CHARMEUR
nairement la limite entre deux districts; la franchir est signe de déclaration de guerre.
„Isenge'' = dent d’hyppopotame, amulette de guerre, portée au cou à une ficelle. Si cette dent se détache par hasard c’est un signe néfaste, la guerre sera malheureuse, ,,/wama” = esplanade devant le yjUrugo^\ où les boeufs stationnent.
,4. Voici deux chansons des Watwa (chants de danse).
a. Umwami yuhlrwe;
Le roi boit (a de la chance?);
heke ! wime !
qu’il règne! qu’il domine!
Turi wahungu w^Iwawuye.
Nous sommes les enfants du pays de
la pierre.
Ugarukay wahire.
Retourne (que je qu’on ceuille de retourne, arrière !), l’herbe.
Cette chanson est intéressante à cause de ses expressions archaïques, de vieux Kirundi (ou de Kitwa?). Kuhirwa veut dire: boire de la bière, ou: avoir de la chance, ce qui est tout un pour un Murundi, voire même un Mutwa. Kuheka est un mot archaïque qui veut dire: regner, ou: kwima (d’où umwami) = .être roi, kuganza. Le verbe kwima a aussi un sens obscène. Y- aurait-il encore ici un mystère? (bos Apis, dynasties divines de l’Egypte, abominations de Bubastis?). Ces Watwa se disent les enfants de la pierre, du jySilex”, descendants des géants (!) ante-et post diluviens, se servant d’armes en silex.
(V. yy Aborigène”). Kwahira ubwatsi veut dire: aller chercher de l’herbe pour l’offrir en hommage au. roi.. (V. yyPolitesse” yy Salut”). hj Twisabire ingoma ku ^muhanyi Nous deman- le tambour au chef dons
nuko n’umwami turamuhaive.
car le roi nous le possédons.
Heka ! wime !
Qu’il règne! qu’il domine!
Pruguru mu ^virimba (kwirembo).
Là haut entre les bois-sacrés (dans
les sépulcres royaux).
La dernière expression est très curieuse.
Le chansonneur fait regner le roi sur les mâneSy les ombres des sépulcres de ses ancêtres. C’est presque une identification. C’est une apothéose anticipée; car le roi, une fois mort, sera dieu-mâne à son tour.
Chant.
Les Warundi chantent peu et très mal.
Du reste, ils sont rares les Nègres, qui chantent bien, et qui aient de belles voix. (Les Wasumbwa de l’Ushirombo, toutefois, chantent assez bien). Chez les Warundi, chanter, danser et prier sont choses synonymes, qui s’accompagnent à peu près toujours. — Ils ont trois manières de chanter. La premièt'e (kuzwlra) mérite à peine le nom de chant.
.Ce sont des cris aigus, stridants, criards, tirés de la gorge, presque sans prononcer de mots. Ce chant (!) ressemble un peu au nasil-
lement des Arabes de l’Algérie. La seconde manière (— kuvina, kuririmba) ressemble davantage à notre manière de chanter. Les paroles en sont brèves, incohérentes, elliptiques, inintelligibles même pour les Warundi. Souvent ils n’ont pas de sens déterminé. Ce sont des noms propres, des épithètes, des sobriquets, des demandes, des souhaits mêlés pêle-mêle, sans ordre. Pour en comprendre quelque chose, il faudrait savoir, quand le chant a été composé, pour qui, dans quelle circonstance. Du reste, la plupart des chants ou chansons n’est pas comprise par les Warundi eux mêmes; ils l’avouent volontiers. Pour eux, cela a peu d’importance.
„0e n’est qu’un chant”, disent-ils, on le chante pour Vair et pour le plaisir de chanter. Ce sont surtout les chants et les hymnes sacrés, qui sont à peu près inintelligibles, si non, peut-être, pour les initiés. La plupart des Warundi avouent franchement, qu’ils n’y comprennent rien. C’est, du reste, du vieux Kirundi, archaïque, oblitéré. — La troisième manière de chanter (= kutazlra amazina, ku~ vuga amazina, kuvina) consiste en une sorte d’improvisation chantante et dansante à la fois. L’improvisateur débite en sautant, en gambadant, en courant et en hurlant, avec une volubihté prodigieuse, un tas de mots, de bouts de phrases sans lien ou sens, des épithètes, des insultes même, à l’adresse de tout le monde. C’est une façon de remercier pour un cadeau reçu (V. „ Cadeau”). Les Watwa chantent ni mieux ni pire que les Warundi. Ils le font seulement avec plus de fougue, de rage. Ils excellent surtout dans la troisième manière de chanter ou d’improviser.
Charmeur.
Parmi les faux-prêtres, plus ou moins diabolisants, des Warundi, les Devins, Guéris^ seurs, ,yPluviatores’% yyKiranga” , etc. (V. ces mots), les Charmeurs de poissons (— umufumu wHmboga, ou: umutetsi) occupent un rang important, surtout au lac Tanganika. Ces individus ont, selon la ferme croyance du peuple, le pouvoir d’attirer, de faire affluer les poissons (= kutera ifwi zirara), et aussi de les éloigner! Ce pouvoir est héréditaire et se transmet de père en fils, par une sorte d’initiation (— kuraga uwutetsi wHfwi). Le charmeur lui-même ne doit pas manger des poissons. L’opération se nomme kutera imboga, litt. frapper, faire la guerre aux poissons.
D’abord le mage va ceuillir les feuilles de certains arbres, dédiés à chaque espèce ou variété de poisson. Pour les poissons :
irumbi, il faut les feuilles de l’arbre: umuhomora tv’irumbu; pour les ikirorage, celles du umugarika ; pour les urugarye ou : uruvukuzi et amasangaraga, celles du nmusomora ; pour les akarumba, celles du umukuha’y pour les amaseza, celles du kuhindumuyaga ; pour les ikifyuno celles du akanyereze ; pour les ^mu~ sisha, celles du uwahora, enfin pour les umunyanyamma, celles du = umusenyekwa. — Ces
CHARMEUE