‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 9 sur 152 · XL VIII · texte numérisé non relu

XL VIII

rés

malais. Dans la Susiane Perses, Touraniens et Nigritos sont mêlés à tous les deg (V. infra) Nombre de Hindous sont à considérer comme de vrais Nègres (Noirs), et si les Dravidiens parleraient aryen, ils n'en sont pas moins de vrais Chamites très antiques. C’est le cas aussi des Jaiits qui sont les anciens habitants du Penjab. Les Chamites, descendants de Kush ou des autres fils de Cham (peuples ou races qu’on nomme de nos jours du terme Nigrito ou Négrille petit Nègre) ont donc été les plus anciens de l’Inde et de tout l’extrême Orient, y compris les archipels et les innombrables îles de la Polynésie, etc. Partout ils ont précédé les races avec lesquelles ils sont mêlés plus ou moins maintenant. S’ils sont restés purs, alors on les trouve cantonnés dans les régions sauvages. Ils n’ont pu se glisser sur une terre et la conquérir depuis, mais partout ils sont refoulés par les races qui sont venu s implanter après eux. Considérons un instant encore les Mélanésiens (Papua). A la Nouv.-Guinée les Nigritos sont antérieurs aux grands Nègres Papua (comme les Négrilles d’Afrique sont antérieurs aux Nègres-Bantu et Soudanais et à fortiori aux „Mischvôlker”). Dans cette grande île ils sont juxtaposés aux Papua, soit isolés, soit cantonnés et enserrés par leurs grands frères, dans les montagnes du nord-ouest et de l’est. Le discernement de ces deux couches ethniques est même devenu assez difficile. Le Nigrito métissé forme le chaînon entre les „ur”-Nigritos et les Papua-faits. Ils sont bien dégénérés, car ils ont été très puissants d’après l’histoire. Hérodote ( 1 . VU, § 10) atteste qu’ils faisaient partie de l’armée de Xerxès. La legende de Pama en fait les alliés des Aryens. Ils n’etaient pas encore des parias, puisque le héros Pandava Bhimassena ne dédaigne pas la main d’une princesse Rakckasa, la soeur du monstre Hidimba. Ce fait serait impossible actuellement entre un prince Muhinda du Ruanda et une Mutwa! Il est vrai que l’histoire nationale aryenne, un peu fière, en fait des quadrumanes (Anouman), un peuple d’hommes-singes, devenus les ancêtres desBandra- Lokhs. Ce n’est qu’un dicton populaire pris trop au sérieux. Qui sait, si dans 4000 ans ou ne parlera pas de peuples-dragons existant encore en Europe au XX© siècle, lorsqu’on lira les récits de batailles où d’innombrables régiments de dragons évoluent!

Les Mélanésiens (Papua crépus) sont disséminés actuellement sur toutes les îles de rOcéanie occidentale de Viti à Timor, de Waigion à la Nouv.-Zélande. Ils sont croisés (?) à l’ouest avec des Malais et des Boughis, au nord avec des Micronésiens et au sud-est avec des Maori, mais leur antériorité s’affirme „ quoique perdue dans un insondable passé” (Hamy). D’après leurs légendes et leurs récits, la population noire a occupé, à une époque extrêmement reculée, les terres de la Mélanésie. Ces Nègres Papua ont montré toujours une humeur vraiment voyageuse. On dirait que le charme de ces immensités océaniques les invitait à ces migrations. Ils ont évidemment précédé à la Nouv.-Zélande les Maori, qui n’ont colonisé l’île qu’au commencement du XV« siècle, paraît-il. Crozet y vit „des hommes noirs à cheveux crépus!” Les sauvages Moero, selon les Maori, sont „ noirs et nus”. Cook trouvait des noirs à Taïti et à Hawaï. Les Papua ont laissé des traces indubitables en Malaisie: Timor, Céram, Bouro, Djilolo, ainsi qu’en Micronésie. On a vu qu’ils ont abordé en Amérique (Californie). Si les Papua sont simplement des Chamites, les Australiens (et les Tasmaniens), seraient plutôt de vrais Kushites. D'après Hor. Haie toutes les langues

australiennes appartiennent à un stock, et celui-ci est d’origine dravidienne i. e. nègre chamite ou même kushite. (Cfr. Viçwa-mitra: Les Chamites, p. i — OS, ^38 — ^30). Les Tasmaniens sont éteints, comme l’on sait, en 1877, dans la personne de la malheureuse héroïne Truganina, Leur dernier chef était Menalaguerna.

Les descendants noirs de Cham sont donc actuellement bien éloignés de leur foyer primitif, mais on peut facilement dégager quelques traits saillants qui caractérisent ce groupe ethnique noir, et qui prouvent son incontestable unité, a. Les deux divisions principales de la race noire, formèrent jadis un seul bloc, fendu maintenant par les eaux de l’Océan Indien. — h. Aux sous-divisions africaines: Soudanais et Bantu correspondent en Océanie les sous-divisions: Papua et Australiens La première se distingue par une grande diversification linguistique; la dernière par une remarquable uniformité de langues; et toutes les deux par un milieu assez large de différence physique, jusqu’à certaines limites. — c. Dans l’Afrique les différences physiques sont occasionnées en grande partie par l’infil-

tration sémite dans le block nègre ou chamite; en Océanie la même masse nègre a subi une pareille infiltration de la part de la race mongole (Malais) et caucasique (Indonésiens) e. a. m. semito-japhétide. — cL Les Négrilles d’Afrique ont leur contre-partie en Océanie (Aëtas, Mincopies, Sakayes, etc.). — c. Dans les deux régions la confusion linguistique est parquée dans . aire compact (i. e. le Sudan et la Nouv.-Ouinée). Toutes les deux présentent des phénomènes semblables: grand nombre de langues hrès différentes (dans leur grammaire et leur vocabulaire), mais appartenant néanmoins au même système agglutinatif, et ayant à peu près le même système phonétique. — f. Dans le:; deux régions encore Vuniformité linguistique est confinée dans un ou deux aires géographiques, qui sont TAustralie et la Mélanésie pour l’Océanie, et la zone bantu pour l’Afrique. Mais, tandis que cette uniformité linguistique est très absolue et très prononcée dans la zone bantu et en Mélanésie, elle est limitée et restreinte en Australie. Ici, malgré son système agglutinatif et phonétique identique, il y a plus de différences grammaticales et lexiques.

L’état actuel des Nègres du centre^ de Test et de l’ouest laisse donc voir, d’une manière non équivoque, une conversion ou une tendance vers un foyer primitif et unique qui converge vers l’Asie sud-occidentale, mais ne précise pas davantage ce foyer, que nous croyons être la Susiana (Chusistan), ou, d’une manière un peu plus générale, les régions qui avoisinent de près la Basse-Chaldée. Dans l’article précédent on a déjà vu, que l’indication si précise du site du paradis, et en particulier la mention claire du Géhon qui arrose la Roussie, a une valeur inappréciable au point de vue ethnologique. Si jamais le fameux „Negerproblem” reçoit une solution complète et définitive, ce sera en prenant cet indice historique pour base et pour point de départ. — Le foyer ainsi précisé, voyons s’il n’y a pas moyen d’apporter encore quelques „data”, qui rendront encore plus manifeste cette vérité désormais incontestable. M. Dieulafoy, qui a fait d’aussi consciencieuses études sur place, dit dans son livre: U Acropole de Suse, qu’on peut distinguer dans la Susiane, la Perse et l’ancienne Chaldée trois ou quatre races bien distinctes: des hommes à caractères mongoliques (Touraniens !), des Aryens et des Nigritos croisés d’Aryens ou d’Arabes, et, dans une proportion beaucoup plus faible, de Baktyaris. Selon lui ces Nigritos vivent, au nombre de 15 à 20 mille, à Dizfoul, Suse, Konah, Ram-Ormuz en Susiane, et à Gourek, Haram, Linga, Bender-Abbas dans le Fars et le Kerman. Ils sont en tout semblables à ceux des îles de la Sonde ou des Philippines, ou à ceux de l’Himalaya et du sud du Mekran et du Belutchistan. Dans la notice sur les Watwa- Pygmées on peut lire le passage célèbre de Ctésias sur les pygmées asiatiques de son temps (vers 350 à Chr.), et qui se vérifie aussi admirablement de nos jours. Nous ajoutons ici celui d’Hérodote (484 — 425), non moins célèbre. Dans l’énumération (l. VII, § 70) des races qui étaient représentées dans la formidable armée de Xerxés, il parle manifestement de Nègres (que nous nommons Nigritos maintenant) qui faisaient partie de cette armée. A leur propos „le père de l’histoire” dit: „Les Ethiopiens Orientaux (car il y avait deux „sortes d’ Ethiopiens à cette expédition) servaient avec les Indiens. Ils ressemblent aux „ autres Ethiopiens et n’en different que par le langage et la chevelure. Les Ethiopiens ^orientaux ont en effet les cheveux droits, au lieu que ceux de Libye les ont plus crépus „que tous les autres hommes”. — Il s’agit bien positivement de Nègres. Moïse et Hérodote les connaissaient même de visu. Ils visent la même contrée. Ils leurs donnent (à ces Nègres-là) le même nom (Kussim, Ethiopiens). Donc la race nègre est comprise dans la dénomination de Rush, terra Rush, Ethiopes, etc. La conséquence est absolument rigoureuse. On pourra dire peut-être que les ro\^-Wahinda de l’Urundi, du Ruanda et d’autres pays emploient encore de nos jours des troupes Watwa dans leurs guerres, comme Xerxès, mais que les Wahinda et les Watwa, quoique tous ?ioirs, ne diffèrent pas moins notablement *'au point de vue anthropologique. C’est vrai, mais parmi les Noirs d’Hérodote, il y avait bien aussi de ces nuances, et malgré cela il les appelle tous: „ Ethiopiens”, comme Moïse parle indistinctement de Russim.

Où habitaient ces petits peuples noirs compris dans l’armée de Xerxès? En déterminant la position exacte des vingt-et-un nomes financiers d’Hérodote et des satrapies, on arrive à

le savoir d’une façon assez précise. Je oite Dieulafoy: ^Puisque les Péricaniens tenaient „les marchés septentrionales du nome XVII qui confinait à la Médie, une simple „ soustraction indique, que les Ethiopiens d’Asie, rangés par Hérodote au nombre des jjtribus du nome XVII, habitaient le sud-est de la même province, c.-à-d. les côtes du „Mékran et du Belutchistan. Ce renseignement précieux, de tout point conforme aux ^découvertes ethnographiques de la (ma) mission, et au classement méthodique des satrapies, ,,nous fait pressentir la déchéance prochaine des anciens maîtres du pays. Décimés et „ abâtardis par les longues guerres contre l’Assyrie, et le contact prolongé des Aryens, „les Nigritos étaient bien dégénérés vers l’année 150 a. Chr. Ils n’existaient plus à l’état „de race pure que dans les chaînes côtières de l’Harawatich, loin des Perses, des Mongols „et des Sémites”. Après avoir ainsi précisé l’habitat des soldats Ethiopiens de Xerxès, le grand explorateur le confirme encore en ces termes: „Les découvertes dans les nécropoles „parthes du Memu onium de crânes nigritos^ le type si franchement négroïde des Elamites, „ réproduits sur les bas-reliefs assyriens, les émaux de l’époque des Achéménides exhumés „des fouilles de Suse, confirment les renseignements que les écrivains (et Moïse !) fournissent „sur les Ethiopiens- Aitssb» du Levant. Ces Noirs à cheveux plats, qui au temps d’Hérodote „et de Strabon existaient à l’état de race pure sur les côtes méridionales de la Perse et „du Belutchistan, ces Khousis „ „ maigres, chétifs, laids, au teint cuivré, presque noir” ”, „qui peuplent encore la Susiane au Xle et même au X« siècle, sont les aïeux „des métis nigritos, que nous avons rencontrés depuis le détroit d’Ormuz jusqu’à „Dizful.” On peut voir dans le livre de M. Dieulafoy, p. 192 (Paris, Hachette) le défilé d’une armée susienne, et dans ce défilé de vrais types nigritos, que les Israélites avaient sous les yeux à Susa et qui sont semblables à certains WaWa de l’Afrique actuelle. Il n’y a donc pas de doute. Les Nègres ont peuplé la Susiane. A moins d’être aveugle, on ne peut nier cette vérité acquise enfin à la science, mais que la Bible, bien avant Hérodote, affirmait déjà, il y a bientôt 4000 ans! Mais peut-on bien préciser la région échue à Chus, et par conséquent le foyer principal de la population noire, qui a ensuite envahi l’Afrique, le sud de l’Asie et l’Océanie? Remarquons en passant la persistance avec laquelle la Bible désigne la race de Cham par le nom de son fils aîné Chus. Le nom de Cham serait-il peut-être tu exprès in odium de son crime et de la malédiction pesant sur lui? Commençons par Nimrod, et nous verrons que sa conquête a fait de l’Assyrie un pays kushite. Il est curieux que la table généalogique du ch. X»^ de la Génèse est pour ainsi dire interrompue par un document à part sur le terrible chasseur et conquérant. Ceci explique que des hordes audacieuses et chasseresses ont devancé en Egypte, en Chananée et partout les essaims de colons plus calmes de Mizraïm, de Chanaan, etc., et de leurs fils. On connaît ce passage {Gén. X:8 — II). Nimrod était donc le fondateur de Babylone, d’Arach, d’Achad et de Chalanné, dans la terre de Sennaar. V. II dit: „De cette terre sortit Assur: il bâtit Ninivé . . . .” M. Fr. Hommel traduit autrement ce verset: „I1 (Nimrod) quitta ce pays pour aller en Assyrie et il bâtit Ninive . . . Nimrod aurait ainsi conquis l’Assyrie aussi bien que la Babylonie. Avant d’être conquérant, Nimrod fut forcément un chef de race. Il avait une armée ou au moins une bande quelconque. Il fit une invasion en Babylonie mais d’où venait-il. Dans la distribution des terres après le déluge on voit le Tigre et l’Euphrate et toute la région à l’ouest de l’Assyrie occupés par la race de Sem. A l’exception de Chus, les fils de Cham se voient installés en Egypte, en Chananée, en Phénicie. Le nord de l’Assyrie, l’Arménie, etc., est à Japhet, mais à qui fut attribuée la contrée à Vest de l’Assyrie, la Perse actuelle, riche et vaste pays, qui dut être bien autrement convoité que l’Arabie, avec ses sables et ses déserts! M. Halévy se le demande aussi. Alors il parle d'Etamtu et dit que la Susiane avait une population qui n’était ni sémite ni japhétide (iranienne), et qui se nommait Haperti ou Aperti, d’où les Grecs ont fait f^açôoc ou Af4^açôot. On s’obstine à ne pas nommer les Chamites, tandisque ces Haperti sont parfaitement inconnus des ethnologues, ou émergent à peine de quelques auteurs classiques ou des inscriptions assyriennes. Mais on tient à faire venir les Chamites de l’Arabie et même de l’Afrique.

Vers 1218 le persan Yaquout composa une sorte de dictionnaire géographique que M. Barbier de Meynard a édité , en le complétant par des emprunts faits à d’autres auteurs persans qui ont écrit du XIIT^ au siècle. Il contient de remarquables données,

et qui jettent un jour inattendu sur les premiers habitants des fils de Cham. On lit e.a. chez Barbier: „Thouh (Japhétide?), que l’on nomme aussi Thoiidj et Thons (Watasi!) eut le

„pays d’Orient: les rois des Turcs et de la Chine descendent de lui Le tiind est

jjdonné comme une province limitrophe de l’Inde, du Kerman et du Sedjestanj j^on croit „que Sind et Hind (Wahinda !) étaient deux frères, fils de Rouquir, fils de Yoctan fils de „Cham, fils de Noé!”” — Ibu-el-Kelby dit que Sous (i. e. Kush), fondateur de la ville du

„même nom, était fils de Sam, fils de Noé ” Il ressort des auteurs persans que tous

les fondateurs de villes et de provinces, toutes les généalogies se rapportant à la Perse, viennent de Noé par Sam (Hctwi ou Chcwij. Car si l’on enleve de la Perse la Susiane, le Fars, le Kerman, ITran et le Khoraçan, qu’en reste-t-il sinon le nord-ouest (l’ancienne Médie?). Elle fut donc peuplée par des Chamites. Mais par quels Chamites? Evidemment par des Kashites. Le nom actuel de la Susiane est ,jKhousistan'’ (la forme Khouristan est défectueuse), sa capitale est Suse et ces deux noms sont bien kushites. On sait que le ch (k) hébreu se transforme en th, en C, en k et même en S chez les Grecs. Le nom Chusim ~ fils de Chus peut donc s’écrire: Thusim (thusi, lusi, Watutsil), Gusim, Kusim^ Susim, etc. Qu’on l’écrive avec U, ou, ou 0 peu importe. Susiane est donc la dénomination grecque et Khoasistan la dénomination parsique. La désinence sUcln, ou asitàn désignant le lieu ou le pays (comme le préfixe ivii^ iwu en kirundi et en bantu) le Kousistân signifie donc littéralement le pays de Kush, la „terra KusK' de la Bible! La ville de Susa se nomme aujourd’hui encore en persan: Chous. „Situé à l’extrémité droite, écrit Madame Dieulafoy, „un plateau plus élevé domine l’ensemble des tumulus (formés par les ruines de la ville):

„ Chous (Khtis)^ s’écrient les Scharvadas. On était à Suse Le tombeau de Daniel se

^présente au pied et à droite de la haute terrasse désignée dans le pays sous le nom de j^Kalé Chous (forteresse de Suse),” Le ch du pars! et de l’hébreu est devenu s, mais les habitants ne s’y trompent pas. Le Sous de Ibn-el-Kelby est bien le Kush biblique. Suse était bâtie sur le Kerka (Géhon) que les Turcs nomment le Kara-Sou. Sur le Karoun (Phison) se trouve la ville actuelle Chouster, C’est toujours le même élément Kush. Hamzah d’Ispahan dit: j^Schoush est la forme arabe donnée au nom de Sous ville du Khounstan'\ A l’article Kous M. Barbier de Meyrand dit: „C’est le pays, nommé ordinairement j^Khouzistdn. Khous est également le nom des habitants de ce pays, d’où l’on a formé le „nom de Kouzi, pour ceux qui en sont originaires, comme Suleïman-ben-el-Khouzi, Un „quartier d’Ispahan porte le nom de Khouziàn, parce que des familles du Khouzistan s’y

„sont établies La langue vulgaire du pays (Khouzistan) est l’arabe et le persan.

„Mais il y a aussi un idiome local, la langue khouzienne, qui n’a aucun rapport avec

„ l’hébreu, le syriaque, l’arabe ou le persan Le khouzi (i. e. le chamite) était parlé

„par les rois dans leurs réunions intimes ” Ce détail est curieux. Les rois Nègres

aussi ont parfois une langue ésotérique, secrète ou sacramentelle. On ajoute encore que cette population chamite , pétait d’un mauvais caractère et d’une humeur querelleuse et jalouse”, ce qui les rend dignes fils de Nemrod le jaloux et le querelleur.

On peut dire que le nom de Kush, qui est bien synonyme de Cham, pullule littéralement dans cette région, comme dans toute l’Inde du reste. En suivant le Karoun on rencontre la montagne de Kush-Guilouj, les localités de Kws/i-Haviseh, Kas/?-Ismailyet, Kush-Omeyra.. Au delà on a Srhouster et Susan. Le Kerka a pour affluent le Kara-son. Le pays d’Hamadan renferme les cantons Nimroud et Koushembeh. Dans le Fars on a K/iouzdn, ILerd-YensL-Khosroud et Khushkisen. Plusieurs districts de l’Iraq- Arab ont reçu des dénominations comme celles-ci: Khosre w-Shah-Firouz, Khosrewscha-Quobad, k'osrcic-chat-Hormanz. Dans le Khoraçan on rencontre: Khousch, Khouschdn, Khosch, Khouzdm, Kostanech. Hors de la Perse moderne, vers l’Inde, on trouve Khosch, nom d’une porte et d’une rue d’Herat dans le Kaboul, dont une des villes principales était Koschk. Le Sind renfermait le canton et la ville de Quousdar, C’est la région nommée par Moise de Koren, celle des Koucham.

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Enfin à l’ouest même de l’Euphrate existait Qiioiis en Nalhef. Nous avons vu^ que les Nigritos actuels des environs de Suse, qui occupent ce territoire depuis une antiquité qui donne le vertige, puisqu’elle remonte jusqu’au fils aîné de Cham même, nomment cette ville Kush et non pas Suse, Bref, le Kushisme a tout imprégné dans cette région. M. Oppert, malgré le rôle trop grand décerné par lui à ses fameux Touraniens, avoue que Suse et le pays dont elle était la capitale, se nommait = U vaza ou Khuz auprès des' Aryens mêmes. Le peuple se nommait — Kussi ou Kosséens. Les textes de Suse parlent de Hiissï,

Selon Lenormant les Képhènes sont synonymes de Les textes cunéiformes mentionnent un peuple de Kasschi répandu dans une partie de la Balylonie. Le Baro» d’Eckstein, en mentionnant les grandes routes de commerce fondées par les Ethiopiens de Suse et de Babylone, qui traversent la Syrie, dit qu’elles aboutissent à Kiizikos, dont le nom est littéralement identique avec le mot de Kouskikas, avec la forme sanscrite du nom de Coiisch (Kush). M. Dieulafoy parle des tribus Roussies ou Kachchies de la même famille que les Mardes des Grecs. L’ancien nom Kissie fut remplacé par celui de Cessée appliqué au territoire des Cosséens-Kotissisj situé à l’extrême nord de l’Ansan-Sousounka.

M. Maspéro nous fournit encore un curieux détail. Il écrit: „Au sommet de la „hiérarchie divine (kushite) trônaient, ce semble, un dieu et une déesse suprêmes nommés

„à Suse, Shous-inkSi et Nakh-unié Ce ShousAnka. est un nom kushite (je crois bien!);

„la divinité ne serait-elle pas Kush lui-même, le chef de la race? Ce qui n’est pas moins „ remarquable, ce sont les dieux secondaires (six répartis en deux triades) dont le plus „connu Oîtinman (InianalJ est peut-être le Memmon grec.” On sait que inkti signifie: boeuf en kirundi (nté en kimweri). Les Watutsi idolâtrent l’espèce bovine. Leur salut 'giK inka est très suggestif, comme du reste tout leur \^ho-'rnasho. Nté en plus, est l’élément commun désignant l’homme. En un mot, ce détail trouvé sur les inscriptions susiennes est très intéressant. Voilà donc nos Nègres, tant Bantu que Watutsi rattachés au foyer primitif de leur farouche ancêtre. Kush est le grand fondateur des civilisations persane, indienne et égypto-nubienne. De fait, dans les inscriptions citées le nom de Kush est synonyme de kusi (y^ego fundavV^) i. e. de fondateur. C’est le fondateur par excellence ou le Suunklk = regenSj le dominateur. (Cfr. Oppert: Les inscript, en langue susiennOy dans: Mém. du Congr. des Orientalistes de Paris, t. II).

Gén. X : Il il est dit que le Phison = Karoun arrosait le pays aurifère Hevilah. On a placé ce Hevilah à tort dans l’Arabie. Ainsi Daras (Hist. unir, de VEgf t. I, p. SI) écrit „que les fils de Chus, 8a ba, Hévilah, Sabatha, Eegusa, Sabatacha ont donné naissance aux jjChavilaei de Pline et aux Chavilataei de Strabo, dans l’Arabie Pétrée, à la ville de „Saphta et à la colonie des Sabathéens dans l’Arabie Heureuse et sur le Golfe Persique, etc.” C’est qu’il y a eu deux Hévilah, une sémite (en Arabie), l’autre kushite arrosée par le Karoun actuel. Kush fonde personnellement Suse sur le Kerka — Géhon, et son fils Hévilah fonde Hévilah ou Eïla et peut-être Shouster. Selon toutes les indications il faut voir l’ancienne Hévilah dans VAhwas, VAva d’Isaïe, Ava est une contraction à'Avila. La géographie persane y voit VHevilah biblique. Il faut donc abandonner l’opinion qui place en Arabie l’Hévilah du verset 11 du chapitre de la Génèse, comme celle qui ne place les Ethiopiens qulQn Afrique! H est désormais acquis que les habitants du Bas-Elam appartenaient à une race noire très antique, apparentée manifestement aux Nigritos des Indes, des îles de la Sonde, etc. Il n’y a pas eu en Assyrie de Touraniens antérieurs aux Mèdes en Médie, pas de Touraniens antérieurs aux Nigritos ou aux Kushites en Susiane.

On comprend ainsi l’expédition de Nimrod, dont un des cantons d’Haraadan porte encore le nom. Il bouscule les Sémites, s’installe à Babylone et prend de là son élan vers l’Egypte et bien d’autres contrées. La vraie Ethiopie de Moïse, et encore après lui, était le vrai berceau de la race chamito-kushite. — Pour en finir avec Nimrod, il est intéressant de lire à son sujet ce que „Das arme Leben*' de C. Emm, (4& éd.j4o^ Ratishonne) p. 34 et 35 en raconte, et aussi ce qui est raconté au même endroit (p. 35—40) de ses deux descendantes Derketo et Sémiramis, ces terribles amazones chasseresses. De la première on dit „qu’elle arrivait jusqu’en Egypte et que toute sa vie elle ne faisait que voyager et

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