EAU
effectivement à l’époque mentionnée (1570).
Voici la liste de ces rois avec les années de leur régne respectif:
Mwezi-Kisabo III ? — 1860.
Ntare III 1860—1820.
Mudaga III 1820 — 1790.
Mwambutsa III 1790 — 1760.
Mwezi II 1760—1735.
Ntare II 2735—1710.
Mudaga II 1710—1690.
Mwambutsa II 1690 — 1670.
Mwezi I 1670 — 1640.
Ntare I 1640 — 1615.
Mudaga I 1615 — 1595.
Mwambutsa I 1595 — 1570.
Ruhinda 1570—1500.
Il est assez curieux^ que dans les pays limitrophes, où régnent également des rois de la dynastie des Wahinda (remontant chacune au célèbre Ruhinda), on arrive à la même époque environ, en additionnant les règnes des rois connus. Là aussi le même nom revient 3 ou 4 et même 6 fois, comme dans rUshirombo (Ndega VI). Selon Ratzel toutefois (Ethnogr, vol. Il p. le révolté (?) Ruhinda, un Muhuma (?) aurait quitté le pays Igitara il y a 20 générations, et fondé la maison de Karagwe, en chassant Nono^ le roi des indigènes Wanyambo (= gens d'Imho = ouest). Cela nous ferait remonter jusqu’au milieu du 14« siècle! — Puisque tous les documents manquent, il paraît bien à jamais impossible, de savoir le fin mot de tous ces règnes, plus on moins fabuleux. Pour ma part, je ne crois pas à cette invasion récente. L’Egyptologie moderne, du reste, croit retrouver dans ces Wahinda et Wahuma simplement des Khamites (India, Hendu, Sindha, Khentu = „terra’^ kush — intérieur = sud). — Est-ce étonnant, puisqu’il est déjà assez difficile de dresser la table généalogique de la maison royale, en commençant seulement par le dernier Ntare. Je la fais suivre ici quand même, la donnant, bien- entendu, pour ce qu’elle vaut. Plus tard peut-être, il y aura moyen de la compléter et de la corriger.
Tous les Warundi sont d’accord pour dire, que le règne de Ntare III, qui fut très long, était heureux, tandis que sous Kisaho III tous les fiéaux paraissent être descendus sur le pays: sauterelles, famine, épizootie, petite variole, „ivinyoro’% „invunza*% sécheresse et surtout les guerres civiles. Et effet, depuis l’avènement au trône de Kisabo, les querelles entre les chefs (tous plus ou moins apparentés à la maison royale) n’ont pas cessé. La question de la légitimité est assez compliquée dans l’Urundi. Selon qu’on interfoge les Warundi du nord-ouest (Üzige), du nord-est (Bugufi, Bweru), du centre (Mugera), du sud-est (Uyogoma), du sud enfin, on obtient des réponses toutes différentes à la question: qui est actuellement le roi légitime? Kisabo, Kitinwa ou Ndaviyariye. Quant au troisième fils de. Ntare, Ntango ou Kengereza^ il paraît qu’il n’a jamais ambitionné
la couronne royale, mais s’être contenté de son lot, grand du reste, de l’Uyogoma. Seulement, après sa mort, ses fils Muzazye et Rusabico se sont fait une guerre acharnée, pour savoir, qui des deux gouvernerait seul rUyogoma. Quoiqu’il en soit, Kisabo est reconnu par la très grande majorité des Warundi. Du reste, après la mort de Ntare, ce fut la branche de wenengwe (= enfant du léopard ! Totémisme?) qui devait régner. Lorsque Ntare mourut, Kisabo n’était qu’un enfant mais il fut élu régulièrement avec l’appui des Wahima (caste de Wahuma, formant dans rUrundi le corps sacerdotal des grandsmages, attaché spécialement au trône). Le fils aîné Ndiviyariye, né d’une concubine et non pas de la vraie „umioami-kazI' — épouse favorite et „ influencée”, comme on dit), en conçut de la jalousie. Ses partisans de jeunesse auraient voulu le voir régner. Ils prétendaient, que les Wahima ne ^^oulaient pas de Ndaviyariye, parceque celui-ci connaîtrait tous les secrets et les pratiques magiques de leur société secrète. On se tut toutefois. Ndaviyariye fut même nommé régent et tuteur du jeune roi, ce qui était très sage et très politique de la part des Wahima et des grands du royaume. Kisabo, devenu majeur, eut fort à se plaindre des intrigues de Ndaviya riye. Il le chassa. Alors l’ancien régent se révolta et entra en campagne. Le fils du révolté, Nyasongo, fut pris et mis à mort. Ndaviyariye succomba aussi. Le Bweru, où les révoltés s’étaient installés, fut divisé par Kisabo et distribué à des princes parents de sa maison. Toutefois, la famille survivante de Ndiviyariye et ses partisans, assez nombreux, sont loin d’être soumis. Un autre prétendant c’est Kitinwa. Selon les partisans de celui-ci, Ntare aurait chassé au début de son règne une de ses femmes. Celle-ci se réfugia à l’ouest du Russisi dans l’Unyawongo avec le petit enfant, qu’elle avait eu de Ntare. Ce prince épousa une femme de ce pays-là et son fils se nomme Kitinwa ou Kihana-masango, le pseudo-mwezi chassé par le cap. Ramsay en Juillet 1896. Il habite au nord-ouest, à 3 jours d’Uzige, près du Ruanda. Selon d’autres, Kitinwa est un propre fils de Ntare. — Encore une fois, il est difficile de se reconnaître dans ses querelles dynasstiques. De fait, tout le royaume est administré par des membres de la famille royale. Quelquefois ces princes („awaganwà’') ont sous leur administration directe des contrées assez petites, mais leur influence domine quandmême les „awatware'" ordinaires, qui sont quelquefois, mais rarement, de simples Wahutu. Y . Gouvernement”, „Royauté” , „ Histoire” , „Guerre”.
Eau.
Emploi de l’eau. Hydrothérapie. L’eau est la boisson habituelle et exclusive (à part un peu de bière parfois) des Warundi. L’eau est, assez fréquemment, employée comme moyen de propreté. — On se lave toujours les mains avant de manger et après. On se