CHEVEU
par le collier (umucyumi, umucyweto) du chien. On tient les deux bouts de la corde à la main. Pour lâcher le chien (kushumûra imbîva, ou: kurëkürà), on lâche un bout de la corde et le chien part. Au cou du chien est attachée une clochette (= inzogera, indendezo) de fabrication indigène. Fig. n". 26. C’est une plaque de fer, allongée et recourbée, laissant une fente sur le côté. En haut se trouve un crochet (= idzjishOf intôbôrô) pour le fixer au collier, et au milieu un battant (== akumaj akayogera). Le but de cette clochette est, que le chien, par le bruit qu’il fait, fasse mieux lever le gibier. Le terrain de chasse, ce sont quelques vallées désertes, plus ou moins boisées encore et certains terrains incultes, enbroussaillés (— icyamba, ikisanzé). Lorsqu’on a choisi le terrain où l’on soupçonne du gibier, les chasseurs se placent à certaine distance l’un de l’autre, de telle sorte, que tous forment un grand demi-cercle (kutega). Aussi-tôt qu’on aperçoit une bête (kuwuka : warawuyé) et que le chien le voit aussi, celui qui mène le chien, l’attire à soi, lui couvre les yeux quelques instants avec les mains {kufuka, kuhisha imbwa), pour que le chien voit mieux, disent-ils; puis, on le lâche sur le gibier en lâchant la corde {kushumüra). Le chien harcèle la bête, les chasseurs accourent et la tuent à coups de lance ou de flèches. — Les Watwa ont une intéressante manière de chasser les perdrix (kuhîga inkware^ inshezi, inkokera). Le soir, lorsqu’il fait très obscur, ils vont au champ avec une torche allumée {urumurij ikineko, icyengezo). Les perdrix s’approchent de la lumière. Aussitôt que le chasseur en aperçoit une, il cache la torche derrière son dos (kuhishura)^ s’approche doucement et assomme l’oiseau avec un bâton {kuhashura, ou : kukuwita
inkware). Ils en prennent beaucoup de cette façon dans une seule nuit. Chasser ainsi se dit: kuhashura, ou : kukmoita inkware^ inshezi. Les Wavira ont le même procédé de chasse. — Pour capturer du gibier, les Warundi ont aussi des pièges {imüego). Pour prendre les hippopotames (invubu, intotomyï) et les éléphants {inzovu, indayï), on creuse {kivimba) de grands trovLB{icyobo^urwobo, uwushyâ), qu’on couvre soigneusement avec des branches et de l’herbe (kufuka). D’assez loin on improvise un chemin, qui y conduit, bordé de branches d’arbres et d’épines {kuzitira). Au fond, on place quelquefois des lances ou des bois pointus (imisonga). La bête, en y touchant, se tue, ou on l’assomme à coups de lances. Les W atwa surtout usent de ce genre de pièges. Ils y sont très habiles, et en font de toute sorte, pour capturer des gazelles, des antilopes, des oiseaux, etc. En voici un, nommé ushiwuka (kushvivürà = rebondir).
Fig. n'\ 27, 28. Un petit arbuste, ou grosse verge flexible (= umushiwuku), est planté en terre. A côté sont fichés en terre deux bâtonnets courts, dont l’un est garni d’un crochet {urubaro). Un bâton est appuyé horizontale-
ment contre ces bâtonnets. La verge, garnie d’une corde à noeud coulant {ikigobwe), est recourbée au dessus des dits bâtonnets et le bâton placé horizontalement. A certaine distance de l’extrémité de la verge, garnie de son noeud coulant, est fixée une autre corde (umuhôtërâ), garnie à son tour d’un bâtonnet court. Eii abaissant la verge, ce petit bâtonnet s’accroche entre le piquet à crochet et le bâton horizontal. La verge reste ainsi abaissée et tendue. Si un animal vient heurter ce bâton, ou si un oiseau vient manger les grains placés au dessous de ce bâton, la verge rebondit, la bête sera prise dans le noeud coulant et lancée dans l’air. — Il paraît, que les W aWa, pour tuer les éléphants, montent sur un arbre solide, et jettent de là de très longues lances (inipini) sur l’animal. — Les enfants W arundi s’amusent souvent à prendre des oiseaux dans des trapes {imitego, kudondagiza, ou: kushinga)^ ou avec des lacets {ivigoinoe). Au milieu du lacet, ils placent quelques grains de sorgho. Ils capturent ainsi beaucoup d’oiseaux, surtout des tourterelles (= akanuma, intunguru). Les Watwa prennent les oiseaux avec une sorte de glue {uwurembOj uwufashi)^ dont ils frottent un mince bâton, et avec le quel ils tâchent de toucher adroitement les plumes de l’oiseau.
Avec leur patience et leur habilité extraordinaire à se cacher, ils réussissent à saisir, de cette façon, beaucoup d’oiseaux.
Chaste.
Les Warundi n’ont pas de mot adéquat pour exprimer la chasteté^ pas plus que l’humilité, ou la plupart des autres vertus chrétiennes. En général, les mots pour exprimer les idées abstraites, sont rares chez eux.
Chat.
Il n’y a pas de chats dans l’Urundi. Ailleurs, chez les Wanyamwezi p. e., il y en a quelques uns, importés par les Arabes, dès l’année 1840.
Chemin.
En fait de chemins, il n’y a que d’étroits sentiers dans l’Urundi, mais beaucoup moins courbés (izigura) qu’ailleurs, puisque le terrain y est généralement déboisé et qu’on marche droit au but. Dans certaines contrées, on voit six à dix de ces sentiers l’un à côté de l’autre. Ce sont presque de vrais chemins et même des routes (— ikikukumusij inzira yagutse, kwâgükà = être large). Les Watwa, habitant souvent à l’écart, ont des sentiers à eux seuls connus et fréquentés par eux.
Avant de se mettre en chemin, ils emploient une poudre magique {umunyamazï)^ pour que le voyage se fasse sans malheurs. On met cette poudre sur le revers des deux mains et on la souffle dans l’air. Ce prophylactique se nomme iirükâgô ou: impümvyâ.
Cheveu.
Chez les Warundi, les hommes ont assez soin de leur chevelure. Les Watwa surtout sont très habiles à les arranger (kusokoza).
Ils y mettent une sorte de coquetterie. (V.