FUMER
à part quelque vieille femme peut-être. Ces quelques vieilles femmes fument très volontiers, même pendant leur travail. — Les pipes (=1 inkono y’’ Itabiy inyungwa) sont en terre cuite et sont fabriquées par les Watwa. Le tuyeau (= umutete) est un bout de roseau.
Bourrer la pipe se dit = kutëkerà ; allumer = kukongerêza^ kufumhetsa umuy'iro \ s^éteindre — kiizima; fumer (la fumée qui se lèye)= kutumüra umotsi. — Dans l’Uzige on voit aussi chez les Wavira et les Wahembe une pipe hygiénique („ Wasserpfeife”) = tiru-
kunga, inyungii. Elle se compose d’une calebasse (—ikikunga), remplie d’eau. Sur un des côtés on fixe un courl tuyeau en terre cuite, fait par les Watwa, et la tète d’une pipe, pour y mettre le tabac.
Au bout de la calebasse il y a un trou pour tirer la fumée à travers l’eau (le bruit de l’eau pendant qu’on fume ainsi se dit = kndyidmviza). — Pour allumer la pipe, on se sert d’un charbon de bois ardent, qu’on prend au feu. — Les Warundi ne fument pas le chanvre (= kunyiva uvamogi), quoiqu’on trouve du chanvre chez eux, même dans l’intérieur du pays. — V. „Tahad\
Fusil.
Les Warundi n’ont pas de fusils et ne les connaissent pas, au moins dans l’intérieur.
Dans rUzige et tout le long du lac Tanganika, le nombre des fusils est assez considérable. Ce sont les Arabes qui les ont importés. Quelques W arundi s’en servent pour la chasse aux éléphants, mais pour la plupart d’entre eux c’est un objet de luxe. Les chefs (awatware) sont fiers de se faire précéder par une escorte nombreuse de gens armés de fusils. V.
Goétie.
La Goétie^ ou Magie noire {= uwiirozi) est pratiquée parmi les Warundi et cela dans des proportions assez considérables, à en croire les habitants. Elle existe du reste chez tous les Nègres, dans toutes les tribus, sur toute la surface de l’Afrique, comme elle a existé de tout temps chez tous les peuples infidèles ou payons. Donc, à côté du culte officiel^ publique, avoué et légal, à côté de la Théurgie, ou Magie blanche si l’on veut, parallèlement à elle, il existe dans rUrundi, quasi sotis-terre, à l’état irrégulier, mais plus que sporadique et d’une manière mystérieuse, qui „de facto” la rend insaisissable J cette fameuse (àoétie. Ce dualisme étrange dans la gentilité de tous les temps et de partout^ est un des problèmes les plus bizarres de l’histoire humaine. Ce qui est encore un fait universel, quant au temps et quant à l’espace, c’est que partout cette goétie souterraine, insaisissable et partant inextinguible, a été partout et toujours flétrie, exécrée, pourchassée, punie de mort, même et précisément par le culte établi payen, à moins que ce dernier ne glissât lui-même dans la Goétie (Julien, Héliogabale.) Nous, connaissant l’axiome de l’Ecrit.
GOÉT lE
„0>?mes dii gentium daemonia^, nous comprenons, que le Deutéronome tonne et fulmine contre toute Magie (blanche ou noire!), c.-à.-d. contre les cultes infidèles officiels ou non, organisés ou non. Mais qu’à Rome payenne la Goétie fût punie de mort (loi des XII Tables), que partout les princes payons l’aient proscrite, que tous nos roitelets Nègres la pourchassent, même s’ils appartiennent eux-mêmes en secret au „clan” maudit, voilà qui est très curieux.
Cet antagonisme est vraiment remarquable.
On peut affirmer que la Goétie (= uwurozi) est le grand fléau de l’Afrique et notamment de rUrundi. Il fait des victimes innombrables. Puisqne le crime est, dans beaucoup de cas, insaisissable, difficile si non impossible à prouver, nos roitelets, nos y^awatware"' frappent en as^eugles dans l’inconnu des victimes innocentes. Le ,jhomicida ab imitio'' y trouve son compte toujours'^ et c’est précisément ceci, qui aide à expliquer ce terrible dualisme mentionné. Car on pourrait se dire, s’appuyant même sur un texte de l’Evangile (Luc. XI : 17, 18), mal interprété, que, si les démons sont ainsi divisés, ils détruisent leur oeuvre commune! Non: c’est justement cela qui motive et qui rend possible ces tueries de sorciers et de sorcières, ces hécatombes terribles. Cet antagonisme n’est qu’apparent et superficiel ; il n’est que leurre infernal pour mieux tromper les pauvres humains. Les brillants néoplatoniciens d’Alexandrie et les pires goètes des bouges de l’ancienne Rome, faisaient le compte des mêmes maîtres invisibles („di/*f’), comme nos aivafumu-W arundi (prêtres officiels et constitués) et nos awarozi (goètes, sorciers, magiciens, „Hexen”) font évidemment, au fond, la même besogne. Du reste, on peut aussi expliquer très bien théorignement le fameux dualisme.
La saine Théologie enseigne, que tous les esprits tombés et maudits, quoique unis (rélativement), et acharnés contre les hommes, se haïssent et s'exècrent mutuellement. Quoique tous soient méchants, on peut et on doit admettre parmi eux différents degrés de méchanceté. Selon les desseins insondables du bon Dieu, certaines catégories de ces esprits infermaux peuvent avoir le pouvoir de se mêler des choses humaines, même dans des proportions étonnantes. Il est possible, que certains de ces etres puissent se donner l’air d’être rélativement bons et se faire adorer comme tels; qu’ils peuvent procurer même certains services (toujours néfastes en fin de compte) à leurs clients en se contentant de cela; tandisque d’autres (ou les mêmes!), franchement méchants, agissent comme vrais „ anges de ntort avec- et dans leurs agents humains (,jatvarozi" , goètes), pour faire des oeuvres exécrables au suprême degré. Ce pouvoir peut être tellement terrible, qu’il peut sembler inéluctable à nos pauvres payons. Les Warundi disent p. e., que les patrons de leurs ,jawarozi" tiennent en échec (vrai) leurs