BLANC
rurashushye, kushuha). Les feuilles étant bien allumées^ on ferme, pour que la chaleur s’y conserve. Après 4 ou 5 jours on ouvre le four et on retire (= kutarukurura) les bananes mûries (=umuhwif umwanikwa). Maintenant, pour en faire de la bière (= kugana ivitokej kukandura ivyakarra)j on procède de la manière suivante. Les bananes mûres sont écossées kutônôrâ ivishishwa) et mises dans une auge (=■ ubwato, uwuwaswa). Sur les bananes on met de l’herbe fine, sèche, propre ishinge), et on les écrase kugâna) en en exprimant le suc à la main avec cette herbe (— kukanyaj. On ajoute de l’eau (= kufura urwaga^ ou: kukamiza umuwaga) et on enlève l’herbe (= kumimina, kiverïira ubwatsi) avec tout ce qu’il y a de solide (= uwudûdu). Ainsi, il ne reste que le suc pur (= umutobe). L’herbe est soigneusement tordue (— kukanya), pour qu’il n’y reste rien de ce suc précieux. Ensuite, avec une coupe, formée de la moitié d’une coque de courge (= uruho), on enlève (— kudaha) ce suc et on le verse (— kusuka) dans un grand pot de terre cuite (= umuwindi, intango)^ à l’aide d’un entonnoir en terre cuite aussi (= umubirlkïrà^ umu~ wumbwa). A ce suc (= umutobe^ amoke) on mêle alors un peu de farine de sorgho rouge (= kushira mu ’rukoma wHffu)^ pour faire fermenter. Ce sorgho (le grain) est d’abord grillé (= kukaranga) sur le feu, puis réduit en farine sur une pierre (=kushyâ ku "rushyo). Cette farine s’appelle urukoma. Le suc reste ainsi 4 à 5 jours à fermenter dans la grande cruche, après quoi, on le verse dans des cruches plus petites kuwaganiza mu ^miwindi) et on le sert à boire (= kudaha^ kusuka mu ^nzuho, ou: urugawuzo).
2®. Bière de sorgho — inzoga y^impeke, y^a~ masakka, inkamagirwa y'amahayiga. Pour la faire (— kwenka, kutoba, kuvurugutaj, on prend du sorgho blanc (=yera) ou rouge (= ama~ bayu) qu’on met dans de l’eau froide (— kwlnïkâ amasakka)^ pour le faire gonfler et germer. Après un certain temps, on l’enlève de l’eau (= kwïnürà) et on le met dans un panier où il germe (= humera) trois jours.
Après cela, il est exposé et séché au soleil (= kwanlkïrâ) pendant un jour, puis réduit en farine (= kûshyâ) sur une pierre. Dans un grand pot de terre cuite pn fait bouillir de l’eau (= kwârikà uhivarike), et on y verse la farine (= kusuka iffu mu bwâriké) tout en la faisant bouillir. Avec une spatule en bois (~ umuko)j on a soin de remuer toujours l’eau (= kukàndûrà). Après avoir bien brassé et mêlé le tout, on ajoute de l’eau froide (z= kwenka ivikandu)^ on remue et on mêle de nouveau avec la main (= kuvuruya^ kutoba n’ukuwoko). Enfin, on remiglit (=kuzura ) tout le grand pot avec de l’eau froide. S’il s’agit de faire de la bière de bananes, on ajoute à ce moment un peu de farine de sorgho (—urukoma), mais pour cette bière-ci on y ajoute un peu de bière aigre de bananes (— kushira umwâmbirà). Lorsque la
bière s’est un peu reposée (= kushïngürà), on la verse dans des cruches plus petites kuwuganiza), et elle est prête pour être servie.
3®. Bière douce, blanche = akafûngürÔ, umutobe, amakangavu. Cette bière non-fermentée est simplement de l’eau dans la quelle on a exprimé (= kugana) le suc de bananes mûres. Après 4 ou 5 jours elle s’aigrit. C’est une excellente boisson, fraîche, un peu acidulée, saine. Elle mousse comme du Champagne, et en a le goût à s’y méprendre !
Il n’y a guère que les femmes, les enfants on les hommes malades qui le boivent. Les hommes bien portants la dédaignent, comme trop douce et indigne d’eux.
4®. Hydromel, bière miellée = umutobe w^inzuki, umuganlrwa. Dans un pot en terre cuite on met quatre cinquièmes d’eau et un cinquième de miel (= kuwuganiza uwukki)\ on fait bouillir au feu (— kutara); alors on verse le tout dans une autre cruche, qu’on garde trois jours au près du feu. Ensuite, on met cette cruche pendant une journée au soleil kutara izuwa), pour faire fermenter (—ikashya). C’est une boisson saine, réconfortante, hygiénique. — Les W atwa, n’ayant pas de bananeries, font peu de bière. Ils en raffollent comme les Warundi. S’ils ont les moyens, ils en achètent chez les Warundi, en échange de leurs cruches. Les femmes W atwa savent la faire et la font selon le même procédé que les femmes Warundi. Dans ce cas, elles se procurent d’abord des bananes chez les Warundi. Elles disent être trop pauvres pour faire de l’hydromel. Leurs maris pourtant peuvent avoir du miel comme les autres. Dans l’Uzige la bière de sorgho est assez rare ; par contre, on y fait et on y absorbe des quantités invraisemblables de bière de bananes (V. ^Ivresse''). Dans l’üyogema et à côté de l’Uhha au contraire, la bière de sorgho est assez abondante. — Les Warundi ne boivent pas la bière à pleines gorgées; ils la sucent (= kusoma) toujours à travers un morceau de roseau ou de grosse paille = umukenke, umîinyosho. Les Watwa font de même. — La bière est à chaque instant échangée, en signe d’amitié, en cadeau. Lorsqu’on fait une visite, on offre la bière, s’il y en a. Boire ensemble (— kwinyewera hamwe, kutereka inzoga: warateretse) est une marque de confiance, d’amitié. Les parents et les membres d’une famille s’invitent ainsi (= kutïmïrâ) dans certaines occasions. Les Warundi (Wahutu) boivent la bière avec les Watutsi, mais jamais les Watwa ne feront cela, ni avec les premiers, ni surtout avec les derniers.
Blanc.
Les Warundi, comme les autres Nègres, appellent les Blancs des Wazungu, ou: Awazungu. Ce nom parait synonyme a vec Murungu, Mulungu, Mùngu, mot employé généralement, pour désigner Dieu (le vrai). Ils considèrent donc les Blancs comme des êtres supérieurs.