‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 61 sur 152 · EAU · texte numérisé non relu

EAU

rince la bouche avec de l’eau froide, après le repas. Très souvent, lorsqu’on en a l’occasion p. e. au passage d’une rivière ou en allant puiser de l’eau à la source, hommes, femmes et enfants prennent des bains entiers, et se lavent bien tout le corps, sans jamais s’essuyer. S’ils ne prenmont pas un bain entier, ils se lavent au moins les pieds. On aime ces bains après un travail, ou après une marche fatiguante. — Les mères lavent souvent leurs petits enfants à l’eau froide.

Chaque matin le père et la mère, avant de sortir de la case, se lavent le corps tout entier avec l’eau rituelle (utuzi tw^ Imana) qui est restée de la veille. Après, les enfants sont lavés, ou se lavent avec la même eau. —

Le deuil terminé, on va se laver dans une rivière lointaine. Après l’accouchement la mère et l’enfant sont lavés à l’eau chaude ou froide. Les lavements, à l’eau tiède, sont fort en usage, surtout pour les petits enfants. On connait l’efficacité des eaux thermales. Ainsi à Kisagara, près de la mission de Mugera au centre du pays, où il y a une source chaude (47*^ C.), les Warundi se baignent pour guérir les maladies de la peau (ivinyoro), les plaies invétérées, etc. A part ces eaux thermales, l’eau chaude est peu employée.

Toutefois, ils emploient une sorte de bain de vapeur après les fièvres, pour faire transpirer. On fait bouillir de l’eau et le malade, qu’on a soin de bien envelopper d’habits de „ficus”, tient la tête sur le pot d’où sort la vapeur embrasée. Pendant la fièvre on fait prendre au malade, quelquefois, un bain froid. Avant de se coucher, beaucoup se lavent le corps à l’eau froide, pour bien dormir, disent-ils. Les mariés et les femmes font des ablutions locales.

Éclairage.

Dans l’Urundi, il n’y a que les grands qui se permettent le luxe d’une la^mpe (= urumuri^ kucyana awone)\ même ceux-ci, dans l’intérieur de rUrundi, où il n’y a pas de l’huile de palme, s’en passeni. Les Watwa ne s’en servent pas non plus. — En général le feu du foyer sert à éclairer. Pour mieux voir, on allume quelquefois un peu de paille. — Dans l’Uzige, on emploie en guise de lampe une assiette en terre cuite akawehe, akamanagarra, Fig, no. i21a.). On y place une mèche (~ikikongerezo) en coton (—amangarra^ amaruba) roulée en fil; puis, on emplit l’assiette d’huile de palme amamesa) et on allume la mèche (=z kukongereza umuriro). Ceux qui ne peuvent se payer ce luxe, jettent un peu de paille sur le feu (=kurumika) dont la flamme activée les éclaire. Si l’on veut s’éclairer la nuit, au dehors, on prend une botte de paille qu’on allume, et on manoeuvre de telle façon, qu’elle brûle le plus lentement possible. — Pour la pêche de nuit sur le lac Tanganika, les Warundi emploient d’immensés torches (ou fanaux) faites de roseaux secs (= iviwingowingOj kudzjisha urwmuri), liées ensemble avec des bandes d’écorce de bananier ( = ivi~

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