FEMME
guérir. Il est assez curieux de rencontrer baptême payen^ le prêtre, qui doit imposer
cet usage au centre de l’Afrique, ou plutôt à l’enfant un nom en même temps, énumère
il n’est pas curieux du tout, puisque depuis les noms des ancêtres, si longtemps que le
la plus haute antiquité sous toutes les lati- petit éternue. Alors le nom prononcé au
tudes on l’a constaté. On a cru que le voeu moment même de l’éternuement sera le nom,
exprimé pour celui qui éternue. („ Dieu vous désigné ainsi par l’ancêtre en personne! —
bénisse”), remontait seulement à l’année 1353, C’est le souffle de l’éternueur qui quérit.
année - où la peste ravageait une partie de Du reste, le souffle {insufflare) est chez beau-
l’Europe. Les signes avant-coureurs de ce coup de Nègres le signe ou mieux le
fléau consistaient en éternuements prolongés, moyen de guérir, de médicamenter, d’ex-
auxquels les assistants répondaient par le puiser un ,jpepo = nmzimu'\ — En égyptien
voeu connu. Evidemment l’usage remonte snesh (angl. : sneeze, hol. : niezexi) veut dire:
beaucoup plus haut. Homère en parle. Aris- ouvrir, sen = souffle, ouvrir un passage au
tote, Pline, Properce, Catulle le mentionnent. souffle. Sues, dans la même langue, donne
Lorsque Pénélope entend Télémaque éter- l’idée de: saluer, invoquer, désirer, évoquer,
nuer, elle se réjouit. Pour vanter les grâces adorer. (En sanscrit sans signifie: désirer,
d’une personne les poètes disaient: invoquer). Or, dans beaucoup de dialectes
Amours ont éternué à sa naissance''. Les Ro- africains l’éternuement est rendu par des
mains disaient à l’éternueur: ,yAb Jove", ou; mots où se rencontrent les mêmes éléments;
,jSalve". Les anciens croyaient que l’éternue- p. e. dsuna (en Momenya), dsisin (en Bulom),
ment faisait sortir un esprit (ou même l’âme) dsieni (en Bayon), dsune (en Bagba), Sani
par le cerveau. Ainsi Plutarque raconte, que (en Gbe), siani (en Krebo), usianc (en Isoama),
le démon familier de Socrate se manifestait suana (en Balu), tison (en Soso). En plus, dans des éternuements. Dans les vieux livres les sons s ou z combinés avec t ou d (p. e.
des rabbins l’éternuement est le signe du ts, tch, tsh, tz, tk, th, ds, dsh, dz, dk, dj) se
départ de l’âme. Nos Nègres, comme beau- remarquent dans une foule d’autres mots,
coup de peuples non-civilisés anciens et désignant tous l’éternuement ou le nez, p. e.
modernes (e. a. à Taïti et à Samoa), admet- izura (Rundi), izulu (Nyembe), dizolu (Ratent qu’un esprit sort de la tête de l’éter- sands), etc. On peut y voir une certaine
nuant. {Cfr. Nicolay: Croyances^ T. 236 — 237). onomatopoeia (teshu)j d’où peut-être l’égypt.
D’autres croient qu’un mauvais esprit sort shu (esprit de mort, mâne qui part, ou qui se
et qu’un bon entre, lorsqu’on éternue. Les manifeste par le souffle. Qui sait, si la for-
Zulu disent d’un malade qui éternue, qu’il mule de salut des Warundi (sho-masho)
est quéri, et qu’un bon esprit est avec lui. n’offre pas les mêmes éléments?
Tongo (itongo) signifie esprit, comme les Famille.
Wong {Ankh, égypt. = vie). Lorsqu’un Zulu La vie de famille est beaucoup plus proéternue, il s’écrie: „ je suis béni maintenant” noncée chez les Warundi, que chez les
i. e. un bon esprit est avec moi désormais. autres Nègres. La femme y est considérée à
Le Xosa-Cafre s’écrie; j^Tutuka". Tutu paraît peu près comme l’égale de l’homme. On a
signifier un esprit ancestral, et ka un essai, beaucoup d’enfants; on tient à en avoir; on
comme pour dire: l’esprit essaye de parler! les aime et on les élève bien (corporelle-
Kutuka signifie en kirundi: injurier. Si ku- ment). Entre parents on est très solidaire.
tuka veut dire, dans ce dialecte-là : guérir Celui qui touche à un membre d’une famille,
(kirundi: kakira, d’où le voeu: Tukwe\ on l’a toute contre soi. Un meurtrier, par
a une étymologie plausible du nom = e^mple, est sur d’une ,jvendetta" ierrible.
guérisseurs, bénisseurs, bénis. Les Nègres de ^ „ Femme" ^ , ^Éducation" , ^Mariage".
Calabar croient répousser les mauvaises in-(^wemme.
fluences en éternuant. Lorsque les parsisvl^ La position sociale et domestique de la éternuent, ils échangent les mots: „Yatha- femme Murundi est meilleure que celle des
ahu-vairyo et: Ashem-vohu. — L’éternuement autres Négresses (p. e. des Wanyamwezi) Elle
est partout un signe ou une manifestation n’est pas esclave, mais elle est, à peu près,
de vie, de santé, d’âme (soufle), d’esprit. Si les l’égale de son mari. La femme Mututsi sur-
Warundi échangent les phrases: gira~t\iki~ tout, très fière et altière, est jalouse de sa
ra7ie (guéris-guérissons, etc.), les Hindus dignité. Elle a les airs d’une vraie matrone,
disent à celui qui éternue: vie! (vivas!) Les Che2 les Watwa, au contraire, la femme est
Juifs disent: „bonne vie" (sel. Buxtorf.) Les considérée presque comme esclave. La femme
habitants de Samoa s’écrient: vie à toi l Cette Murundi mange ensemble avec son mari (kusâm
habitude de formuler aussi un voeu ou une girà), ce que l’on n’observe nulle part chez les
invocation, est vraiment universelle, et dénote, autres Nègres. Ensemble, avec son mari et ses
selon M. Haliburton, une source commune enfants, elle travaille au champ, à moins que
d’avant la dispersion des peuples. — Si bon le mari n’ait une profession, qui absorbe tout
nombre de peiiples croient l’éternument, pro- son temps, comme la pêche dans l’Uzige, Quant
voqué par un esprit, plusieurs d’entre eux aux autres travaux domestiques, l’homme et
le spécifient comme un esprit ' ancestral la femme se les partagent. La femme doit
(Mânes). Ainsi, lorsque chez les Maori un nou- cuire évidemment, puiser de l’eau, moudre,
veau-né est aspergé l’eau, par une sorte de etc.; l’homme cherche du bois à brûler, etc.