pâte rouge, ou d’étoupe. Si le trou est très grand, on y applique d’abord un bout de planche, provenant d’une vieille barque en ruine, et on la coud sur le trou avec des ficelles. Puis on met des roseaux, garnis d’étoupe, à côté de cette planche pour boucher toutes les fentes. — Au lancement d’une nouvelle pirogue, les Warundi (à l’intérieur au moins) ont u^e