HARICOT
habiles à préparer Técorce de Farbre „ ficus” et à en faire des habits. Toutefois^ les Waganda les surpassent dans ce métier. Les Watwa en préparent rarement. Ils achètent les habits d’écorce pour eux et leurs femmes chez les Warundi^ en échange de pots ou de cruches. Du reste, étant assez nomades, ils n’ont pas d’arbres „ficus”. Si donc ils en préparent, ils achètent auparavant l’écorce brute chez les Warundi. — Trois variétés de cet arbre à habit donnent également trois variétés dHmpuzu. Elles s’appellent: umiimanda, ou: ikitwe, umukohe, ou: umuhorurOf inkenge, ou: intamurwa.Yoïai comment on procède pour prépare?^ ces im~ puzu. Le jeune arbre (ou une grosse branche) est d’abord raclé (= kuhcirrürâ ivishishiva) avec un couteau pour enlever les écailles extérieures et les rugosités. L’écorce étant mise ainsi à nu, on fait autour de l’arbre deux coupures verticales (= kusâtürâ) en haut au-dessous des premières branches, et en bas un peu au-dessus du sol, en circonscrivant ainsi l’endroit à écorcher f= kwômdrà amarabora)', enfin une incision horizontale Fig. 45. Ce pan est alors enlevé à l’aide d’un couteau ou d’une hache, avec grande précaution, afin de ne pas y faire des trous ou des fentes. L’arbre dégarni ainsi s’appelle — ichômorë. Pour faire pousser de nouveau l’écorce, on met autour de l’arbre des feuilles de bananier (= kwihwiza icyomoré).
Ce pan enlevé (= ikiharurwa) est aussitôt battu (— kukomaj kudodâgürd). Si l’on ne le bat pas aussitôt, il faut le mettre tout de suite et avant de le battre, un peu dans l’eau (= kwômbëkà) pour le ramollir. On a un bout de bois rond ou un gros bâton (— kômërÔ, uniusukuzo) pour y placer le morceau d’écorce à battre. On avance et on recule (— kusuwiza) régulièrement l’écorce pour qu’elle soit battue partout uniformément.
On se sert pour battre d’un marteau „ad hoc” ( = imango, indodaguzo, Fig. n'K 45.^, fait d’une corne de boeuf (~ ihembe rg* inka) dans la base de laquelle on a coupé en croisé des dents ( = kusarura amenyo ’y imango, kumangûra imango, amadvruro). La corne est fixée à un ma.nche — umuhina, ou: um'uringanizo. Souvent deux à trois hommes à la fois battent une écorce (—kufashanya ku~ koma). Le pan d’écorce bien battu partout est plié en deux (=kuzinga) et on le martelle de nouveau partout. Ensuite, on plie l’écorce en quatre, etc., jusqu’à ce qu’elle ne forme à la fin qu’un petit paquet (= ku~ kuwa, kukuwiranya). Lorsqu’elle est bien martelée ainsi, on la saisit à deux pour la tordre (=kuhotora^ kukanya), en tournant chacun à un bout en sens inverse, pour que le suc et l’eau (= amakanyurwe) en sortent. Après cela, elle est dépliée (= kuzingurura, kugarangura) et on la tire en tout sens (^kukana, kuzika) pour l’allonger. Une fois bien allongée en longueur et en largeur, on se met à la frotter entre les mains
f ~ kunyuk^i, kuvimgera) par petits bouts, pour la rendre bien molle et bien moelleuse (flocons). Enfin, on l’étend au soleil (= kwanu ktrâ) pour la faire sécher (= kuma). — Pour avoir un habit large et assez grand, p. e. celui des femmes, ou un scapulaire (sjaal), on coud plusieurs morceaux ensemble (— kuwarïm), avec une aiguille en fer (= urushinge, urunanda) faite par les forgerons Watwa ou Warundi (—kuzura inshinge). Le fil à coudre (= umusürüsürUy ikiworoze) est fourni par les fibres de l’écorce de l’arbre nommé : ikisuru, ou: ikiworoza. — La couleur naturelle de ces impuzu est le rouge (= umutükürüy icyambanva kirêrâ), qui est la couleur de deuil. — Les tmpuzti noirs umuzige: kiizïgaj uniwirawuzo) sont généralement portés. Les Watwa aussi préfèrent les habits noirs, tandisque les Wanyaruanda et les Waganda préfèrent la couleur rouge. — Pour teindre un habit en noir (— kurabba, kuziga), on se sert de la boue noire et puante d’un marais (z= urushanga, urwondOj urusakwe). A cet effet rhabit à teindre est étendu par terre (= kusassa) et écarté à l’aide de petits piquets en bois fichés en terre (=kuwamba n’ imambo). On prend une gorgée d’eau (= kuhuhëra amazij et on la crache énergiquement sur l’habit pour le mouiller. L’habit étant ainsi arrosé on saisit avec la main de la dite boue noire (eau noirâtre) et on la frotte régulièrement sur toute la surface (=: kuziga urwondo, kuramba). — Avec la même boue ou couleur on dessine des lignes, des ornements sur l’habit, en laissant le reste rouge (= kukuwita uwuhanda). La variété de ces dessins est assez grande; elle dépend de la fantaisie de chacun. On y voit souvent des triangles, des croissants, de simples points, etc. Fig.
n'K 41. J e dis : phantasie, mais il est probable, qu’il y a plus que de la phantasie, comme dans leurs frisures, leurs tatouages, leur „ornementik” en général. — Un habit avec des raies noires s’appelle = indabe, icyicyagure; un avec des taches noires = indômàgb, irumondo. Souvent les bords sont dentelés (triangles), ou garnis d’enchancrures (= ku~ kiiwita amaivarra y^ ivisëra, amawarra ?/’ iki~ heha). Pour exécuter ces derniers dessins, on prend une feuille verte de bananier dans la quelle on découpe avec un couteau les triangles. On place ces feuilles sur les bords de l’habit et on badigeonne en noir les triangles vides.
Haricot.
Les haricots sont avec les bananes la nourriture principale des Warundi. Il en cultivent de grands champs. Sur les hauts-plateaux de Imbo (Watutsi) où le bananier fait defaut (trop froid), on ne cultive presque rien que cela. Ces grands champs verts, surtout s’ils sont en fleuraison, sont très beaux à voir. Les Warundi les cultivent avec grand soin. Ils en font plusieurs récoltes dans l’année (au moins trois), — Il est curieux qu’on trouve dans l’Urundi et le Ruanda