‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 64 sur 152 · ENTERREMENT · texte numérisé non relu

ENTERREMENT

Elle fait une troisième onction en disant;

Were ! umwana N.^ genda

Sois bon (pour ton) N. (le vas avec

enfant nom),

neza, iwawa !

le bien, adieu !

Elle renouvelle ces onctions autant de fois qu’elle a des enfants. Cette cérémonie est très intéressante et prouve péremptoirement, que les Warundi, comme tous les Nègres du reste, croient à l'immortalité de Vànie^ à une autre vie et même à une existence d’outre-tombe de récompense ou de punition. La femme, en faisant l’éloge des qualités naturelles de son mari, espère pour cela, que l'esprit du défunt {lare) sera bon, qu’il lui sera propice, qu’il ne sera point méchant ou vexatoire. Les individus mauvais, p. e. les sorciers, les exécutés pour crimes, qui du reste ne sont pas enterrés mais jetés et ne reçoivent pas ces onctions, sont par le fait même considérés comme des damnés malfaisants {lay'ves). — Les Wanyaruanda disent, que les awawandwa {membres des ordres secrets) descendent après la mort dans un volcan, dans un enfer de feu {Kiruw^a, demeure de RiyaXi^omhe) où ils sont heureux! — Tout en croyant à une immortalité, à une survivance, les Warundi l’admettent à leur façon. L'esprit du défunt yjspiritus animae’' , son sosie, son pénate („pcnesnos-natus'') est censé, non seulement survivre, mais revenir, hanter les endroits fréquentés par lui pendant son existence ici-bas. Comme les Egyptiens, ils croient que l’être humain, sans compter le corps (caro), est double. En autres mots, à l’âme humaine (forma) est collé et quasi soudé son aller ego, son „spiritus animae'% nous dirions son ange gardien (bon ou (et) mauvais), pour ne former qu’un tout. Ce double (égypt. Kha) continue à évoluer après la mort. Bref, V homme se transforme simplement en un être plus dégagé de la matière. — Implicitement on considère tous les morts comme des damnés, puisque tous sont plus ou moins méchants.

On ne s’y fie pas. Même les chers défunts, qu’on a l’air de flatter, sont suspects. En disant: „sois-bon, digne, généreux”, on supplie le lare de ne pas s’aviser de revenir, de rnolester les survivants. On a peur d’eux en somme; on tâche de „dépister” ces lares et ces larves, en changeant l’ancienne disposition des choses, des meubles, etc. (V.

„DeuiV) Puisque le mari, le père de famille est considéré après sa mort, comme un génie plus ou moins supérieur et plus puissant qu’un simple individu (un enfant p. e.), on fait aussi plus de cérémonies avec lui. Le tumulus devient oratoire-autel-lit. Les malades viennent s’y coucher, on y prie, on y fait des sacrifices, etc. Mais tout en priant les mânes, on a l’intention d’adoucir leur colère et leur méchanceté, de les empêcher de nuire, en leur faisant des présents. — Pour Venterrement du Roi il y a plusieurs détails à

ajouter. Un mot d’abord sur la mort du roi. Le P.-C. Smoor affirme, que lés rois du Ruanda (Wahinda) se suicident toujours. „Le roi du Ruanda ne meurt pas; il quitte ce monde quand il veut.” Il doit cela à sa dignité.

Les habitants ne peuvent pas se figurer un monarque âgé, avec des cheveux blancs.

Lorsque ceux-ci commencent à blanchir, il s’empoisonne. — Quant à l’Urundi, je n’oserais affirmer la même chose. J’en doute fort. Je sais que le suicide, spécialement parmi les Watutsi, est assez fréquent, e. a. parmi les vieillards abandonnés. Ainsi en 1890 — 1892, lorsque l’épizootie emporta presque tout le bétail, les Watutsi (et des Wahutu aussi) se suicidèrent en masse par désespoir, en se jetant dans le Kagera. Mais que tous les grands chefs, spécialement ceux qui sont tombés en disgrâce auprès du roi, se suicident, en se laissant brûler dans leur case, avec leurs femmes et leurs enfants, je n’en ai pas connaissance. D’un fait isolé on saurait difficilement conclure à la règle. — Le cadavre est enveloppé dans la peau d’un boeuf noir (= kutekërâ mu ^cyahi) immolé „ad hod% et placé près du feu pour le sécher, le mommifier. Une fois bien séché, on l’expose en plein air, au milieu de la cour royale, sur une espèce d’estrade (= urusengé) ou de tréteau, soutenu par quatre pieds (= kumutora, kumanika.) Le cadavre a les mains et les pieds étendus. Alors de tous les coins de rUrundi les dévots sujets accourent journellement pour offrir leur respect au roi défunt, pour adorer son esprit (genius) et lui demander des faveurs. On y veille nuit et jour; on mange et on boit à côté de l’estrade. Le cadavre reste là exposé, aussi longtemps que les fourmis aient mangé les pieds du tréteau et que tout le catafalque s’écroule. Alors seulement les restes sont entourés de nattes et enterrés sur place. — Il faut des hécatombes (sacrifices humais.) Plusieurs grands chefs et des Warundi notables sont tués pour apaiser les mânes du roi. Un nombre plus considérable encore, surtout parmi les concubines du roi et parmi ses proches parents, périt, suspect de goétie ou de magie noire et d’avoir occasionné la mort du prince par des malé^ fi( ies. — Un des vers (urunyb) qui sort du corps en putréfaction, choisi par les Wahima et ramassé précieusement, est nourri de lait de vache (= kunywesha amata), puis laissé. Ce ver, disent les Warundi, se transforme, ou se métamorphose (= urahinduka) en lion {—.intare, ïtambwe), en serpent -python isato, {= ikiyufuwe) s’il s’agit d’une femme du roi (— umwamikazi), en léopard (= ïngwe) si le défunt est un prince du sang (= umuganwa). Cette bête est l’emblème sacré du roi (Totem); son esprit est censé y résider et le posséder (Nagualisme). Ce n’est pas une bête „ comme les autres”, disent les Warundi.

Sous peine de mort et de terribles malheurs, on ne doit pas la tuer; on en a une

ENTEEREMENT él ENTERREMENT

peur terrible; oit craint d’en être vexé (— kukangwa) ; on lui fait des sacrifices propitiatoires et on lui porte de la nourriture. L’enterrement du roi est accompagné évidemment par le grand rite ou l’adoration de la lance sacrée-Kiranga (V. C’est le Kiranga

(vivant) ou grand-hiérophante du roi, qui préside cette cérémonie, en l’honneur des mânes royaux. Imana-Kiranga = „sumnianus'' n’est ce pas le père des mânes? Pendant la cérémonie, le Kiranga-humain, qui préside, plante solennellement un arbre (= umumanda — ficus) sur la tombe du roi. Ensuite l’emplacement du „kraal” royal est abandonné; on émigre; on laisse pousser les herbes, les arbustes et les arbres, sans jamais y toucher. L’endroit devient sauvage, mystérieux, plein de reptiles. Personne fréquente plus cet endroit d’horreur, si ce n’est le gardien officiel = umuterekerezi w' isatOj qui est chargé de porter de la nourriture et de la bière aux esprits sépulcraux (= kuterekêra amasato);as,r ces êtres mangent réellement, disent les Warundi!

Quelquefois on y construit une hutte assez grande sans ouverture ou sans porte. L’„îsa^o” y demeure! Vers l’époque qu’on incendie les herbes, on enlève à la pioche autour du bosquet sacré les herbes, pour que le feu n’en approche pas. L’arbre planté et tous les arbres de l’ancien emplacement s’appellent désormais intatemwa (litt. où l’on ne coupe pas du bois), iteka, ikigahiro cy' um~ wami (litt. l’endroit où l’on donne, où l’on sacrifie au roi), ou simplement imana (i. e.

endroit où l’imana-l’esprit mène du roi est censé habiter). On y ajoute le nom propre du roi, p. e. imana ry^ Ntare (prédécesseur de Kisabo). Sur les cimes de presque toutes les mpntagnes de l’Urundi on aperçoit de ces bosquets imana^ ivigabiro. Ces „excelsa” (bamoth) sont très vénérés. Le python = isato qui l’habite habituellement selon les Warundi, est énorme, ayant la forme du dragon et mesurant jusqu’à 20 M., il se promène quelquefois hors de là dans les villages. Les femmes surtout sont très contentes d’en recevoir la visite. Cela porte bonheur, disent-elles, à leurs enfants et à elles-mêmes. Il loge dans la case, paraît-il. On lui donne du lait à boire, — Les autres chefs, les simples awatware, sont enterrés de la même manière qu’un simple citoyen ou père de famille. Seulement le kiranga local fait la cérémonie de la lance sacrée. On plante aiissi un arbre = imana et presque toujours la famille émigre, en abandonnant l’emplacement, qui devient sauvage et désert. Un python y habite aussi. V. jjBeligion^\ — Aux rites funéraires mentionnés des Warundi, on pourrait trouver une foule d’analogies, existantes ailleurs: En effet, ^ous les peuples, anciens et modernes, civilisés et sauvages, ont vénéré leurs défunts sur tonte la surface 4e la terre. C’est une voix unanime qui clame la croyance à la survivance de l’homme. Toutefois, ce serait une erreur, de considérer

ce ^Ahnencultus"'' comme la religion de ces peuples. Pas plus que V Animisme, le Totémisme, le Fétichisme, etc., il ne fut jamais qu’„Mne pièce'' de leur système religieux. Même chez des peuples où le culte des ancêtres et des morts est très prononcé (Egyptiens, Romains, Chinois, Africains modernes), il ne présente qu'un des grands dogmes de la religion primitive et vraie, quoique noyé souvent dans des superfétations erronées et très souvent profanatrices. — En étudiant les rites funéraires des Warundi, on y remarque notamment des analogies égyptiennes, et tant d’autres. (Lire : Nicolay : Croyances, t. II, L. IV, Chap. 1, 2, B). Ainsi à Rome payenne on prononçait également un y,extremum vale!" On appelait à haute voix le moribond par son nom (conclamabant). Pendant 8 jours le pollinctor huilait le cadavre. On l’exposait dans l’atrium, étendu sur un lit de parade, — Il y a encore quelques détails dans les rites funéraires des Warundi, qu’il faut remarquer. Le cadavre n’est pas étendu ou allongé mais replié. Cet usage est à peu près général en Afrique. Il est ancien, puisque les Européens de „ l’âge de la pierre” sont trouvés enterrés assis ou repliés. On croit que cette pose doit imiter celle de l’enfant non-natus encore. En effet, la mort selon les peuples n’est qu’une naissance à une autre vie. Pour les Egyptiens le mort est un esprit re-natus. Ceci rappelle la consolante idée de la Bible: „appositus ad patres, in sinu Abrahae". En effet: tombe et sinus sont identiques dans plusieurs langues. — Le tumulus mérite aussi notre attention. Il répresente en petit la montagne. Anup, le psychopompus des Egyptiens, est nommé le chef de la montagne. Chez eux la formule pour désigner les vivants et les morts, était exactement celle qui désignait des hommes sur terre et sur la montagne. Les Warundi viennent du nord, disent-ils, d’une montagne et de Veau d’une source qui en sort. Eh bien! le Nafedhro apâm, ou ombilic de Veau, est la montagne sacrée de l’Avesta dans l’Inde — La tombe signifiait en plus le corps, le nef, navis, d’un bâtiment. Kha (égypt.), par un emblème sui generis, en signifiait l’entrée. Le nom même de ce tumulus imva est le même que celui de inda, mimba. — Les Warundi placent des pots, des vases sur la tombe, et des vases spéciaux à deux orifices (= intango~intanga!) Menka (égypt.) est le vase et la genitrix. Ces vases figuraient e. a. aussi chez les Aztek et les Maya en Amérique. Les Yumanas enterraient leurs morts dans des grands pots. — Les Warundi enterrent leurs grands avec des perles. On a trouvé dans les tombes égyptiennes à côté des mommies, ainsi que dars les anciennes tombes britanniques, des chapelets de perles. Les perles étaient dédiées à Isis. Elle en portait pendant qu’elle était enceinte de Horus. Est ce pour cela que toutes les Négresses et les Warundi en particulier,. portent des ceintures ornées de %)erles, dont elles raffollent

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tant! — U onction avec de l’huile rappelle la terre rouge huilée avec la quelle les os des Egyptiens furent enduits, et figure une réincarnation. — La peau, dans la quelle on enterre un grand, signifie en égyptien (Nem.)i rénovation. Enfin, on pourrait multiplier, presque à l'infini, ces analogies. Remarquons encore, que la place funéraire et la re-nais( sance du Mam (mommie) est appelée err égyptien Mammesi (mivezi (fj^ amamesa — huile de palme). En gaélique Mamsie veut dire „tumulus”.

Esclavage.

On peut affirmer, que V esclavage (= uwudzja) n’existe pas, au sens strict du mot, chez les Warundi. Les chefs Warundi le long du lac Tanganika et dans l’Uzige ont quelques esclaves, mais ils sont peu nombreux. Ils les traitent bien, à l’égal presque de leurs propres enfants. Les Watwa, quoique les „paria” de la société dans TUrundi, ne sont pas des esclaves pour cela. Ils n’en possèdent pas non plus. Toutefois, il existe partout dans l’Urundi une espèce de servage.

Cette condition peut être comparée à celle des serfs au moyen-âge. Les Warundi se disent eux mêmes, sans en éprouver de la honte, des Watuitn, i. e. des serfs, des vaincus, comparativement aux Watutsi^ qui sont les nobles et les aristocrates du pays. V.

tion'\ — Quelques Warundi, dans le dernier temps, ont appris des Arabes et des Wangwana (Nègres muselmanisés de la côte) la traite des esclaves kugur^awadzja^ kuhanzjüra). Ce sont principalement les Wayangayanga du sud, qui ont pris goût à ce métier, et qui exportent des esclaves, surtout par le Heru. Dans ce dernier pays à Kassulo, où se tient un grand marché journalier, on en vendait encore publiquement dans les dernières années. Presque tous les esclaves Warundi, (surtout féminines) qu’on rencontre dans l’Unyamwezi proviennent de là. Au nordouest, le long de la rivière Russissi, ce sont les Wavira qui servent d’intermédiaires de ce trafic odieux. A l’est ce sont les Wasumbwa et les Wasui qui vont acheter des esclaves Warundi le long de le frontière orientale, en échange de sel, de pioches et de perles.

Quelques uns s’aventurent même au centre du pays. Mais c’est le Raanda surtout qui en ce moment est lamentablement exploité par les traitants (Wasui, Wasumbwa e. a.).

Ce sont les filles Watutsi, rénommées pour leur grande beauté, qui sont recherchées par ces marchands de chair humaine. Les rares débrk qui échappent à l’effroyante mortalité causée par le changement de climat, prennent la chemin de la côte par des roûtes détournées et quittent même l’Afrique pour aller peupler les „harems” de l’orient (Arabie, Perse, Turquie). Heureusement que le gouvernement fait d’énergiques efforts pour indiguer cette dépopulation : autrement s’en est fini de l’avenir du Ruanda et de l’ürundi.

On peut dire que les Warundi, et les Wa-

nyaruanda surtout, ont appris l’esclavage de leurs voisins. C’est étonnant seulement, avec quelle facilité ils vendent leurs compatriotes, même leurs parents (orphelins). — Les Watwa se donnent aussi, mais entreei^ seulement, comme serfs ou domestiques.

Yf Bien loin d’être matérialistes et de ne pas P croire à un monde spirituel, les Warundi, comme du reste tous les Negres et tous les peuples non-civilisés, sont ultra-spiritualistes en professant un spiritualisme même exagéré.

Le mot qui caractérise le mieux leur religion ou leur culte est celui de Spiritolatrie, ou de Démonolatrie si l’on veut, s’exhibant (dans la pratique) spécialement par la Nécrolalrie. C’est bien à eux qu’on pourrait donner très exactement le nom de „ Spirites'’. — Aucun Murundi saisit le sens de ce que nous nommons nature, forces naturelles (ou mécaniques !). Nos forces naturelles presque matérielles, ou tout au moins frisant la matière, sont pour lui, non pas des causes mais des effets causés par des êtres spirituels et très personnels, par des esprits, en nombre presque innombrable. Car, non seulement chaque phénomène, si minime qu’il soit, est produit par une force spirituelle, mais chaque objet matériel en recele une.

Les astres (soleil, lune, étoiles), "le feu, l’eau (rivières, sources, pluie), la terre (monts, forêts, champs), les bêtes, les oiseaux, etc. etc., sont autant de „/ia?>ûac*w^a” d’esprits, y manifestant leur action. Les maladies naturellement sont causées par des êtres spirituels Toute la vie humaine est influencée par ces êtres. Si le grand Fr. Schlegel a dit que „ l’histoire humaine n’est qu’une lutte invisible entre des bons et mauvais esprits”, les Nègres, et les Warundi en particulier, soutiennent cela de ch^ue yie hunm indivîduëlle,“^n”“ÿ” comprenant tout l’ordre matériel, avec cette différence, que leurs bons esprits sont toujours rélativement mauvais, ce qui n’exclut pas évidemment l’action miséricordieuse de vrais bons Anges sur ces pauvres égarés. Le nombre de ces forces est donc^dirêvaluabîe^t est à la lettre „ légion”. On peÏÏF"ïïîre”d’eux „qu’ils mettent des démons partout.” Le Panthéon de Rome avec ses 80,000 divinités ne les contiendrait pas, et un érudit comme Varron ne saurait les énumerer ou les nommer. — Les Warundi admettent un certain degré de bonté ou mieux: de méchanceté dans ces êtres (V.

„Géotie’). Ils y admettent aussi, et surtout, un degré de puissance, d’importance, d’oroïr^ hiérarchique qui leur est imposé, puisque pratiquement ils conviennent que leur Olympe offre l’image d’une parfaite anarchie. Ainsi, leurs Goètes {= awarozi), avec l’aide de très méchants et de très cruels démons, peuvent paralyser la puii^sance de leur Imana par exemple, et de ses prêtres les ,,awafwmu”, „kiranga”, etc. — A ma connaissance les Warundi n’ont pas de terme générique pour désigner ces esprits, ces dieux pour employer

ESPEIT

ESPEIT

un mot vulgaire. Comme terme spécifique, ou collectif au moins, on peut considérer le mot „umuzimu^* ou „umudzimu^\\ Ce ^ mot toüteicus désigne les „dii minores”, les génies subalternes, très subalternes même, descendant jusquaux „gnomes” (les „trolls” des Germains) et plus bas, en un mot la ^jturbâ grassans dae'monio7'um’\ quasi innombrable.

Le terme umuzimu signifie très probablement:

vivant, entier (parfait), fort, bien portant. De là l’adjectif = -zirna = vivant, etc. La racine -zi. za offre l’idée de produire, de générer. Le sens de la racine mu, ma est obscur, mais renferme probablemenf le sens d'homme, de l’être humain^ du premier-homme, d’Adam.

(F. infra ubi de Tma^ia et le moi „ Mânes "). — En dehors de ces „imizimu" innommés, il y a un grand nombre d’esprits plus ou moins, supérieurs qui ont des noms propres. Combien y en a-t-il? Impossible à dire pour le moment ! Les Warundi les embrouillent et les confondent passablement. Plusieurs peuvent être des noms locaux. Beaucoup de ces noms, si non tous, sont des noms historiques. Plusieurs dieux auraient vécu ici bas, et ne seraient autre chose que de célèbres „awa/‘amw”, des fondateurs de sociétés secrétes religieuses, des rois ou des chefs. Toutefois, il faut ajouter aussitôt, que les Warundi distinguent nettement cette doublure humaine de l’être très spirituel et exclusivement spirituel qui fut son patron, homonyme ou non, peu importe. Ce serait une grave erreur, de n’y voir que des humains, comme Evhémère l’a fait. Cela se fait même sous nos yeux, puisque tous les hiérophantes Warundi portent le nom de l’esprit et les prêtres subalternes des noms d’autres divinités. Certains membres de leurs corporations religieuses portent également des noms semblables. La raison en est, selon la croyance des Warundi, que ces esprits là habitent („inhabitantem spiritum”) leur proie humaine. — Il est très difficile de voir clair dans la généalogie (sic!) àe ees „dii gentium" . Quoi d’étonnant, puisque après tant d’études séculaires on n’a pas réussi à classer le contenu du Panthéon de Eome ou d’Athènes.

Le bon Creuzer lui-même n’a qu’augmenté te chaos après tout. Cela doit être, puisque ce monde là repose sur le désoy^dre, la coneradiction, le mensonge, le capricieux, le vague. C’est l’élément de ces êtres. — Voici maintenant une liste de noms d’esprits que j’ai pu recueillir chez les Warundi. Je la ferai suivre de quelques notes explicatives.

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