‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 63 sur 152 · EMBELLISSEMENT · texte numérisé non relu

EMBELLISSEMENT

ENTEEKEMENT

se défigurent souvent le corps (nez, oreilles, lèvres, dents, pudenda). Les W arundi ne font rien de tout celâ; Le tatouage est inconnu aussi, excepté dans rUzige et seulement parmi les femmes (imitation del’üvira). Quelquefois^ ils se font des brûlures sur le front ou sur le bras C= urUkàgÔf nmurasagana), mais ceci est plutôt un procédé hygiénique. Dans certaines circonstances ils aiment à se barbouiller la figure, ou à y faire des marques, ainsi que sur diverses parties du corps, avec une terre blanche ou une espèce de craie (=ingwa).

Hérodote (L. VII, 69) a-t-il en vue nos Warundi, ou cette contrée-ci de l’Afrique, lorsqu’il rélate, que les Ethiopéens (Kushites), lorsqu’ils vont à la guerre, se frottent la moitié du corps avec de la chaux blanche et l’autre moitié avec de l’ocre rouge f C’est Vingwa et le akahama. Eh bien! Nos Warundi ont absolument la même pratique. Lorsqu’ils vont en guerre, ou dans les danses guerrières et rituelles, et dans d’autres circonstances encore, ils se barbouillent le visage et le corps aussi de blanc et de rouge, J e n’ai pas trouvé cette pratique chez d’autres Nègres.

Il est vrai, que les Cafres, dans la cérémonie de la puberté, se blanchissent aussi le visage (avec de la terre à pipe). On ne parle pas de rouge. Le blanc, selon Plutarche, était la couleur de Horus, qui était un dieu blanc.

Il faut, à ce propos, remémorer encore, que le blanc et le rouge étaient les couleurs de la double couronne des Pharaons et des dieux d’Egypte. Le rouge (en bas) et le blanc (en haut) formafent la complète couronne. L’emploi de la chaux et de l’ocre a précédé, chez les races primitives de la terre, les couronnes tressées (corde), qui, à leur tour, ont précédé les couronnes en métal. — On ne tient que médiocrement à avoir de beaux habits, mais on tient beaucoup à s’enduire tout le corps, la tête surtout, avec de l’huile, ou du beurre, dans lequel on a mêlé la poussière d’une pierre rouge ( = akahama) et des matières odoriférantes. Les hommes, presque autant que les femmes, aiment à s^embellir de cette façon-là. Il n’y a que les grands qui peuvent se permettre ce luxe. — Les ornements sont assez variés et nombreux (V. „ Ornement”). — La mode existe aussi, puisque tantôt cet ornement-ci est préféré et usité, tantôt celui-là. — V.

^Frisure’) ,jOrnemenf% ,jTatouage”.

Enterrement.

Lorsqu’un Murundi est sur le point de mourir, ses proches parents se rassemblent chez lui. Quelqu’un d’eux soutient la tête du moribond (= kuvyura umutwe, kumuvyura), et celui-ci meurt (— kufa) entre ses bras. On lui plie les jambes et les bras (= kwegeranya amaguru n’ amawoko), et on lui ferme les yeux (= kuhumbisha, kuhamhira amaso, kukonya). Aussitôt après l’expiration, les femmes voisines et les parentes commencent à pousser des lamentations (= kuvudzHnduru). Ce sont les pleureuses.

Presque immédiatement après la mort, on fait les préparatifs de Venterrement (— kuhamba, kushïwürà), car les Warundi enterrent généralement leurs morts, exceptés les malfaiteurs exécutés et les magiciens, tandisque beaucoup de Nègres jettent (— kuta) simplement les cadavres humains en proie aux hyènes. — La fosse {=icyobo, umuhamvwe, ukuzimu) est creusée (= kwimba icyobo, kukamurira icyobo) dans la cour à côté de l’enceinte. Celle du père de famille toutefois est creusée au milieu de la cour vis-à-vis de la porte de la case principale. Les Watv^a n’enterrent pas dans la cour-même (= urugo\ mais dans un endroit écarté, désert et non fréquenté par les hommes, au milieu des broussailles. L’esprit du mort, transformé en larve malfaisante, en revenant, hantera ainsi moins les survivants, pensent-ils. La fosse remplie, ils jettent des pierres sur le ,,tumulus” (= inva) et plantent autour de lui une haie d’euphorbes ou d’épines (= kusakira inva, kuzitira amahwa). — Le corps n’est pas lavé (= kumuhagira). On l’enterre avec ses propres habits et surtout avec ses amulettes (=iviheko: kuhambana ^vintu vyose). Si l’on a des vieilles nattes usées on l’en enveloppe (— kutekera mu ^muvimba). Quelques heures seulement après le trépas on enterre. Au fond de la fosse, assez profonde et étroite, on étend (= kusassa mu ^cyobo) de la fine herbe blanche (= umuyange) ; le cadavre roulé dans sa natte, y est descendu; on met encore d’autre(s) herbe(s) dessus (= kivorosa ubwatsi); on remplit la fosse avec de la terre (= kufurira, kurenza kiF ivvu) qui forme un petit monticule = tumulus = inva, et on jette des pierres dessus. On y jette aussi la porte de la case et le panier qui a servi à extraire la terre de la fosse (— kushiraho) ; enfin, on fait plusieurs changements dans la case {kuhindukiza) V.

,^DeuiV\ — Le moment d’enterrer venu, les femmes recommencent leurs lamentations ; elles pleurent, crient avec rage, semblent vouloir s’opposer à l’enterrement, et adressent au mort qui s’en va, des mots d’adieu. Si celui qu’on enterre est un père ou un chef de famille, on observe la très curieuse cérémonie que voici. Le cadavre, sorti de la case, est déposé par terre à côté de la fosse ouverte. On découvre un peu la tête du mort.

Alors la femme sort en pleurant de la case, s’agenouille à côté de son mari et se met à oindre avec du beurre la tête du défunt à plusieurs reprises, en disant:

Were! wari invisi, yene

Sois bon, tu étais un mâle héros celui propice !

urugo, genda neza, iwawa !

du „kraal”, vas avec le bien, adieu!

Elle fait une deuxième onction et dit;

Were! umugore, genda neza,

Sois bon (pour ta) vas avec le bien,

femme,

iwawa !

adieu !

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