COUPERET
maïs (en épis) et le manioc sont comptés un à un. — Dans l’Urundi il n’y a pas dHvoirej si ce n’est dans le nord-ouest^ le long de la vallée du Rusisi. Au nord, dans le Ruanda, les Watwa seuls en ont, étant tous chasseurs de profession. Ils doivent en céder aux chefs Watutsi, quoique là (dans le Ruanda) ils aient une existence assez indépendante. On dit qu’il y a beaucoup d’ivoire dans l’Uzige. On le cache, on l’enterre et on le vend en secret. Les Wavira surtout servent d’entremetteurs. Les Warundi du littoral ayant appris des arabes le commerce des esclaves, le pratiquent en secret. Ce sont encore les Wavira, les Wayangayanga du sud, plus ou moins wangwanisés, qui servent d’entremetteurs près des chefs Warundi, et qui pratique ce commerce maudit. Un garçon se vend 2 à 4 „fundo” (0.60 à 1 fr. 20!), une fille ou une jeune femme 8 à 10 „fundo”.
Compter.
Les Warundi comptent avec leurs doigts.
Souvent cette seule mimique suffit, et ils ne prononcent même pas les chiffres. (V. la Grammaire pour les noms des nombres). On ne compte jamais d’un à dix d’un trait. Pour compter trente perles, on en compte d’abord cinq. On les range à part. On en compte cinq autres, qui sont ajoutées aux cinq premières et on dira: icyumi ~ dix, ou: mniirongo umive — une série. La deuxième série,
ou dizaine, est comptée de la même manière.
A la fin on compte la série complète des dizaines, et on dira qu’il y en a amacyumi atatu, ou: imirongo itatu i. e. trois dizaines, ou trente. C’est pour cela, qu’on entend souvent dire, au lieu de six (itandàtü) : itano n' umive =
5 -f 1; pour sept {indwï) : itano n’iwïri = 5 + 2; pour huit (umnnane): itano n'enta tu = 5 + 3 ; pour neuf {icyenda) : itano Vbinne = 5 + 4; pour dix = icyumi. En règle générale, le Murundi (et tout Nègre) ne dira jamais un chiffre, sans faire un geste d’une main ou des deux à la fois. Voici les principaux de ces gestes :
Pour le nombre 1, on montre le doigt 2, en fermant les autres; pour 2, on montre les doigts 2 et 3 ; pour 3, les doigts 2,3 et 4: pour 4, on montre 2, 3, 4 et 5, en serrant les doigts 2 et 3 l’un contre l’autre, et 4 et 5 également ; pour 5, on montre la main droite fermée, c.-à.-d. le poing; pour 6, on fait reposer le doigt 10 sur le poing fermé; ou
bien, on montre 3, 4, 5 et 10, 9, 8; pour 7, on fait reposer 10 et 9 sur le poing fermé, ou on montre 2, 3, 4, 5 et lu, 9, 8; pour huit, on repose 10, 9, 8 sur le poing fermé, ou on exhibe 2, 3, 4, 5 et 10, 9, 8, 7 en collant 2 contre 3, 4 contre 5, 10 contre 9 et 8 contre 7; pour 9, on fait reposer 10, 9, 8, 7 sur le poing fermé; pour 10, on montre les deux poings fermés, en les frappant plusieurs fois l’un contre l’autre ; pour 11, on marque 10 et 1 comme au début; pour 20, 30, 100, on montre, qu’il y a 2, 3, 10 dizaines: imirongo iiviri, itatu, icyumi.
Corde.
Les Warundi font de fort bonnes cordes et des ficelles, surtout au Tanganika, pour les besoins de la pêche (filets). On les fabrique, en les roulant entre les deux mains, tandis qu’un bout est fixé au gros orteil. Même de tout petits enfants et de petites filles savent en faire. Le fil à coudre et la ficelle (pour les lignes de pêche principalement sont faits, en les roulant sur le genou. C’est principalement avec les fibres du raphia-palmier, qu’on fait de très belles et solides ficelles. Les bananiers, l’arbre „ficus”,le palmier et d’autres arbres ou plantes, fournissent la matière première des cordes. Dans l’intérieur de l’Urundi on emploie surtout des cordes, faites avec du papyrus.
Couleur.
Les Warundi ont peu de couleurs. Pour teindre leur habit rouge en noir, ils se servent de la boue noire d’un marais {urushanga, ivyondo)', une espèce de terre, ou de craie, (ingiva) leur fournit la couleur blanche; enfin, une pierre rougeâtre {akahama), réduite en poudre, donne une couleur rouge. — Pour toutes les autres couleurs, ils ont à peine des mots, pour les désigner. Ils les réduisent toutes aux trois couleurs: blanc, noir, rouge. Ainsi, le bleu et le violet est réduit au noir; le jaune et le doré au blanc; le brun et le bronzé au rouge. Le vert est dit: semblable au feuillage; le doré au fil de cuivre {umuringa, ou: umuzumbu), l’argenté au blanc, ou à la couleur d’eau (umuringa w'amazï) Les Warundi préfèrent la couleur rouge. (C’est la couleur de deuil). Quant à la couleur de la poilure de leur bétail (vaches, boeufs, chèvres) ils ont plusieurs mots ; seulement ils ne sont employés que pour ces animaux-là, et non pas pour d’autres objets inanimés. Quant au teint, ou la couleur de la peau humaine, ils ont aussi des mots particuliers. Les Européens sont rouges (watukuye), et non pas blancs. Un albinos est nommé : y amwema, on:
nyamivèim (arakanzwe — ensorcelé, selon eux), ou: arafisse amaivarra ku *muwiri wose. Une fille très bronzée (claire) est nommée: uru~ weya; plus rouge encore: nyamweru; un peu rougeâtre : inzobe (: aratuhaye inzobe inziza) ; une très noire — urupri; un peu noire = utuwiritwompi.
Couperet.
Les couperets (Fig. n^. 30.), quelquefois très bien travaillés et élégants (dans l’IIzige),