‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 52 sur 152 · CUISINE · texte numérisé non relu

CUISINE

sont très usités dans l’Urundi^ et constituent, avec la pioche, la hâchette, l’herminette, à peu près les ^euls instruments en fer, dont on se sert. Le couperet est employé surtout, pour couper les hautes herbes, les bois minces, etc.

Courge.

Les Warundi plantent beaucoup de courges et de citrouilles, de toute espèce ; mais jamais à part, toujours au milieu d’un champ, p. e.

de maïs, de sorgho, etc. Ces courges sont mangées, cuites dans l’eau, comme second plat, en guise de légume.

Coussinet.

S’asseoir sur un coussinet (ingâta), porte malheur = n’isemcf, kuhi: on perdra son père = küwûrâ se : akafa. Il faut cracher dessus = {kucyira 'mate), le jeter au loin, pour neutraliser le mauvais sort (kwirogora uwurozi). V. „ Coutume". Ces coussinets sont tressés de paille, de feuilles sèches de bananier ; parfois ils sont très jolis, et artistement tressés, avec les fibres du raphia-palmier. Fig. n». 54, Couteau.

Le coutelas à deux tranchants, ou courte épée, de 35 à 45 c.M. de longeur, est particulier aux Warundi. Presque tous les hommes en possèdent un. Ce n’est pas une arme de guerre, mais un instrument d’usage pratique, quotidien. A chaque instant, on se sert de ce coutelas : pour de petits travaux en bois, pour couper de menus bois, ou arbrisseaux, pour racler le bois de lance, etc. Ce sont les forgerons Warundi, les Watwa surtout, qui les fabriquent. Dans l’intérieur, ils sont assez grossiers, mais dans l’Uzige on en voit de fort bien faits, forgés par les Wavira. La gaine en bois, composée de deux minces plaques, réunies par 4 à 5 bandes transversales, est faite aussi par les Warundi ou les Watwa. Les Wavira d’Uzige en font de très belles, ornées de dessins sculptés et variés. Le coutelas est porté en bandoulière, sous le bras gauche, à une courroie. — Les Warundi ont encore un couteau {ingôta, im~ hugita, indigo) beaucoup plus petit, de 10 à 15 C.M., de la même forme que le coutelas, qui sert à des travaux plus petits, à racher surtout. Il est également gardé dans une petite gaine. On le porte suspendu au cou, sur la poitrine, ou bien appliqué contre le bras supérieur, au moyen d’une ficelle. Fig.

n‘>. Si, 50.

Coutume.

Les Warundi ont une foule d’usages et de coutumes, originales et bizarres, qu’il serait trop long d’énumérer toutes. Un grand nombre, du reste, se trouve disséminé dans les différentes notices. V. „ Abstinence" , „Religion", ^Enterrement" „Mariage", etc. Bon nombre de ces coutumes est de nature religieuse. — En voici encore quelques unes.

1^. Pour montrer, qu’une chose est délicieuse au goût (natetse neza), on fait un claquement avec la langue, et on met le doigt indicatem' devant la bouche, en re-

muant les trois autres doigts. — 2\ Lorsqu’on vient dans un endroit, où il sent mauvais, ou crache par terre en se bouchant le nez avec deux doigts {kucyir' amate, kufata 'mazuru), — 3^». Pour montrer du mépris, ou un refus, on frappe du bras, ou du coude, le flanc ou le côté du corps (kucyawata : ndakurinda). — 4«. Pour se moquer de quelqu’un, on agrandit l’oeil, en tirant avec un doigt la partie inférieure de l’oeil en bas, et en regardant ainsi Thomme, dont on veut se moquer (kumuha 'kinoko, kumuseka). — 5'^ Pour marquer son étonnement, son admiration, sa surprise, on se met les doigts contre la bouche {kutira induru, kuzjorerwa: ndazjorewe\ ndatangage). — 6<^. Pour exprimer la peur, on frappe avec la main contre la bouche, en laissant échapper de petits cris (kuvudz' induru, ubwowa: aratinye ubwowa).

Création.

Les Warundi, comme les autres Nègres, n’ont pas d’idée nette sur la création. Leur mot „kurema" n’a pas le sens de: „creare ex nihilo", mais plutôt celui de: former, de:

„plasmare", d’organiser la matière première, préexistante. Selon eux, Imana-, soit seul, soit uni à Rikiranga et Riyangombe (triade), a fait toutes les choses visibles; il donne la vie, la mort, le bonheur, le malheur; mais dans tout cela il ne figure, que comme „plasmator", comme démiurge {ôaifd^cov éçyov). Imana est tellement peu considéré comme vrai créateur, qu’il est confondu avec l’univers, d’une façon panthéistique, dans ce sens, qu’il se morcelle, se sub-divise en un nombre incalculable d’esprits, de „daimones", se manifestant partout dans la nature. Le mot Imana n’est pas autre chose, que la collectivité de ces êtres („turba grassantium daemonum”, S. Ecr.). Au delà, ils placent une espèce de „ fatum", mais pas de créateur, vraiment indépendant des choses créées, préexistant à elles. Le verbe kurema donc veut dire la même chose, que kuwezya, kuumba, kuwumba, kusumba, en Swahili, Kinyamwezi. Il est curieux, que les Wavira et les Wabembe donnent précisément le nom de Kawezya à leur Imana à eux, à leur esprit supérieur et national. — V. „Dieu", „Esprit". „Religion". Cuisine.

La cuisme des W arundi est excessivement primitive. Ils n’ont pas de case à part pour cuire. La cuisine se fait dans l’unique case d’habitation. Quelquefois on cuit au dehors (bière), sous un arbre. En voyage, on préféré cuire dans une case. Le foyer (= iziko, iricyanwa) se compose de trois pierres (amashikà, .J, placées triangulairement dans

l’atrium de la hutte, très peu éloignées du parois. Au milieu de ces pierres est allumé le feu, et se trouvent les cendres (imyotaj.

Les pots, ronds en bas, sont placés sur ces trois pierres. Au dessus du feu, à li^.50 de hauteur, se trouve un râtelier (urusenge, urumanirisho), pour y tasser le bois à brûler et de chauffage. Ce bois à brûler (urukwi,

CUISIKE

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