‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 71 sur 152 · V- „ Invulnérabilité · texte numérisé non relu

V- „ Invulnérabilité

Forge.

Les Warundi et les Watwa savent travailler le fer {='icyuma). Les forgerons ne forment pas une caste, encore moins un peuple à part, comme les Walongo dans VUzinzja. Ils demeurent parmi les autres Warundi et vivent comme eux. C’est un simple métier, qui pourtant a ceci de particulier, qu’il est héréditaire dans la famille. Lorsque le père meurt, c’est son fils aîné (ou un parent), qui continue le travail du fer. Dans l’intérieur de l’Urundi, p. e. au Ru vu vu, ce sont surtout les Watwa qui forgent. Ils sont même assez habiles dans l’art de forger. Avec la chasse et le métier de potier, c’est leur occupation favorite (fils

de Tubal-Caïn!) Puisque dans l’Uzige, ils ne peuvent soutenir la concurrence avec les Wavira (qui sont de vrais artistes), ils ne forgent pas, ou très peu. — Il n’y a pas de fer dans l’Urundi. On l’importe du dehors sous forme de pioches ou de hachettes. Dans rUzige on l’importe de l’Uvira (Etat-du Congo). Au centre, à l’est et au sud-est, le fer vient surtout de l’Uzinzja, par l’intermédiaire des Wahha et des Wasui. Le fer d’Uzinzja — rya ku mosso est réputé bien meilleur que celui de l’Uvira = ry^ ikivira, invoga, ryarushi. Les forgerons Warundi et Watwa transforment alors ces pioches en couteaux, hachettes ^ herminettes, couperets ^ fers de lance, pointes de flèche, bracelets, anneaux, etc. L’atelier (= uruganda, uruhiza, Fig.

iv>. 36) consiste en une simple petite hutte ronde, couverte, en haut seulement, de paille et ouverte de tous côtés. Au milieu de cette hutte se trouve le foyer {= iziko, irikuwurwa). C’est un simple trou, creusé dans le sol, où sont déposés les charbons (= amakarra, isimatwa). Ce sont les arbres nommés: umunazi, umurama,umuninya, umusongati, ikiharamanga, e. a., qui fournissent ces charbons. A defant de charbons de bois, on se sert de gros morceaux de bambous carbonisés. A côté du foyer se trouve le soufflet (= umuvuba, inkutukutu, Fig. np. 31). Il se compose d’un grand morceau de bois (= umugogo) à peine dégrossi, rond, avec un prolongement éminci au bout (percé), creux à l’intérieur, avec deux assez larges ouvertures (— intoboro) à la surface . plate supérieure. Sur ces ouvertures sont fixées deux peaux de chèvre {= insato), garnies chacune (au milieu) d’un bâtonnet (= inindi, akaringanizo), pour faire du yent = kuvuguta, kusingagiza. Un enfant manoeuvre ces bâton neis et par un mouvement vertical, rapide, alterné, rabaisse et tire on haut les peaux.

Au bout de la partie mince du bloc est placé un tube en terre cuite (= inkero, imbumbwa), conduisant l’air dans le foyer. Sur le soufflet est placée une lourde pierre (= iwuye), pour immobiliser davantage le bloc en bois, pendant qu’on manoeuvre pour souffler le feu = kwots' uynuriro. A côté du four (:==;: icyuriro, uruganda, idodaguswa) il y a une pierre dure, qui sert d’enclume (= icyazo). On met le fer au feu (= kurâmürà, kuhishisha), et lorsqu’il est bien rouge (= kutakürâ, kushya) on le retire pour le frapper sur l’enclume. Sur l’enclume on répand d’abord la poussière d’une pierre écrasée (= imonyï), afin que le fer reste longtemps chaud. Pour tirer le fer du feu, on a un morceau de bois, en forme de poignée (— imbago, inyendesho), qu’on mouille dans l’eau (— kufûvyà), pour que le feu n’y prenne pas. Cette auge (réfrigérant) s’appelle = uruzino rw^ aniazi, umuniamazi; kuzima, kuzina. On y puise de l’eau aussi pour la jeter de temps en temps sur le feu {=iwitoto, kutota), afin de l’activer. Un vieux pot, cassé à moitié, remplace parfois

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