DANSE
inkwij inbehurwa, de : kuhwehüràj ou : kushenya ) est assez rare dans TUrundi. Dans beaucoup d’endroits le bois fait complètement defaut.
Là, les Warundi font leur cuisine avec delà bouse séchée de vache, de tiges séchées de sorgho, de maïs, de manioc, de plantes arborescentes plus ou moins ligneuses. Dans l’üzige, on vend le bois de chauffage au marché. — Lorsque le feu est éteint, on cherche d’autre chez le voisin (kurâhürà umucyanwa^ uturahuzo), pour allumer (ku~ cyàna). Faire du feu, en frottant deux bois l’un contre l’autre {kuvugiita umûrirô ku ^mu~ rinzi — espèce d’arbre), est connu, mais peu employé. Les Watwa prétendent avoir appris aux Warundi, à faire ainsi du feu. — Pour cuire (kuteka, kuklnzjïkà)j on se sert de pots en terre cuite, qui ont le nom générique de jjinkono’^ (V. ^Poterie”, pour leurs noms différents, ainsi que des cruches). Ce sont les Watwa qui les fabriquent, presque exclusivement. Chaque ménage a deux ou trois de ces pots, et un nombre égal de cruches (umuwindi), pour aller puiser l’eau au ruisseau, et la conserver à la maison.
Les pots et les cruches sont placés par terre, dans un petit trou creusé dans la terre, ou sur un petit coussinet (ingata). Pour boire, on a plusieurs vases ou coupes. (V. ,, Meuble^’). Le travail de la cuisine est surtout celui de la femme ou des filles, mais le père et les garçons y aident de bonne grâce, surtout dans les simples ménages. (Les chefs W atutsi sont trop fiers). Le travail le plus important, est celui de faire de r„ugali” = umutzïmâ (polenta). C’est de la simple farine de sorgho, d’éleusine ou de maïs, cuite dans de l’eau, et devenant, après la cuisson, une épaisse bouillie. Pour le réussir, il faut remuer (kucyumbaj juste assez, avec une longue cueillère ou spatule (uniuko). On fait aussi une bouillie plus claire (kusigissa umusîcrürü,). La viande (de boeuf) est bouillie dans de l’eau, rarement rôtie. — Les poissons (à Uzige) sont également cuits dans l’eau, quelquefois frits avec de l’huile de palme. Le manioc est mangé cru, ou cuit dans l’eau, ou fermenté et cuit après, ou, enfin, séché au soleil, réduit en farine, et mangé sous forme de jjumutzima'\ Ses feuilles sont cuites dans de l’huile de palme, et font de bons épinards.
Le maïs est cuit dans l’eau (épi), ou grillé sous les cendres, brûlé sur le feu, ou réduit en farine, pour faire du jjumutzima’\ Les patates sont mangées cuites, ou (quelquefois) grillées sous les cendres. Les courges et les citrouilles sont cuites aussi dans l’eau, mais à part, et servent de légumes. Les arachides (assez rares) sont ardinairement mangées crues, et rarement grillées ou cuites. Les ignames sont cuites ou grillées sous les cendres. Les \^amateke” sont toujours cuits dans l’eau, ainsi que les „intorre'' (aubergines). Une espèce d’oseille sa uvage (uruyanni), très aimée, est cuite dans de l’huile de palme )à Uzigel. — Les bananes et les haricots sont
toujours mangés cuits dans l’eau. Les Watwa qui raffollent des sauterelles, les mangent cuites dans l’eau, avec un peu de l’huile de palme. — V. ^Nourriture'*. — Chez les chefs, et surtout chez* de roi, la cuisine est plus compliqueé. Ce dernier a des fonctionnaires spéciaux, pour tous les travaux quis’yrap-.
portent: bouchers, puiseurs d’eau, bûcherons, etc.
Culte.
Quoique la religion des Warundi soit mieux exprimée par le mot culte que par celui de Religion (exclusif pour la vénération du vrai Dieu), il en sera question au mot „ Religion".
Danse.
Les Warundi aiment la danse à la folie.
Se réjouir, jouer, chanter et danser, ce sont des mots synonymes. Ils dansent très bien, avec élégance (surtout les femmes), même avec art. Il n’y a que les Watwa qui les surpassent, au dire d’eux mêmes. Dès l’âge le plus tendre, les petits garçons et les petites filles s’exercent à la danse, sous les yeux de leurs parents, qui les encouragent, les instruisent, et sont très fiers, si leur progéniture. sait bien danser ; car, ne pas savoir danser, serait une honte pour un Murundi bien-né. La danse nationale des Warundi est la même partout, sauf de petits détails. Elle est la même dans le Ruanda. Celle des Wahha et des habitants du sud (Uhha, Heru, üshingo, Ruguru, Ujiji) en diffère peu. Cette danse, très caractéristique, et différant essentiellement de celle des autres tribus, est souvent un acte religieux (danse rituelle à la naissance de jumeaux, à l’adoration de la lance Kiranga, etc.). La danse des W arundi est convenable, ou tolérable en tout cas, et se distingue avantageusement de celle des Wanyamwezi (d. du bassin, du bas ventre), qui est souvent obscène, et de celle des Wavira et des Wabembe, qui est simplement abominable (mimique de l’acte conj.). — Presque toujours, et partout, les Warundi dansent en grands groupes, rangés en ligne (à l’intérieur), ou en cercle (dans rUzige, et pour les femmes partout). C’est le mouvement des pieds, beauconp plus que celui du reste du corps, qui fait la danse. Les hommes tiennent la lance à la main. La mesure (le rythme, la cadence) est très exactement observée. Celui qui y nianque est moqué. Ce sont les pieds, qui, en frappant le sol, déterminent la mesure, le rythme. Les mouvements des mains (excepté pour les femmes), du corps, de la tête, sont secondaires. L’art consiste à obtenir ainsi un trépignement des pieds égal, et le plus accéléré possible. Cette danse se nomme: kuhamiriza^ ou: kwigirikiza.
Quelquefois on danse, ainsi, simplement pour s’amuser, mais le plus souvent, pour honorer un chef, un personnage important, un hôte, un étranger, ou pour réhausser l’éclat de certaines cérémonies religieuses. On danse encore, pour obtenir du chef un boeuf à manger^ ou de la bière à boire. La parade