‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 70 sur 152 · FORGE · texte numérisé non relu

FORGE

Volontiers il aidera sa femme, p. e, en puisant de l’eau. — Dans toutes les afPaires importantes la femme est consultée. Du reste, la femme Murundi, assez vive et fière, ne se laisserait pas maltraiter. Elle sait se défendre au besoin. Le mari doit compter, et beaucoup, avec elle. Il ne faut pas beaucoup pour qu’elle s’en aille et divorce avec lui. — La femme Mutwa ne mange pas avec son mari. Elle travaille presque exclusivement.

Le mari ne fait que de petits travaux, ou bien il va à la chasse.

Fièche.

Les forgerons Warundi ou Watwa fabriquent les fers de flèche. Le bois, et tout le reste, est le travail des W atwa. Ces derniers sont les vrais fournisseurs de cette munition. Les Watwa obtiennent le ikigondo, ou ikU fungisho, d’un petit arbrisseau = umukenke.

Son suc est d’abord cuit dans l’eau, puis mâché dans la bouche. Pour s’en servir, on le chauffe et on en frotte l’endroit voulu. — Les Watwa ont encore des flèches avec des pointes en hois dur ■= ikikuturej ikisonga. Ils tuent même de grand animaux avec cette espèce de flèches. Les Warundi ne se servent pas de flèches empoisonnées, mais les Watwa s’en servent, ainsi que les Wahha.

Le poison est mis dans le trou du bois où le fer se fixe. On enlève la pointe pour y introduire le poison. On frotte également de ce poison la pointe en fer même et le bois. Les Watwa prétendent, que la blessure faite avec une telle flèche occasionne assez rapidement la mort d’ùn homme, ou d’un grand animal. Noms de ces poisons : amakenya, amatumhuri^ uruhuha^ uru~ geno(9). — Comme les héros de Homère les Watwa (et les Warundi) ont des armes ensorcelées ! Ainsi, les premiers ont une poudre magique = impumvyo, uruwasho, qu’ils frottent sur l’arc (= kusiga inipumvyo). Alors il est impossible de manquer le but, en tirant. On se fait, en plus, de petites incisions aux doigts, à l’endroit qui est en contact avec la flèche lorsqu’on tire. Dans ces incisions on met de la même poudre magique. D’autres magiciens, au contraire, feront au besoin rater un coup de fusil.

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