‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 39 sur 152 · jWihorere nmwa?ia wanzje^ akatera · texte numérisé non relu

jWihorere nmwa?ia wanzje^ akatera

„Tranquil- enfant mon, il fait

lise-toi intimha’\" de la peine”.

,jKanina nmwana^\

„à sa petite mère l’enfant”.

jjAkadegedege kanina urnwana^

„I1 (l’enfant) agace sa petite mère l’enfant, akatera intimha'\

il fait de la peine”.

jjAshire ïtiro, ashire irungu” ; .

„ A cessé le som- a cessé l’abandon (l’émeil, tat d’être seul,

e. a. m. tu n’es plus seul”).

Cette berceuse (Wiegenlied), également charmante et naïve, est chantée par la mère pour calmer et endormir son enfant.

Beurre.

Les Warundi ne mangent pas le beurre, ne s’en servent pas pour frire, pour assaisonner les mets, etc. Il sert, à peu près exclusivement, à oindre le corps (— kuslga umuwiri amavuta). Faire grande toilette chez les hommes, autant que chez les femmes, consiste à se frotter tout le corps, de la tête aux pieds, avec du beurre, auquel on à mêle la poudre d’une pierre rouge (— akahama) et des essences odoriférantes. Les femmes Warundi (les Watutsi surtout) savent très bien faire du beurre, et l’arrangent très proprement. Après que le lait est resté 4 à 5 jours dans un pot (= ikisuko), qu’il s’est caillé (= urubu), on le verse dans une très grande calebasse

(= ikisabo, ikitererwa), à large ventre et au cou très effilé, Fig. n*\ 14. La femme, assise par terre (= kurâmvyâ), les jambes étendues, place cet ikisabo, contenant le lait, entre ses cuisses (== kutereka ku ^niiwêro), et le balance par un mouvement régulier de vaet-vient en avant et en arrière (— kuterera amavuta). Après un certain temps, elle verse (= kusukanura) le lait, battu ainsi, dans un autre pot (=ikisuko, Fig. n^. 17J; puis, avec une cuillère en bois recourbée (= indosho, icyorwa), elle enlève (= kwavûra) le beurre qui surnage. Le petit lait (= amatererwa), qui reste au fond, est bu. Le beurre est conservé précieusement dans des pots en terre cuite (= urwavya, utwihebe = petit; ikisimba, intumburwa = grand pot). Avec une feuille verte de bananier on ferme le pot (= kufundïkîrd). On le présente au marché (à Uzige) en pot, mais plus souvent en petite quantité d’une demie-livre, placé proprement sur une feuille verte de bananier. Bière.

A cause de l’abondance des bananes, les Warundi font beaucoup de bière. La bière de sorgho est assez rare. La bière de bananes est excellente et passablement forte. Les femmes W arundi possèdent vraiment l’art de la préparer. Cette préparation repose sur les mêmes principes que ceux de la préparation de la bière d’Europe. Qui leur a appris cela? Quesiion oiseuse, mais qui restera bien insoluble à jamais, comme tant d’autres. La bière est la boisson favorite des Warundi, comme de tous les Nègres. Ils en raffollent.

Ils se passent facilement de manger s’ils ont de la bière. Les Warundi, étant assez irascibles par nature, et la bière de bananes capiteuse, rarement ils boivent une cruche ensemble sans se disputer et se donner des coups de lance. Beaucoup de rixes sanglantes, de meurtres même, en sont la conséquence (V. jjivresse”).

1®. Bière de bananes (= inzoga yHvitoke, urwagwa, inkamagirwa yHvikarra). On cueille les bananes (— kucya ivitoke) encore vertes et on les fait mûrir artificiellement dans un trou creusé en terre, sorte de four souterrain (= urugarama, urwobo, urusingano). Ce trou est couvert en haut (— kucya urugarama) de bois et de terre. A côté, vers le haut, une ouverture (= umunwa) est laissée pour y passer les régimes de bananes. Le fond du trou est tapissé de feuilles vertes de bananier (= kusassa imitoto). Sur ces feuilles on dépose (= kutârïkà) les régimes à mûrir, qui sont couverts de feuilles vertes de bananier (= kufuka ivitoto). Sur ces feuilles vertes, on tasse ensuite beaucoup de feuilles sèches de bananier (= kufuka ivihwagahwagu, ivihundu). Sur l’ouverture du trou on place, pour le fermer (=■ kufurira urugarama) des bâtonnets, et sur ceux-ci ‘des feuilles vertes, puis de la terre. Avant de fermer, on allume les feuilles sèches placées sur les bananes (zz=z kuturira, kucyana, urugarama rurahîye,

BIÈEE

Page 1