‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 67 sur 152 · Inganzje. Ce surnom A Imana signifie · texte numérisé non relu

Inganzje. Ce surnom A Imana signifie

éternité considérée presque localement^ comme une espèce de Nirvana. C'estl’équivalent exact de l’ancien Chro?ios. Ainsi on dit: ukahoramu 'Nganzje — tu es en paix dans l’éternité. Kuhora ku ^Nganzje veut dire : kuwaho iminsi yose = y être, durer toujours. On emploie aussi, pour exprimer l’éternité, le verbe kuramba, d’où uwurambe = éternité] araramvye = un homme d’autrefois désormais immortel.

Inganzje a proboblement la même racine que :

Nganza, kuganza, et rappelle le salut adressé au rois de Perse : „vivas, dominaris in aeternum /”

17. Indongore. C’est un esprit assimulé encore à Imana. Le coq est dédié à lui et est un oiseau sacré par conséquent. Quoique en Urundi il n’y ait presque pas de poules ou de coqs (les Warundi ne les mangent pas) on en entretient quelques unes avec des coqs, dans un but religieux.

Tuer ce gallicé sacré serait un crime, puni même de mort. On l’appelle: interekerano y’ Imana — un offre, sacrifice, cadeau à Imana, aux esprits ancestraux (— kuterekêra Imana = sacrifier à Imana).

18. Ruhanga. Cet esprit Ikisyego est (humanisé) l’assesseur de droite de l’hiérophantekiranga. Tantôt on en fait la fille de Luwambo, tantôt la femme de Kiranga] d’autres en font un homme. (V. 13.)

19. Wandamutoni. Cet esprit passe pour la femme A Imana, et la mère à’ Ikisyego. „Mutonl” veut dire: favori, favorite, du verbe: kutona. „ Wanda’’ pourrait se rapporter au verbe (?): kuwanda, kuwandwa (V. infra). Toutefois, il est plus probable qu’il faut voir ici la même racine que dans Indagari^a. Wanda-mutoni dans ce cas signifie littéralement: „ventris praedilecti.” Le préfixe mu (des êtres rationels de la classe) ne s’oppose pas à cette interprétation, puisque 7ida (de la 1II« classe) est pris personnellement, et alors il peut être suivi de l’accord de la classe. Voilà donc encore uneVenus-Urania ou uneCybèle; car son fils (Bacchus) ou fille Ikisyego est prononcé par d'autres distinctement Ikiseko (du verbe: kuseka, kusyeka — rire). Cela rappelle la fille Bubo et son abominable aventure. Si maintenant le nom Cybèle (selon Vossius

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1. II p. 593) vient de Ttv^y^etv = j^rotare in I capuf% parce que ses prêtres ignobles les Galls ou Evirati (comme aussi les Cabires et Telchines) honorèrent ainsi leur déesse par ces plaisanteries plus qu’immodestes, notre étymologie devient encore plus probable. N’oublions pas, que la ville Bubasüs se trouve en Afrique, en Egypte! Les Grecs, et même les Egyptiens, pourraient même n’être que des plagiaires, et Cybèle, avec ou sans Bubo, pourrait n’être qu’une noire (Mututsi ou non), digne fille de Cham. N’oublions pas non plus, que l’Ecriture sainte considère toujours la terre de Cham comme la patrie de l’erreur, de l’ennemi. Elle parle des terres désertes, maudites de Cham, qui, lui, est l’objet constant de ses malédictions. Elle parle „des génies dévastateurs d’Afrique”, des infirmités, de l’ulcère inguérissable de l’Egypte. Cham fut le fidèle continuateur de Caïn, de sa magie et de ses mystères d’iniquité (selon tous les Pères). La race de Chus fut la mère de l’infidélité quasi générale. Après le déluge, l’histoire satanique et caïnite reprend son fil sur la terre avec Cham, Chus, Chanaan, etseq. (Chemmesenua de Berose). Julius Firmicus nomme j^toutes les villes égyptiennes une véritable école de sor^ cellerie'\ Hérodote (1. II) parle „des monstruosités de V ancien culte Egyptien''. Cassien (conf: l. y/7I, ch, XXII) accuse les Caïnites et les Chamites „ d’avoir détourné toutes les vérités primitives dans un sens magique”, et si St. Clement d’Alex, parle quandmême de y^simillima simidacra" (Strom V), à propos des emblèmes et autres analogies chrétiens et payens, cela ne fait que confirmer l’affirmation de Cassien. Oui, les démons ont tout profané, tout souillé. Lorsqu’enfin St. Paul prévient les chrétiens „de ne pas prendre part à la table des démons'\ ne serait ce pas une allusion au fameux passage d’Hérodote (1. I) où il parle gravement la table du soleil" où tous les dieux de la terre se rendent une fois l’aii pour y festoyer. (Cfr. Iliade 1. I; Odyssée 1. VI). Or, tous les anciens placèrent cette „table” chez les Ethiopiens, au fond de l’Afrique près des montagnes de la lune! (Urundi-Ruanda?).

20. Rikisiga. Ce nom signalé comme celui d’un esprit, pourrait venir de: kuslga — oindre. Les onctions sont très en honneur chez les Warundi, e. a. à la mort. V. „Enterrement" .

21. Tusâraj ütusara, Kusara signifie = être fou. Ceci, joint au diminutif tu, utu, rappelle les „follets”, les fées, les Trolls, les Kobolds, Lutins, Gnomes, etc. Les Wirwana à Msalala croyaient -que leurs gnomes, entre autre travail, cultivaient la nuit les champs de leurs dévots. Ainsi, j’ai connu à la Mission de St. Michel un ménage composé d’un vieux et d’une vieille, tous les deux incapables d’aller travailler. On racontait que leurs champs étaient quand-même très bien labourés, qu’il étaient même en meilleur état

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que ceux de leurs voisins. Les Gnomes faisaient cela !

22. Ruhôgo. C’est un être peu connu. Umuhôgo veut dire = gorge.

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